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Un Canadien au Kosovo

Le serg. Andrew Hampson et l’insp. Murdock Macleod du Service de police d’Ottawa participent à une rendonnée policière-militaire au Kosovo.

Le serg. Andrew Hampson et l'insp. Murdock Macleod du Service de police d'Ottawa participent à une rendonnée policière-militaire au Kosovo.

Serg. Andrew Hampson,
Police provinciale de l'Ontario

Envoyé au Kosovo en mai 2009, mon contingent comptait un inspecteur et quatre sous-officiers supérieurs venant de partout au Canada.

La mission État de droit de l'Union européenne au Kosovo (EULEX), lancée en décembre 2008, met à contribution quelque 2 000 policiers de tous les États de l'UE, mais aussi d'autres pays comme les États-Unis, la Croatie et le Canada.  Le service de police du Kosovo (SPK) a été fondé en 1999. C'est dire qu'en ce qui concerne la prestation de services de police dans un État démocratique, beaucoup de ses membres – des simples patrouilleurs aux officiers supérieurs du quartier général – ont moins de dix années d'expérience.  La mission se concentre sur la protection des minorités et la lutte à la corruption et au crime organisé.

Je travaille comme conseiller à Suhareke, un poste de la police kosovare situé dans la région de Prizren (Sud-Ouest du Kosovo). Avec trois autres experts policiers étrangers, j'encadre et je conseille plus de 150 policiers kosovars.

Des Kosovars renversent un véhicule de l’Union européenne lors d’une manifestation contre la mission en août dernier. Les manifestations, qui ont duré des semaines, ont entraîné la destruction de plus de 130 véhicules cet été-là.

Des Kosovars renversent un véhicule de l'Union européenne lors d'une manifestation contre la mission en août dernier. Les manifestations, qui ont duré des semaines, ont entraîné la destruction de plus de 130 véhicules cet été-là.

Le poste de police n'a pas d'eau courante; cinq ordinateurs qui servent à la fois à la lutte au crime, à la police de la circulation, aux patrouilleurs et au commandement; un effectif de 155 policiers se partage un parc automobile de 17 véhicules dont quatre à peine sont fiables, faute de pièces et de mécaniciens qualifiés. Quant à mon bureau, c'est une petite roulotte des Nations-Unies dans le stationnement.

Le budget du SPK est bien mince comparativement au nôtre. Le policier moyen gagne moins de 350 $CAN par mois, et le coût de la vie est aussi élevé qu'au Canada.

L'une des difficultés ici, pannes de courant et coupures d'eau régulières mises à part, c'est de transmettre nos pratiques exemplaires à une police locale qui s'enorgueillit de ses compétences. Même avec des interprètes, il est souvent difficile de surmonter la barrière linguistique et de communiquer efficacement.  

Les attentats contre le personnel de la mission ont beau avoir diminué, j'ai eu la malchance au mois d'août de me retrouver en plein cœur des manifestations contre EULEX et d'assister en une demi‑heure à la destruction totale de 30 véhicules de patrouille, dont le mien. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons encore perdu, au bas mot, une centaine de véhicules,.

Pendant ma mission, il y a eu des progrès, une tendance qui se maintiendra.  Dans l'ensemble,  mon expérience  m'a permis d'observer et d'assimiler les pratiques exemplaires de la police de l'UE et du SPK, tout en faisant connaître celles de la PPO.