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Guide de sensibilisation - Groupes extrémistes

Extrémiste devant un mur barbelé

Daniel Gallant

« Mon enfance rime avec violence. Coups, brutalité, mauvais traitements, du plus loin que je me souvienne, c'est la violence qu'on m'a apprise. J'ai grandi en cherchant à reproduire la seule chose que je connaissais et à laquelle je m’identifiais; j'avais été si blessé. Cette violence fait maintenant partie du passé et je fais tout mon possible pour m'en éloigner. Malheureusement, je ne peux pas oublier. »

Daniel Gallant
Ancien membre d'un groupe d'extrême droite, il étudie le droit et obtiendra son doctorat en 2017. Engagé dans la lutte contre toute forme de violence, il est aussi travailleur social, auteur, chercheur et directeur d’Exit Canada.

Cette section du guide vise à présenter les groupes, organisations, mouvements et symboles extrémistes nationaux et internationaux principaux. Ceux-ci se scindent en trois catégories : les groupes d’extrême droite, les groupes d’extrême gauche et les groupes à motivation unique.

A/Groupes d'extrême droite

1. Groupes, organisations et idéologies

Le dictionnaire Larousse définit l’extrême droite comme étant l’ensemble des mouvements hostiles, soit par traditionalisme, par patriotisme, par nationalisme ou par rattachement à une idéologie contre-révolutionnaire, voire fasciste, aux conceptions tant socialistes que libérales de la société. Un nombre important de groupes d’extrême droite est apparu dans l’histoire du Canada. Toutefois, il est essentiel de comprendre que les membres sont peu nombreux et qu’ils appartiennent souvent à plusieurs groupes à la fois ou changent fréquemment d’appartenance. Il y a eu un grand nombre de groupes créés sans pour autant avoir de nouveaux membres dans le mouvement. Ces groupes représentent souvent l’histoire d’un leader charismatique, et sont éphémères ou servent de façade. L’extrême droite est un mouvement large et hétérogène de groupes et d’individus aux idées, aux positions et aux motivations souvent différentes; ces groupes sont parfois en conflit entre eux.

Aussi, les extrémistes de droite sont généralement fiers de leur appartenance idéologique et ont tendance à s'afficher.

Références

  • CANADA. SECURITY INTELLIGENCE REVIEW COMMITTEE (1994). The Heritage Front affair: report to the Solicitor General of Canada, Ottawa.
  • BARRETT, Stanley R. (1987). Is God a Racist? The Right Wing in Canada, Toronto, University of Toronto Press, p. 40.
  • ELLIS, James O. et Richard PARENT (2014). Right-Wing Extremism in Canada. TSAS Working Paper.
  • ROSS, Jeffrey Ian (1992). Contemporary Radical Right-Wing Violence in Canada: A Quantitative Analysis dans Terrorism and Political Violence, vol. 4, n° 3.


Ku Klux Klan

Symbole du Ku Klux Klan
Symbole du Ku Klux Klan

Le Grand Dragon du Ku Klux Klan au Michigan.
Le Grand Dragon du Ku Klux Klan au Michigan.

Date de création

1865

Fondateur

Un groupe d’anciens officiers de l’armée américaine des Confédérés

Classification

Suprématie blanche/religieux

Description

Le Ku Klux Klan, communément nommé le Klan ou KKK de par son sigle populaire, est une organisation suprématiste blanche protestante des États-Unis qui fut créée au lendemain de la guerre civile américaine. Le KKK est considéré comme étant l’ancêtre du mouvement de la suprématie blanche. L’étymologie du nom de cette organisation provient du mot grec « kyklos » pour les deux premiers mots, ce qui signifie « cercle », et le mot « klan » qui évoque les origines écossaises des premiers membres de cette organisation. Le KKK est de nos jours une organisation marginalisée, détrônée par des groupes néo-nazis. Au Canada, le KKK a longtemps inquiété les services de sécurité, particulièrement en raison de sa tendance paramilitaire. Il tenait des camps d’entraînement et son objectif relevait clairement d’une guerre raciale. Malgré sa quasi-disparition, sa prestance symbolique demeure considérable.

Activités illégales ou violentes

Aux États-Unis, des membres du KKK ont été inculpés pour des crimes violents et des meurtres. Au Canada, ils sont surtout connus pour des actes d’intimidation et des incidents à caractère haineux : violence, lettres de menaces, croix en feu pour effrayer leurs opposants et rassemblements contre les immigrants, les asiatiques, les catholiques, les francophones. Certains membres ont été impliqués dans des homicides ou des tentatives de meurtre. En 1987, deux hommes ont reconnu leur culpabilité en Alberta après avoir été impliqués dans un complot du KKK pour faire exploser un centre juif de Calgary et assassiner un homme d’affaires juif. Leur objectif était d’augmenter les tensions entre les communautés juives et arabes. En 1991, un Amérindien est assassiné en Saskatchewan par un chef du Ku Klux Klan au Canada. La même année, un homme est également battu, lapidé et jeté dans une rivière à Winnipeg en raison de son homosexualité. Au moins un des quatre meurtriers était membre du KKK.

Symboles spécifiques

Les membres du KKK se distinguent par le port d’un uniforme blanc, soit une longue tunique et un capuchon pointu ne laissant paraître que les yeux. En guise d’intimidation, ils sont connus pour brûler des croix de bois géantes dans des lieux publics. Comme symboles, le groupe utilise aussi le drapeau des Confédérés et la croix celtique.

Références

  • BAYSINGER, Timothy G. (2006). Right-Wing Group Characteristics and Ideology, Naval Postgraduate School Monterey, Center for Homeland Defense and Security.
  • Dictionnaire Larousse - Ku_Klux_Klan
  • SHER, Julian (1983). White Hoods: Canada's Ku Klux Klan. Vancouver, New Star Books.
  • REUTERS (1989). Two Canadians sentenced to five years in Ku Klux Klan plot.
  • BOURGEAULT, Ron (1994). The Killing of Leo LaChance, Canadian Dimension, vol. 28, n° 2.

