
Le serg. Lalonde dirige des exercices tactiques réalisés par une UPC du Pakistan.
Un policier canadien expert en formation des forces de l'ordre vient de revenir d'un déploiement hors de l'ordinaire qui l'a mené notamment en Italie, en Russie et en Côte d'Ivoire.
Le serg. Roy Lalonde, chef de l'Unité de l'ordre public du Service de police d'Ottawa, vient de participer à la première Unité mobile de formation (UMF) de l'ONU, entité que l'organisation a mise sur pied pour uniformiser un tant soit peu ses services de l'ordre public, qui regroupent des agents venant du monde entier. C'est le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, qui a financé la première phase du projet.
Sélectionné par la GRC en 2008, le serg. Lalonde s'est joint à une équipe d'experts issus de différents pays pour mettre le projet UMF de l'ONU sur les rails. L'équipe a passé trois semaines en Italie à définir les normes en matière de formation, de tactiques et d'équipement pour les unités d'ordre public de l'ONU, qui s'appelleront Unités de police constituées (UPC).
En 2009, le serg. Lalonde, aidé de deux gendarmes français, a passé sept semaines à « former les formateurs » dans un centre policier près de Moscou. Ensuite, les 36 participants (qui provenaient de 32 pays) ont été regroupés en équipes et envoyés au Congo, en Côte d'Ivoire, en Haïti, au Timor-Leste et au Soudan. Le serg. Lalonde lui-même est allé passer cinq mois et demi en Côte d'Ivoire comme chef de l'UMF de ce pays, qui comptait des agents finlandais, jordaniens, suédois, français et hongrois. Selon le principal intéressé, ce travail exigeait beaucoup de patience, d'initiative et surtout, de ténacité.
« Mine de rien, j'ai parcouru presque 20 000 km
», raconte le serg. Lalonde, dont l'équipe a formé huit UPC dans différentes régions de la Côte d'Ivoire, notamment à Abidjan, à Yamassoukro, à Bouake et à Daloa. Pour chaque UPC, il a organisé 21 jours de formation, qui ne se sont pas déroulés sans problèmes. « Je suis fier d'avoir réussi à ouvrir des portes que d'autres n'ont pas pu ou n'ont pas osé ouvrir.
»
Il se rappelle une école en particulier où la cour était une véritable forêt vierge. Il a convaincu l'académie de la gendarmerie africaine de le laisser utiliser cette cour s'il tondait la pelouse. Ayant trouvé des machettes et 100 bouteilles de Coca-Cola, l'audacieux sous-officier a réuni ses collègues de l'UMF, des étudiants et des membres d'UPC pour tondre à la main l'équivalent de deux terrains de football.
Quand on lui demande à quoi le travail avec les différentes UPC ressemblait, Lalonde répond que c'est le groupe pakistanais qui l'a impressionné le plus.
« Ces gars-là, ils étaient fantastiques. Disciplinés, travailleurs, désireux d'apprendre comme pas d'autres
», raconte-t-il avec enthousiasme. « Le commandant était toujours dehors à s'entraîner avec les autres, et quand on finissait plus tôt à cause de la chaleur, ils insistaient pour continuer une demi-heure.
»

Un membre de l'unité de police constituée du Pakistan fait ses adieux au serg. Lalonde.
Lalonde s'est lié d'une amitié solide avec plusieurs membres de cette troupe, de même qu'avec certains collègues de l'UMF. Les Ivoiriens, gens optimistes, travailleurs et honnêtes malgré le peu qu'ils avaient, lui ont eux aussi laissé un souvenir indélébile.
Son contact avec la police internationale et avec l'Afrique lui a ouvert les yeux.
« C'était une aventure, je n'ai pas de doutes là-dessus! Cette expérience-là a changé ma façon de voir la vie, et de voir toutes les cultures auxquelles j'ai été exposé. Et vu la vie trépidante qu'on mène de nos jours, je vais toujours chérir les souvenirs et les amitiés que j'ai formés là-bas.
»
Le serg. Lalonde a assez d'énergie et de motivation pour recommencer, mais pour le moment, la priorité va à sa famille et à sa carrière au Service de police d'Ottawa.
« J'ai beaucoup de chance de travailler dans une organisation qui sait apprécier ses membres du point de vue non seulement professionnel, mais aussi personnel. Maintenant, il est temps de mettre les leçons en pratique et d'entamer un nouveau chapitre dans ma carrière à l'Unité des services d'urgence. En plus, l'hiver arrive, et mes fils doivent aller jouer au hockey… disons que ce n'est pas un sport très pratiqué en Côte d'Ivoire!
»