Cette carte sert doutil dapprentissage et d'auxiliaire de formation pour faciliter les échanges et aider à former les agents de la GRC et les membres de la collectivité intéressés au forum de justice communautaire. On incite les animateurs à utiliser la carte de manière à combler les besoins en formation. Les instructeurs actuels en matière de forum de justice communautaire peuvent choisir davoir recours à la carte pour compléter le matériel de formation existant. Sinon, celle-ci peut servir de pierre angulaire pour engendrer des questions et un dialogue au sujet de la justice réparatrice et du forum de justice communautaire en particulier.
La carte dapprentissage intitulée Forum de justice communautaire se divise en trois éléments ou cercles, chacun deux représentant un point détude autonome.
Les trois éléments de la carte dapprentissage :
Amorcez un dialogue en divisant le groupe en petits groupes de quatre ou cinq personnes. Si vous ne disposez pas de suffisamment de temps pour le travail en petits groupes, vous pouvez procéder à cet exercice en lançant des questions au grand groupe.
Une fois que vous avez divisé lauditoire en groupes plus petits, demandez-leur de jeter des idées au sujet de la question, par exemple : «Quels sont les principes sous-jacents de notre système judiciaire actuel? Quels en sont les objectifs?»
Les participants sont priés déchanger leurs réponses dans leurs petits groupes et de consigner leurs commentaires sur des tableaux à feuilles (si on en dispose) ou sur papier.
Une fois cet exercice terminé, chaque petit groupe doit choisir un «reporter» qui fera part des commentaires du groupe auprès du grand groupe.
Nota : Les exercises en petits groupes contenus dans le présent guide sont fondés sur des documents de formation fournis à la GRC par l'organisme Transformative Justice Australia (TJA).
Question au groupe:
Quels sont les principes sous-jacents de notre système judiciaire actuel?
Quels en sont les objectifs?
Assurez-vous que les points suivants sont soulevés :
Vous noterez peut-être que les participants feront remarquer que les objectifs «établis» du système judiciaire ne sont pas toujours réalisés en pratique courante. Il est fort probable à ce moment-ci de lexposé que vous recevrez des participants des commentaires ou des plaintes au sujet des «défauts» du système actuel.
Ensuite, demandez aux participants de retourner dans les mêmes petits groupes ou dans des groupes différents, à votre choix, pour étudier une autre question. Posez la question sui-vante aux groupes : «Dans un système parfait, quels sont les résultats idéaux?
Quaimeriez-vous voir dans un système parfait?»
Demandez encore une fois aux groupes de nommer un(e) «secrétaire» pour faire part de leurs idées auprès du grand groupe.
Question au groupe:
«Dans un système parfait, quels sont les résultats idéaux? Quaimeriez-vous voir dans un système parfait?»
Les commentaires du groupe peuvent porter, entre autres, sur les points suivants:
Mettez fin à cet exercice en laissant entendre que, dans de nombreux cas, la justice réparatrice peut offrir des résultats se rapprochant davantage des résultats «idéaux» mentionnés que ne peut le faire le système judiciaire «traditionnel».
EXPLICATION DU GROUPE
Les zones extérieures bleue et verte de la carte illustrent le fait quil existe deux modes de pensée au sujet de la justice, cest-à-dire deux philosophies. Ils existent tous deux au Canada, lapproche traditionnelle (représentée en vert) prévalant davantage. Dans les quelques minutes qui suivront, nous allons les compa-rer et en faire ressortir les différences.
Les animateurs doivent souligner l’idée que nous ne préco-nisons pas l’élimination du système traditionnel. Il faudrait plutôt laisser entendre que, dans de nombreuses situations, le conflit peut être réglé d’une manière réparatrice. Il s’agit ainsi d’habiliter la victime et le contrevenant à jouer un rôle dans le processus et, en même temps, de réserver les cas graves au système ordinaire. Ceux d’entre vous qui possédez des connaissances de base additionnelles dans le domaine de la justice réparatrice peuvent choisir de fournir des renseignements supplémentaires à ce moment-ci.
QU'EST-CE QUE LA JUSTICE RÉPARATRICE
La définition ou le cadre quon suggère pour le terme «justice réparatrice» est le suivant :
La justice réparatrice est une philosophie dont la pierre angulaire est le ressourcement communautaire. Comme la police communautaire, il sagit dune façon différente de procéder. Contrairement au système accusatoire actuel qui est fondé sur le châtiment, la justice réparatrice favorise le dialogue et la responsabilité pour les comportements antérieurs, tout en convergeant les efforts vers la résolution des problèmes ultérieurs et la responsabilisation du contrevenant.