Church of the Creator

Logo du groupe The Church of the Creator
Logo du groupe The Church of the Creator

Date de création

1973

Fondateur

Ben Klassen

Classification

Suprématie blanche, rejet complet du christianisme

Description

L’organisation se décrit elle-même comme une religion en soi, celle de la race blanche. Cette doctrine complexe est appelée la « Créativité ». Elle fut créée avec l’idée que l’Odinisme (religion viking) et l’Identité chrétienne étaient égarés. L’idéologie du groupe est la Racial Holy War (RaHoWa), nom donné également au groupe de musique de l’un de ses chefs historiques.

Activités illégales ou violentes

Le groupe est considéré comme extrêmement violent aux États-Unis. Ses membres sont responsables de plusieurs meurtres et prônent un appel ouvert à la violence. Au Canada, le groupe a participé à des affrontements reliés à des évènements de musique. Son chef à l’époque, George Burdi, a été déclaré coupable de coups et blessures après avoir frappé au visage une militante de gauche avec son pied lors d’un concert.

Symboles spécifiques

Le drapeau du groupe est rouge et noir et comporte un grand « W », une couronne et une auréole dans un cercle blanc. On trouve chez ses membres des tatouages ou des articles ostentatoires affichant l’inscription « RAHOWA ».

Référence

  • ELLIS, James O. et Richard PARENT (2014). Right-Wing Extremism in Canada. TSAS Working Paper.

Heritage Front

Logo du groupe Heritage Front
Logo du groupe Heritage Front

Date de création

1989

Fondateur

Wolfgang Droege

Classification

Suprématie blanche, nationaliste

Description

L’année de sa création, certains membres de l’Heritage Front (HF) se sont rendus à Tripoli pour célébrer le 20e anniversaire de la révolution libyenne. Le président libyen, Mouammar Kadhafi, finançait des groupes de gauche et de droite, pour autant qu’ils partageaient sa vision antijuive, anticapitaliste et anticommuniste. Le lien avec le régime s’est facilement opéré, les groupes d’extrême droite ayant besoin de financement. Quelques années plus tard, l’HF deviendra le plus important tenant de la suprématie blanche au Canada.

La composition du groupe était imaginée en deux branches : politique et militaire. Heritage Front était allié à The Church of the Creator et n’est aujourd’hui plus actif.

Activités illégales ou violentes

Certains membres de l’HF ont participé à des affrontements violents aux côtés de ceux de The Church of the Creator, si ce n’est que plusieurs étaient membres des deux groupes en même temps. Des évènements de violence sont attribuables au groupe, comme l’assaut sur un commerçant vietnamien à Toronto en 1989 et celui sur un refugié tamoul en 1993.

Symboles spécifiques

Le signe du groupe est constitué des lettres « HF ». La rune de la vie, en arrière-plan, fait référence aux aspects spirituels de protection et d’honneur. Elle était utilisée dans différents contextes par les Nazis et a été reprise par plusieurs groupes suprématistes blancs.

Référence

  • CANADA. SECURITY INTELLIGENCE REVIEW COMMITTEE (1994). The Heritage Front affair: report to the Solicitor General of Canada, Ottawa.

Blood & Honour

Symbole du groupe Blood & Honour
Symbole du groupe Blood & Honour

Date de création

1987

Fondateur

Ian Stuart Donaldson

Classification

Anticommuniste, néo-nazi, nationaliste, suprématie blanche

Description

Blood & Honour est connu comme un réseau de promotion de musique néo-nazie et le nom est similaire à l’ancienne devise des jeunesses hitlériennes, soit « Blut und Ehre » (Sang et Honneur). Le créateur de ce groupe, Ian Stuart Donaldson, était chanteur et leader de Skrewdriver, un groupe rock britannique d’extrême droite prônant des convictions néo-nazies. Bien que décédé en 1993, il demeure vénéré par l’organisation. Le groupe Blood & Honour publie un magazine éponyme visant la promotion du néo-nazisme par l’entremise d’entrevues auprès des groupes musicaux d’extrême droite, ou par la promotion de concerts de musique de groupes issus du « White Power ».

Par ailleurs, Blood & Honour est composé de plusieurs divisions officielles dans une vingtaine de pays, dont la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’Italie, la Belgique, la France et l’Espagne. Au Canada, le groupe est présent au Québec, en Ontario et en Alberta.

Activités illégales ou violentes

Ses différentes divisions organisent des concerts qui tendent à rassembler skinheads et autres amateurs néo-nazis, ainsi que des rallyes de « fierté blanche ». Plusieurs actes de violence sont attribuables aux membres affiliés du groupe. Par exemple, en Colombie-Britannique, deux de ses membres ont été accusés en 2012 de crimes haineux et de voies de fait graves à l’endroit d’un citoyen d’origine philippine.

Symboles spécifiques

Outre les symboles identifiés à l’organisation Blood & Honour tels que le triscèle formé de trois « 7 » et les mots « Blood & Honour », il est fréquent de retrouver d’autres symboles de l’époque nazie : drapeaux, croix gammées et têtes de mort. Les membres de cette organisation affichent d’autres symboles de suprématie blanche comme le drapeau des États confédérés (guerre de Sécession), des croix celtiques et l’ancien drapeau de l’Afrique du Sud (époque de l’Apartheid). Ils utilisent des photos de suprématistes blancs assassinés pour la cause et certains symboles du groupe Combat 18, la branche armée et radicale de Blood & Honour.

Référence


Combat 18

Symbole du groupe Combat 18
Symbole du groupe Combat 18

Illustration de Combat 18
Illustration de Combat 18

Date de création

1991

Fondateur

Charlie Sargent

Classification

Néo-nazi, suprématie blanche

Description

Combat 18 est la branche armée et radicale du groupe Blood & Honour. Le mouvement est présent internationalement. Le chiffre 18 représente les lettres A et H, initiales d’Adolf Hitler. Combat 18 est une organisation néo-nazie prônant la suprématie blanche, l’antisémitisme et l’islamophobie. Elle est depuis longtemps associée à des organisations terroristes loyalistes en Irlande du Nord. Combat 18 est présente, entre autres, en Grande-Bretagne, en Italie, en Afrique du Sud, en Argentine, en Belgique, en Allemagne, en Russie, en Serbie, au Danemark, en Suède, en Autriche, aux États-Unis ainsi qu’au Canada.

