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Un policier canadien portant un gilet pare-balle et un casque parle à des policiers afghans.

Dans les coulisses de la guerre

Le surint. Wayne Martin (au centre) discute avec le commandant de sous-commissariat Kabi Bylla (à dr.) durant une visite d'évaluation des besoins des postes de police de Kandahar. La structure délabrée en arrière-plan avait grand besoin de réparations. Crédit : Caméra de combat

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En janvier 2006, à Kandahar, en Afghanis-tan, le surint. Wayne Martin a échappé de justesse à une mort certaine lors d'un attentat contre un convoi ayant coûté la vie au diplomate Glyn Barry et blessé grièvement trois militaires canadiens.

« Après l'attentat, beaucoup de Canadiens ont vu la mission d'un autre œil car ils ne s'imaginaient pas qu'un diplomate ou un civil serait tué », constate le membre à la retraite.

Malgré son expérience traumatisante, le surint. Martin est resté six mois dans la zone de conflit pour achever sa mission d'un an à titre de conseiller supérieur de la police auprès de l'Équipe de reconstruction provinciale à Kandahar dirigée par le Canada.

Au début de 2015, il a été invité à raconter son vécu pour l'épisode Cradle of the Taliban du documentaire War Story: Afghanistan diffusé sur la chaîne History.

« L'entretien de trois heures m'a rappelé de bons et de mauvais souvenirs. Dans l'épisode où j'apparais, l'attentat a été représenté fidèlement et avec réalisme », confie-t-il.

« Nous voulions faire entendre des récits de guerre de la bouche de gens qui l'ont vécue, sans interprétation ni nuance », affirme Barry Stevens, réalisateur de War Story. « J'espère que grâce à ce documentaire, le public saisira l'importance et les contraintes du travail des policiers, des militaires et des civils canadiens en Afghanistan. »

Aux yeux du surint. Martin, ces contrain-tes étaient claires comme le jour.

« Les patrouilleurs n'avaient ni habits ni bottes d'hiver, ni papier. Ils portaient des AK47 chargés de trois munitions, voire une. Beaucoup étaient analphabètes. Leurs avant-postes étaient des tentes ou des cabanes. Je me suis dit 'Mon Dieu, par où commencer?' », raconte-t-il.

Lors de la première du documentaire en novembre 2015, le surint. Martin a retrouvé d'anciens compagnons de mission, dont le caporal chef Paul Franklin, qui a perdu ses jambes dans l'explosion.

« J'étais content de reparler à Paul pour la première fois depuis l'accident. Nous avons eu une bonne conversation et avons même ri », se souvient-il.

D'après lui, même si la mission en Afghanis-tan a fait beaucoup de morts et de blessés, la participation canadienne n'aura pas été vaine.

« On ne change pas une culture tribale en cinq ans — c'est une question de générations », souligne-t-il. « On peut à la rigueur espérer influencer ceux qui veulent du changement. Mais on ne peut rien faire à leur place. »

Reproduit avec la permission du Pony Express ().

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