Lidéal serait que la victime, le contrevenant et la collectivité travaillent à «arranger les choses» afin de permettre aux parties de revenir à létat qui prévalait avant la commission du délit. La justice réparatrice considère le crime comme la violation dune personne par une autre, et non simplement comme une infraction à la «loi».
Question au groupe :
Demandez aux membres du groupe sils peuvent suggérer des «programmes» ou des «mesures» qui sont actuellement en place dans leurs collectivités et qui pourraient être considérés comme «réparateurs» selon la définition fournie.
Si vous le voulez, vous pouvez écrire ces mesures communautaires existantes sur le tableau noir ou sur un tableau à feuilles.
Vous devriez insister sur le fait suivant :
Lapproche de la justice réparatrice offre un certain nombre doptions ou de stratégies, dont le forum de justice communautaire, la médiation entre la victime et le contrevenant ainsi que les conseils de détermination de la peine. Les stratégies peuvent être aussi nombreuses que les collectivités. La GRC ninsinue pas que le forum de justice communautaire est la seule façon de régler les conflits.
JUSTICE TRADITIONNELLE (TRIBUNAUX)
Montrez la partie extérieure verte au bas de la carte et expliquez quon trouve souvent quelques thèmes principaux dans lapproche traditionnelle de règlement des conflits. En commençant par le thème «Recherche des faits» , demandez à chaque participant dindiquer ce que pourrait signifier chaque «terme clé». Par exemple, demandez aux membres du groupe ce quon entend, selon eux, par le terme «recherche des faits». Encouragez les participants à mettre en question leurs idées entre eux. Assurez-vous que les points suivants sont abordés lors du dialogue.
Question au groupe:
«Quentend-on par chaque terme?»
Recherche des faits
La recherche des faits dans le cadre dune enquête a été une façon traditionnelle pour la police dévaluer la respon-sabilité et, en fin de compte, de résoudre des crimes. Souvent, nous nous apercevons quau moment de régler des conflits, lattention est centrée exclusivement sur les faits, au détriment des sentiments et des émotions. Dans lapproche de la justice réparatrice, bien quon reconnaisse que la recherche des faits a de la valeur, elle vient au second rang par rapport à la véritable résolution des problèmes.
Contrevenant
Ce terme clé sur la carte désigne la notion voulant que le processus judiciaire traditionnel ait comme point de mire le contrevenant. Le rôle de la victime et de la collectivité semble souvent être oublié. Bien que cette attention centrée sur le contrevenant apporte une justification au principe de châtiment, elle ne lui permet pas dassumer la responsabilité de ses gestes et ne lincite pas à le faire.
Peine
Il sagit dun des principaux objectifs établis du système ordinaire. Il existe un système complexe de poids et de mesures pour évaluer le degré de châtiment à imposer en fonction des gestes du contrevenant.
Gagnant / Perdant
Le système traditionnel est fondé sur la notion voulant quil doive y avoir pour chaque «cause» ou situation un gagnant et un perdant. Dans ce système adversatif, les deux «parties» se battent pour la victoire. Linconvénient de cette approche est quil y a toujours quelquun qui perd. Souvent cest la victime, même si elle a «gagné» la cause. Les critiques soutiennent que cette approche incite même le contrevenant à éviter dassumer la responsabilité de ses gestes.
Isolement
Ce système traditionnel provoque souvent un sentiment disolement tant chez la victime que chez le contrevenant. Les marques laissées par les accusations peuvent isoler le contrevenant de sa communauté. En outre, sil est reconnu coupable, il peut être éloigné de la communauté pour pur-ger une peine dans un centre correctionnel ou une maison de transition. De même, la victime est souvent isolée et aliénée par ce processus.
Les victimes se plaignent fréquemment quelles nont pas voix au chapitre dans le système. Elles peuvent sortir du processus judiciaire désabusées et en colère.
JUSTICE RÉPARATICE
En commençant par le terme «résolution de problèmes», demandez à chaque participant dindiquer ce que pourrait signifier chaque «terme clé». Encore une fois, assurez-vous que les points suivants sont abordés lors du dialogue.
Question au groupe :
«Quentend-on par chaque terme?»
Résolution de problèmes
Laccent est mis sur la façon dont la victime, le contrevenant et les autres peuvent aller au-delà de cet événement. Une compensation financière peut être en jeu. Un dialogue est nécessaire entre les principaux intervenants.
Victime / Collectivité
La victime et le contrevenant jouent un rôle clé tant dans lexamen du problème que dans sa résolution. Le contrevenant est incité à assumer la responsabilité de ses gestes tandis que les besoins de la victime sont reconnus.