Activités illégales ou violentes

Combat 18 se caractérise par ses actions violentes, comme des meurtres et des attentats à la bombe. En Grande-Bretagne, plusieurs de ses membres, dont certains étaient des militaires actifs, ont été inculpés pour des actes de violence. En 2010, trois militants australiens ont été accusés pour une attaque armée contre une mosquée.

Symboles spécifiques

Les membres du groupe utilisent les mêmes symboles que Blood & Honour. Cependant, une place importante est accordée aux armes dans la symbolique et les apparitions publiques.

Références


Aube Dorée

Drapeau de l’Aube Dorée
Drapeau de l’Aube Dorée

Nikós Michaloliákos, leader du parti politique Aube Dorée en Grèce
Nikós Michaloliákos, leader du parti politique Aube Dorée en Grèce

Activistes de l'Aube Dorée à Athènes, en Grèce.
Activistes de l'Aube Dorée à Athènes, en Grèce.

Date de création

1993

Fondateur

Nikós Michaloliákos

Classification

Néo-nazi, xénophobe

Description

Aube Dorée, de son appellation anglophone Golden Dawn, est un parti politique grec radical et d’extrême droite à caractère néo-nazi, créé en 1993. Le fondateur de ce parti, Nikós Michaloliákos, a ouvertement nié l’existence de fours crématoires et de chambres à gaz dans les camps de concentration nazis de la Seconde Guerre mondiale. Malgré plusieurs arrestations de militants, ce parti a fait élire 17 parlementaires aux élections grecques de 2014.

Présente au Canada depuis 2012, Aube Dorée possède deux chapitres, un à Montréal et un à Toronto. L’objectif proclamé de ces chapitres canadiens est d’apporter aide et assistance aux Grecs de souche.

Activités illégales ou violentes

En septembre 2013, en Grèce, le chef du parti et cinq autres députés ont été arrêtés et inculpés pour participation à une organisation criminelle. Ils sont les présumés responsables du meurtre d’un militant d’extrême gauche. De plus, 13 autres militants et deux policiers ont été arrêtés. À noter qu’au Canada, à ce jour, ce groupe n’a commis aucun acte illicite.

Symboles spécifiques

Le groupe se présente parfois avec des croix celtiques. Il utilise également un drapeau rouge et différents messages écrits en grec.

Référence


Hammerskins Nation

Symbole du groupe Hammerskins Nation
Symbole du groupe Hammerskins Nation

Les 14 chapitres répertoriés sur le site officiel de Hammerskins Nation, dont un au Canada.
Les 14 chapitres répertoriés sur le site officiel de Hammerskins Nation, dont un au Canada.

Date de création

1988

Fondateur

Sean Tarrant

Classification

Raciste, suprématie blanche

Description

En 1988, Hammerskins Nation naît au Texas. Il compterait 14 chapitres en Amérique et en Europe. L’organisation ne possède pas de dirigeant, mais mise plutôt sur l’autonomie et la loyauté de ses sujets.

Au Canada, le groupe est représenté sous la bannière Vinland Hammerskins, originaire de Montréal. Issu d’une idéologie vantant la suprématie blanche, ce groupe, composé essentiellement de skinheads racistes d’extrême droite, est caractérisé par la violence et l’extrémisme de ses actions. Cette organisation est la plus crainte et respectée des groupes skinheads racistes aux États-Unis.

Activités illégales ou violentes

Les membres du groupe ont déployé une violence significative, même au-delà des frontières canadiennes. Entre autres, trois adolescents canadiens affiliés aux Hammerskins ont été reconnus coupables du meurtre d’un Afro-américain au Texas en 1993.

Symboles spécifiques

Les militants Hammerskins se sont inspirés du vidéoclip The Wall du groupe Pink Floyd, dans lequel les deux marteaux symbolisent une nation fasciste. Différents symboles nazis peuvent être retrouvés chez des militants de Hammerskins Nation, ainsi que des photos de « martyrs », soit d’anciens membres assassinés. Les membres croisent leurs bras pour représenter les deux marteaux et peuvent aussi avoir tatoué ceux-ci sur les avant-bras. Ce symbolisme fait également référence au signe utilisé par la population d'une société fasciste fictive dans le film « 1984 », inspiré du roman de l'auteur George Orwell.

Référence


Aryan Guard

Symbole du groupe Aryan Guard
Symbole du groupe Aryan Guard

Date de création

2006

Fondateur

Kyle Mckee

Classification

Néo-nazi, suprématie blanche

Description

Aryan Guard a été fondé à Calgary, en Alberta. Le groupe se veut une nouvelle version du suprématisme blanc, plus présente et visible. Dès sa création, le groupe participe à des manifestations et organise ses propres marches. Son chef y occupe une place centrale, méritant même le surnom de « micro-fuhrer ». Son attrait et celui de son groupe ont poussé plusieurs individus à voyager jusqu’à Calgary pour conjuguer leurs activités

Activités illégales ou violentes

Certains membres ont été inculpés pour différents actes de violence, voies de fait causant des lésions corporelles et fabrication d’explosifs. Le National-Socialist Party of Canada (NSPC), parti politique non enregistré au Canada, entretenait des liens avec Aryan Guard. Le chef du NSPC, Terry Tremaine, qui a participé sur invitation à des conférences organisées par Aryan Guard, a été condamné à 30 jours de prison pour avoir contrevenu à une ordonnance du tribunal des droits de la personne et contraint de retirer des propos haineux sur des sites Web.

Symboles spécifiques

Le groupe utilise très souvent les croix celtiques et les écritures « White Pride, Worldwide » sous forme de tatouages et sur leurs drapeaux. Il s’affiche aussi avec des svastikas.

