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Par le surint. Joe McAllister
Encore une semaine qui passera à l’histoire à plus d’un titre. Nous avons appris que l’attaque de la prison a permis à un nombre record de détenus de s’échapper. En compagnie de l’agent de correction, je me suis rendu sur les lieux le lendemain pour constater les dommages, voir ce qui était fait et offrir de l’aide si nécessaire. Assez rapidement, les autorités ont installé des blocs temporaires et entrepris les travaux de reconstruction. Les forces afghanes enquêtent sur les détails de cette affaire.
Le reste de la semaine a été plutôt bouleversant. En effet, notre équipe a été secouée samedi matin en apprenant ce qui était arrivée à l’équipe américaine de guides pour les questions de police qui vit et travaille avec nous ici à Camp Nathan Smith. Ils se trouvaient près d’une de nos bases lorsqu’ils ont touché un énorme engin explosif artisanal (EEA). Ce truc était vraiment énorme. Il a coupé la route en deux et disloqué trois véhicules, dont un RG33, qui est un camion de 25 tonnes pourtant bâti pour résister à ce type d’explosion. Le convoi s’est ensuite retrouvé dans une embuscade.
Nous avons perdu quatre amis proches, dont le lieutenant-colonel Jim Walton, leur chef d’équipe. Jim était mon homologue ici au sein de l’ERP. Ensemble, nous avons encadré le chef provincial de la police, assisté aux réunions du programme de développement de district, planifié la manière dont nous allions encadrer et former les policiers à Kandahar, mais plus important encore, nous jouions ensemble au hockey ici au camp.
Jim était un vaillant soldat, professionnel jusqu’à la moelle et sociable comme personne d’autre. La semaine dernière, nous nous apprêtions à jouer au hockey, mais comme le gardien de but ne venait pas et que personne ne s’offrait de le remplacer, Jim s’est proposé. Il ne se plaignait jamais; il était animé par le désir de faire marcher les choses; et c’était un partenaire volontaire dans ce combat pour gagner le cœur des Afghans et former les leurs. Le lieutenant-colonel Jim Walton, le spécialiste Anthony Manqano, et les sergents Nelson Rodriquez Ramirez et Andrew Seabrooks sont morts au combat.
L’équipe de Jim compte 16 membres et perdre un des siens est déjà un coup dur; que dire alors lorsqu’un nombre aussi grand disparaît d’un seul coup? Nous partageons les mêmes locaux et parcourons la ville ensemble. On peut donc imaginer quel effet cette nouvelle a eu sur nous. Mais en vrais professionnels que nous sommes, nous avons pris le temps pour faire le deuil, puis avons repris le travail. Notre travail l’exige et il est bon de se tenir occupé pour surmonter ce genre d’épreuves.
Le programme de cette semaine est plutôt chargé : assister à plusieurs chouras (assemblées de village), réunions avec le chef de police, travailler à l’agrandissement de notre centre de formation, en plus des patrouilles régulières. Il y a aussi un cours qui est donné et la 3e promotion du programme de développement de district sortira jeudi prochain; nous devons donc nous préparer à les accueillir.
Nous commençons à voir des progrès puisque quelques-uns des bâtiments que le Canada a construits vont maintenant être occupés par des agents nouvellement formés et équipés. Ils auront du mobilier flambant neuf et pourront être fiers de leur profession.
Nous nous sommes rendus au sous-poste 8 aujourd’hui. Ce qui il y a à peine quatre mois n’était que le flanc d’une montagne est aujourd’hui un bâtiment flambant neuf, au beau milieu d’un quartier de la banlieue de Kandahar. Adossé à la montagne, il surplombe une vallée luxuriante au nord et la mosquée bleue et l’université de Kandahar à l'ouest.
C’est un des six postes secondaires que nous avons construits dans la ville, en plus de ceux à Zhari et Panjwayi. En plus d’une formation améliorée et d’un nouveau matériel, ces postes devraient aider la Police nationale afghane (PNA) à mieux servir la population.
En ce moment, notre camp est plongé dans le noir après 20 h. C’est une bonne chose, car notre technologie nous donne l’avantage la nuit. C’est juste un peu difficile de trouver le chemin des toilettes parfois… Enfin, tous les gars se portent bien et certains sont sur le point de prendre des vacances bien méritées.
Salutations à tous.
Joe