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Guide de sensibilisation - Radicalisation menant à la violence

Manifestants

Homme tenant la photo de son fils

« Martin était un garçon comme les autres : il aimait avoir du plaisir, il aimait la vie. Constamment sur Internet, il a malheureusement été manipulé et influencé dans une période de sa vie où il était fragile. Son comportement a complètement changé et il s’est mis à imaginer des complots partout. J’ai fait des démarches pour lui procurer l'aide nécessaire, mais sa radicalisation était trop avancée; il a posé un geste malheureux à l’automne 2014. J'aimerais tant qu'il soit encore avec nous et que rien ne se soit produit. »

Gilles Rouleau
Père de Martin Couture-Rouleau, 25 ans, auteur de l'attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu en 2014

Cette section explique la radicalisation menant à la violence, définit certains concepts connexes, situe le rôle d’Internet et de la propagande et propose certaines actions à prendre lorsque ce phénomène se manifeste.

Définitions

La radicalisation est le phénomène par lequel des personnes sont initiées à des idées ou à des messages radicaux et sont encouragées à remplacer leurs croyances modérées par des opinions extrêmes.

La pensée radicale n’est pas un crime en soi. On peut sympathiser avec un message radical sans pour autant avoir recours à la violence ou commettre des actes terroristes. Toutefois, la radicalisation devient une menace à la sécurité de tous lorsque ses adeptes font usage – ou font l’éloge – de la violence afin de promouvoir des objectifs ou des causes politiques, idéologiques ou religieuses.

La radicalisation menant à la violence n’est pas un phénomène nouveau et ne se limite en aucun cas à un seul groupe, à une classe sociale ou à une seule religion, culture, ethnie, ou à un groupe d’âge ou une vision du monde. Les gens vulnérables, c’est-à-dire qui sont en quête de repères et qui recherchent un sentiment d’appartenance, courent un plus grand risque de se radicaliser, et ce, peu importe leurs antécédents ou leur niveau d’éducation. Il n’y a donc pas de profil type.

Références

  • SMITH, Angus (2009). Démystifier la radicalisation, Gendarmerie royale du Canada.
  • INTERNATIONAL ASSOCIATION OF CHIEFS OF POLICE (2012). Radicalization 101, Committee on Terrorism.

Modèles expliquant la radicalisation

Le sujet de la radicalisation menant à la violence est complexe et il n’existe aucun profil type du terroriste. Il n’y a donc pas d’explication simple ni de consensus quant à un parcours unique menant à une radicalisation à la violence. Or, plusieurs chercheurs et services de sécurité à travers le monde ont proposé des modèles permettant de mieux en préciser les trajectoires.

Voici deux d’entre eux :

  • 1/ Modèle basé sur l’individu et proposant un processus par niveau (escalier);
  • 2/ Modèle basé sur un sentiment d’injustice.

Références pour voir d'autres modèles

  • CRETTIEZ, Xavier (2006). The Radicalization Process: From Conversion to Jihad, Federal Bureau of Investigation.
  • CRETTIEZ, Xavier (2011/1). High Risk Activism: Essay on the Process of Violent Radicalization (Part One), Pôle Sud, n° 34.
  • CRETTIEZ, Xavier (2011/2). High Risk Activism: Essay on the Process of Violent Radicalization (Part Two), Pôle Sud, n° 34.

jeune homme dans une auto

1/ Modèle basé sur l'individu et proposant un processus par niveau (escalier)

Au départ, le candidat à la radicalisation croit être confronté à des injustices au quotidien et il pense pouvoir les combattre ou les corriger. Il progresse alors d’une étape. S’il sent qu’il a de moins en moins d’options non violentes pour militer contre ces injustices, il risque davantage de poursuivre le processus de radicalisation. Lorsque c’est le cas, le candidat atteint le deuxième niveau et déplace son agression vers l’Autre. Au troisième niveau, l’individu justifie moralement l’emploi de la violence envers celui qu’il a identifié comme l’ennemi. Au quatrième niveau, il adhère à une organisation avec laquelle il s’associe et s’endoctrine. C’est au cinquième et dernier niveau que son processus se concrétise et que le sujet bascule dans l'extrémisme violent ou l'action terroriste.