Références


Mouvement skinhead

Logo du Mouvement skinhead
Logo du Mouvement skinhead

Date de création

Décennies 1970-1980

Fondateur

Inconnu

Classification

Néo-nazi, suprématie blanche, xénophobe

Description

Le mouvement, ou sous-culture skinhead, est né au Royaume-Uni chez la classe ouvrière. Il possède plusieurs variantes, dont une d’extrême droite dite néo-nazie, et une autre d’extrême gauche (groupe SHARP) qui affirme être antiraciste et apolitique. Les skinheads d’extrême droite racistes sont bien établis au Canada. Même s’il s’agit de groupes et d’individus parfois indépendants, la musique prônant la suprématie blanche est une constante dans leur mouvement.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, les premiers skinheads sont apparus au Canada dans les grands centres (Montréal, Vancouver, Toronto et Calgary). D’abord urbain, ce mouvement s’est progressivement étendu aux petites villes et au milieu rural. Au départ porté par un « folklore néo-nazi » plus que par une idéologie à proprement parler, il s’est structuré idéologiquement lorsque des groupes d’extrême droite ont commencé à recruter parmi ce mouvement. C’est la culture skinhead internationale, notamment au travers de sa musique, qui a permis l’apparition d’une idéologie claire et d’une réceptivité à l’extrême droite chez les jeunes au Canada. Le mouvement regroupe, ou a regroupé, différentes organisations, telles Longitude 74, White Federation, Aryan Resistance Movement (ARM), United Skinheads of Montreal, mais en général, la plupart des membres n'ont pas d'allégeance à une organisation formelle. Un nombre important de skinheads composent les groupes d’extrême droite qui ne sont pas exclusifs à cette sous-culture. Par exemple, les groupes comme Aryan Nations et White Aryan Resistance, qui sont plus populaires aux États-Unis, ont accueilli plusieurs de ces membres. Les skinheads d’extrême droite sont surnommés « boneheads » par ceux de gauche, en dérision de leur crâne généralement rasé. Ils utilisent des sites Internet pour recruter et propager leur idéologie. Ils privilégient cependant les contacts personnels afin de recruter et d'annoncer leurs concerts de financement.

Activités illégales ou violentes

Les skinheads sont considérés comme les « soldats » du mouvement suprématiste blanc. La violence déployée par le mouvement se concentre principalement dans les concerts et les manifestations. Ils ont aussi été les auteurs d’actions perpétrées contre des personnes ou des lieux symboliques, comme des mosquées.

Les crimes racistes sont partie intégrante de l’historique skinhead et servent également de rite initiatique. Cependant, d’autres types de violence et de délits sont recensés chaque année, dont des altercations entre bandes et des crimes perpétrés sans motifs apparents.

Symboles spécifiques

Les signes utilisés par ce mouvement d'extrême droite sont souvent la croix celtique et la svastika, en plus des différents chiffres associés à l’extrême droite. Les cheveux rasés ou très courts, le port de chandails au nom de groupes d’extrême droite ou à message raciste, la veste de type « bomber », le pantalon de jeans, les bretelles, les bottes et pantalon de combat caractérisent l’apparence physique des partisans du mouvement. Les couleurs des bretelles et des lacets de bottes peuvent être indicatifs du caractère raciste ou non du groupe et de la position du membre dans l’organisation. Toutefois, les couleurs sont différentes pour chaque groupe et région.

Par ailleurs, les adhérents au mouvement d'extrême gauche, Skinhead Against Racial Prejudice, portent également des vêtements de type militaire et arborent le symbole de la croix gammée écrasée ou le logo SHARP. Ils ne se rasent pas le crâne complètement.

Références

  • ELLIS, James O. et Richard PARENT (2014). Right-Wing Extremism in Canada. TSAS Working Paper.
  • YOUNG, Kevin et Laura CRAIG (1997). Beyond White Pride: Identity, Meaning and Contradiction in the Canadian Skinhead Subculture, Canadian review of sociology and Anthropology, vol. 34, n° 2.
  • HUBERT, Daniel et Yves CLAUDÉ (1991). Les Skinheads et l'extrême droite, Montréal, VLB.
  • CAMPANA, Aurélie et Samuel TANNER (2014). The Process of Radicalization: Right-Wing Skinheads in Quebec, TSAS Working Paper.

2. Livres, symboles, chiffres et lettres associés à l'extrême droite

Provenant de l’idéologie d’extrême droite et servant à identifier une appartenance à un groupe, certains livres, symboles, chiffres et lettres se retrouvent sur des vêtements, en tatouages ou en graffitis. De plus, certains gestes peuvent indiquer une adhésion à un groupe comme un signe particulier de la main, tel le salut nazi, ou l’indication de chiffres avec les doigts.


The Turner Diaries

Couverture du livre The Turner Diaries
Couverture du livre The Turner Diaries

Date de création

1978

Classification

Suprématie blanche

Description

Sans être un signe distinctif, ce récit de science-fiction occupe une place importante au sein de l’extrême droite et de ses identifiants. Ce roman fut écrit par William Pierce, le fondateur de National Alliance, un groupe d’extrême droite très important aux États-Unis. Il met en scène une révolution violente aux États-Unis qui mène à un renversement du gouvernement fédéral et à une guerre raciale contre les Juifs, les homosexuels et les non-blancs.

Cette histoire particulièrement violente est lue par de nombreux membres de l’extrême droite partout dans le monde et en inspire certains dans leurs doctrines et leurs actions.


Mein Kampf

Livre Mein Kampf d’Adolf Hitler
Livre Mein Kampf d’Adolf Hitler

Date de création

Entre 1924 et 1925

Classification

Nazi

Description

Cet ouvrage a été rédigé par Adolf Hitler lors de son incarcération à la prison de Landsberg. Il s’agit d’une autobiographie, d’une présentation de théories racistes et des prémisses du mouvement nazi. Sa vente est légale au Canada et plusieurs suprématistes blancs, surtout les néo-nazis, s’en inspirent. Ce livre est une source de vénération pour de nombreux disciples du mouvement d’Adolf Hitler et de son idéologie.


