Par le s.é.-m. Roger Martin
Lettre à la récipiendaire
L'excellent travail de la gendarme Holly Marks dans le cadre du programme Alerte AMBER a récemment été récompensé. Le 18 septembre 2007, au cours d'une cérémonie à Ottawa (Ontario), elle s'est vu décerner le Prix Air Canada Horizons enfance - GRC enfants retrouvés.
La gendarme Marks a joué un rôle déterminant dans l'élaboration, la création et la conception du plan Alerte AMBER pour la Région du Pacifique. Elle a fait preuve de leadership envers l'équipe de développement et a aidé à entretenir des partenariats opérationnels essentiels avec les médias, les sociétés de transport et les organismes gouvernementaux.
À la Division E, le système Alerte AMBER est utilisé pour les interventions liées au rapt de bébés, d'enfants et d'adolescents jusqu'à l'àge de 18 ans. Ce système Web doté de capacités redondantes, comme un système d'avertissement pyramidal d'urgence, est géré par une équipe spécialisée disponible 24 h sur 24, 7 jours sur 7 pour soutenir les membres de première ligne lorsqu'on leur signale un rapt d'enfant qui répond aux critères d'activation. La gendarme Marks a en outre veillé à ce que du soutien technique soit aussi constamment disponible et à ce que le site soit régulièrement testé afin d'assurer l'intégrité du système et des données.
Depuis ses débuts à la Division E en 2002, le système Alerte AMBER a été activé six fois. Holly s'est efforcée d'améliorer le service à chaque activation et y est parvenue. Le système est aujourd'hui un outil qui a fait ses preuves dans ces situations.
Comme le disent ses collègues, " pour Holly, Alerte AMBER n'est pas qu' un programme, c'est une chose vivante qui peut faire toute la différence dans la vie d' un enfant et de ses proches et dans la nôtre ".
Le 18 septembre 2007, à la conférence nationale des enfants disparus tenue à Ottawa (Ontario), la gendarme Holly Marks s'est vu décerner le Prix Air Canada Horizons enfance - GRC enfants retrouvés 2007. On voit sur la photo ci-dessus, de gauche à droite, le s.é.-m. Roger Martin, sous-off. resp. des Services nationaux des enfants disparus, la surintendante Earla-Kim McColl, officier responsable du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants, la gendarme Holly Marks et Mme Carol Brochu, représentante d'Air Canada.
Le Prix Air Canada Horizons enfance - GRC enfants retrouvés est un prix d'excellence visant à reconnaître le travail et les efforts accomplis par une organisation ou un citoyen canadien afin de rechercher et de retrouver des enfants disparus. Pour en savoir plus à ce sujet, veuillez communiquer avec les Services nationaux des enfants disparus de la GRC ou le site Web Nos enfants disparus, à l'adresse: www.nosenfantsdisparus.gc.ca
Par Sandra Hatzis
Le 11 septembre 2007, les employés du Centre canadien de police des enfants disparus et de l'exploitation des mineurs (CCPEDEM) se sont réunis aux écluses de Long Island pour s'entretenir de leur prestation de service et de leurs plans d'avenir. Le Centre regroupe les services du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants (CNCEE) et les Services nationaux des enfants disparus (SNED).
Cette retraite avait pour objet de permettre aux employés du CNCEE et des SNED de se pencher sur les réussites et les difficultés de l'année écoulée. Les séances se concentraient sur les objectifs suivants : recenser les forces et faiblesses de leur service; reconnaître les connaissances spécialisées de chacun au sein du groupe et déterminer la meilleure façon de les utiliser; revoir les buts et objectifs passés et actuels et évaluer leur utilité; et débattre des " meilleures " stratégies à appliquer pour surmonter les difficultés actuelles et futures. Pour ce faire, on a revu les priorités, envisagé une organisation plus efficiente des tâches et déterminé les façons dont le CNCEE et les SNED peuvent travailler ensemble et avec leurs partenaires en vue de fournir un service plus efficace et efficient.
Les employés, qui ont participé avec enthousiasme, ont pu cerner des questions essentielles exigeant un plan d'action. Ils ont dressé une liste des mesures à prendre, certaines pouvant être prises immédiatement (de septembre à décembre 2007) et d'autres à plus long terme (de septembre 2007 à septembre 2008).
Rétrospectivement, la plupart des participants ont trouvé que la retraite était l'occasion pour tous de prendre du recul afin d'examiner notre prestation de service et, plus important encore, l'occasion de recharger nos batteries, car nous avons encore du pain sur la planche!