Échelle de Moghaddam

Image haute résolution

Description de l'image : Échelle de Moghaddam - Niveau 0 = Interprétation psychologique des conditions matérielles/Niveau 1 = Possibilités perçues pour lutter contre le traitement injuste/Niveau 2 = Déplacement de l'agression/Niveau 3 = Engagement moral/Niveau 4 = Intensification de la pensée catégorique et légitimité perçue de l’organisation terroriste/Niveau 5 = L'acte terroriste et l'esquive des mécanismes inhibiteurs

  • Exemple - niveau 0 : L’individu perçoit qu’il est traité équitablement par la société.
  • Exemple - niveau 1 : L’individu connait une perte d’emploi et en fait une cause personnelle. Il y perçoit de l’injustice à son égard qu’il ne peut régler par des solutions/démarches légales.
  • Exemple - niveau 2 : La personne qui n’a toujours pas d’emploi s’identifie à certains discours d’extrême droite. Ainsi elle blâme/critique les immigrants pour son problème. Il n’y a pas d’agression physique à cette étape.
  • Exemple - niveau 3 : Étant toujours sans emploi, l’individu se justifie moralement. L’utilisation de la violence est l’option.
  • Exemple - niveau 4 : L’individu sans emploi adhère à un groupe d’extrême droite qui véhicule une idéologie anti-immigration (discours du « Nous » contre « Eux »).
  • Exemple - niveau 5 : La personne sans emploi commet des actes criminels violents envers des institutions gouvernementales ou des individus ciblés.

Référence

  • MOGHADDAM, Fathali M. (2005). The Staircase to Terrorism, A Psychological Exploration, American Psychologist, vol. 60, n° 2.

2/ Modèle basé sur un sentiment d’injustice

Un sentiment d'outrage moral (revendication) peut se manifester chez l'individu. Contrairement au modèle précédent, celui-ci considère que le processus personnel n’est pas uniquement centré sur l’individu. Il tient compte des relations que celui-ci entretient; relations considérées comme indispensables. En effet, la réceptivité de l’individu au processus de radicalisation menant à la violence se développe uniquement à travers son entourage, ses rencontres, ses amis et ses différents réseaux sociaux.

Le processus de radicalisation selon Marc Sageman

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Description de l'image : Le processus de radicalisation selon Marc Sageman est représenté ainsi : trois cercles entrelacés (interprétation du monde, sentiment d’outrage moral et résonance avec les expériences personnelles), formant un tout (l’individu), sont encerclés par les relations de l’individu (entourage, amis, famille, rencontres et réseaux).

Référence

  • SAGEMAN, Marc (2007). Radicalization of Global Islamist Terrorists, United States Senate Committee on Homeland Security and Governmental Affairs.

Une diversité notable

Cas réels, au Canada et ailleurs dans le monde, de radicalisation extrême.

Samantha Louise Lewthwaite

Samantha Louise Lewthwaite

Nom : Samantha Louise Lewthwaite
Autre(s) nom(s) : Veuve Blanche
Nationalité : Britannique
Affiliation : Al-Chabaab
Crime allégué : Veuve d’un des kamikazes responsables des attentats de Londres en juillet 2005. Les autorités kényanes l’accusent d’avoir orchestré l’attentat terroriste perpétré entre les 21 et 24 septembre 2013, au centre commercial Westgate à Nairobi, tuant 68 personnes. Elle est présentement recherchée, faisant face à un mandat d’arrestation international.

Anders Breivik

Anders Breivik

Nom : Anders Breivik
Autre nom : Aucun
Nationalité : Norvégienne
Affiliation : Extrémisme de droite
Crime commis : A été trouvé coupable d’avoir organisé et commis un attentat. Le 22 juillet 2011, pour créer une diversion, il tue huit personnes à Oslo afin de commettre une tuerie de 69 personnes sur l’île d’Utoya, en Norvège. Il est condamné à 21 ans de prison.