White Fist ou Poing aryen

Logo du White Fist
Logo du White Fist

Anders Breivik
Anders Breivik, terroriste d’extrême droite, faisant un salut lors de son procès en 2012 pour le meurtre de 77 personnes et pour en avoir blessé 151 autres.

Date de création

Inconnue

Classification

Suprématie blanche

Description

Le « White Power » (Pouvoir blanc) propose le White Fist, ou Poing aryen, comme symbole du combat des peuples aryens pour leur survie.

La doctrine du « White Power » est une conception associée au néo-nazisme et se traduit souvent par une hégémonie employant la violence comme moyen coercitif. Le Pouvoir blanc est la source idéologique fondamentale motivant des groupes skinheads d’extrême droite dans leurs actions de répression. Cette idéologie s’est propagée mondialement, là où il y a présence de population de race blanche. L’utilisation du poing blanc s’oppose au symbole du poing levé, utilisé par le mouvement « Black Power ».


Croix celtique

Croix celtique
Croix celtique

Date de création

Début du 8e siècle

Classification

Raciste, nationaliste

Description

La croix celtique est un symbole très commun en Irlande et en Grande-Bretagne. Son origine est particulièrement associée aux communautés celtiques. La croix celtique a été reprise par beaucoup de mouvements nationalistes de diverses tendances.

Son utilisation par les extrémistes de droite est fréquente et elle symbolise, entre autres, le Pouvoir blanc.


Croix gammée ou svastika

Croix gammée
Croix gammée

Date de création

1920

Classification

Nazie, néo-nazie

Description

La croix gammée est l’emblème officiel de l’idéologie nazie. Ce signe est toujours d’actualité étant donné la recrudescence du néo-nazisme à travers le monde. Les différents groupes tentent toutefois d’utiliser des symboles dérivés et plus discrets afin de ne pas trop attirer l’attention et de contourner les lois de certains pays où l'usage d'images ou de certaines représentations du nazisme est prohibé.

La croix gammée est une modification du symbole nommé svastika. Celui-ci est très important dans la culture hindouiste et bouddhiste, mais ne possède pas la connotation négative associée à la croix gammée.


La rune d’Odal

Symbole de la rune d’Odal
Symbole de la rune d’Odal

Gravure illustrant le Wiking-Jugend
Wiking-Jugend, organisation néo-nazie allemande devenue illégale en 1994. Elle utilisait la rune d’Odal comme symbole

Date de création

1933 (début du IIIe Reich)

Classification

Nazi, néo-nazi

Description

La signification de la rune d’Odal par les néo-nazis remonte au début du temps proto-germanique où elle signifiait « héritage ». Ce symbole a été repris par Adolf Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous le IIIe Reich, la rune d’Odal était le symbole de la 7e division SS de volontaires de montagne Prinz Eugen et, plus globalement, représentait l’organisation paramilitaire de la Hitlerjugend (les Jeunesses hitlériennes). Après la Seconde Guerre mondiale, certains groupes néo-nazis, comme le Wiking-Jugend, ont repris ce symbole.


Totenkopf

Logo de la Division SS Totenkopf
Logo de la Division SS Totenkopf

Date de création

1925 lors de la création des SS

Classification

Nazi, néo-nazi

Description

Son utilisation fut remarquée lors de la Première Guerre mondiale, mais plus spécialement durant la Seconde Guerre mondiale. Ce symbole représente les unités d’élite de l'armée allemande Schutzstaffel (escadron de protection) et mieux connue sous son abréviation « SS ». Elles étaient chargées notamment de la surveillance des camps de concentration. Ce symbole, typiquement associé au nazisme, est l’un des plus connus.


14/88

14/88 sur un symbole nazi
14/88 sur un symbole nazi

Description

Le 14/88 est utilisé comme code néo-nazi afin d’éviter les contraintes découlant de lois dans certains pays, qui interdisent l’affichage et l’utilisation de symboles de l’Allemagne nazie.

Le nombre 14 représente les 14 mots (fourteen words) du nazi américain David Lane, affirmant qu’il faut préserver le futur de la race blanche : We must secure the existence of our people and a future for White Children. Les 14 mots sont devenus un véritable culte pour les néo-nazis.

Le nombre 88 correspond quant à lui à la juxtaposition de deux « H », huitième lettre de l'alphabet, évoquant le salut hitlérien (Heil Hitler).


4/20

Adolf Hitler
Adolf Hitler

Date anniversaire d’Adolf Hitler, soit le 20e jour du 4e mois (20 avril).


23

Drapeau du groupe White Pride
Drapeau du groupe White Pride

Correspond à la 23e lettre de l’alphabet anglais et français, soit W pour White (Blanc). Les suprématistes blancs peuvent aussi afficher ce signe en montrant les chiffres « 2 » et « 3 » à l'aide de leurs doigts.


Rahowa

Symbole du Rahowa
Symbole du Rahowa

Signifie Racial Holy War (guerre sainte raciale), une doctrine popularisée par Ben Klassen de The Church of the Creator et qui s’inscrit dans l’idéologie du groupe qui voit la suprématie blanche comme une religion et sa guerre comme sainte.


Manifestant qui tient une bouteille

B/Groupes d'extrême gauche

1. Groupes, organisations et idéologies

L’extrême gauche est un vaste mouvement politique partageant certaines croyances, attitudes et positions. Ce mouvement rejette le capitalisme, la démocratie occidentale telle que nous la connaissons, l’impérialisme et le militarisme. Ces pensées extrêmes, habituellement convoyées dans un discours révolutionnaire, peuvent parfois prendre une forme violente, souvent contre les autorités, allant même jusqu'à commettre un acte de terrorisme. L’extrême gauche tire son inspiration dans l’interprétation radicale de différentes doctrines comme le maoïsme, le trotskisme, le castrisme et le marxisme-léninisme. Contrairement aux extrémistes de droite, les gauchistes adoptent un profil plus discret.

