Gendarmerie royale du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Journal de la CIVPOL : De la théorie aux opérations sur le terrain

Information archivée dans le Web

Information identifiée comme étant archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'a pas été modifiée ni mise à jour depuis la date de son archivage. Les pages Web qui sont archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez la demander sous d'autres formes. Ses coordonnées figurent à la page « Contactez-nous »

par Cap. Barry Pitcher
CIVPOL ERP

Afghanistan — Le mercure monte à Kandahar ces jours-ci, à mesure que s’intensifie l’activité des insurgés dans la région de la capitale. Notre contingent de la CIVPOL basé au camp Nathan Smith s’active à mettre en œuvre quelques nouveaux projets pour la police afghane nationale (PAN).

Le premier est l’adoption de la nouvelle doctrine de la règle de droit. De concert avec le conseiller juridique des Forces canadiennes, nous avons ainsi élaboré un modèle pour la prestation d’une série d’ateliers visant à enseigner les principes de droit international pour les droits de la personne et la loi afghane. Comme c’est souvent le cas dans de nombreux pays du Moyen-Orient, les lois couvrent différentes frontières, ce qui en complique l’application. Tel est le cas ici, où coexistent le code tribal de Pashto Wali, de nombreuses lois culturelles et la loi afghane.

Nous avons constaté que les corps policiers ici tendent à appliquer tous les registres de lois, ce qui complique quelquefois l’enseignement d’un régime de loi établi. Par exemple, imaginez se faire arrêter par un policier pour avoir omis de retenir une porte afin de laisser passer un invité? Ou encore pour avoir pris la parole de façon impromptue lors d’une réunion de conseil? La PAN peut être appelée à appliquer plusieurs registres de loi; il nous appartient donc de veiller à ce que nous présentions soit conforme aux exigences des tâches sur le terrain.

En patrouille à un poste de contrôle temporaire de la police nationale afghane, à Kandahar. On prend le temps de rencontrer les gens de la place.On prend le temps de rencontrer les gens de la place.
cliquer pour l'agrandir

Voilà pourquoi nous avons demandé à des professeurs de droit afghans d’examiner et de nous offrir des plans de leçon types avant d’inviter nos premiers étudiants. De notre côté, nous examinons l’énoncé de mission de nombreuses forces de police, dont la nôtre. En collaborant avec des conseillers de la PAN au centre de formation régional (situé près du champ d’aviation de Kandahar), nous espérons mettre au point un modèle de prestation qui sera adopté dans le programme de formation et dans la documentation sur le recrutement.

Sur le plan opérationnel, nous opérons de nouveau avec le groupement tactique dans les secteurs au nord de Kandahar dans le but d’établir un périmètre de sécurité policière élargi. Comme nous avions dirigé l’établissement de contrôles de sécurité autour de la ville en février, la FIAS (Force internationale d’assistance à la sécurité) nous a demandé notre soutien. Notre rôle consiste à effectuer l’évaluation des sites, à entrer en liaison avec les chefs de police locaux et à déterminer le meilleur endroit où ériger un réseau élargi de contrôles de sécurité. Il nous faut notamment assister à de nombreuses shuras (assemblées d’aînés et de dirigeants) afin de rallier les Afghans à notre projet. Toutes nos initiatives à cet égard nécessitent une collaboration étroite avec nos confrères de la police.

Lorsque nous traversons les zones les plus dangereuses, les membres de la PAN passent généralement au-devant pour détecter les mines et tout signe d’embuscade ou de danger. En règle générale, nous nous déplaçons avec les membres de l’infanterie canadienne de la PRT, dotés de véhicules blindés et d’armes de longue portée. Grâce à leur collaboration, nous pouvons nous rendre sur le terrain et évaluer les secteurs où les Afghans souhaitent voir ériger de nouveaux contrôles de sécurité. D’une certaine manière, les membres de la CIVPOL cumulent les rôles de conseillers, de sous-traitants, d’agents négociateurs et d’ingénieurs.

Pour toute mission de paix, il faut se montrer polyvalent et apte à travailler dans un environnement dynamique. Et notre mission à Kandahar n’échappe pas à la règle. Bien sûr, tout au long de notre affectation, nous devons composer avec la chaleur accablante sous notre combinaison pare-balles, tout en essayant de demeurer vigilants aux risques du milieu. Cela dit, ce sont nos contacts avec les habitants de la campagne qui constituent l’élément le plus valorisant de notre mission.

Malgré les risques, les membres de la PNA et les civils sont toujours heureux de nous voir opérer aux côtés des militaires dans tous les projets que nous entreprenons. Très souvent, à notre arrivée sur un site, les policiers nous accueillent chaleureusement en nous donnant une accolage. Nos activités en vue d’améliorer la stabilité du pays sont, et vont continuer d’être grandement appréciées en Afghanistan.