Par la cap. Marie-France Olivera
Du 13 au 16 novembre 2007, la cap. M.-F. Olivera a assisté à la conférence annuelle AMBER Alert tenue à Denver (Colorado). Des représentants d'organismes d'application de la loi, des médias et de sociétés de transport se sont réunis pour s'entretenir de techniques d'enquête et des possibilités d'amélioration du programme, un programme qui repose sur les efforts volontaires conjoints des organismes d'application de la loi et des médias visant à retrouver rapidement un enfant enlevé que l'on croit en danger imminent.
Le Canada était représenté par la Gendarmerie royale du Canada, les Services nationaux des enfants disparus, le service de police de Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) et des partenaires des médias, la Sûreté du Québec et la Force constabulaire de Terre-Neuve et Labrador. Le chef de la Force constabulaire de Terre-Neuve a fait preuve de leadership et a montré son engagement à atteindre les buts et objectifs du programme, une intervention unique en son genre à une conférence AMBER Alert et digne de mention.
Des discussions officielles et officieuses avec les coordonnateurs canadiens des programmes Alerte AMBER ont révélé que ces programmes ont besoin de ressources humaines et financières supplémentaires pour pouvoir être améliorés. Voici les questions les plus importantes qui ont été dégagées : l'établissement d'un site Web central Alerte AMBER qui permettrait d'échanger les informations relatives aux activations; la création d'une trousse de formation générale destinée aux nouveaux coordonnateurs; la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation du public et du personnel d'application de la loi, puisque les activations sont rares et que, souvent, on ne sait pas bien utiliser le système; et la nécessité d'avoir des moyens de diffusions secondaires comme la technologie sans fil, les terminaux de loterie ou les panneaux d'affichage municipaux géants. Ces moyens de diffusion sont communément utilisés par les organismes régionaux et étatiques américains lors de la mise en œuvre de leurs plans AMBER Alert. Il serait bon d'envisager ces innovations au Canada en vue d'améliorer nos interventions et d'étendre la portée de l'information communiquée au public lorsqu'un enfant disparaît. Le chef Brown, de la Force constabulaire de Terre-Neuve, a informé la délégation canadienne qu'il se renseignerait sur la possibilité de mettre ces questions à l'ordre du jour de la réunion 2008 de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP).
L'idée de planifier une conférence canadienne sur Alerte AMBER a été suggérée par la cap. Marie-France Olivera, des SNED, et le serg. Sylvain Bessette, de la Sûreté du Québec. Le groupe a émis des réserves, puisque les divisions de la GRC et d'autres services de police devraient faire des dépenses considérables pour envoyer leurs coordonnateurs à une conférence canadienne, alors qu'en fait, seul un nombre limité de coordonnateurs ont été autorisés à se rendre à Denver (Colorado), pour assister à une réunion d'information de cette nature. Il est important de noter que, dans cette situation, la plupart des dépenses ont été assumées par nos homologues américains. En qualité de coordonnatrice nationale, j'encourage les représentants des services de police canadiens à assister en plus grands nombres à cette très importante conférence l'année prochaine.
Le protocole d'activation international de l'Alerte AMBER mis en œuvre en 2006 par la cap. Olivera se trouve actuellement sur le site extranet des coordonnateurs de l'AMBER Alert des États-Unis. Il est à la disposition de tous les coordonnateurs AMBER Alert autorisés et présente clairement le protocole que doit suivre un organisme d'application de la loi américain pour activer une alerte AMBER au Canada. D'un point de vue statistique, le programme Alerte AMBER a été activé 29 fois au Canada depuis 2002. Sur une note plus positive, le programme a permis de retrouver des enfants rapidement et, dans la plupart des cas, de les ramener chez eux sains et saufs.
Le CNCEE continue d'étendre sa prestation de service et intervient dans des cas d'exploitation d'enfants dans Internet. Appuyées à l'interne par les sections de la recherche et de la technologie, les opérations du CNCEE soutiennent les groupes intégrés de lutte contre l'exploitation des enfants et tous les services de police du Canada. Les informations concernant des activités illicites proviennent de sources canadiennes et étrangères et doivent être évaluées et coordonnées afin d'être transmises le plus rapidement possible au bon organisme. Le CNCEE a ajouté des équipes inter-gouvernementales pour coordonner les enquêtes portant sur plusieurs cibles. Le CNCEE continue d'augmenter sa capacité en matière d'identification des victimes, de renseignements et d'infiltrations.
