
L'agente Marie-Josée Fournier a fait plaisir à deux enfants qui vivent dans un centre de détention en leur offrant des jouets provenant du Canada.
Tout a commencé par cette visite dans un centre de détention pour hommes dans l'attente d'un procès à Kaboul. J'y ai vu des détenus dans un bien triste état. Quand on m'a dit qu'il y avait aussi à proximité un centre équivalent pour femmes, j'ai demandé à y aller.
À notre arrivée, j'ai été accueillie par une grappe d'enfants qui tentaient de communiquer avec moi avec leurs grands yeux et leurs larges sourires. Ils habitaient une pièce de 3 m sur 3 m, sans le moindre jouet. J'ai alors appris que lorsqu'une mère d'enfants de moins de neuf ans est arrêtée, ses enfants sont incarcérés avec elle.
Ces femmes attendaient leur procès. La plupart étaient accusées d'avoir déserté leur domicile – où, dans bien des cas, elles étaient victimes de violence ou d'agressions sexuelles. J'ai aussi appris que toute forme de relation sexuelle extraconjugale était considérée comme une atteinte à la charia, méritant arrestation.
Le jour même, par courriel, j'ai demandé de l'aide à une amie au Canada. Je voulais trouver des jouets et des vêtements pour ces enfants qui ne méritaient pas de commencer ainsi leur vie en prison. La sergente Paula Prosavich de la police de Toronto s'est mise immédiatement à l'oeuvre, recueillant auprès de ses nouveaux collègues vêtements, jouets, livres, stylos et autres dons.
Une semaine plus tard, le chef de mission adjoint est venu me demander conseil : il avait reçu un don privé et ne savait pas quoi en faire. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons évalué un centre de réhabilitation pour les jeunes et un centre de détention pour femmes.

L'agente Fournier a fait équipe avec la sergente Paula Prosavich pour coordonner les dons des recrues du service de police de Toronto afin de créer une aire de jeux pour ces enfants qui habitent dans un centre de détention.
Entrant dans une pièce au centre de détention pour femmes, nous avons trouvé à peu près 25 petits enfants, y compris des bébés, supervisés par des Afghanes. Le directeur nous a dit qu'il envoyait les enfants de cinq à neuf ans dans une école non loin de là pendant la journée, pour leur donner un meilleur avenir.
Ah, les belles frimousses. Une fillette d'environ quatre ans est venue me serrer la main en disant « Hello, how are you ». Tous les autres enfants ont suivi son exemple. Encore une fois, nous avons constaté qu'ils n'avaient rien, ni livres ni jouets. Seulement un petit téléviseur.
Après ces deux visites, je savais ce que j'allais recommander : des nécessaires de toilette et du matériel de jeu pour les adolescents, et l'ouverture d'une garderie dans la prison pour les enfants. Mes deux suggestions ont été acceptées immédiatement.
Peu après nos évaluations, les jeunes ont reçu des brosses à dents, du dentifrice, des sous-vêtements, des livres, des crayons, des stylos et du papier. Nous leur avons aussi acheté des ballons de volleyball, des ballons de soccer et des cordes à danser. Très heureux, ils nous ont manifesté reconnaissance et respect en portant la main à leur cœur.
Pour les enfants, j'ai fait appel à mes collègues afghans. Ensemble, nous avons acheté des jouets et du matériel éducatif, en plus d'utiliser une partie des dons reçus de Toronto pour ouvrir une garderie. De plus, l'armée française m'a aidée à trouver des vêtements pour les femmes et pour les enfants, qui ont été très heureux et reconnaissants.
Finalement, j'ai visité une école qui avait un besoin urgent de fournitures et de rénovations; j'ai donné une partie de ce que nous avions amassé. À présent, avec mes collègues d'EUPOL – l'insp. Paul Vorvis de Toronto ainsi que le serg. Mark Hustins, et les insp. Kevin Miller et Jack Bellerose de la GRC –, je compte passer une fin de semaine à réparer des tables et des bancs d'école pour quelque 500 écoliers.
Merci de nous avoir appuyés dans nos projets!