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L'analyse criminelle au service de la sécurité en Afghanistan

Le serg. David Muirhead et Megan Nettleton prennent une pause au terrain d’aviation de Kandahar.

Le serg. David Muirhead et Megan Nettleton prennent une pause au terrain d'aviation de Kandahar.

Megan Nettleton, analyste des renseignements criminels,
Sous-direction des missions de paix internationales

En janvier 2010, la SDMPI a pour la première fois envoyé en Afghanistan deux analystes civils des renseignements criminels. Aujourd'hui, ces experts contribuent à l'effort international de lutte contre la corruption et le trafic de drogue dans ce pays – deux problèmes qui alimentent une insurrection opiniâtre et qui enlèvent à l'Afghanistan toute perspective de sécurité et de développement à long terme.

Depuis le Canada, j'apporte à la mission et au bureau de l'Afghanistan (SDMPI) un soutien en matière de renseignement stratégique, pour que la haute direction connaisse les obstacles à la sécurité et à l'exécution de la loi en Afghanistan.

Au début de février, le serg. Dave Muirhead et l'insp. Rob Shaw du bureau de l'Afghanistan ont jeté un œil par‑dessus les cloisons de mon poste de travail, et m'ont demandé ce que j'avais au programme pour le mois. J'ai lentement répondu que j'étais libre. Ils m'ont proposé de prendre part à une visite de mission en Afghanistan, prévue pour bientôt, afin d'évaluer les progrès de nos analystes du renseignement nouvellement déployés.

Quelques (trop courtes) semaines plus tard, voilà que j'étais sur le point d'atterrir à Kandahar, assise sur l'inconfortable siège de métal d'un Hercule, épaule à épaule avec le serg. Muirhead et avec des membres des Forces canadiennes. Ce serait mentir que de prétendre que je n'étais pas nerveuse; en revanche, j'étais déterminée, enthousiaste, et prête à voir de mes yeux ce pays que j'étudiais aussi intensément depuis deux ans.

En débarquant, la première chose que j'ai remarquée, c'est une montagne sablonneuse au loin. Alors je me suis rendu compte que j'étais vraiment en Afghanistan. J'ai passé les deux semaines suivantes à voir comment nos analystes s'adaptaient à leur nouveau rôle. L'environnement n'est pas facile : ça pue, il y a du sable absolument partout, et les journées sont longues. À la blague, ils m'ont dit que c'était toujours le jour de la marmotte : on se lève, on travaille, on mange, on va au gymnase, on se couche.

Pas très prestigieux, j'en conviens. Par contre, ces deux analystes jouent un rôle tout à fait novateur : par leur analyse des renseignements criminels et par la logique policière qu'ils appliquent aux problèmes de sécurité dans un contexte transnational, ils aident notre pays à comprendre la nature du crime transnational en Afghanistan. Pour la GRC, ils ouvrent la voie à d'autres déploiements d'analystes civils outre-mer.

Honnêtement, après dix jours à Kandahar, j'avais envie d'y rester. Malgré les difficultés, le climat de camaraderie et d'urgence m'incitait à me retrousser les manches et à me mettre au travail. J'ai compris que le plus difficile était de s'en aller – et non pas de s'acclimater comme je l'avais d'abord cru. Au moins, je suis partie avec la certitude que nous avions déployé deux des analystes civils les plus compétents de la GRC, et que leur travail contribuait de façon inestimable à la mission de la police civile canadienne.