Héros de l'histoire

Christopher, membre régulier en Ontario

Il y a tant de leaders noirs importants dans l'histoire du Canada. Qui vous inspire le plus et pourquoi?

Pour moi, le leader noir le plus inspirant de l'histoire du Canada est l'honorable Lincoln Alexander, qui, parmi ses nombreuses réalisations au cours de sa vie, a été un vétéran de l'armée canadienne, un avocat, le premier député noir (1968), le premier ministre noir du Cabinet fédéral et le 24e lieutenant-gouverneur de l'Ontario.

De nombreuses citations attribuées à Lincoln Alexander sont des leçons de vie. Celle qui me touche le plus est la suivante : « Notre devoir n'est pas d'être dans la moyenne. Notre devoir consiste à donner aux autres un modèle à suivre. » Tout au long de ses nombreuses années de vie, ce héros a accompli beaucoup de choses; en fait, il aurait fallu plusieurs vies à la personne ordinaire pour accumuler ses réalisations.

Né de parents originaires des Caraïbes (Jamaïque et Saint-Vincent-et-les-Grenadines), Lincoln Alexander a montré au monde et au Canada les succès qu'il était possible d'obtenir face à l'adversité et aux préjugés raciaux grâce à la persévérance, à la positivité et au rejet du statu quo.

Le fait d'en apprendre plus sur Lincoln Alexander me réchauffe le cœur et continue de me donner le courage de défendre ce en quoi je crois, de dire ma vérité, d'être fier de mon histoire, d'encourager ceux qui ne sont pas aussi forts et de raconter mon expérience à ceux qui veulent écouter.

Lincoln Alexander est un grand héros noir canadien. Je vous incite à en apprendre davantage sur son parcours inspirant.

Quel est votre personnage historique noir préféré et pourquoi?

Martin Luther King Jr. est mon personnage historique noir préféré. Il a été le leader le plus visible et le plus franc du mouvement des droits de la personne. Son influence et son impact n'étaient pas égoïstes ou ne visaient pas l'appât du gain, mais ils étaient une occasion de se lever et de parler de l'injustice et de l'inégalité profondément enracinées dans tous les États-Unis. Son message et sa portée étaient mondiaux, et, bien qu'il ait subi de fortes pressions pour cesser de transmettre son message et ait même reçu des menaces de mort, il a continué d'aller de l'avant en raison de ce en quoi il croyait. Ses convictions, sa passion et son plaidoyer ont malheureusement conduit à son assassinat, mais son héritage et son message ont continué de vivre grâce à des protestations et à des manifestations pacifiques aux États-Unis et dans le monde entier.

Le racisme envers les Noirs existe encore, mais les manifestations pacifiques dont j'ai été témoin dans ma jeunesse et que je vois aujourd'hui au Canada, aux États-Unis et dans d'autres pays disent notre vérité. Elles s'inscrivent dans la même lutte dont M. King a été témoin il y a tant d'années. Les jeunes portent le flambeau de M. King alors qu'ils continuent de plaider contre l'injustice raciale et pour un traitement équitable. Son héritage est encore bien présent de nos jours.

Ma citation préférée de M. King est la suivante : « Une injustice commise quelque part menace la justice partout. »

Qui était votre héros lors de votre enfance? Que vous a-t-il appris qui nous aidera tous à lutter contre le racisme envers les Noirs?

Mes héros lors de mon enfance étaient et sont toujours mes parents.

Leur enseignement était axé sur l'importance d'être une personne bonne et authentique. Grâce à mes parents et à mon éducation, j'ai toujours su d'où je venais et quel était mon milieu culturel mixte. En m'enseignant mes racines et les dures réalités du monde réel, mon père m'a dit : « Si tu as une goutte de sang noir, tu es Noir. » C'est ainsi que les gens vous perçoivent et c'est ainsi qu'ils vous traiteront. Mes parents m'ont aussi appris que la race noire était belle.

Dès mon plus jeune âge, j'ai observé les gens et j'ai constaté que nous n'étions pas tous traités de la même façon. J'ai appris très tôt ce qu'était l'injustice raciale.

Je suis né et j'ai grandi à Toronto. Dans le quartier où nous vivions, j'ai eu la chance d'être exposé à une variété de cultures qui s'appuyaient sur ma compétence culturelle. Mes fêtes d'anniversaire étaient comme un événement des Nations Unies. Mon père m'a toujours promis que nous retournerions un jour « chez nous », dans les Caraïbes, et, quand nous l'avons fait, la transition a été harmonieuse pour moi.

Non seulement mes parents m'ont-ils appris qui j'étais, mais ils m'ont également appris à me défendre et à défendre les autres, et à être conscient de mon entourage et de moi-même. Au début des années 1980, je me souviens d'avoir appris l'existence de l'apartheid après que ma mère se soit vraiment fâchée contre mon père parce qu'il avait acheté sans le savoir à l'épicerie un aliment en conserve qui était produit en Afrique du Sud. Ce n'est qu'au moment où je me suis rendu au Cap, en Afrique du Sud, que j'ai compris l'ampleur de l'injustice raciale; je me suis assis sur un banc « réservé aux non-Blancs » et j'ai réfléchi à la chance que j'avais eue. Les gens pensent que les injustices et les inégalités dans les autres pays n'existent pas ici, au Canada, mais ils se trompent.