Fruit d'un partenariat entre Microsoft et le milieu de l'application de la loi, le Système d'analyse contre la pornographie juvénile (système CETS) est un outil de renseignement qui continue d'évoluer; une nouvelle version du programme a été lancée au début 2008. La technologie du CNCEE gère toujours ce programme, ainsi que la base de données nationale d'images dite VOICE (Victims of Internet Child Exploitation). VOICE permet d'entreposer des images et des vidéoclips dont se serviront les enquêteurs pour retrouver les suspects et les victimes. Ce logiciel est actuellement à l'essai et on prévoit que le système sera fonctionnel en 2008.
Le CNCEE représente toujours le Canada au Virtual Global Task Force (VGT), une collaboration internationale qui regroupe l'Australie, les États-Unis, le Royaume-Uni, INTERPOL et maintenant l'Italie, qui s'est jointe au groupe en octobre 2007. Le VGT a facilité des enquêtes internationales et prévoit améliorer cette collaboration en s'attaquant à la question des délinquants sexuels voyageurs (tourisme sexuel). Le CNCEE a organisé la conférence annuelle du VGT, qui a eu lieu à Vancouver en février 2008.
Les officiers responsables des groupes intégrés de lutte contre l'exploitation des enfants et le CNCEE ont davantage collaboré en 2007 en vue de s'occuper de questions communes à l'ensemble du Canada. Le CNCEE peut ainsi offrir des suggestions plus solides en travaillant avec les divers intervenants (fournisseurs de service Internet et groupes de travail gouvernementaux), ce qui permet aux organismes d'application de la loi d'offrir un service plus efficace.
Le point sur les enfants disparus retrouvés aux frontières canadiennes
L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) contribue au programme Nos enfants disparus en collaborant étroitement avec des partenaires canadiens, dont le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, le ministère de la Justice et, bien sûr, la GRC. Ce partenariat solide et les constants efforts de collaboration entre ces ministères assurent le succès du programme à l'échelle nationale.
Cette année, les agents des services frontaliers (ASF) de l'ASFC ont continué de jouer un rôle déterminant pour le programme en se faisant les yeux et les oreilles du pays, ce qui a permis de repérer et de retourner des enfants disparus ou enlevés qui traversaient la frontière. Les ASF tiennent compte de l'ensemble des ouvrages faisant autorité à la frontière, soit plus de 90 lois et règlements. Les trois lois essentielles qui guident l'interception d'enfants disparus ou enlevés sont la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), la Loi sur les douanes (LD) et le Code criminel du Canada (CCC). Ces lois confèrent à l'ASFC l'autorité d'examiner, de détenir, d'arrêter, d'inculper et de refouler des personnes arrivant au Canada.
Les ASF interceptent les enfants disparus, et leurs ravisseurs, à l'aide de trois techniques principales : la surveillance des signes indicateurs, des avis de signalement du système d'enquête et des personnes refoulées par les autorités douanières étrangères.
Près de la moitié des affaires réglées résultent de la vigilance des ASF, qui ont relevé des signes indicateurs chez des personnes, ce qui les a poussé à les examiner de plus près. Les ASF mènent des entrevues poussées auprès d'adultes et parfois d'enfants, et examinent attentivement les habitudes de comportement et les récits des voyageurs. Ces efforts permettent de déterminer s'il s'agit d'une relation authentique entre un adulte et un enfant ou d'une raison de voyage légitime, ou d'intervenir en cas de fugue, d'enlèvement ou de passage en fraude d'enfant.
Plus de vingt pour cent des cas comprenaient l'utilisation d'avis de signalement axés sur les renseignements provenant des autorités canadiennes et étrangères visant à identifier des enfants disparus. Les autres affaires ont été réglées lorsque les douanes étrangères ont refoulé les enfants à la frontière, les renvoyant ainsi au Canada.
Depuis la mise en œuvre du programme national en 1986, les agents des douanes et de l'immigration canadiens ont aidé à retrouver 1 511 enfants. L'année dernière, grâce au professionnalisme des ASF, l'ASFC a retrouvé 83 enfants disparus, dont 33 fugueurs, 49 enfants enlevés et 1 enfant passé en fraude.
