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Par le cap. Barry Pitcher
ERPK CIVPOL
Kandahar — L’été est terminé ici en Afghanistan, et la chaleur commence à se dissiper. Notre équipe de huit membres a été témoin de quelques changements récemment. Les membres de la rotation de la FIAS avec lesquels nous avons été déployés sont rentrés chez eux. Quel moment émouvant de voir tous nos amis militaires s’embarquer à bord des gros hélicoptères Chinook pour revenir dans leur famille. Nous sommes bien conscients, bien sûr, que la plupart d’entre nous en a pour encore quatre à cinq mois sur le terrain!
Chaque contingent de rotation amène avec lui une nouvelle façon de faire, et nos frères du 22e Régiment ne font pas exception. Si les raisons de leur déploiement sont controversées, cela n’enlève rien à leur éthique de travail. Les soldats sont déterminés à améliorer les choses ici et ils prennent le temps d’écouter notre analyse de la situation concernant la sécurité de la police nationale afghane (PNA).
Comme le français est la principale langue de travail ici, nombre des membres de la CIVPOL ont l’occasion de rafraîchir leurs notions de français ou d’en amorcer l’apprentissage. Par suite de la dernière rotation, notre surintendant Dave Fudge est rentré chez lui pour assumer une nouvelle affectation en Nouvelle‑Écosse. Nous sommes heureux d’accueillir son successeur, le surint. Lou Racz, originaire de Nanaimo (C.-B.), dont l’expérience profitera certainement à la mission.
Cela dit, les opérations CIVPOL demeurent les mêmes pour ceux d’entre nous qui restent, à part quelques changements. Dans cette nouvelle rotation, nous avons constaté que la FIAS tient davantage compte de nos recommandations pour la réforme policière. Plus particulièrement, on réalise l’utilité d’intégrer des conseillers à la PNA dans les districts de combat. L’importance d’établir un mentorat au niveau des postes de contrôle et des sous-stations est reconnue dans les districts. Les équipes de mentors de l’armée américaine se sont installées dans nos bureaux au sein de l’Équipe de reconstruction provinciale à Kandahar (ERPK) afin de collaborer exclusivement avec nous en tenant compte de notre perspective. L’objectif ultime consiste pour ces équipes de conseillers américains à assumer les volets de sécurité et de tactiques de combat tandis que nous ou la police militaire assurerons l’expertise policière.
Déjà, de nombreux rapports et analyses des districts sont diffusés à la ronde. Il est très satisfaisant de voir nos travaux passés reconnus aux échelons supérieurs de la hiérarchie militaire. Nos cousins américains sont devenus de bons amis pour nous à l’ERPK, et il est tellement plus agréable de nous déplacer à bord des HUMVEES par rapport aux LAV III étriqués!
Dans les prochains mois, la CIVPOL concentrera ses efforts sur la formation spécialisée, notamment la gestion des lieux de crime, les premiers soins avancés et l’éthique policière. Il semble que ce sont les cadres supérieurs et les services spécialisés de la PNA qui profitent le plus de notre expertise. Dans cette société, le policier ordinaire relève davantage du soldat paramilitaire. C’est pourquoi la majorité des fonctions sur le terrain que nous assumions auparavant sont désormais confiées aux mentors militaires, qui jouissent d’une mobilité et d’effectifs accrus.
Le niveau de menace demeure élevé pour nous à Kandahar. Au cours du mois passé, nous avons été la cible de roquettes à trois reprises, la dernière attaque atteignant nos dortoirs. Quelques-uns d’entre nous avons également été visés par des roquettes durant une patrouille à Panjwayi le mois dernier. Nous sommes extrêmement chanceux de ne pas avoir subi de blessures, mais c’est un rappel que nous vivons et travaillons dans une zone de guerre.
Dans la ville, nous participons toujours activement au soutien de la FIAS pour la saisie de diverses formes d’engins explosifs artisanaux (EEA) et la supervision de certaines enquêtes menées par la PNA. En l’espace d’une semaine, il n’est pas rare de superviser la saisie d’un gilet-suicide, ou d’établir un périmètre autour du lieu de détonation d’un véhicule EEA. Ces opérations se font de façon ponctuelle, chacun de nous étant mis en disponibilité à tour de rôle au sein de la Force d’intervention rapide de l’ERPK. Comme toujours, nous analysons avec soin toutes les missions commandées à l’extérieur de la zone de sécurité afin d’éviter tout risque non justifié.
Les lettres et communications du bercail sont d’un grand soutien, de sorte que le moral demeure bon tandis que nous vaquons à nos fonctions a u Camp Nathan Smith. Ne perdez pas espoir; nous transmettons nos pensées à nos amis et à nos familles qui nous attendent au pays.