
Les patients s’asseoient dans une chaise Adirondack ou une chaise berçante pour recevoir des soins. La femme en blanc (à l’avant) est dans « l’aire d’attente » de la clinique en plein air.

Des conditions de logement typiques des réfugiés haïtiens en République dominicaine.
Victoria Sweet, une employée de la fonction publique du bureau du District du Sud-Ouest, a consacré une semaine de vacances à des fins humanitaires en se rendant en République dominicaine pour aider une équipe dentaire à donner des soins aux Haïtiens déplacés qui y vivent dans des villages de réfugiés.
Victoria a tenu un journal de son expérience en République et a eu l’amabilité d’accepter de nous faire part un peu de ce qu’elle a vécu :
« L’équipe dentaire a installé une clinique en plein air sur le toit d’un lieu de rencontre dans le village de l’Ascension (situé du côté nord de l’île). Les Haïtiens étaient tout excités lorsqu’ils ont appris que des équipes dentaire et médicale s’amenaient en ville, et nous avons été envahis par des personnes qui voulaient recevoir des soins. Un interprète de la ville aidait le communication entre les habitants et les équipes dentaire et médicale, mais le branle-bas s’est poursuivi jusqu’à ce qu’on donne des numéros aux personnes nécessitant des soins plus urgents.
Les conditions de vie et de travail étaient ardues pour tous, mais nous avons toujours réussi à trouver des solutions ingénieuses aux difficultés. Par exemple, l’hygiéniste dentaire travaillait sur des patients assis dans des chaises de style Adirondack, tandis que le patient de la dentiste et de son assistante était dans une chaise berçante!
Nous avons aussi pris le temps d’aller dans des villages pour distribuer des ballons de soccer, des chaussures, des vêtements, des fournitures scolaires, des couvertures pour bébé, des couches, des trousses d’articles de toilette, de la nourriture et des poulets vivants. Si une famille recevait plus que ce dont elle avait besoin, elle en donnait à ses voisins. Les enfants partageaient une bouteille de boisson gazeuse avec leurs frères et soeurs en prenant une gorgée à la fois jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Même s’ils n’avaient pas grand-chose, ils le partageaient avec d’autres. C’était vraiment saisissant de voir cette générosité dans la pauvreté.
Comme les enfants doivent avoir des chaussures pour assister aux classes à l’école, ils prenaient chacun leur tour pour porter les chaussures familiales et assister aux classes au moins une fois par semaine. Les autres jours, nous pouvions voir les enfants sans chaussures qui se tenaient à l’extérieur de l’école, près des fenêtres, pour écouter les leçons.
Un autre moment marquant est quand nous avons rendu visite aux personnes qui travaillent dans le dépotoir. Nous leur avons donné de la nourriture, ainsi que des chaussures puisque certaines personnes travaillaient pieds nus dans le dépotoir.
En ce qui me concerne, la seule chose qui m’effrayait, c’était d’entrer dans la douche : tu ne savais jamais si tu y trouverais une tarentule de la grosseur de ta main, une rainette ou un serpent!
Un déjeuner populaire dans la région était un genre de gâteau au gruau; j’en donne la recette ici au cas où quelqu’un voudrait l’essayer.
6 tasses de farine d'avoine
2 c. à table de poudre à pâte
2 ½ c. à thé de sel
3 c. à thé de cannelle
Mélanger puis y ajouter les ingrédients suivants :
2 tasses de cassonade (ils utilisent du sucre de canne)
1 tasse d’huile (ou substituer avec de la compote aux pommes)
8 oeufs
2 tasses de lait
2 c. à thé de vanille
Cuire au four à 350o F dans un moule graissé. Le gâteau est prêt lorsque le pourtour est doré.
Ce voyage fut pour moi toute une expérience d'apprentissage. De retour au Canada, je suis reconnaissante des choses que vous avons et ai aussi tiré une leçon d’humilité de l’esprit de générosité des Haïtiens. Ils endurent des conditions de vie épouvantables comparées aux nôtres, ils ont survécu à un terrible tremblement de terre et, pourtant, les Haïtiens n’hésitent pas à aider leur prochain et à partager le peu qu’ils ont avec ceux qui n’ont rien.
En un mot... incroyable! »