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Journal de la CIVPOL : Des chiens, un barrage et de nouvelles coutumes

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par Joe McAllister, surint.

Kandahar (Afghanistan) — Nous voici au début du Ramadan. Il s’agit du mois pendant lequel les musulmans jeûnent de l’aube au crépuscule et s’abstiennent de fumer et d’être actifs sexuellement pendant le jour. D’un point de vue culturel, nous devons être au fait de ces coutumes et faire preuve de sensibilité dans notre façon de gérer nos attentes et nos gestes. Par conséquent, la plupart de nos activités se tiennent en matinée et prennent fin avant midi. Même l’horaire de nos cours de formation tient compte de ces restrictions. De plus, nous modifions nos activités de sorte à ne pas boire ni manger devant les Afghans, ce qui n’est pas réellement une grosse affaire.

Le mois dernier a été assez difficile car cinq soldats ont été tués et plusieurs autres ont été blessés. Il n’est jamais facile d’assister à une cérémonie entourant le rapatriement des dépouilles, mais lorsque l’on rapatrie trois cercueils pendant la même cérémonie, c’est encore plus difficile de mettre le tout en perspective. Les aumôniers font un excellent travail, tout comme les leaders des forces armées. Les diverses unités entretiennent des liens très étroits et sont là pour s’épauler. On me dit que c’est lorsque les membres rentrent à la maison qu’ils pleurent les disparus et vivent leur deuil. Ici, les méchants ne nous donnent pas un jour, pas une heure de sursis, donc on n’a tout simplement pas le temps de le faire.

Un Civpol fait la patrouille dans la ville de Kandahar.
Un Civpol fait la patrouille dans la ville de Kandahar.
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En ce qui a trait aux services de police, nous avons été occupés avec plusieurs événements liés à la sécurité dans la ville et les régions avoisinantes. Nous avons tenu une formation conjointe portant sur la planification et les opérations inspirée du Système de commandement des interventions que nous avons au Canada pour quatre événements d’envergure qui se sont déroulés en août. Il y a eu la journée nationale de l’indépendance afghane, soit quelques jours de célébrations et de défilés. De plus, une conférence importante à laquelle prenaient part des dirigeants politiques et militaires afghans et internationaux a eu lieu et nous avons participé à deux déplacements stratégiques de convois dans la ville. Les deux événements se sont très bien déroulés.

Par ailleurs, nous tentons de raviver notre centre de formation qui sera connu sous le nom de Centre de formation provincial et d’y construire des chambres, des cuisines, une aire de loisirs et un village modèle pour la formation.

Nous avons un nouveau gouverneur dans la province; il a déjà été commandant militaire et par conséquent, il en connaît beaucoup sur la sécurité. Il se montre très intéressé par la police, ce qui est une bonne chose pour nous. À Kabul, j’ai demandé si on étudiait les décès des policiers, la façon dont ils survenaient et si une formation supplémentaire pourrait être offerte afin que nous puissions aider les policiers à mieux survivre. On m’a répondu entre autres que le nombre de décès à prendre en considération était trop élevé à l’heure actuelle et que personne n’était chargé de mener une étude. Une personne pourrait s’occuper de le faire une fois que le nombre diminuera. J’essaie toujours d’obtenir cette étude et il y a des gens dévoués à Kabul qui cherchent du financement pour voir ce qui peut être fait. Cette étude me tient à coeur et je m’acharnerai à faire des suivis à ce sujet.

La semaine dernière, je me suis rendu au barrage Dhala – un des projets phares du Canada. Situé sur un site incroyable au nord d’Arghandab, le barrage est construit sur la rivière du même nom, laquelle constitue le système d’irrigation pour toute la région. On a laissé ce barrage se détériorer pendant plus de 50 ans, et le Canada participe à sa cure de rajeunissement. J’étais là pour collaborer avec la police locale afin d’améliorer l’infrastructure et les systèmes et ainsi offrir une certaine sécurité aux travailleurs du barrage. Les policiers possèdent deux hottes de boue, une couple de mitrailleuses, des grenades propulsées par fusée et des fusils d’assaut AK-47. C’est tout ce qu’ils ont, alors c’est assez facile d’améliorer leur situation.

Un des premiers projets qui sera entamé est la construction d’une route et d’un pont pouvant supporter le poids de l’équipement de construction afin que les camions lourds puissent parvenir au site. Une fois ce projet terminé, on pourra entreprendre les travaux de construction.

Pendant mon séjour là-bas, j’ai appris de quelle façon les Afghans traitent leurs animaux. Nous nous sommes rendus à pied à un poste de contrôle en montagne où j’ai rencontré des policiers locaux et leurs deux chiens. Ces bêtes étaient galeuses, mais vu que je possède un chien, que j’aime les animaux et que je voulais jaser un peu avec ces policiers, je leur ai posé la question usuelle : « Comment s’appellent vos chiens? » Ils m’ont répondu : « Ce sont des chiens, pourquoi leur donner un nom? ». J’ai répliqué que puisqu’il s’agissait d’animaux de compagnie, ils devaient bien leur avoir donné des noms. Ils ont ri avant d’ajouter : « Ce sont des chiens, on les appelle des chiens. » Au moins, ils ne les mangent pas comme on le fait dans le Timor-Oriental.

Salutations du désert où l’on se porte bien et où l’on n’est pas en période de jeûne (on nous prépare des fournées de biscuits chaque jour!).

Joe