Chérif Kouachi

Chérif Kouachi

Nom : Chérif Kouachi (frère de Said Kouachi, avec lequel il a commis l’attentat de Charlie Hebdo.)
Autres noms : Abou Issen, Cow-boy, Shark
Nationalité : Française et algérienne
Affiliation : Al-Qaïda de la péninsule arabique, filière « des Buttes-Chaumont »
Crime commis : A perpétré l’attentat contre le journal satirique français Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Il a été abattu lors d’un assaut du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).

Amedy Coulibaly

Amedy Coulibaly

Nom : Amedy Coulibaly
Autre nom : Abu Basir Al-Ifriqui
Nationalité : Française
Affiliation : État islamique
Crime commis : Le 8 janvier 2015, au lendemain de l’attentat contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo, il a tué une policière française en pleine rue. Le jour suivant, soit le 9 janvier 2015, il a perpétré l’attentat de la supérette Hyper Casher à Paris, faisant quatre autres victimes. Il a finalement été abattu suite à une prise d’otages, lors de l’assaut de l’unité d’élite RAID et de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI).


Ann Hansen

Ann Hansen

Nom : Ann Hansen
Autre nom : Aucun
Nationalité : Canadienne
Affiliation : Direct Action (Squamish Five), organisation maintenant dissoute.
Crime commis : A perpetré plusieurs attentats au Canada, dont celui contre une industrie qui fabriquait des composantes électroniques pour des missiles de croisière américains en 1982, à Toronto. Elle a été condamnée à la prison à vie, mais a été libérée après huit ans. Elle est maintenant écrivaine.

Daniel Andreas San Diego

Daniel Andreas San Diego

Nom : Daniel Andreas San Diego
Autre nom : Aucun
Nationalité : Américaine
Affiliation : Animal Liberation Brigade (ALB) et Stop Huntingdon Animal Cruelty, tous deux liés à l’Animal Liberation Front.
Crime allégué : A perpétré deux attaques à la bombe en Californie. La première, le 28 août 2003, sur un édifice d’une société de biotechnologie et la deuxième, le 26 septembre 2003, visant une société de produits nutritionnels. Il est actuellement recherché par le Federal Bureau of Investigation (FBI).


Joanne Deborah Chesimard

Joanne Deborah Chesimard

Nom : Joanne Deborah Chesimard
Autres noms : Assata Shakur, Barbara Odoms, Joanne Chesterman, Joan Davis, Justine Henderson, Mary Davis, Pat Chesimard, Jo-Ann Chesimard, Joanne Debra Chesimard, Joanne D. Byron, Joanne D. Chesimard, Ches Chesimard, Sister-Love Chesimard, Chesimard, Josephine Henderson, Carolyn Johnson, Carol Brown, « Ches »
Nationalité : Américaine
Affiliation : Black Liberation Army
Crime commis : S’est évadée de l’unité carcérale de Clinton au New Jersey, où elle purgeait une peine de prison à vie pour avoir exécuté un policier au New Jersey. Elle est recherchée par le Federal Bureau of Investigation (FBI).

Michael Zehaf-Bibeau

Michael Zehaf-Bibeau

Nom : Michael Zehaf-Bibeau
Autre nom : Aucun
Nationalité : Canadienne et libyenne
Affiliation : Acteur solitaire
Crime commis : A perpétré l’attentat au Monument commémoratif de guerre du Canada et au Parlement canadien, à Ottawa, le 22 octobre 2014. Il a trouvé la mort pendant l’intervention des forces de l’ordre.


Martin Couture-Rouleau

Martin Couture-Rouleau

Nom : Martin Couture-Rouleau
Autre nom : Ahmad le Converti
Nationalité : Canadienne
Affiliation : Acteur solitaire sympathisant du groupe État islamique
Crime commis : Auteur de l’attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, le 20 octobre 2014. Il est mort à la suite de l’intervention des policiers municipaux.

Radicalisation, Internet et propagande

homme qui tient un téléphone cellulaireInternet est devenu le moyen de communication idéal pour véhiculer des idées radicales aux personnes vulnérables. De ce fait, il est aujourd’hui un vecteur facilitant la radicalisation menant à la violence.