Référence



Anonymous

Symbole d’Anonymous
Symbole d’Anonymous

Protestataire portant un masque de Guy Fawkes
Un protestataire portant un masque de Guy Fawkes près de la Maison blanche aux États-Unis

Des protestataires à une manifestation anticapitaliste en Grande-BretagneDes protestataires à une manifestation anticapitaliste en Grande-Bretagne

Un protestataire portant un masque de Guy FawkesDes protestataires à une manifestation anticapitaliste en Grande-Bretagne

Date de création

2003

Classification

Activiste pour la liberté d’expression et l’égalité. N’est pas une organisation à proprement parler, mais plutôt une idéologie partagée par plusieurs personnes dont des internautes.

Description

Le mouvement Anonymous se définit comme « hacktiviste ». Ses membres issus de la communauté du Web commettent des attaques anonymes sur Internet. L’étymologie du terme « hacktiviste » est une fusion des mots « hacker » et « activiste » et implique des connaissances technologiques et des actions directes à saveur politique. Bien que l’utilisation de l’idéologie d’Anonymous soit plus fréquemment connue pour ses attaques technologiques, son implication physique lors de manifestations est considérable. Lors d’évènements publics, les fidèles du mouvement sont souvent caractérisés par le port d’un masque particulier représentant Guy Fawkes qui, en 1605, a tenté de faire sauter le parlement britannique. Le masque fait aussi référence au film « V pour Vendetta » s’inspirant de la bande-dessinée du même nom, et basée sur la vie de Guy Fawkes.

Anonymous prétend militer pour la liberté d’expression, l’égalité et plusieurs autres causes souvent en lien avec l’actualité. De plus, ils ont été activement impliqués dans Wikileaks, un site Web créé par le hacker Julian Assange, qui diffuse des renseignements classifiés de plusieurs pays.

Activités illégales ou violentes

Plusieurs attaques de grande envergure sont revendiquées au nom d'Anonymous, allant de l’exposition de courriels personnels provenant de grandes entreprises jusqu’à des cyberattaques de sites gouvernementaux. Anonymous Canada a perpétré des attaques informatiques concertées envers des sites des gouvernements provinciaux et fédéraux, les rendant temporairement inaccessibles. Par exemple, entre 2014 et 2015, le site Web du Parlement, de la Cour Suprême du Canada, de la Ville d’Ottawa, de la police d’Ottawa et celui du Service de Police de la Ville de Montréal ont été pris pour cibles par Anonymous. En 2014, les membres de ce mouvement ont organisé des rallyes qui se déroulaient dans plusieurs villes du monde, dont plusieurs au Canada, afin de souligner l’anniversaire du décès de Guy Fawkes, soit le 5 novembre.

+ Signalement

Références


Black Bloc

Illustration du Black bloc
Illustration du Black bloc

manifestants anti-G20
Des manifestants anti-G20, qui feraient partie du groupe anarchiste Black Bloc dans les rues de Toronto

Date de création

Années 1970-1980

Classification

Anticapitaliste. N’est pas une organisation, mais une tactique de manifestation urbaine.

Description

L’origine de ce mouvement anarchiste remonte aux années 1970-1980. Au départ, il s’agissait de groupes d’individus prônant la réunification de l’Allemagne. Leur nom fut attribué par la police politique Est-allemande (Stasi). Le mouvement Black Bloc a évolué en mouvement de lutte anticapitaliste ainsi qu’en mouvement altermondialiste et libertaire.

Le Black Bloc est une tactique utilisée par des individus pour se rendre difficilement identifiables lors de manifestations. Caractérisé par le port intégral de vêtements noirs, le Black Bloc a pour objectif de créer une foule anonyme face aux effectifs policiers. Lors des manifestations, les actions posées par ce groupe sont de nature plutôt directe, c’est-à-dire qu’elles ciblent des figures du capitalisme au sein de notre société. Ces activistes sont parfois impliqués dans des altercations robustes avec des policiers, ces derniers étant considérés par le mouvement comme le bras armé du capitalisme.

Les différentes variantes du mouvement Black Bloc sont en général très éphémères et se mobilisent par le biais des médias sociaux afin de manifester lors d’événements importants.

Activités illégales ou violentes

La destruction de biens appartenant à des sociétés nationales et des banques, ainsi que de biens publics, est fréquente. La présence du Black Bloc fut notable dans certaines manifestations au Canada, comme par exemple lors du Sommet des Amériques de 2001 à Québec, lors du sommet du G20 à Toronto en 2010 et lors de la manifestation contre la brutalité policière du 15 mars 2012 à Montréal. Le Black Bloc fait rarement l’unanimité au sein des différents groupes présents à l’intérieur d’une manifestation. Le comportement extrémiste et relativement violent de ce groupe peut créer des tensions au sein même des manifestants.

Référence


Anarchisme

Symbole de l’anarchisme
Symbole de l’anarchisme

Incendie causé par les anarchistes
Manifestation contre le projet d'aéroport du Grand Ouest (France). Incendie causé par les anarchistes

Des activistes anarchistes brandissent des banderoles
Des activistes anarchistes brandissent des banderoles lors d'un rallye anti-G8 à Paris

Des activistes anarchistes brandissent des banderoles
Des activistes anarchistes brandissent des banderoles lors d'un rallye anti-G8 à Paris

Date de création

Courant idéologique issu du XIXe siècle

Classification

Anticapitaliste, antiautoritaire

Description

L’anarchisme est un courant philosophique s’opposant à toute forme d’autorité politique. Il existe plusieurs courants; certains violents et d’autres non. Cette conception idéologique antiautoritaire n’est pas synonyme de désordre social, mais prône plutôt pour un ordre anticapitaliste. Il existe une multitude de courants associés à l’anarchisme et, en ce sens, plusieurs groupes utilisent les symboles et les convictions anarchistes afin de promouvoir leurs croyances.

Activités illégales ou violentes

En 2010, un groupe anarchiste nommé Southern Ontario Anarchist Resistance (SOAR) a attaqué une des succursales de la Banque Royale du Canada (RBC) lors du sommet du G20 à Toronto. Il affirmait que les Jeux Olympiques de Vancouver se déroulaient sur des terres indigènes volées par le gouvernement et accusait la RBC d’avoir commandité ces Jeux en 2010.

