
La traite de personnes est un phénomène multidimensionnel, perpétré à l’échelle internationale. Cette forme d’esclavage moderne se caractérise par l’exploitation de femmes, d’hommes et d’enfants qui sont privés de liberté. On présume que la traite de personnes et le trafic d’armes sont la deuxième source de revenus au monde pour le crime organisé.
Si les deux termes sont souvent utilisés de façon interchangeable, il importe de faire la distinction entre les deux. La principale différence tient à la notion d’exploitation.
Le passage de clandestins est une forme de migration illégale où il y a un passage organisé d’une personne à la frontière, habituellement en échange d’une somme d’argent et parfois dans des conditions dangereuses. Les rapports entre le passeur et le migrant clandestin relèvent d’une transaction volontaire et prennent généralement fin lorsque le client parvient à la destination visée. Le volet financier de la transaction peut être acquitté par le versement ponctuel d’une somme au passeur avant l’arrivée ou par des versements échelonnés par la suite.
Contrairement au passage de clandestins, la traite de personnes peut avoir lieu entre deux pays ou à l’intérieur d’un même pays. Elle peut aussi faire intervenir un volet de migration clandestine. Par ailleurs, les personnes victimes de la traite ne pénètrent pas nécessairement dans un pays de façon clandestine ou illégale. Elles peuvent détenir un passeport, un visa ou un permis de travail valide.
La traite de personnes implique l’exploitation de sujets par la force, la coercition, la menace, la fraude ou la tromperie et peut impliquer des actes qui constituent généralement une violation des droits de la personne. Les victimes peuvent être assujetties à des travaux forcés, à la prostitution ou à diverses autres formes d’asservissement. Les rapports entre le trafiquant et la victime ne prennent pas fin à l’arrivée dans le pays destinataire, car la victime est habituellement contrainte à une servitude pour dettes (assujettissement à des travaux forcés pour acquitter une dette).
Si la traite de personnes est habituellement associée aux cas de victimes migrantes, il peut aussi s’agir d’un phénomène purement interne. Certains secteurs plus défavorisés de la population canadienne peuvent constituer un bassin éventuel de victimes de la traite de personnes. Des adolescents en fugue de même que des jeunes filles et des femmes peuvent être attirés dans les centres urbains ou migrer de façon volontaire.
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Voir aussi : Centre national de coordination contre la traite de personnes