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Par Joe McAllister, surint.
Kandahar (Afghanistan) — Cette semaine, j’ai assisté à la cérémonie des promotions de membres de la Police nationale afghane (PNA) qui clôturait les huit semaines de formation du programme de développement de district (PDD) que ces membres venaient de suivre. Plus de 350 policiers afghans s’entassaient dans une salle d’une chaleur accablante. L’évènement était empreint de solennité : chaque général afghan se levait pour prononcer un discours qui déclenchait fréquemment des applaudissements.
J’ai été impressionné par les policiers finissants. À l’annonce de leur nom, ils marchaient jusqu’au général maître de cérémonie, criaient quelque chose en saluant, se tournaient vers la foule en montrant leur certificat et criaient encore quelque chose avant de retourner dans l’assemblée.
Deux de nos hommes travaillaient à l’école, ce qui nous a permis d’établir des liens avec les équipes auxquelles nous allions apporter nos conseils lorsqu’elles seraient en service dans la ville, et ce qui a donné une petite touche de police civile au programme. Ils ont fait un excellent travail et sont vraiment respectés à l’école. Jusqu’à maintenant, cette dernière a permis la formation de plus de 1200 policiers dans le Sud du pays, une région qui compte 6000 policiers à elle seule.
Un policier canadien de la CIVPOL félicite un policier afghan lors de la cérémonie des promotions.
Photo offerte par Lucas Robinson
Tous les policiers de la ville de Kandahar, dans les dix postes de police comme au quartier général, bénéficient maintenant de l’appui de policiers mentors et ont reçu une formation et du matériel neuf. Nous entrons dans la période critique de six mois, tant attendue, en espérant que les nouveaux policiers civils qui doivent arriver en novembre nous permettrons de faire de grands progrès.
De plus, je tente de convaincre le conseiller principal des équipes d’encadrement de la police de Kandahar qu’il serait très avantageux que nos hommes intègrent ces équipes. Nous conjuguerions ainsi nos compétences en matière de lutte contre les insurrections et nous pourrions peut-être même bénéficier du soutien logistique de DynCorp dans un avenir très proche. Comme il comprend mon point de vue, je pense que ce projet se concrétisera. Nos policiers vivront avec les autres membres des équipes d’encadrement sur des bases aux alentours de la ville, ce qui sera favorable à l’esprit d’équipe et plus pratique pour les horaires de travail.
À propos de nos policiers afghans, les plus grands défis auxquels nous sommes confrontés demeurent de lutter contre l’analphabétisme et de veiller à leur approvisionnement, car assurer l’intégrité de la chaîne logistique est toujours difficile. Au cours des six derniers mois, des engins explosifs artisanaux ont fait sauter plus de 50 de nos camions, dont aucun n’a été remplacé. Nous continuons aussi d’avoir des difficultés d’approvisionnement en carburant, car il semble que tout le monde se serve au passage. En bout de chaîne, il ne reste que 6 000 des 10 000 litres qui devaient permettre au district de fonctionner pendant un mois. Ensuite, à moins de mettre le reste sous clé, le carburant continue de disparaître. Sur ce plan-là, il reste beaucoup à faire.
Dernièrement, grâce au travail efficace qui a été accompli, nous avons réussi à nous débarrasser d’un chef de police de district corrompu. Il falsifiait des rapports de présence et touchait la paie de policiers tués dans l'exercice de leurs fonctions. Nos membres, ceux des équipes d’encadrement et ceux des Forces canadiennes ont fait un travail remarquable, ils ont rassemblé les preuves et je les ai présentées au chef.
Nous avions un bon officier en second dans le district de Panjwayi, malheureusement il vient d’être blessé par balle et il est possible qu’il nous quitte. Nous perdons plus de deux policiers afghans par jour dans le conflit et sur ce plan, hélas, il se peut que nous battions un triste record cette année. La PNA ainsi que bon nombre de nos membres demandent que les policiers envoyés dans les districts où ont lieu des combats reçoivent plus de formation et un meilleur matériel. À cet égard, nous continuons de travailler dur et de faire pression, mais les obstacles sont nombreux.
Encore merci pour vos courriels d’encouragement. Portez-vous bien!
Joe