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Journal de la CIVPOL : Un événement cocasse en direction de Qualat

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Par le insp. Joe McAllister

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Journal de la CIVPOL
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J’ai pensé vous raconter un drôle d’événement qui m’est arrivé au début de l’année. Laissez-moi d’abord situer un peu le contexte. Un programme en cours, appelé Focused District Development (FDD), vise à réentraîner la police nationale afghane (PNA). Il consiste notamment à démanteler tous les points de contrôle illégaux (jusqu’à 23 dans certaines régions) et à réentraîner la PNA à partir de ces points de contrôle.

Lorsque la PNA sera réentraînée et aura reçu de nouveaux véhicules, uniformes et armes, elle réoccupera ses bureaux rénovés. La première étape du programme a lieu à Zabul et à Qualat. Avec quelques militaires, j’ai décidé d’aller vérifier la situation. En Afghanistan, tous les déplacements doivent être planifiés. Comme nous n’avions qu’un jour pour effectuer notre évaluation, nous avons décidé de nous y rendre en hélicoptère. Nous devions au départ y aller le jour de l’An, mais tout a été annulé et je ne le savais pas.

Le lendemain, une fois arrivés au hangar, le bon policier en moi aurait dû comprendre que ce ne serait pas une bonne journée: les ordinateurs étaient en panne et tous les manifestes étaient perdus.

Comme plusieurs vols se rendent à plusieurs endroits, on doit s’assurer de prendre le bon. Un capitaine canadien est venu nous dire que les trois d’entre nous devions prendre deux vols différents, tous deux en direction de Qualat. Voler à travers les couloirs de montagnes, voir des chameaux défiler, des bergers avec leurs chèvres dans les régions et les montagnes les plus éloignées était un spectacle extraordinaire.

Nous avons survolé un village avec une grosse base militaire. Elle nous semblait favorable, le moment, parfait; nous sommes débarqués pour nous adresser à des militaires américains, qui nous ont reçus à leur base. Nous avons demandé où se trouvait le col Moore, notre contact. Le capitaine a dit: « Le col qui? Il n’y a pas de col Moore ici. » Mauvais signe... Puis, la question capitale: « Sommes-nous à Qualat? » Devinez la réponse. Avant même qu’il ne réponde non, notre hélicoptère avait décollé dans une spirale de poussière, nous laissant seuls à cette base éloignée dans les montagnes.

Nous avons vite réalisé que les hélicoptères faisaient la navette vers Qualat. Nous avons passé un peu de temps sur place, appris des choses sur le village de Shinkai, où nous nous trouvions. Nos interlocuteurs ont soulevé certaines questions intéressantes concernant leur police et leur armée, nous avons donc échangé des notes et de l’information.

 L’insp. Joe McAllister travaillant sur le terrain avec des policiers locaux.
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Nos hélicoptères sont revenus; nous sommes allés à Qualat et, oui, nous avons vérifié avant de débarquer de l’hélicoptère. Une fois atterris à Qualat, nous avons trouvé notre 3e partenaire, qui nous avait cherché à la base. Nous avons trouvé le colonel en question, discuté avec lui et un capitaine américain et, en moins de 20 minutes, nous avions toute l’information nécessaire sur le FDD. Ceci nous a permis de comprendre comment assurer le succès du programme dans notre région. C’est l’un de nos objectifs sinon le principal.

J’ai aussi passé quelques jours avec tous les conseillers juridiques du Commandement régional Sud afin de déterminer quels aspects de la primauté du droit sont respectés, ceux qui ne le sont pas et comment la communauté internationale peut innover.

Au Canada, il y a la police, les tribunaux et les services correctionnels. Les trois doivent travailler ensemble pour que le système fonctionne. En Afghanistan, nous tentons d’établir des liens entre chacun des intervenants et de leur apprendre des choses sur l’identité judiciaire, les déclarations, les droits de l’accusé et les règles de la preuve.

Il est facile de dire que l’Afghanistan est un pays éloigné, pourquoi s’en soucier? Toutes les personnes que j’ai rencontrées ici — militaires et civils travaillant au camp, policiers d’autres pays, nos propres membres et, en particulier, les habitants qui collaborent avec nous — savent pourquoi nous sommes ici et que nous changeons les choses.

Sans ces efforts, les jeunes filles n’iraient pas à l’école, les femmes auraient peu de droits, voire aucun, il n’y aurait aucune liberté de religion et aucun droit démocratique, pas de soins de santé ou de développement et ceux qui en ont besoin ne recevraient peu ou pas d’aide humanitaire. Sans sécurité et sans possibilités, que peuvent faire ces gens?

Des progrès sont réalisés. Ils ne sont pas nombreux mais bien réels. Je l’ai constaté depuis mon court séjour ici et je prévois qu’ils seront plus nombreux avant mon départ.

La semaine prochaine, je visiterai certains emplacements intéressants : un camp de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et certains de nos postes secondaires et points de contrôle. Je passerai ensuite la semaine à Kaboul, où je participerai à des réunions, et j’y célébrerai mon 48e anniversaire, ce qui me réjouit.

J’espère que vous vous portez bien et que vous tenez vos résolutions du Nouvel An!

Joe