Depuis la mise en œuvre du programme national en 1986, les agents des douanes et de l'immigration canadiens ont aidé à retrouver 1 511 enfants. L'année dernière, grâce au professionnalisme des ASF, l'ASFC a retrouvé 83 enfants disparus, dont 33 fugueurs, 49 enfants enlevés et 1 enfant passé en fraude.
Les activités suivantes mettent en évidence le profond engagement de l'ASFC envers le programme Nos enfants disparus :
Un adolescent trompe la confiance de sa mère
Un adolescent des États-Unis a tenté d'entrer au Canada pour une journée pour y rencontrer son père, qui arrivait ce jour-là des Philippines. Au cours d'un deuxième examen, il a été déterminé que l'adolescent n'avait pas vu son père biologique depuis huit ans et le connaissait très peu.
L'ASF, qui se méfiait de quelque chose, a téléphoné au père de l'adolescent et découvert que l'ancienne conjointe de celui-ci avait la garde exclusive de leur fils et qu'elle n'était pas au courant de leurs plans d'aller aux Philippines. Au cours d'une entrevue approfondie, l'adolescent a reconnu avoir convaincu son beau-père de le conduire à l'aéroport et de lui promettre de ne rien dire à sa mère. Une fouille de ses bagages a révélé plusieurs certificats et documents scolaires. Le jeune a expliqué qu'il voulait montrer ses réalisations à son père pour que celui-ci soit fier de son fils. Le registre de ses appels par téléphone cellulaire a révélé qu'il avait échangé de nombreux courriels avec son père biologique qui mentionnaient en détail la façon dont ils prévoyaient tromper sa mère et le faire entrer au Canada. L'adolescent a aussi avoué qu'il comptait dire à sa mère où il était une fois arrivé aux Philippines. L'agent a appelé la mère de l'adolescent et l'a avisée de la situation. L'adolescent a été refoulé et rendu à sa mère aux États-Unis.
Fugitifs Britanniques
S'appuyant sur des informations reçues du Royaume-Uni par l'entremise du réseau INTERPOL, l'ASFC a émis une Alerte à la frontière. Une mère recherchée pour le rapt de sa fille avait fui la Grande-Bretagne et était soupçonnée de vivre au Canada. En février 2007, la mère et la fille ont revendiqué le statut de réfugié au bureau de l'immigration de London (Ontario).
L'entrevue concernant leur demande a été repoussée à la semaine suivante et entre-temps, l'ASFC a collaboré avec les autorités en vue de déterminer quelle action coercitive pouvait être prise au Canada. Cependant, la mère est la filles se sont doutées que la police enquêtait sur elles. Elles ne se sont pas présentées à leur entrevue et la GRC en a été avisée.
Deux jours plus tard, les douanes américaines ont avisé la GRC que le nom de ces deux personnes apparaissait sur le manifeste d'un train à destination de Niagara Falls (NY). Malheureusement, le train est tombé en panne et les passagers ont dû prendre un autobus. La mère et la fille n'étaient pas à bord de l'autobus, mais tout portait à croire qu'elles tenteraient d'entrer aux États-Unis. Le lendemain, la mère et l'enfant ont tenté d'entrer aux États-Unis en taxi, et ont été refoulées. Elles sont retournées au Canada, où elles ont été détenues par des agents de l'ASFC, puis mises sous garde. L'enfant a été confiée aux services à l'enfance et, peu après, raccompagnée au Royaume-Uni par deux agents britanniques. La mère a retiré sa demande de statut de réfugié et a été renvoyée au Royaume-Uni, où elle doit répondre d'accusations.
Par Marlene L. Dalley, Ph.D., chargée de recherches
Marlene.Dalley@rcmp-grc.gc.ca
Rapts de nouveau-nés dans les hôpitaux canadiens
Depuis plusieurs années, les responsables des hôpitaux canadiens forment leur personnel en vue de déjouer les tentatives de rapt de nouveau-nés à la maternité et planifient en conséquence. Le premier incident consigné par les Services nationaux des enfants disparus est survenu en 1991 à Toronto (Ontario). Le rapt est survenu lorsqu'une infirmière est sortie de la maternité pendant quelques minutes en laissant un bébé tout seul dans un lit de bébé près de la porte.
En 1993, à Burlington (Ontario), un bébé de cinq jours a été enlevé de la chambre d'hôpital de sa mère. Se faisant passer pour un membre du personnel, la ravisseuse a convaincu la mère qu'on devait faire passer des tests sanguins au bébé. Elle a ensuite disparu avec le nouveau-né. Le bébé a été retrouvé une demi-journée plus tard à quelque 10 km de l'hôpital.
