Gendarmerie royale du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Le commissaire de police de la MINUSTAH réfléchit sur deux ans en Haïti


Le Commissaire de police Marc Tardif (deuxième à partir de la droite) dans les rues de Port-au-Prince en compagnie de personnel de l'ONU et de la Police nationale d'Haïti (PNH).

Des scènes insoutenables de douleur et de dévastation aux signes de progrès et de changement, le commissaire de police des Nations Unies Marc Tardif, de la GRC, a tout vu. En arrivant en Haïti à peine un mois après le tremblement de terre, M. Tardif a pris la place de son collègue Doug Coates, surintendant principal de la GRC, qui a perdu la vie lors du séisme tout comme le sergent Mark Gallagher, de la GRC, ainsi que des centaines de milliers d’Haïtiens.

M. Tardif a passé sa première année à titre de commissaire adjoint des opérations à diriger le processus de reconstruction des infrastructures et de rétablissement des opérations de la police des Nations Unies. En mars 2011, il a été nommé au poste de commissaire de police, qui consiste à superviser les activités de 3 582 policiers des Nations Unies provenant de 50 pays. Les responsables de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) lui ont demandé de rester pour un autre mandat.

M. Tardif parle des deux dernières années, des changements et des progrès dont il a été témoin ainsi que de son point de vue concernant l’avenir d’Haïti.

J'ai été témoin de nombreux changements en Haïti au cours des deux dernières années. Il s’agit d’une évolution remarquable à certains égards. En particulier, l’activité économique y est beaucoup plus grande, les marchés se multipliant de gauche à droite. Je dirais que l’économie est revenue au niveau où elle l’était avant le séisme et qu’elle se porte peut-être même un peu mieux.

Dans les rues, où il y avait auparavant des montagnes de déchets ménagers, les municipalités semblent assumer la responsabilité de veiller à ce que la collecte se fasse régulièrement. Évidemment, il reste encore beaucoup de décombres laissés par le tremblement de terre, mais on n’a simplement pas de machinerie lourde pour tout ramasser.

D’après ce que j’ai pu observer, la condition de trouble civil on le voit de moins en moins – c’est comme si le peuple essaie simplement de s’en tirer et de profiter le plus possible de la vie.


Le Commissaire Tardif rencontre un policier de la PNH.

Pour ce qui est de la mission, ce n’est que depuis l’automne que nous avons repris nos activités normales en raison des élections, du choléra et des grosses tempêtes qui ont frappé le pays.

Les policiers des Nations Unies déployés ici effectuent plus de 35 000 patrouilles par mois, et ce, le plus souvent possible avec la Police nationale d'Haïti (PNH). Ils maintiennent une présence permanente dans 54 commissariats (postes de police) et une présence semi‑permanente dans 125 autres commissariats. En collaboration avec la PNH, ils maintiennent également une présence 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 dans sept camps de personnes déplacées à Port-au-Prince. Les responsables de la MINUSTAH ont construit des postes de police dans ces camps, les ont équipés et en assurent le maintien.

Ces dernières années, malgré le séisme, la PNH a réalisé des progrès à bien des égards. Sur les 10 106 agents, plus de la moitié ont suivi des cours spécialisés dans divers domaines, comme la maîtrise des foules, les enquêtes criminelles, la médecine légale et la lutte contre les enlèvements. Plus de la moitié d’entre eux ont aussi reçu une formation pratique sur l’éthique et la conduite.

Les compétences du personnel de la PNH à l’école de police se sont aussi accrues. En effet, ce sont maintenant des agents de la PNH qui donnent la majorité des cours aux derniers cadets à avoir obtenu leur diplôme.

Tout indique que le taux de criminalité a diminué ces dernières années et qu’une présence policière accrue dans les rues a une incidence directe sur ce taux.

En ma qualité de commissaire de police, j'estime que la PNH maîtrise les rudiments des services de police communautaires et que la population lui fait plus confiance.

Il faut maintenant que la PNH passe à l’étape suivante sur le plan du développement –  c’est‑à‑dire mettre l'accent sur les postes de cadres intermédiaires et de cadres supérieurs ainsi que permettre à un plus grand nombre de ses agents d’acquérir une expertise et des compétences spécialisées.

En outre, l’obtention d’un financement stable pour le matériel et les infrastructures de même que l’augmentation du nombre total d’agents de la PNH sont des éléments importants du nouveau plan de développement de la PNH, que je dirige en collaboration avec la haute direction de la PNH.


Le Commissaire Tardif en discussion avec un policier de la PNH et un collègue de l'ONU.

Les Nations Unies m’ont demandé de rester en Haïti pour un autre mandat, et j’ai accepté volontiers. Je pense que nous en sommes à une étape cruciale du plan de développement de la PNH, voire au cœur même du plan. Je veux rester pour que nous puissions poursuivre sur notre lancée et assurer la continuité des opérations.

Ma prochaine tâche consiste à obtenir l'appui du gouvernement relativement au plan, et j’ai la ferme intention d’y arriver.

Au cours des deux dernières années, je me suis donné à fond pour cette mission en m’inspirant de Doug Coates, qui était mon compagnon de troupe à la Division Dépôt. Doug croyait fermement à la mission. Il avait confiance dans les Haïtiens et était convaincu qu’il fallait les aider.

En son nom, je continue de travailler au service de la paix et j’espère servir Haïti comme il l’a fait.

  • Marc Tardif, Commissaire de police, MINUSTAH