
La caporale Renaud (à l’extrême droite) et une collègue canadienne, la sergente détective Anne Ménard (à l’extrème gauche), se font photographier en compagnie de leurs collègues civiles du Groupe de l’égalité des sexes.
La caporale Renaud (au centre) anime une formation sur les procédures de traitement des plaintes de violence sexuelle et de violence fondée sur le sexe à l’intention des policiers des Nations Unies.
Caporale Martine Renaud de la GRC
Je suis policière depuis le mois d’août 2000. J’ai d’abord été affectée à Cold Lake, en Alberta, puis, dans la belle ville de Canmore en 2006. J’ai toujours voulu prendre part à une mission, mais pour diverses raisons, j’ai dû mettre ce rêve en veilleuse à plusieurs reprises.
Finalement, l’an dernier, le moment était bien choisi. J’ai postulé pour aller en Haïti, où j’allais pouvoir travailler dans ma langue maternelle – je suis originaire du Québec – et retrouver un peu de ce français que j’avais perdu en Alberta.
Je suis à Port-au-Prince depuis le mois de mai et je vis une experience extraordinaire. Je suis conseillère en égalité des sexes et chef du Groupe de l’égalité des sexes de la police des Nations Unies pour la mission. Je relève directement du chef adjoint de la police. Je donne des conseils techniques à tous les groupes des Nations Unies qui traitent des affaires de violence fondée sur le sexe.
Quand je suis arrivée en mission, la conseillère en égalité des sexes qui m’avait précédée avait élaboré des procédures normales d’exploitation pour traiter les plaintes en matière d’agression sexuelle et de violence faite aux femmes. J’enseigne ces procédures à tous les nouveaux agents de la police des Nations Unies au cours de leur formation d’initiation.
Ces policiers des Nations Unies sont originaires de pays très divers et sont issus de cultures tout aussi variées. Mon travail est de faire en sorte que tous les policiers aient la même compréhension de l’égalité des sexes et la même sensibilisation à cet égard. Ce n’est pas toujours facile.
En coordination avec des membres de la section des droits de la personne de la mission et mon groupe, j’anime un atelier d’un jour sur la violence fondée sur le sexe, le droit haïtien et les procédures mentionnées plus haut, que j’ai mis sur pied pour la police des Nations Unies.
J’ai également élaboré des outils pour aider la police des Nations Unies sur le terrain. Par exemple, j’ai conçu une présentation visant à sensibiliser les femmes et les filles qui vivent dans des camps de déplacés à la violence familiale et aux crimes de nature sexuelle. Cette présentation est faite par le groupe mobile de l’égalité des sexes.
Cela peut sembler très technique, mais je sais que notre travail change la vie des Haïtiens, même si nous ne l’accomplissons pas directement auprès d’eux. Après avoir reçu la formation, les policiers des Nations Unies sont mieux outillés pour intervenir dans les affaires d’agression sexuelle et de violence familiale, qui sont fréquentes en Haïti, en particulier dans les camps de déplacés.
Du simple fait qu’ils reçoivent les plaintes d’agression sexuelle et de violence familiale déposées par des femmes et qu’ils y donnent suite, les policiers des Nations Unies reconnaissent leur légitimité, soutenant ainsi les droits des femmes et promouvant l’égalité des sexes.
La formation porte ses fruits. De plus en plus de femmes signalent la violence familiale et les agressions sexuelles dont elles sont victimes, non pas parce qu’il y a plus de cas, mais bien parce que la population connaît mieux ses droits et fait suffisamment confiance à la police pour lui signaler les cas de violence.
L’événement marquant de ma mission jusqu’à maintenant a été de me rendre au Rwanda, en Afrique, pour y suivre un cours de deux semaines destiné aux formateurs sur la prévention et les enquêtes en matière de violence sexuelle et de violence fondée sur le sexe.
D’ailleurs, un des instructeurs était la gendarme Sylvia de Sousa, une policière de Montréal qui a mis sur pied le cours alors qu’elle était conseillère en égalité des sexes à la mission en 2010.