Cependant, Internet à lui seul ne suffit pas à radicaliser un individu. Même si celui-ci consomme beaucoup de matériel en ligne, ses liens interpersonnels, qu’ils soient virtuels ou réels, demeurent un facteur central dans son processus de radicalisation.

Internet représente un défi face à la prévention de la radicalisation menant à la violence. Les parents et les proches peuvent prendre certains moyens afin d’en réduire les risques et pour assurer une expérience sécuritaire aux jeunes lors de leur navigation sur Internet.

D’ailleurs, une discussion ouverte entre jeunes et adultes, au sujet de l’utilisation responsable du Web, représente une approche très efficace pour réduire les risques.

Voici des exemples de questions à se poser en tant que parent/tuteur légal :

  • Est-ce que mon enfant possède plusieurs comptes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, etc.) et utilise-t-il différentes identités sur un même réseau?
  • Sur le Web, est-ce qu’il semble communiquer par certains moyens « détournés », tels les jeux vidéo et les jeux en ligne?
  • Navigue-t-il en dehors des moteurs de recherche traditionnels (Google, Yahoo!, etc.) permettant ainsi l'anonymat du Web invisible (Dark Web)?

Dans le monde virtuel, ayons à coeur la sécurité des jeunes, tout comme nous l’avons dans le monde réel...

trois pictogrammes - la description textuelle suit

Description : Image 1./Pictogramme représentant un individu entouré de plusieurs bulles de discussions (concurrence des discours). Image 2./Pictogramme représentant un individu entouré de quelques bulles de discussions (nombre restreint de discours). Image 3./Pictogramme représentant un individu entouré d’une seule bulle de discussion (un seul discours).

Source : DUCOL, Benjamin (2015). Devenir jihadiste à l'ère numérique - une approche processuelle et situationnelle de l'engagement jihadiste au regard du Web, Département de science politique, Université Laval, p. 241.

Internet, à travers les multiples outils (ordinateurs, téléphones intelligents, tablettes, jeux en ligne, etc.), facilite la création d’un monde virtuel où l’anonymat encourage les prises de positions extrêmes. Le Web facilite l’endoctrinement ainsi que la circulation de « théories de complots » et d’un discours unique « Eux contre Nous ». Il isole l’individu de son cercle social habituel (famille, amis, etc.) pour lui proposer une alternative virtuelle et radicale. Cela le dispense de toute pensée critique et l’enferme dans une chambre d’écho, c’est-à-dire un environnement où les mêmes opinions sont répétées et où la raison et les opinions divergentes sont écartées.

groupe d'hommes

« Un peu comme pour les sectes, les appels à la violence, tels que ceux lancés par l’État islamique, peuvent attirer des jeunes fragiles en perte de repères (...) La religion, quelle qu’elle soit, peut être bénéfique à quelqu’un en quête d’un sentiment d’appartenance, mais elle peut faire perdre pied à quelqu’un qui l’interprète de façon très manichéenne, qui cherche à se faire dire qu’il est supérieur et qui se cherche une cause. »

Dr Paul-André Lafleur,
psychiatre à l’Institut Philippe-Pinel

En plus de diffuser de la propagande haineuse, Internet donne accès à des conseils tactiques pour déjouer la sécurité. Il devient un camp d’entraînement virtuel et peut aider à la préparation d’attentats (plus besoin de voyager à l’étranger). Grâce à un message ciblé (technique empruntée au domaine de la commercialisation), le destinataire peut se sentir interpellé par une idéologie attirante. Cette puissante technique attire les jeunes et les incite à épouser une cause. Les sites officiels, les médias sociaux, les forums, les magazines, les vidéos ainsi que les images sont autant de moyens virtuels utilisés pour propager des messages à des individus réceptifs.

