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La police canadienne en Haïti : dévouée à la mission, la main sur le cœur


Le surint. Robert Boulet (à dr.) et l'insp. Michel Martin devant le quartier général de l'ONU à Port-au-Prince.

Depuis 1993, des centaines de policiers canadiens ont servi en Haïti dans le cadre de diverses missions des Nations Unies. Ils ont tout vu – des émeutes, des séismes, des inondations, une épidémie de choléra, une guerre de gangs, une pauvreté perpétuelle – et sont restés solidaires du peuple haïtien tout au long de ces épreuves.

En fait, trois membres de la GRC ont perdu la vie alors qu’ils assuraient la paix et la sécurité en Haïti : le sergent retraité Mark Bourque en 2006, ainsi que le surintendant principal Doug Coates et le sergent Mark Gallagher lors du séisme de janvier 2010.

Cela fait 18 ans que la police canadienne est présente en Haïti, et elle continue d’y apporter son expertise et de faire preuve de dévouement à l’égard de ce pays – notamment de par ses légendaires efforts humanitaires. Il y a actuellement 137 policiers canadiens en mission en Haïti, soit 98 à Port-au-Prince et 39 dans les régions.

Le chef du contingent de la police canadienne, le surintendant Robert Boulet, de la GRC, parle de ce qui le motive à servir dans la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et décrit les exploits ordinaires et extraordinaires que les policiers canadiens réalisent chaque jour pendant leur mission en Haïti.

J’ai servi trois fois en Haïti en tant que chef de contingent : en 2004, en 2007 et depuis mai 2011 dans le cadre de mon affectation actuelle. À titre de chef de contingent, mon travail consiste à assurer l’efficacité des activités de près de 140 agents canadiens de la police des Nations Unies, à garantir la participation continue de ces agents ainsi qu’à veiller à leur bien-être. Je travaille également comme chef de l'Unité de l'état de droit de la Cellule d'analyse conjointe de la mission, et j’aime contribuer aux efforts humanitaires.

Peu de temps après le séisme, j’ai participé à une évaluation des besoins après la catastrophe menée par les Nations Unies. Mes observations à l'égard d'un pays et d'un peuple en difficulté m'ont poussé – et ont poussé de nombreux autres policiers canadiens – à retourner en Haïti pour donner un coup de main.  

Deux ans après le séisme, le pays ne fait toujours que commencer à se rebâtir. La reconstruction est lente. Bien qu’il y ait eu des améliorations, la Police nationale d'Haïti (PNH) a subi des coups durs en raison du séisme, qui a tué un grand nombre de ses agents et a détruit ses infrastructures.

Au cours des deux dernières années, nous avons travaillé sans relâche avec nos collègues de la MINUSTAH afin d’aider la PNH à se remettre sur pied ainsi qu’à rétablir sa capacité et à reconstruire ses infrastructures. Nous avons aussi aidé la PNH à faire face aux nouvelles difficultés qui sont apparues par suite du séisme (ou depuis celui‑ci) : l’évasion de milliers de prisonniers, la criminalité et la violence dans les camps de personnes déplacées, le choléra, les émeutes liées aux élections, etc.


Le s.é.-m. Richard Martel de la GRC pose avec des enfants d'un orphelinat lors d'une livraison de nourriture, don de la police canadienne.

Bon nombre de nos agents continuent de travailler jour et nuit dans les camps de personnes déplacées, mettant en pratique certains principes des services de police communautaires pour aider ces personnes qui vivent dans des conditions des plus précaires. Nous avons contribué à réduire la violence, nous sommes venus en aide aux victimes de viol et nous avons donné un plus grand sentiment de sécurité aux personnes qui vivent dans les camps. C'est un travail difficile, dans des conditions difficiles.

Nos agents ont aussi offert aux agents de la PNH une formation sur l’utilisation de masques à gaz afin de leur permettre de se protéger et de continuer d’assurer la sécurité pendant des manifestations ou d’autres genres d’opérations.

Les policiers canadiens ont contribué à l’élaboration et à l’exécution d’un plan de formation destiné non seulement à la PNH, mais également aux policiers des Nations Unies qui participent à la MINUSTAH. Un de nos agents a élaboré une formation sur l’égalité des sexes à l’intention du personnel des Nations Unies, laquelle formation a depuis été adoptée par les Nations Unies à titre de norme pour toutes les missions. Dans les régions, les policiers canadiens travaillent aux côtés de leurs homologues de la PNH, les conseillant et les guidant dans l’exécution de leurs tâches quotidiennes.

Outre le travail policier, les agents de police canadiens ainsi que leurs familles et amis se sont dévoués corps et âme afin d’aider les Haïtiens : certains ont amassé des milliers de dollars pour bâtir ou financer des orphelinats ou pour envoyer des enfants haïtiens à l’école, alors que d’autres ont fait don de vêtements, de livres, de jouets et de nourriture.

Au cours de la dernière année, nos agents ont même aidé trois mères à accoucher. Ils ont ainsi protégé les mères et les bébés contre les risques de complications graves, voire fatales.

Peu importe leur grade, les policiers canadiens peuvent avoir et ont réellement une incidence importante à tous les niveaux – du citoyen dont ils ont sauvé la vie ou de la mère qu’ils ont aidée à accoucher aux agents de la PNH qu’ils ont épaulés dans le cadre d’une opération ou à qui ils ont offert une formation sur l’utilisation de matériel.

Bref, je suis d’avis que les membres canadiens de la police des Nations Unies fournissent un excellent service à la MINUSTAH dans tous les secteurs de programme et qu'ils continuent de contribuer considérablement à la mission ainsi que d’aider le peuple haïtien.

On continuera d’avoir besoin des policiers canadiens dans le cadre de la mission des Nations Unies en Haïti, et leurs services continueront d’être très demandés.

  • Robert Boulet, surintendant