En 1996, la population canadienne a été une nouvelle fois choquée d'apprendre qu'un nouveau-né avait été enlevé dans un hôpital de Kelowna (Colombie-Britannique) par une femme et ses deux fils adolescents. Se faisant passer pour une photographe de l'hôpital, la ravisseuse a demandé à la mère si elle pouvait emmener le bébé pour aller prendre sa photo, puis a disparu. Le bébé malade a été retrouvé indemne dans des buissons à 15 km de l'hôpital. Bien que ce rapt ait mis en danger le nouveau-né, les bébés enlevés sont pour la plupart bien soignés.
À la suite de ces incidents, les hôpitaux canadiens ont organisé une série d'ateliers et de séminaires de formation sur la sécurité hospitalière et les mesures de sécurité. Plusieurs organismes sans but lucratif et du gouvernement qui se consacrent à la recherche d'enfants disparus, dont les Services nationaux des enfants disparus, la GRC, Enfant-retour et la Société des enfants disparus du Canada, ont envoyé des trousses d'information aux hôpitaux canadiens. À l'occasion, des représentants de ces organismes ont rendu visite aux hôpitaux pour évaluer leurs mesures de sécurité et établir un rapport à titre documentaire.
Près d'une décennie s'est écoulée, au cours de laquelle les rapts perpétrés dans les hôpitaux canadiens ont été rares. Cependant, une autre vague d'enlèvements a débuté en 2003. On a cru que ces enlèvement avaient été perpétrés par des inconnus, mais une enquête complémentaire a révélé que le ravisseur était un membre de la famille. En 2003, un nouveau-né a été enlevé par un membre de la famille dans un hôpital d'Edmonton (Alberta) et par une froide journée d'hiver de 2004, un père a enlevé son bébé dans un hôpital de Windsor (Ontario) en le cachant dans un sac polochon. Les bébés sont le plus souvent enlevé par des personnes qui ne sont pas membres de la famille. Il arrive qu'un parent enlève son enfant en raison de litige portant sur la garde de l'enfant ou si l'on menace de confier l'enfant aux soins d'autrui, comme les services sociaux.
Ces rapts commis par des membres de la famille ont été suivis de deux rapts commis par des personnes qui n'étaient pas membre de la famille. En 2006, deux adolescents proches de la vingtaine on enlevé un nouveau-né dans un hôpital de Humber (Ontario), et en 2007, une femme se faisant passer pour une infirmière d'un hôpital de Sudbury (Ontario) a profité d'un moment d'inattention de la mère pour s'enfuir avec le bébé. La ravisseuse est rentrée chez elle, parcourant 300 km avec le nouveau-né avant que celui-ci ne soit retrouvé sain et sauf.
De nos jours, la sécurité des nouveau-nés préoccupe encore plus les familles et le personnel hospitalier. Certains hôpitaux utilisent un système de sécurité à étiquettes d'identité. On attache une étiquette d'identité au poignet ou à la cheville des nouveau-nés pour éviter qu'on puisse les sortir des zones prédéterminées. Dans certains hôpitaux, les déplacements des enfants sont surveillés au moyen d'un panneau de commande central. Néanmoins, les étiquettes d'identité ne devraient pas être la seule mesure de sécurité utilisée et ce pour la raison suivante. Une étude de recherche récemment réalisée par le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) d'Alexandria (Virginie) montre que, dans les cas de 11 bébés enlevés dans des hôpitaux américains, 6 ravisseurs avaient retiré l'étiquette de sécurité avant de quitter l'hôpital. Il est aussi important de noter que les ravisseuses utilisent une carte d'identité avec photo ressemblant à celle des hôpitaux pour enlever un nouveau-né de la maternité. Quoique les étiquettes constituent d'importantes mesures de sécurité, des protocoles et des procédure doivent aussi être mis en place, de même que des exercices épisodiques en vue d'évaluer leur efficacité.
Les responsables du NCMEC américain et des SNED canadiens recommandent que les mères et les membres de la famille examinent visuellement les insignes avec photo des employés. Les infirmières devraient montrer leur insigne à la mère et aux membre de la famille et les inviter à examiner attentivement l'insigne pour pouvoir s'en rappeler les détails. Il est aussi extrêmement important que les membres du personnel utilisent des codes de couleur ou des modèles de vêtements uniques, qui les identifie comme des personnes autorisées à manipuler ou à transporter les nouveau-nés.
