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par Cap. Barry Pitcher
CIVPOL ERP
Kandahar (Afghanistan) — Je viens tout juste de rentrer du district de Zhare, à l’ouest de Kandahar, où j’ai passé les dernières semaines avec le Royal Canadian Regiment Battle Group. Nous avons organisé divers groupes de la Police nationale afghane (PNA) et assuré leur formation. Nous avons aussi veillé à ce que des habitants locaux nettoient deux écoles qui avaient été occupées auparavant afin qu’elles puissent être utilisées tel qu’il avait été prévu au départ. Nous avons même ramené l’ancien « directeur » afin qu’il reprenne possession de son école. Sa première activité a été de désherber son vieux jardin de roses, car il n’avait pu le faire depuis quatre ans.
Les Talibans ont vidé les écoles il y a quelques années et après qu’elles ont été reprises par la PNA, elles ont plus ou moins servi de lieu de protection pour la police. Lorsque nous avons terminé la formation policière et nettoyé les salles de classe, des habitants locaux ont organisé une fête et nous avons distribué de petits drapeaux et tatouages canadiens. Plusieurs troupes de combat ont indiqué que cette initiative avait vraiment été un moment agréable, sinon le moment fort de la tournée à ce jour. C’est ce genre de projets conjoints, avec le financement des Affaires étrangères, la formation que nous offrons et les compétences des militaires, qui fait ressortir notre succès.
Comme nous étions là où le mouvement Taliban est né (Sangasar), les événements se bousculaient parfois. Il était intéressant de voir nos collègues de la police afghane interrompre leur formation pour partir au combat, ce qui est plutôt rare maintenant au poste de commandement divisionnaire. C’était incroyable de les voir partir, 12 dans une camionnette Toyota, remplie de grenades propulsées par fusée. Ils s’engagent dans une escarmouche contre les Talibans, reviennent manger un peu, rechargent les grenades, puis repartent à travers les champs de vignes. Un commandant m’a dit qu’il combat les Talibans depuis 12 ans et que c’est tout ce qu’il sait faire. Ces hommes sont peut-être les combattants les plus braves et les plus féroces que j’aie jamais vus. Plusieurs d’entre eux ne possèdent qu’un uniforme gris et des sandales, mais ils courent plus vite qu’une gazelle en terrain découvert. Lorsque je me rends sur le terrain, j’apporte souvent un sac rempli de petites lampes de poche, d’épinglettes et de gilets de signalisation, que je donne aux membres de la PNA, en guise de récompense pour la formation.
Contrairement aux membres d’une force de police traditionnelle, les membres de la PNA sont appelés « soldats de police », car c’est un titre plus prestigieux. Ici, un policier statique est perçu de façon négative. Pour ces hommes, le combat est le sommet de la gloire et on peut le constater lorsqu’ils ont combattu : ils sont aussi excités et étourdis que des enfants. Nous leur serrons la main et les serrons dans nos bras lorsqu’ils reviennent d’une mission, parce qu’ils recherchent notre approbation, nous qui sommes un peu comme leurs grands frères. Je constate qu’ils sont très protecteurs pour nous, membres de la police civile, en raison du lien qui se tisse durant la formation.
Tout va bien au sein de notre petit groupe et la tournée suit son cours.