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La transformation de la structure des groupes du crime organisé

Ce projet a été entrepris afin d’explorer l’enjeu et fournir de l’information sur le sujet. L’opinion exprimée est celle de l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle de la Gendarmerie royale du Canada ou du gouvernement du Canada.

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(Collège canadien de police )

Sommaire exécutif

Compte tenu de l’amélioration marquée des moyens de transport, des communications et des horizons de la technologie qui ne cessent de s’élargir, le crime organisé a connu une évolution considérable en phénomène mondial. Il semble également que les facteurs qui contribuent à la mondialisation et l’existence même de la mondialisation des groupes du crime organisé aient entraîné un éventail de structures complexes de ces groupes, qui se forment à l’aide de réseaux transnationaux axés sur le marché. Des chercheurs ont conclu que les organisations criminelles du XXIe siècle se caractérisent par une fluidité et une complexité structurelle importantes. Contrairement aux stéréotypes populaires, elles utilisent des grappes de terminaux, des structures en réseau et des groupes de différentes formes et tailles qui sont souvent, mais pas immanquablement transnationaux et ont à l’occasion des secteurs d’attache, selon leurs divers types d’activités illégales et ce qu’imposent les nouvelles possibilités à l’échelle mondiale. Les résultats d’une enquête pilote menée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime en 2002 auprès de 40 groupes de crime organisé sélectionnés dans 16 pays ont confirmé l’existence de cette fluidité structurelle dans les cinq typologies qui ont été déterminées et liées aux groupes observés : hiérarchie standard, hiérarchie régionale, hiérarchie groupée, groupe central et réseau criminel. Les principaux cartels de Colombie constituent un bon exemple de structures de réseau complexe. Leur structure est compartimentée et elle imite celle d’une grande société multinationale où le président et les vice présidents, qui se trouvent à l’intérieur du pays, prennent les décisions, contrôlent et gèrent les acquisitions, la production, le transport, les ventes et les finances des « affaires » de trafic de stupéfiants, et les cellules à l’étranger s’occupent des importations, de l’entreposage et de la livraison du produit ainsi que du recyclage d’argent.

D’autres ont remarqué les structures hétérogènes et la nature axée sur les possibilités des groupes de crime organisé « russes » aux États Unis (É. U.). Ils ont signalé que ces groupes du crime organisé constituaient des réseaux fluides et flexibles où les chefs ont leur position en fonction de leurs charactéristiques personelles. Ces groupes interconnectés n’étaient pas très centralisés ou contrôlés par quelques chefs. Ils faisaient appel à des ressources et à des partenaires extérieurs pour leurs connaissances spécialisées nécessaires pour les activités criminelles. Les experts qui ont étudié la situation en Europe du Sud-Est ont également signalé un large éventail de structures, allant de hiérarchiques à horizontales, qui ressemblent à des cellules et constituent des réseaux informels actifs. On croyait que les groupes de crime organisé chinois des États Unis avaient une structure assez complexe et variée, à savoir, des gangs, des sociétés secrètes, des triades, des tongs, des groupes de crime organisé taïwanais, et des tongs et des gangs uniquement établis aux États Unis. Le « Yakuja » japonais est considéré comme un des plus larges groupes de crime organisé du monde et est décrit comme composé d’un « kaicho » (un patron ou un père qui possède une autorité absolue sur le groupe), d’un « wakato » (un délégué ou un capitaine), et de « wakai shu » ou soldats, les membres ordinaires, ce qui semble indiquer une hiérarchie.

Les groupes du crime organisé ne sont pas toujours homogènes en ce qui a trait à l’origine ethnique. Les structures des groupes du crime organisé apparaissent apparentées aux réseaux plus courantes que celles reposant sur l’origine ethnique, la région ou la famille. Cela semble être attribuable à l’efficacité de la décentralisation et aux contacts informels non hiérarchiques entres les groupes ou cellules avec un grand roulement des associés qui collaborent pour une raison précise et puis s’en vont.

Les modèles et les notions suivantes sont utiles pour prévoir le crime organisé et transnational : les conditions politiques comme un État faible, un État affaibli et des États en conflit en raison d’un soulèvement ou du terrorisme – où un groupe du crime organisé assure la protection; les conditions économiques comme les demandes du marché, de nouvelles possibilités pour des produits et services illégaux, la collaboration avec d’autres secteurs non criminels; les conditions sociales où la loyauté envers la parenté ou les liens ethniques est plus importante que la loyauté envers l’État ou le gouvernement, ce qui engendre corruption et prolifération du crime. Il arrive qu’un réseau social pouvant traverser les frontières du pays se forme. Le modèle de gestion du risque dépeint une situation où les organisations criminelles peuvent se servir d’outils comme le contre espionnage et la corruption afin de réduire le risque que des gouvernements stables et des autorités policières les détectent et les poursuivent. Les modèles mixtes prédisent la combinaison de quelques unes de ces aspects.

On prétend que le crime organisé est devenu en quelque sorte un « crime d’entrepreneur », étant donné qu’il concerne tout produit qui peut être exploité de façon rentable. Compte tenu des stratégies très adaptatives des groupes du crime organisé, la possibilité de développer le crime cybernétique serait grand, parce qu’il est le plus nouveau secteur important de possibilités du XXIe siècle. Certains experts croient que la formation de « liaisons d’affaires » entre les groupes du crime organisé et les groupes terroristes transnationaux, malgré leurs différences idéologiques, pratiques et opérationnelles, et leur collaboration en vue d’un gain commun constituent une possibilité indéniable et une menace pour la sécurité mondiale.

Selon quelques universitaires, étant donné qu’un nombre considérable de groupes du crime organisé se servent de différents types de structures de réseaux fluides, une stratégie qui mettrait l’accent sur l’analyse de réseaux favoriserait la lutte qu’on leur mène de façon concrète et dans le cyberespace. Les experts pensent que pour combattre le crime organisé, il faut plusieurs stratégies. Elles incluent un grand engagement politique des gouvernements du monde entier pour reconnaître la nature pernicieuse et transnationale du crime organisé et le combattre. Une coopération plus grande pour une assistance judiciaire et un partage des renseignements, sous forme d’ententes internationales et de traités entre les États et à l’intérieur de ceux ci, entre les ministères et les ordres de gouvernement, pour élaborer et mettre en place une approche multinationale et multidisciplinaire. Un besoin de sensibiliser davantage la population au crime organisé en mettant l’accent sur la réduction de la demande pour des produits et des services illégaux afin d’éviter la corruption à tous les niveaux de la société civile et d’augmenter la loyauté envers le régime légitime de gouvernement des États. La nécessité d’amasser, d’analyser et de partager des renseignements criminels de façon stratégique, méthodique et proactive, notamment les renseignements financiers sur les groupes émergents et secteurs comme le crime cybernétique, le vol d’identité et la fraude informatique, dans le respect des libertés civiles. Finalement un besoin pour une formation adéquate de l’appareil légal international et des outils pour combattre le crime organisé.

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