Référence


Red and Anarchist Skinheads (RASH)

Logo du mouvement Red and Anarchist Skinheads
Logo du mouvement Red and Anarchist Skinheads

Date de création

1993

Classification

Anarchiste, antifasciste, anticapitaliste, pro-liberté

Description

Red and Anarchist Skinheads (RASH) est une organisation d’extrême gauche influencée par l’anarchisme. L’antifascisme, l’anticapitalisme et le principe libertaire, luttes auxquelles s’adonne le RASH, sont représentées par les trois flèches sur son logo. Le mouvement fut créé à New York. Il est présent officiellement au Canada depuis 1994.

Activités illégales ou violentes

Le groupe se caractérise par une lutte constante à l’aide d’actions directes perpétrées contre les skinheads néo-nazis (ou appelés boneheads par les skinheads d’extrême gauche).

Référence

  • SCHWEIZER, Daniel (réalisateur) (2003). Skinhead Attitude [Film documentaire], Suisse.

Résistance internationaliste (RI), ou Initiative de résistance internationaliste (IRI)

centre de recrutement des Forces armées canadiennes à Trois-Rivières, au Québec
En 2010, la Résistance internationaliste revendique une attaque à la bombe contre le centre de recrutement des Forces armées canadiennes à Trois-Rivières, au Québec

Date de création

Inconnue, mais première revendication en 2004

Classification

Antimilitariste, socialiste, pro-environnementaliste

Description

La Résistance internationaliste (RI), anciennement connue sous le nom d’Initiative de résistance internationaliste (IRI), est un groupe extrémiste à tendance anticapitaliste. Les convictions environnementalistes, antimilitaristes et antiaméricaines du groupe sont véhiculées par un radicalisme évident.

Activités illégales ou violentes

De 2004 à 2010, ce groupe extrémiste a revendiqué trois attentats à la bombe, dont celui de 2004 contre un pylône d’Hydro-Québec en Estrie (Québec). Cette action visait à nuire au transport, vers les États-Unis, de l’électricité produite au Québec, la dénonçant comme « (…) du saccage et du pillage des ressources au profit de l’empire états-unien ».

En 2006, le groupe radical a récidivé par une attaque contre la voiture du vice-président de la division de l’Est et porte-parole au Québec de l’Institut canadien des produits pétroliers. L’attentat a été revendiqué par la RI, qui dénonçait les profits de l'industrie pétrolière et de la guerre en Irak. En 2010, ce groupe a commis un attentat à la bombe contre le centre de recrutement des Forces armées canadiennes, situé à Trois-Rivières au Québec. Selon son communiqué, la Résistance internationaliste s’opposait aux pratiques et aux idéaux militaristes de l'État canadien.

Référence


Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP)

Logo du mouvement Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP)
Logo du mouvement Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP)

Date de création

1987

Classification

Antifasciste, antiraciste

Description

Skinheads Against Racial Prejudice (SHARP) est une mouvance combattant toute forme de racisme et dénigrant les skinheads d’extrême droite. SHARP se dissocie de l’utilisation du nom skinhead par les néo-nazis d’extrême droite. Apparu à New York à la fin des années 1980, SHARP reconnaît les racines multiethniques de la sous-culture skinhead, émergeant quant à elle vers la fin des années 1960 au Royaume-Uni. Sans affiliation politique, l’engagement du mouvement envers l’antifascisme et l’antiracisme est toutefois considérable. Le mouvement est présent au Canada, surtout à Montréal, à Toronto, à Vancouver et dans le sud de l’Ontario. SHARP ne peut être circonscrit au sein d’un groupe d’individus car il s’agit plutôt d’un réseau informel, sans porte-parole officiel, ayant pour objectif de rallier les skinheads d’extrême gauche.

Activités illégales ou violentes

Non seulement SHARP est très présent pour contrer les manifestations néo-nazies qui tournent souvent à la violence entre les manifestants, mais il est également souvent impliqué dans des altercations avec des groupes fascistes. Le groupe fait aussi du « Facho Watching », qui consiste à repérer les extrémistes de droite et à les combattre.

Références

  • SCHWEIZER, Daniel (réalisateur) (2003). Skinhead Attitude [Film documentaire], Suisse.
  • CAMPANA, Aurélie et Samuel TANNER (2014). The Process of Radicalization: Right-Wing Skinheads in Quebec, TSAS Working Paper.

Manifestants tenant une pancarte "peace" (paix)

C/Groupes à motivation unique

1. Groupes, organisations et idéologies

Cette catégorie englobe les groupes qui ne correspondent ni à l’extrémisme de gauche, ni à celui de droite. Ce sont des groupes qui sont motivés par une seule cause, telles que la protection de l’environnement, la défense de certains droits ou l’abolition de certaines lois.


Animal Liberation Front (ALF)

Logo de l’Animal Liberation Front
Logo de l’Animal Liberation Front

Manifestants de l’Animal Liberation Front
Membres de l’Animal Liberation Front dont une femme représentant la « Faucheuse » et deux en messagères la mort dans une marche à Sydney.

Manifestants de l’Animal Liberation Front
Manifestants de l’Animal Liberation Front

Date de création

1976

Classification

Activiste pour les droits des animaux. N’est pas proprement dit une organisation, mais plutôt une plateforme.

Description

L’Animal Liberation Front (ALF), ou Front de Libération des Animaux, est une organisation internationale composée d’activistes ayant recours à des actions directes telle la destruction de biens, de matériel et de propriétés, afin de lutter pour les droits des animaux.

Activités illégales ou violentes

L’organisation entreprend fréquemment des actions illégales afin d’appliquer ses convictions, s’élevant conséquemment au niveau de groupe terroriste aux yeux de certains gouvernements. Elle sauve et libère des animaux, mais elle commet aussi des actes de vandalisme en détruisant des biens et des propriétés.