En 2007, des membres du personnel de nettoyage ont remarqué une femme qui marchait dans un corridor de l'hôpital, un bébé dans les bras plutôt que dans un lit d'enfant B le lit d'enfant étant la procédure de transport prescrite par la politique de l'hôpital. Ils ont averti les responsables de l'hôpital de cette irrégularité suggérant un éventuel rapt. On a rapidement entrepris des recherches et le bébé a été retrouvé indemne quelques heures plus tard. Il est extrêmement important que le personnel des hôpitaux interroge ou interpelle toute personne suspecte. En outre, des mesures de sécurité strictes doivent être appliquées en tout temps à l'intérieur comme à l'extérieur de l'hôpital.
Les rapts perpétrés dans des hôpitaux peuvent mettre en cause un inconnu. Ces personnes se font parfois passer pour un employé, une infirmière ou un membre de la famille afin de pouvoir accéder au bébé. Quelques études montrent que seuls quelques ravisseurs se font passer pour des membres du personnel de l'hôpital, mais une analyse des cas canadiens révèle que, dans la moitié des cas, on avait affaire à un imposteur. Il faut aussi noter qu'un ravisseur peut utiliser un insigne avec photo ressemblant à ceux de l'hôpital pour pouvoir accéder à la maternité. Comme de nombreuses nouvelles mères préfèrent garder leur enfant dans leur chambre plutôt que de le laisser dans une maternité surveillée, il est plus facile pour un ravisseur de duper la mère pour s'emparer de l'enfant. Les imposteurs expliquent habituellement à la mère qu'ils doivent prendre le nouveau-né pour lui faire passer des tests, prendre sa photo, etc.
Les ravisseurs sont généralement des femmes qui veulent désespérément un bébé. Elles ont souvent un surplus de poids et un comportement compulsionnel, se font passer pour quelqu'un d'autre, sont mariées ou cohabitent avec quelqu'un, et vivent dans la collectivité où le rapt est perpétré. Elles planifient l'enlèvement en se rendant souvent à l'hôpital pour en savoir le plus possible sur la procédure, le rôle des employés et les plans d'étage. Les ravisseurs vont des membres de la famille à des couples d'inconnus sans enfants qui s'efforcent perversement de se procurer un bébé. Certaines ravisseuses étaient enceintes mais ont fait une fauche-couche; d'autres ne peuvent avoir d'enfants; d'autres encore font semblant d'être enceintes et, après neuf mois, doivent produire un bébé d'une façon ou d'une autre. Néanmoins, dans la plupart des cas, les ravisseur s'occupent bien des bébés.
Quoique les enlèvements dans les hôpitaux canadiens soient rares, le personnel de sécurité des hôpitaux doit toujours être sur le pied d'alerte et bien préparé à gérer ce genre d'incidents. Les responsables de l'application de la loi de la région peuvent aussi aider dans ces situations, surtout si un plan de recherche et retour Alerte AMBER a été activé. Depuis 2002, il y a eu 29 Alertes AMBER au Canada; ce chiffre comprend toutes les catégories d'enfants disparus, dont les enlèvements par un inconnu et les enlèvements par le père ou la mère.
Pour conclure, les SNED et les organismes de recherche sans but lucratif continuent officieusement de surveiller les incidents, d'aider les hôpitaux à planifier et de mettre en œuvre des mesures de sécurité, en vue d'assurer la sécurité des nouveau-nés canadiens. Des conseils de sécurité destinés aux futurs parents figurent sur le site Web du National Center for Missing and Exploited Children, à l'adresse www.missingkids.com (en anglais).
par la cap. Julie Gagnon, SNED
En septembre 2007, les Services nationaux des enfants disparus (SNED) ont reçu une affiche du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), qui demandait leur aide pour retrouver une enfant disparue. La fille avait 16 ans lorsqu'elle a disparu des États-Unis en 1994.
Suivant la démarche habituelle, les SNED ont entré l'enfant disparu dans le Système d'incidents et de rapports de police national. Ce faisant, ils ont découvert que les données qu'ils avaient entrées, dont la date de naissance, correspondaient à celles d'une femme déjà entrée dans le système par un enquêteur de la GRC.
