Vol. 79, Nº 2Actualités

Portrait d'une adolescente.

Une victime de meurtre reprend vie sur Twitter

Trente ans après son assassinat à l'âge de 15 ans, Kerrie Ann Brown a repris vie sur Twitter. Crédit : Photo fournie par Letisha Sherry, GRC

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Le 16 octobre 2016, Kerrie Ann Brown, 15 ans, a pris le contrôle du compte Twitter de la GRC du Manitoba et, comme toute jeune de son âge, a gazouillé pendant la journée. Seul hic : elle est morte il y a 30 ans.

Kerrie Ann a été violée, battue et tuée à Thompson (Man.). La GRC lui a redonné vie sur Twitter pour raviver les mémoires autour de ce crime non résolu.

« À l'approche du 30e anniversaire de la tragédie, j'ai cru qu'un communiqué de presse ne lui rendrait pas justice, confie Robert Cyrenne, directeur des Communications et des Relations avec les médias de la GRC du Manitoba. Nous nous sommes donc tournés vers les réseaux sociaux pour la faire connaître et intéresser la population à l'enquête. »

Après avoir consulté la famille et l'enquêteuse, M. Cyrenne et Letisha Sherry, la spécialiste des médias sociaux de son équipe, ont rédigé de nombreux gazouillis au nom de la victime sur le dernier jour de sa vie.

Kerrie Ann parle de son ourson en peluche préféré, de son amour pour l'éducation physique et du souper pris avec sa famille.

Le soir du drame, elle se rend à une fête avec des amis. Elle écrit qu'elle s'amuse bien jusqu'à l'arrivée d'une personne qu'elle n'aime pas. Son amie et elle décident alors d'aller se promener pour en parler.

Elles sont à la porte arrière lorsque son amie retourne prévenir les autres qu'elles sortent. Kerrie Ann décide de l'attendre dehors. On ne la reverra plus jamais vivante.

« De son réveil au moment précédant sa disparition, il y avait quelqu'un avec elle, souligne la gend. Janna Amirault, enquêteuse de la GRC chargée du dossier. Elle n'est restée seule que pendant cinq ou dix minutes. Ça aurait pu arriver à n'importe qui. »

La gend. Amirault dit que la campagne Twitter a été une réussite. Elle a reçu plu-sieurs renseignements ainsi que de nouveaux éléments.

Elle espère que l'attention médiatique suscitée et les plus de 2 000 rediffusions sur Twitter ont réussi à atteindre l'assassin ou les assassins.

« Si les responsables sont toujours vivants, ils doivent ressentir la pression, précise-t-elle. Ils ont pris une vie; ils devraient éprouver un certain malaise jusqu'à ce qu'ils répondent de leurs actes. »

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