Selon le FBI, l’ALF et son équivalent environnemental, soit le Earth Liberation Front (ELF), auraient déjà commis plus de 1 100 actes criminels, seulement en territoire américain. Le montant des dommages s'élève à plus d’une centaine de millions de dollars. Parmi les personnes les plus recherchées par le FBI : Joseph Mamoud Dibee et Josephine Sunshine Overaker, membres du groupe « The Family » affilié à l’ALF et l’ELF, et poursuivis pour 48 millions de dollars, dont 26 millions de dollars de dommages pour l’attentat contre le Vail Ski Resort en 1998.

Au Québec, en 2008 et en 2014, plusieurs milliers de visons d’une ferme d’élevage furent libérés par des militants anti-fourrure comme l’a fait le groupe en Colombie-Britannique en 2013. Au Canada, des membres de cette organisation s’en sont également pris à des chasseurs. En 2014, le groupe a mis de l’acide butanoïque dans les locaux de l’Association canadienne des laboratoires de science animale (ACSAL) à Toronto.

Références


Earth Liberation Front (ELF)

Logo du Earth Liberation Front
Logo du Earth Liberation Front

Daniel McGowan
Daniel McGowan a été condamné à sept ans de prison pour ses activités au sein du groupe radical Earth Liberation Front.

Date de création

1996

Classification

Écologiste

Description

L’Earth Liberation Front (ELF), ou Front de libération de la Terre, est un mouvement écologiste d’envergure internationale créé en Angleterre. Le groupe extrémiste utilise des moyens radicaux afin de contrer l’exploitation et la destruction de l’environnement. C’est un groupe de résistance sans représentant officiel, ni leader. Il s’agit d’une tactique utilisée par de nombreux groupes comme le Ku Klux Klan (KKK) pour éviter de se faire infiltrer par les autorités. Les membres, souvent nommés elfs, partagent la même idéologie et opèrent en cellule, sans toutefois être encadrés par une chaîne de commandement. Leur seul porte-parole américain connu, Craig Rosebraugh, encourageait les membres d’ALF et d’ELF à utiliser des tactiques violentes et à soutenir les théories conspirationnistes.

Il existe une coopération et un lien entre l’Earth Liberation Front (ELF) et l’Animal Liberation Front (ALF).

Activités illégales ou violentes

Ce mouvement préconise l’action directe afin de soutenir ses convictions : incendies criminels et vandalisme. De plus, l’ELF utilise le sabotage ou le monkeywrenching, qui est un ensemble d’actes comme les graffitis sur des immeubles et des voitures, la destruction d’équipement, etc.

Rebecca Rubin, militante écologiste canadienne du mouvement radical de l’ELF et de l’ALF, recherchée et qualifiée d'éco-terroriste par les États-Unis, s'est rendue aux autorités de l'État de Washington en 2013. Elle a plaidé coupable à des accusations d’incendies criminels et de complots entre 1997 et 2001 et elle a été condamnée à cinq ans de pénitencier en janvier 2014. En 2003, l’ELF a été impliqué dans la destruction d’un complexe d’appartements de 23 millions de dollars dans la région de San Diego aux États-Unis.

Références


Freemen on the Land (FMOTL)

Logo du mouvement Freemen on the land
Logo du mouvement Freemen on the land

Date de création

Années 1970

Classification

Antigouvernemental

Description

Freemen on the Land, ou Sovereign Citizens (Citoyens souverains), est un mouvement anarchiste aux tendances d’extrême droite. Il a pris naissance aux États-Unis et ses membres prônent le retour aux valeurs des pères fondateurs américains, où l’État et les lois étaient peu présents. Ce mouvement est inscrit sur la liste de surveillance du FBI (FBI’s domestic watchlist) et est également présent au Canada, en Irlande et au Royaume-Uni.

FMOTL encourage différentes formes de rejet de l’État, comme le refus d’utiliser des permis de conduire, d’immatriculer et d’assurer des véhicules et de payer des impôts. De plus, certains membres ne reconnaissent pas les tribunaux et ne veulent donc pas y être jugés. Ils sont catégorisés comme des séparatistes par certains auteurs et auraient émergé de la publication d'un document : Nehemiah Township Document and Common Law Contract, dont le but ultime est l'établissement d'un gouvernement républicain religieux où seuls les Freemen aryens auraient des droits. D’ailleurs, la devise de certains Freemen est : Penser librement, vivre librement (Think free, be free).

Activités illégales ou violentes

Nombreux sont les Freemen qui ont commis différentes infractions provinciales et fédérales. Certains ont d’ailleurs perpétré des crimes graves. Aux États-Unis, en 1995, Terry Nichols était l’un des terroristes participant à l’attentat d’Oklahoma City contre un immeuble du FBI et qui a fait 168 victimes. Depuis 2000, les autorités américaines rapportent que six agents de la paix ont été abattus par des Freemen. D'ailleurs, en 2015, un policier de la section des crimes haineux de la police d'Edmonton a été abattu par Norman Raddatz, un individu qui semblait partager l'idéologie Freemen.

Depuis quelques années, les Freemen ont fait des inscriptions hypothécaires sur les résidences de juges, tant aux États-Unis qu’au Canada. Cette tactique a d’ailleurs été observée en 2012 au Québec et en Colombie-Britannique. Il est possible de dénombrer plusieurs cas comme celui de 2013, à Calgary, où un homme des FMOTL, Andreas Pirelli, avait reçu un ordre d’éviction de la Cour. Il avait confisqué illégalement la maison d’une femme retraitée et avait déclaré l’endroit comme son « ambassade ». Au Québec, un des membres des Citoyens souverains, la version québécoise des Freemen on the Land, Jean-Marc Paquin, a vu sa voiture saisie par la Justice pour ne pas l’avoir totalement payée et a dû débourser une amende de 27 000 dollars pour avoir commis du tort aux autorités.

Les Freemen utilisent beaucoup des références bibliques, des timbres apposés sur des documents, des codes-barres, des empreintes digitales et des sceaux faits à l’aide de leur sang. Ils portent différents noms dans les documents officiels dans le but de confondre les autorités.

Références