La propagande des groupes et courants idéologiques est souvent diffusée sur Internet. Toutefois, malgré sa grande efficacité, ce médium n’est pas le seul moyen de diffusion de la propagande. L’interaction directe avec des médias et la production de manifestes, de musique et d’affiches occupent aussi une place importante dans les processus de radicalisation menant à la violence. Ces outils sont tous utilisés pour justifier l’action violente, cibler l’ennemi et déshumaniser les victimes.

Les groupes extrémistes, peu importe leur idéologie, ont toujours cherché à cibler et à attirer des adolescents et des jeunes adultes en exploitant intentionnellement leurs griefs culturels et moraux, et en capitalisant sur leur goût de l’aventure et leur désir de passer à l’action.

Comme il a été mentionné dans les modèles précédents, l’élément déclencheur de la radicalisation est souvent une victimisation et un sentiment d’injustice perçu par rapport à soi, au groupe ou à une cause à laquelle l’individu s’identifie. Cette démarche de radicalisation chez la personne vulnérable provoque un changement idéologique qui, à travers une évolution progressive combinée à un effet de groupe, peut légitimer l’utilisation de la violence. L’isolement, le sentiment d’échec et la difficulté de s’intégrer socialement accentuent la vulnérabilité d’un individu. La recherche d’un besoin d’appartenance à un groupe ou à une cause « noble » qui est plus grande que soi efface le passé et sert à construire une nouvelle identité.

Références

  • INTERNATIONAL ASSOCIATION OF CHIEFS OF POLICE (2008). Building Community Resilience to Violent Ideologies, Prevention of Radicalization Study Group.
  • DUCOL, Benjamin (2015). A Radical Sociability: In Defense of an Online/Offline Multidimensional Approach to Radicalisation dans Martin Bouchard (Ed.) Social Networks, Terrorism and Counter-terrorism: Radical and Connected, London, Routledge.
  • BOUCHARD, Martin (Ed.) (2015). Social Networks, Terrorism and Counter-terrorism: Radical and Connected, London, Routledge.
  • GENDARMERIE ROYALE DU CANADA (2011). Les jeunes en ligne et à risque Internet - un outil de radicalisation, Programme des enquêtes relatives à la sécurité nationale.
  • BOUZAR, Dounia, Christophe CAUPENNE et Sulayman VALSAN (2014). La métamorphose opérée chez le jeune par les nouveaux discours terroristes.
  • GENDARMERIE ROYALE DU CANADA (2011). Radicalisation menant à la violence dans Internet – Un outil de radicalisation des jeunes.
  • DUBÉ, Isabelle et Hugo MEUNIER (4 février 2015). Un jeune Montréalais radicalisé devant la justice, sur le site La Presse [en ligne].
  • GENDARMERIE ROYALE DU CANADA (2011). Les jeunes en ligne et à risque Internet - un outil de radicalisation, Programme des enquêtes relatives à la sécurité nationale.
  • MCCAULEY, Clark et Sophia MOSKALENKO (2008). Mechanisms of Political Radicalization: Pathways Toward Terrorism dans Terrorism and Political Violence, vol.20, n° 3.

Ce qui peut être fait

1/ Les familles et les proches

La communication est la clé. Il est important de partager nos craintes et de comprendre les enjeux.

Gens qui marchent - personne avec laptop - ado avec sa mère

Tout un chacun

Le public joue un rôle préventif important pour éviter qu’une personne vulnérable ne s’engage dans la voie de la radicalisation menant à la violence. Une approche inclusive est la stratégie à adopter en matière de prévention : en plus des forces de l’ordre, les leaders communautaires, les amis, la famille, le milieu de travail, le personnel enseignant et les intervenants sociaux ont aussi un rôle crucial à jouer. L’éducation, la sensibilisation et le dialogue constituent donc des outils importants dans l’approche de désengagement et de prévention.

Les jeunes et Internet

L’accès à du contenu inapproprié sera plus facilement évitable si l’ordinateur est placé dans une aire ouverte, à proximité des parents. Ceux-ci devraient superviser l’utilisation des appareils électroniques mobiles et surveiller les téléchargements ainsi que les sites consultés. Les parents peuvent aussi consulter les sites Web regardés par les jeunes et signaler les contenus problématiques à leur fournisseur d’accès Internet. Il est également possible de se référer au besoin à un organisme d'aide ou à son service de police local. De plus, il est possible de conscientiser les jeunes au contenu nocif en s’engageant dans une conversation franche à ce sujet.

