Ce projet a été entrepris afin d’explorer l’enjeu et fournir de l’information sur le sujet. L’opinion exprimée est celle de l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle de la Gendarmerie royale du Canada ou du gouvernement du Canada.
Sommaire exécutif
La police en ligne consiste en l'échange de services et d'informations entre la police et les citoyens par le biais d'Internet. Un examen récent des modèles de services de police et de gestion des appels semble indiquer qu'Internet est un moyen de plus en plus utilisé dans le traitement d'appels de service. Dans cette étude, réalisée par la Sous-direction de la recherche et de l'évaluation et la Section de la police urbaine (SSPCA), nous avons approfondi les questions suivantes, portant sur la police en ligne :
Police en ligne État des connaissances
Description DE la police EN LIGNE
Internet devient le moyen principal d'accès du public à l'information. Le signalement sécurisé d'incidents non urgents est une application Internet qui a fait ses preuves. Le signalement de crimes de crimes consiste pour un citoyen à remplir via Internet un rapport décrivant un incident ou un crime dont il a été victime ou témoin, cela 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Les services de police peuvent récupérer ces rapports lorsque des ressources sont disponibles, libérant ainsi les policiers patrouilleurs qui autrement seraient affectés au traitement de ces incidents.
Grâce à Internet, la police en ligne multiplie les canaux de communication. Cependant, elle ne remplace pas le contact par téléphone ou en personne, toujours essentiels. Pour mettre en uvre la police en ligne, il faudra :
Avantages reconnus de la police en ligne
Pour la collectivité
Pour la police
Transactions électroniques au Canada
Puisque la police en ligne est liée à l'usage de l'ordinateur et à l'accès Internet, nous avons examiné ces pratiques chez les Canadiens. Les études démontrent que l'utilisation d'Internet est en croissance au Canada.
Consultation sur la police en ligne
Si les citoyens utilisent régulièrement Internet, le feraient-ils pour communiquer avec la police? Cette question a été évaluée par le biais d'une consultation publique. Des groupes de discussion réunissant des agents de la GRC et un échantillon représentatif de la population ont été organisés dans différentes régions du Canada.
Depuis sa création, la GRC s'est toujours adaptée aux changements imposés par les nouveaux besoins de la société et les nouvelles réalités technologiques. Voici un aperçu des points abordés lors de cette consultation étaient :
Principaux résultats des discussions
Selon les participants, la plupart des services de la police continueraient sans aucun doute à être fournis en personne. Ils estimaient toutefois que, même si le contact initial et de nombreuses tâches routinières pouvaient être effectuées en ligne, l'accès conventionnel ou le contact en personne étaient aussi importants que l'accès électronique.
Pourquoi les services de police devraient-ils se mettre en ligne? La police doit s'adapter à la société et évoluer avec celle-ci. Des exemples provenant du secteur bancaire et du secteur privé seraient à suivre ou à étudier.
Quant aux services prévus, ils devraient favoriser une communication bilatérale : police-citoyens, citoyens-police. De nombreux participants estimaient que la police pourrait être plus efficace au niveau de la prestation de services. On s'attend à ce que le signalement en ligne réduise la pression sur les policiers de première ligne ainsi que sur le personnel préposé au standard téléphonique et à la réception.
Deux questions importantes concernant la protection des renseignements personnels ont été soulevées.
Sur le plan du développement futur, l'évolution technologique est vue comme rapide et irréversible, dans toutes les sphères de la société. Les participants ont mentionné la popularité croissante des ordinateurs de poche de type Palm Pilot ou BlackBerry, des lecteurs audionumériques de type iPOD et des ordinateurs domestiques. Ils croient que ces systèmes seront bientôt intégrés et interreliés.