Oui, le racisme envers les Noirs est une chose et oui, il existe au Canada. Mes parents m'ont appris à être gentil, compréhensif et patient – parfois, la partie « patience » est difficile. Ils m'ont aussi appris à être positif et fort, à dire ce que je pense, et à ne pas avoir peur de prendre une décision difficile. Même si ce n'est pas le « vote populaire », je préfère me tromper sur le bon côté des choses. Je continuerai de soutenir tous mes frères et sœurs policiers tout au long de notre parcours pour faire de ce pays un endroit plus équitable pour tous.

Pour citer encore mon leader noir inspirant, Lincoln Alexander, « le Canada est le meilleur pays du monde, mais il n'est pas parfait ».

Faisons tous notre part pour viser la perfection. Profitez du Mois de l'histoire des Noirs et ne cessez jamais d'apprendre.

Craig, membre régulier en Nouvelle-Écosse

Plusieurs dirigeants noirs ont marqué l'histoire du Canada. Qui vous a le plus inspiré et pourquoi?

Le révérend Richard Preston, par sa passion et son dynamisme, est pour moi l'un de ceux qui ont marqué l'histoire du Canada. Fuyant l'esclavage qui avait cours à Richmond, en Virginie, il est arrivé en Nouvelle-Écosse vers 1816, après la guerre de 1812. Parti à la recherche de sa mère qu'il a trouvée dans le canton de Preston, il a décidé d'utiliser ce nom comme nom de famille. En 1854, le révérend Preston a créé l'African Baptist Association, qui est par la suite devenue l'African United Baptist Association, mieux connue sous le nom d'AUBA dans la province. Le révérend Preston a rassemblé toutes les églises baptistes noires sous une même égide. L'AUBA, qui a aujourd'hui167 ans, est la plus ancienne organisation noire encore active au Canada. Elle offre une voix unifiée à la communauté noire et une base pour le mentorat des futurs dirigeants.

Qui est votre personnage historique noir préféré et pourquoi?

Malcolm X est l'un de mes personnages historiques préférés. Il a vécu à une époque où la population afro-nord-américaine avait besoin de développer une identité noire forte pour accompagner l'approche pacifiste du Dr King. Il a été vilipendé par l'establishment américain et dépeint comme un individu violent à craindre.

J'ai lu nombre des discours et exposés de Malcolm X. Cet homme était un intellectuel et un grand penseur, il est devenu si influent dans l'ensemble des États-Unis qu'il est devenu une menace. Imaginez dans les années 1960 vouloir que les Nations Unies jugent votre pays pour avoir maltraité les Noirs? Ce genre d'idées avant-gardistes a fait en sorte qu'il s'est finalement fait assassiner.

Qui étaient vos héros lorsque vous étiez jeune? Que vous ont-ils appris qui nous aidera tous à lutter contre le racisme à l'égard des Noirs?

Sachez que pour beaucoup d'entre nous, l'histoire des Noirs ne nous a pas été racontée quand nous étions jeunes, il n'en était pas question non plus dans nos manuels scolaires.

C'est une question à laquelle il m'est facile de répondre. Mes héros ont été mes parents : ma mère, Muriel Borden Smith, et mon père défunt, Bobby Smith. Ils ont jeté les premières bases de ma croissance personnelle. Ils nous ont encouragés, mes quatre frères et sœurs et moi, à faire de notre mieux dans tout ce que nous entreprenions et ils donnaient l'exemple. Ma mère, Geraldine Parker, Lillian Strugnell et Iona States ont contribué à la création de la première association parents-enseignants dans une école du centre-ville de Halifax et ont poussé la commission scolaire de la ville à faire mieux pour ses enfants. Mon père a été facteur pour Postes Canada pendant 36 ans et il nous a montré l'ardeur au travail, peu importe la météo ou les circonstances. Il a fait partie de plusieurs comités et groupes qui ont exercé diverses fonctions : Cornwallis Street Church Men's Brotherhood, Equity Lodge, Halifax Community Credit Union et Halifax Umpires' Association.

Mes parents nous ont inculqué qu'il faut savoir redonner à notre communauté et à la société, et qu'il faut être reconnaissants envers ceux qui nous entourent et remercier les Noirs qui aident à embellir notre monde. Nous avons grandi chez nous avec des magazines Ebony et Sepia, qui favorisaient une image positive de soi. Mes parents invitaient chez nous des personnes qui cherchaient à faire leur place en médecine, en éducation ou en athlétisme. On nous a appris à ne pas mépriser et à ne jamais tolérer nous sentir inférieurs par rapport aux autres. Nous recevions le journal quotidiennement chez nous et nos parents s'attendaient à ce que nous lisions plus que la page des sports et les bandes dessinées et que nous sachions ce qui se passait dans l'actualité. Je me souviens avoir regardé les funérailles du Dr King à la télévision et les premiers pas de Neil Armstrong sur la lune, ainsi que les nouvelles tous les soirs. Mon amour de l'histoire et des événements me vient de mes parents.

Mes parents nous ont également appris que la vie ne serait pas toujours facile et qu'il nous faudrait parfois travailler deux fois plus dur que les Blancs pour que notre travail puisse être reconnu comme Noirs. C'est avec cette mentalité que j'ai joint la GRC et c'est ainsi que j'ai abordé mon travail ces 22 dernières années.

Mes parents nous ont inculqué un fort sentiment d'identité et de respect pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent. Le respect engendre le respect et incite à traiter les autres comme on aimerait qu'ils nous traitent en retour. Pour lutter contre le racisme, j'ai corrigé des personnes mal renseignées sur ce que signifie être Noir au Canada et j'ai fait valoir les réalisations de Canadiens noirs. Ces idéaux me viennent de mes parents.

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