
L'insp. Michel Martin pose avec une fillette et le Père Noel pendant une fête de Noel organisée par les policiers canadiens pour les enfants d'un orphelinat à Port-au-Prince.
En tant que commandant du contingent canadien déployé lors du séisme survenu le 12 janvier 2010, l’inspecteur Michel Martin (policier retraité de la Sûreté du Québec) a fait preuve d’un courage et d’un leadership extraordinaires face à une situation bouleversante. Immédiatement après le séisme, l’insp. Martin a établit un lien avec la GRC à Ottawa et a entrepris la tâche ardue consistant à retrouver près de 100 policiers canadiens travaillant à Port-au-Prince et dans les régions d’Haïti. Il a réuni l’équipe de policiers canadiens et a veillé à ce que ceux‑ci demeurent prudents tout en aidant les autres.
Cette mission a pris fin en juillet 2010, mais l'insp. Martin est récemment retourné en Haïti pour continuer le travail qu’il avait amorcé.
Michel Martin parle de ce qui l’a motivé à retourner en Haïti et du travail qu'il accomplit là‑bas.
Je suis affecté à l'unité conjointe d’analyse pour la mission à Port-au-Prince, il s'agit de l'unité des renseignements. Les volets politique, social, économique et criminel sont au cœur de notre travail d'analyse quotidien.
Il s'agit de ma troisième mission en Haïti : 2006-07, 2009-10 (tremblement de terre) et depuis le 17 octobre 2011 à ce jour.
J'ai grandement été inspiré par Doug Coates, que j'ai côtoyé à ma mission précédente. Il m’a nourrie d’une inspiration incroyable afin de partager mes expériences professionnelles et connaissances policières aux composantes de la mission. Afin de réussir en mission nous avons besoin de patience et pas mal de détermination afin de voir un changement. C'est un défi personnel que ma petite voix intérieur me dit de poursuivre.
Cette fois-ci je veux vraiment m'investir à 100 % dans le renseignement. Mes missions antérieures étaient entrecoupées par des besoins administratifs et de gestion du contingent canadien, sans parler du tremblement de terre qui est venu changer pour un certain temps le mandat de la mission.

De g. à dr. : Au boulot avec le surint. Robert Boulet, chef du contingent canadien, une collègue de l'ONU et l'insp. Michel Martin dans le bureau de la Cellule d'analyse conjointe de la mission.
Le temps semble s'être arrêté en Haïti depuis ma dernière mission en juillet 2010. C’est à mon arrivée à l’aéroport à Port-au-Prince en octobre 2011 que j’ai eu ce petit choc. L’aéroport est encore lourdement endommagé et il y règne un désordre incroyable causé par un manque d'espace et d’organisation du travail. La circulation il ne faut même pas en parler car je ne trouve pas les mots pour la décrire tellement ces le chaos.
Pour ce qui est des infrastructures, il reste beaucoup à faire, environ 50 % des bâtiments détruits suite au séisme reste à être nettoyé. Même si deux ans ont passés, il est facile de voir beaucoup de camps de personnes déplacées partout dans le paysage de la capitale.
Mais les Haïtiens sont un peuple absolument résiliant, ils ont une foi incroyable en Dieu. Nous observons partout des activités de mendicité, des commerces improvisés sur les rues où il est possible de trouver toute sorte de produits dans un désordre absolu. Pour eux la vie continue, grâce à Dieu!!
Pour ce qui est de la mission, il faut voir comment elle tente de fournir des outils et de convaincre les autorités haïtiennes à s'organiser. Malgré tout, la criminalité est égale à d'autre pays des Caraïbes. C'est un processus lent, mais il ne faut pas lâcher prise.