Les policiers participant aux discussions ont rappelé qu'il y a seulement 15 ans, la plupart des rapports d'activités avec le public étaient écrits à la main. Aujourd'hui, tout est informatisé, à partir de l'ordinateur portable à bord des auto-patrouilles jusqu'aux banques de données, etc. Les services de police ont évolué. Toutefois, contre toute attente, le temps consacré à la rédaction de rapports a augmenté. L'infotechnologie ne semble donc pas permettre que plus de temps soit consacré à des activités policières plus urgentes.
Pour de meilleurs résultats et pour atteindre les objectifs fixés, les suggestions suivantes ont été faites :
Examen de sites web de services de Police
Tous les services de police sélectionnés pour cet examen étaient dotés d'une page Web indépendante du site Web municipal. Cependant les services de police canadiens ne sont pas tous dotés de sites Web. Il n'existe pas non plus de règles d'architecture informatique déterminant les caractéristiques et la structure des sites, ni de protocoles de présentation de l'information. Les approches varient d'un site à l'autre : pictogrammes, hyperliens ou rubriques.
Les communications électroniques entre la police et le public sont sous-utilisées. Même si 45 % des sites de services policiers canadiens proposent au moins une adresse courriel, les possibilités de communication vont rarement au-delà. En Europe et aux États-Unis, il n'en va pas autrement.
Le signalement d'infractions mineures en ligne n'est possible que dans le site Web d'un seul service de police canadien. Toutefois, le public peut signaler électroniquement des délits économiques via les programmes PhoneBusters ou Ricol. Soulignons également que, du point de vue de la victime, un délit économique n'est pas toujours perçu comme une infraction mineure.
Études de cas des signalements de crimes en ligne
Le seul pays où le signalement en ligne de crimes est bien implanté est le Royaume-Uni. Très peu d'études portant sur la police en ligne ont été menées en Amérique du Nord ou ailleurs, c'est pourquoi on trouve très peu de documentation ou de rapports d'évaluation sur le sujet. Le travail sur le terrain effectué pour cette étude auprès de services de police du Royaume-Uni, du Service de police de Vancouver (Colombie-Britannique) ainsi que du Service de police de Tracy (Californie) a révélé qu'au quotidien, le signalement de crimes en ligne fonctionne très bien.
Au Royaume-Uni, l'initiative a été la publication par le gouvernement d'un livre blanc réclamant que les conseils municipaux offrent des services en ligne au plus tard en 2005. PITO, un organisme non gouvernemental sous la responsabilité du Home Office, a soutenu les services de police dans l'acquisition de matériel informatique. Un guichet unique de gestion des données a été crée : le protail. Le portail comporte trois modules principaux :
Les services de police ne sont pas tenus de se relier au portail. Toutefois, ce service est gratuit.
L'expérience de la police de Suffolk démontre qu'en moins de 12 mois, les citoyens et les policiers ont appris à utiliser le système selon leurs besoins particuliers. Il en résulte que :
Leçons à retenir
Le signalement de crimes en ligne n'est pas un enjeu mais la qualité de la communication l'est devenue. En effet, depuis la mise sur pied du portail, l'intensité du trafic des informations n'a pas changé mais c'est plutôt la relation entre le public et la police s'est transformée grâce à Internet et permet une communication en temps réel entre la police et le public.
Que les gens aient ou non un ordinateur à la maison n'est pas non plus un problème. Il y a des cafés Internet, des ordinateurs dans les bibliothèques, etc. Le portail est adapté à la technologie actuelle/future. L'enjeu est plutôt de savoir comment la police peut gérer efficacement cette source d'information relativement nouvelle.
Comme pour tout ajustement à une nouvelle technologie, formation et planification sont nécessaires avant la phase de mise en uvre. Un service de police parmi ceux que nous avons étudiés n'utilisait pas le portail à sa pleine capacité parce qu'il n'avait pas mesuré tout son potentiel. Aucune planification stratégique n'avait été faite et seuls les aspects touchant à la prévention du crime avaient été exploités.