Les SNED ont communiqué avec le détachement de la GRC concerné. Un policier est allé chez la femme et l'a interrogée. Une vérification de son identité a permis de confirmer qu'il s'agissait bien de l'enfant qui avait fugué il y a 13 ans. Elle était partie parce que les services sociaux étaient sur le point de l'enlever à ses parents. Le service de police émetteur a immédiatement été informé qu'on avait retrouvé l'enfant disparue.
Les parents ont communiqué avec les SNED pour les remercier d'avoir retrouvé leur fille. Les SNED ont ensuite accepté de transmettre des messages des parents à leur fille. Les parents étaient soulagé de savoir que leur fille était saine et sauve et que la longue et éprouvante recherche avait pris fin.
Par Catherine Gauvreau (gestionnaire de programme)
et Caroline Duvieusart-Déry (stagiaire)
Alors que les experts s'inquiètent de l'ampleur que prend la traite des personnes, et particulièrement la traite des enfants, la plupart d'entre nous pensons encore qu'il s'agit d'un phénomène isolé. Il est inquiétant d'apprendre que le Québec et le Canada ne sont pas à l'abri de ce problème, qui consiste en le recrutement et le déplacement de personnes aux fins de leur exploitation. On distingue la traite " interne ", dont les victimes sont déplacées à l'intérieur du pays, de la traite " externe ", dont les victimes franchissent la frontière canadienne avant d'entrer au Québec. Le Canada est considéré comme un pays d'origine, de destination et de transit de la traite.
Les victimes de la traite ne correspondent pas à un profil unique, mais certaines caractéristiques ressortent souvent : un grand nombre de victimes sont des filles âgées de 14 à 17 ans. Nombre d'entre elles souffrent de carences affectives et viennent de familles dysfonctionnelles. Dans certaines régions, les jeunes autochtones sont particulièrement touchés. De plus, un grand nombre d'enfants ont révélé avoir subi de la violence physique, sexuelle ou psychologique avant d'avoir été victime de la traite. Une combinaison de facteurs augmente le risque de traite, dont la pauvreté, la mondialisation, les conflits armés et les progrès de la technologie. Choisies en raison de leur vulnérabilité, les victimes sont ensuite recrutées par des réseaux criminels comme des gangs de rue, qui pour ce faire font appel à la force, la peur ou la tromperie. Les victimes deviennent dépendantes de leur agresseur en raison d'une toxicomanie, de l'isolement social, de l'illusion d'une relation amoureuse, d'une dette ou de la confiscation de leur passeport et autres pièces d'identité. Ces enfants sont principalement destinés à être exploités sexuellement et, dans une moindre mesure, forcés de travailler. La traite des enfants affecte aussi le développement des enfants, qui peuvent souffrir de traumatisme psychosocial, de blessures physiques, de maladies transmises sexuellement ou de grossesses non désirées.
Devant ce phénomène clandestin dévastateur, les chercheurs soulignent qu'il est nécessaire de sensibiliser davantage la population à la traite de personnes et de former adéquatement les professionnels qui devront intervenir directement auprès des enfants qui en sont victimes. Étant donné le contexte particulier et le traumatisme subi par les enfants victimes de la traite, les mesures de prévention et d'intervention devraient comprendre un soutien psychologique, physique et social, et privilégier la collaboration entre les organismes d'application de la loi, les services sociaux et les organisations communautaires.
Si l'on parvient à restaurer un sentiment de sécurité chez les victimes et à établir avec elles une relation de confiance qui met l'accent sur leur autonomisation, on aura beaucoup plus de chances de les arracher à leur situation si précaire, et de les convaincre de collaborer et d'identifier leurs agresseurs.
Présentation par l'IBCR: Résultats de sa Stratégie d'action en matière de protection des droits des enfants victimes de la traite au Québec.
Pour toute autre information, veuillez communiquer avec le programme sur la traite des enfants de l'IBCR :
Tél. 514-932-7656 (poste 223)
trafficking@ibcr.org
Par Diane Barbe
Compte rendu statistique des Services nationaux des enfants disparus
Les Services nationaux des enfants disparus (SNED) assurent un suivi annuel des informations reçues. En 2007, du 1er janvier au 1er juillet, les SNED ont collaboré aux enquêtes portant sur 44 affaires canadiennes concernant 53 enfants, 209 affaires américaines concernant 283 enfants et 90 affaires étrangères (sans compter les États-Unis) concernant 122 enfants.
Par Dr. Marlene Dalley
Cas entrés dans le Centre d’information de police Canadien par catégories, Province et genre.