La famille

L’encadrement familial est essentiel pour guider un jeune en perte de repères et en position de vulnérabilité. Cet encadrement sert de rempart face à la propagande prônant l’utilisation de la violence. Les familles et les proches doivent à tout prix garder un lien avec les jeunes qui se radicalisent. Il est donc important pour les parents confrontés à cette situation d’aller chercher l’aide nécessaire. (Voir section Assistance et signalement)

Références
  • SMITH, Angus (2009). Démystifier la radicalisation, Gendarmerie royale du Canada.
  • GENDARMERIE ROYALE DU CANADA (2011). Les jeunes en ligne et à risque Internet - un outil de radicalisation, Programme des enquêtes relatives à la sécurité nationale.

2/ Les services policiers

Les différents programmes de sensibilisation communautaire des services policiers visent à faire participer activement les diverses communautés à la protection de la population canadienne. Le Programme de mobilisation communautaire de Prince Albert (Saskatchewan, Canada) est un exemple de réussite en ce sens.

Voici le pourcentage des organismes qui signalent des cas problématiques comparativement aux organismes qui les prennent en charge. Il est possible de constater que même si la police en signale beaucoup, au final, le fait de référer les signalements au service d'aide approprié permet de libérer les services policiers d’une importante partie de ceux-ci.

Organismes signaleurs et chargés d'intervenir - graphiques

Image haute résolution

Description de l'image :

Organismes signaleurs

  • Police (133) : 55 %
  • Milieu de l'éducation (47) : 19 %
  • Services sociaux (32) : 13 %
  • Autres (32) : 13 %

Organismes chargés d'intervenir

  • Services sociaux (75) : 31 %
  • Police (57) : 23 %
  • Milieu de la santé (45) : 18 %
  • Milieu de l'éducation (43) : 18 %
  • Autres (24) : 10 %

**Dans ces graphiques, le chiffre à côté de l’organisation représente le nombre de cas problématiques. Période d'étude : 1er septembre 2013 au 31 août 2014

Programme de mobilisation communautaire de Prince Albert (CMPA)

www.securitepublique.gc.ca

Le Hub Model, ou modèle Carrefour, est une méthode de résolution de problèmes par la collaboration et repose sur des observations factuelles. Il fait intervenir les experts de divers organismes communautaires pertinents, dans le but de résoudre des problèmes sociaux complexes avant qu’ils nécessitent l’intervention de la police. Le principe de base est simple : un problème qui se prévoit peut aussi se prévenir.

Le Carrefour consiste en une discussion de 90 minutes, deux fois par semaine, entre les intervenants de première ligne des divers services sociaux œuvrant auprès de la population de Prince Albert et de ses communautés environnantes. Il permet de mettre en contact les personnes à risque avec les bonnes ressources. Ces dernières les aideront à faire des choix positifs, et ce, au moment opportun.

Les intervenants consacrent en moyenne neuf minutes à discuter de chaque situation et un plan d’intervention immédiat est élaboré pour chaque cas. L’intervention initiale commence habituellement dans les 24 à 48 heures suivantes. En général, 53 % des cas se règlent en une semaine et environ 79 % des cas se règleront au bout de deux semaines.

Références

Conclusion

En raison de la menace liée à la radicalisation menant à la violence, chacun doit jouer un rôle dans la prévention des comportements violents. L’application de la loi n’est pas le seul recours permettant d’enrayer ce phénomène. Tous les Canadiens doivent être sensibilisés à la possibilité qu’un membre de leur entourage puisse se radicaliser jusqu’à la violence. Être mieux informés, bien comprendre le phénomène et connaître les ressources d’aide disponibles permettront aux Canadiens d’être plus résilients et mieux outillés pour faire face à la situation.


Hyperliens vers des ressources complémentaires pour mieux comprendre et prévenir la radicalisation menant à la violence