L'examen de la situation au Royaume-Uni démontre qu'une technologie Internet de type portail peut favoriser la communication bilatérale entre la police des segments de la population. Nous avons observé que les autorités policières avaient mis au point une approche novatrice par laquelle des messages sont expédiés directement à la population ou à une partie de celle-ci (par exemple : demande d'information aux citoyens). Les services de police du Royaume-Uni ont accès à un système qui permet de recevoir électroniquement des illustrations, des photographies, des textes et des courriels de la part de citoyens concernés ou de ressources spécialisées.
Le service de police de Vancouver (colombie-britannique)
Le service de police de Vancouver (VPD) a mis sur pied son système de signalement en ligne en 2001. Suite à une évaluation de la prestation de services en 1999, le VPD a conclu que le signalement via Internet serait un moyen idéal pour permettre au public de leur faire part de crimes mineurs contre les biens ou d'incidents ne nécessitant pas une intervention immédiate. Le système s'est avéré peu exigeant en termes de temps et d'attention pour le personnel affecté au traitement des rapports, ne requérant pas de nouveau personnel, mais simplement une réorganisation du travail.
La page d'accueil du site Web du VPD décrit le processus en six étapes pour remplir et présenter un rapport, indique le temps nécessaire pour le faire et fournit une liste des crimes admissibles. On garantit à l'expéditeur une réponse dans les cinq jours ouvrables; la plupart (62 %) reçoivent cette réponse le jour même. Il faut à un policier entre trois et six minutes pour prendre connaissance d'un rapport et, dans 80 % à 85 % des cas, ceux-ci ne demandent aucune modification, ou seulement des modifications mineures. Une fois que le rapport a été examiné, un courriel est envoyé à l'expéditeur pour lui transmettre un numéro d'incident. Les données des rapports valides sont automatiquement acheminées dans le système de gestion des dossiers (SGD).
Avantages reconnus
Le service de police de Tracy (Californie)
Le service de police de Tracy a fait affaire avec une compagnie privée qui a mis au point un système de signalement de crimes en ligne. Ce système est branché à un serveur indépendant qui reçoit l'information et l'achemine une fois traitée vers le serveur de la police, sur une connexion sécurisée. Le service de police de Tracy paie à cette compagnie un forfait annuel, ce qui facilite la planification budgétaire. La sécurité du système et sa mise à jour incombent au fournisseur du service.
Chaque rapport acheminé est examiné par des employés affectés aux appels de service. L'examen demande environ cinq minutes, et un avis de traitement est expédié électroniquement. Il n'a pas été nécessaire de former des employés ou à embaucher du nouveau personnel.
Le site Web invite le public à présenter un rapport pour des délits qui ne font pas normalement l'objet d'enquête, notamment des cas de vols mineurs. Le citoyen peut recevoir de l'aide en ligne pour rédiger son rapport, qui peut être présenté en plusieurs langues. Le rapport est par la suite traduit en anglais au moyen d'un logiciel de traduction automatisée. L'achalandage sur le site de signalement en ligne augmente peu à peu chaque année. Le service de police de Tracy estime qu'une économie de 40 $US est réalisée pour chaque rapport effectué en ligne (aucune dépêche sur les lieux, aucun appel téléphonique, aucun dédoublement de travail).
Leçons à retenir
Le service de police de Tracy évalue que le signalement en ligne est un processus simple à utiliser pour le citoyen et facile à incorporer aux tâches régulières du personnel. Il s'agit d'une méthode :
La police en ligne, n'est pas une affaire de considérations techniques, mais plutôt de changements culturels au sein des organisations policières. Ces organisations sont-elles prêtes à utiliser les outils électroniques dans leurs rapports avec les citoyens?
Des problèmes peuvent surgir, notamment :
Le signalement de crimes en ligne présente des avantages pour la collectivité autant que pour la police. Ainsi que décrit dans les écrits, et observé sous un autre angle lors des études sur le terrain, il est estimé que la police en ligne peut offrir :