Féminin
| Profile | YT | NT | NU | BC | AB | SK | MB | ON | QC | NB | PE | NS | NL | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Étranger | 0 | 1 | 0 | 1 | 10 | 2 | 2 | 12 | 5 | 0 | 0 | 0 | 1 | 34 |
| Accident | 0 | 0 | 0 | 6 | 0 | 0 | 0 | 2 | 3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 11 |
| Égaré | 0 | 1 | 0 | 78 | 48 | 7 | 4 | 132 | 12 | 0 | 0 | 1 | 0 | 283 |
| Parental | 0 | 0 | 0 | 12 | 16 | 5 | 3 | 53 | 35 | 2 | 1 | 2 | 2 | 131 |
| Fugueur | 4 | 48 | 0 | 5,140 | 5,611 | 1,327 | 2,029 | 9,425 | 2,518 | 232 | 34 | 236 | 101 | 26,705 |
| Inconnu | 1 | 19 | 0 | 2,624 | 374 | 318 | 231 | 1,906 | 697 | 30 | 4 | 38 | 19 | 6,261 |
| Autre | 0 | 1 | 0 | 328 | 44 | 17 | 12 | 492 | 299 | 3 | 2 | 11 | 4 | 1,213 |
| Total | 5 | 70 | 0 | 8,189 | 6,103 | 1,676 | 2,281 | 12,022 | 3,569 | 267 | 41 | 288 | 127 | 34,638 |
Masculin
| Profile | YT | NT | NU | BC | AB | SK | MB | ON | QC | NB | PE | NS | NL | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Étranger |
1 | 0 | 0 | 4 | 7 | 3 | 0 | 5 | 0 | 2 | 0 | 0 | 0 | 22 |
Accident |
0 | 0 | 0 | 3 | 1 | 0 | 2 | 12 | 2 | 0 | 0 | 0 | 2 | 22 |
Égaré |
0 | 1 | 0 | 66 | 33 | 17 | 5 | 146 | 22 | 1 | 0 | 2 | 0 | 293 |
Parental |
0 | 1 | 0 | 15 | 14 | 4 | 2 | 67 | 49 | 2 | 0 | 0 | 0 | 154 |
Fugueur |
0 | 45 | 0 | 3,241 | 4,382 | 839 | 960 | 6,999 | 2,645 | 225 | 9 | 89 | 50 | 19,484 |
Inconnu |
0 | 16 | 0 | 1,791 | 277 | 238 | 120 | 1,651 | 782 | 36 | 0 | 30 | 14 | 4,955 |
Autre |
0 | 1 | 0 | 266 | 36 | 5 | 6 | 391 | 291 | 5 | 1 | 12 | 1 | 1,014 |
| Total | 1 | 63 | 0 | 5,386 | 4,750 | 1,106 | 1,095 | 9,271 | 3,791 | 271 | 10 | 133 | 67 | 25,944 |
Total
| Profile | YT | NT | NU | BC | AB | SK | MB | ON | QC | NB | PE | NS | NL | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Étranger | 1 | 1 | 0 | 5 | 17 | 5 | 2 | 17 | 5 | 2 | 0 | 0 | 1 | 56 |
| Accident | 0 | 0 | 0 | 9 | 1 | 0 | 2 | 14 | 5 | 0 | 0 | 0 | 2 | 33 |
| Égaré | 0 | 2 | 0 | 144 | 81 | 24 | 9 | 278 | 34 | 1 | 0 | 3 | 0 | 576 |
| Parental | 0 | 1 | 0 | 27 | 30 | 9 | 5 | 120 | 84 | 4 | 1 | 2 | 2 | 285 |
| Fugueur | 4 | 93 | 0 | 8,381 | 9,993 | 2,166 | 2,989 | 16,424 | 5,163 | 457 | 43 | 325 | 151 | 46,189 |
| Inconnu | 1 | 35 | 0 | 4,415 | 651 | 556 | 351 | 3,557 | 1,479 | 66 | 4 | 68 | 33 | 11,216 |
| Autre | 0 | 1 | 0 | 594 | 80 | 22 | 18 | 883 | 590 | 8 | 3 | 23 | 5 | 2,227 |
| Total | 6 | 133 | 0 | 13,575 | 10,853 | 2,782 | 3,376 | 21,293 | 7,360 | 538 | 51 | 421 | 194 | 60,582 |
"Pour plus d’informations, communiquer avec Dr. Marlene Dalley au 613-330-9833.