Responsabilité
Le châtiment ne constitue pas la principale préoccupation dans lapproche réparatrice. Il importe plutôt que le contrevenant assume la responsabilité de ses gestes. Cette approche assure un sens de responsabilisation quon ne trouve pas souvent dans le système traditionnel, où les contrevenants sont représentés par des avocats et sont incités à plaider «non coupable».
Gagnant / Gagnant
Les tenants de la justice réparatrice soutiennent que, de par sa nature, ce processus permet à toutes les parties dêtre gagnantes puisque toutes les personnes présentes sont appelées à trouver une solution au problème.
Réintégration
Lune des plus importantes caractéristiques de la justice réparatrice est un engagement envers la réintégration du contrevenant dans la collectivité. Également, en incluant la victime dans le processus, celle-ci ne sera pas isolée. En fin de compte, le concept de la réintégration est lié à lobjectif plus important, à savoir la guérison. Il faut que toutes les personnes touchées par lincident travaillent à redresser la situation pour que la guérison soit possible.
Question au groupe :
«Quelquun dentre vous a-t-il déjà animé un forum?»
«Y a-t-il quelquun qui connaît le processus?»
Étape 1 Incident/Responsabilité
Étape 2 Processus volontaire
Étape 3 Rencontre
Étape 4 Résolution
Étape 5 Conclusion
Il est recommandé que les animateurs qui prévoient présenter un exposé sur le troisième cercle se familiarisent avec le document de la GRC intitulé Forum de justice communautaire Guide canadien des ressources, qui renferme des renseignements plus détaillés sur les aspects théoriques du forum.
Assurez-vous daborder au moins les points saillants suivants de la théorie :
Demandez aux participants de se diviser de nouveau en petits groupes. Expliquez quun sociologue australien, John Braithwaite, a développé la notion de lhumiliation réintégrative, qui est évidente dans les forums.
Demandez aux groupes de répondre à la question suivante : «Pourquoi est-ce que la majorité dentre nous agissons correctement la plupart du temps?» Expliquez que, par le passé, de nombreux criminologues se demandaient pourquoi des gens font le «mal» ou commettent des crimes. Braithwaite a abordé la question de la déviance et de la réintégration sous ce nouvel angle, à savoir :
Pourquoi les gens agissent-ils correctement?
Question au groupe :
«Pourquoi est-ce que la majorité dentre nous agissons correctement la plupart du temps?»
Demandez aux groupes de faire part de leurs réponses et de souligner la raison la plus importante pour laquelle on «agit correctement». Assurez-vous que les points suivants sont abordés :
Poursuivez en expliquant la théorie de la honte de Braithwaite (présentée ci-dessous en style télégraphique). Encore une fois, il est recommandé que les animateurs qui prévoient présenter un exposé sur la théorie se familiarisent avec le document de la GRC intitulé Forum de justice communautaire Guide canadien des ressources,qui renferme des renseignements plus détaillés sur les aspects théoriques du forum.
THÉORIE DE BRAITHWAITE
La honte est la raison pour laquelle nous ne commettons pas de crimes. Nous pouvons ressentir de la honte intérieurement à cause de notre conscience ou être couvert de honte extérieurement par la famille, les amis ou la société en général.
Braithwaite a conçu la notion de lhumiliation réintégrative. Lattention est mise sur lacte lui-même, et non sur son auteur.
Expliquez quil y a une raison psychologique derrière le succès du forum de justice communautaire. Cette affirmation repose sur les travaux du psychologue américain Don Nathanson. Encore une fois, on conseille aux animateurs de se familiariser avec la théorie des «affects» de Nathanson en passant en revue le guide susmentionné.
Assurez-vous daborder les points clés énumérés ci-après.
THÉORIE DE NATHANSON
MOT DE LA FIN
La justice réparatrice offre aux collectivités et aux professionnels de la justice pénale des options innovatrices pour résoudre des conflits. Le forum de justice communautaire est utilisé et sanctionné actuellement par la GRC, mais il ne constitue pas le seul choix de justice réparatrice qui soffre aux collectivités.
Cette séance avait pour but de faire part des nouvelles options, et non de dire à quiconque quoi faire ni comment le faire. Si les participants désirent en savoir davantage sur la justice réparatrice, indiquez-leur quils peuvent aller vous voir à la fin de la séance. Il est possible davoir accès à des documents supplémentaires portant sur la justice réparatrice en communiquant avec le service suivant :
Sous-direction des services de police autochtones
Direction générale de la GRC
1200, promenade Vanier
Ottawa (Ontario)
K1A 0R2
Les Affiches éducatives de la GRC® sont une création des Services de police communautaires, contractuels et autochtones
(SPCCA) de la Gendarmerie royale du Canada.