Fin février, j'ai patrouillé dans un petit village avec la Police nationale afghane (PNA). Positionné à l'avant, j'ai pu observer et encadrer les deux agents de la PNA chargés de conduire la patrouille.

Pendant la patrouille, le chef de peloton et un sous-officier se sont arrêtés pour une discussion impromptue avec les anciens du village, où ils se sont enquis de la sécurité et des opinions entretenues face à la police. Pendant une heure, les deux agents sont restés en poste, fouillant voitures, motocyclettes et piétons qui empruntaient la rue. Ils ont bien fait leur travail, et leurs interactions avec leurs concitoyens ont toutes été positives. Quand les passants et les véhicules se faisaient plus rares, ils parlaient avec les jeunes qui s'attroupaient pour regarder la patrouille – phénomène d'ailleurs courant.
Ça m’a fait plaisir d’observer ces policiers. Je crois que la PNA doit gagner la confiance de la population et que, même si les idées reçues sont difficiles à déraciner, l’interaction avec la jeunesse est un pas dans la bonne direction.
Pendant que les agents de la PNA s'entretenaient avec les villageois, j'ai pris quelques photos. Un agent a même fait sourire un chevrier qui passait en se mêlant à son troupeau.
Quelques jours plus tard, mon équipe, accompagnée de sept agents de la PNA, est tombée dans une embuscade tendue par des insurgés. Le chef de peloton, un jeune lieutenant respecté, a ensuite dû être évacué pour cause de blessures graves.
Compte tenu des dangers auxquels ils font face tous les jours, les policiers de la PNA sont inspirants et donnent une bonne leçon d'humilité. Pendant la même semaine en février, quatre agents de la PNA ont été abattus, et un attentat à la bombe contre leur quartier général provincial a fait plusieurs morts et de graves blessés.
Heureusement, nous avons parfois la chance d'admirer ce pays dans toute sa beauté. Il y a un mois de cela, notre patrouille nous a conduits dans le district PSS 6, célèbre pour son château historique qui aurait été construit par Alexandre le Grand.