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Les jeunes en ligne et à risque Internet – un outil de radicalisation

Programme de sensibilisation communautaire à la sécurité nationale PDF 790 kb

Voir aussi: contenu interactif

Introduction

Les jeunes Canadiens vivent de plus en plus dans un monde branché. Les enfants, préadolescents et les adolescents utilisent le Web pour faire des recherches, apprendre, se divertir ou socialiser. Cette utilisation répandue est attribuable à l'omniprésence des ordinateurs - salles de classe, bibliothèques, chambres à coucher des jeunes - tandis que les téléphones avec navigation Web, qui deviennent rapidement la norme, assurent l'accès permanent. En fait, une étude exhaustive menée au Canada sur les habitudes en ligne des jeunes a constaté que « l'accès à Internet est pratiquement universel. »1 Cependant, même si les jeunes ont le Web constamment à portée de main, cela ne veut pas nécessairement dire qu'ils en connaissent pleinement ses risques.

photo - world trade centre

Internet est une formidable source d'éducation, de divertissement et de communication avec des amis, mais il présente plusieurs risques que les jeunes, les parents et les tuteurs doivent connaître. Les dangers courants sont le vol d'identité, la prédation en ligne et la cyberintimidation. Cependant, il existe un autre problème dont la solution est collective - la radicalisation menant à la violence. Le présent document a pour but de mieux faire comprendre comment Internet est utilisé pour radicaliser et recruter des jeunes en Amérique du Nord.

Radicalisation menant à la violence

La radicalisation est le processus selon lequel des personnes « sont initiées à un message idéologique et à un ensemble de croyances et sont encouragées à remplacer leurs croyances modérées et généralement admises par des opinions extrêmes. »2 Les pensées radicales, même si elles sont jointes à des idéologies troublantes, ne devraient pas vraiment inquiéter. En fait, les pensées radicales ont contribué à de grands progrès. Cependant, c'est lorsqu'elles mènent à des comportements violents et criminels que les actions des individus et des groupes mettent la société en danger. Avant que ces actes ne soient commis, les autorités doivent prendre des mesures légales pour cibler les comportements illégaux.

Le Canada a connu dans le passé la violence extrémiste et n'en sera jamais à l'abri. La crise felquiste, les attentats à la bombe par le Squamish 5 dans les années 1980, la tragédie d'Air India, les explosions de pipelines dans l'Ouest canadien et un complot étouffé ourdi par une cellule terroriste à Toronto appelée « Toronto 18 » démontrent la menace intérieure qui pèse et continuera de peser sur les Canadiens. Nous devons unir nos efforts pour contrer la violence extrémiste et le premier pas est évidemment la prévention de la radicalisation des jeunes.

En quoi la radicalisation peut-elle consister?

La radicalisation des jeunes n'est pas un phénomène nouveau. La radicalisation menant à la violence ne se limite en aucun cas à un seul groupe, religion, culture, ethnie ou vision du monde. Les groupes extrémistes peu importe où ils se situent sur l'éventail politique ainsi que les groupes aux perspectives différentes cherchent depuis toujours à attirer des adolescents en exploitant leurs griefs culturels, moraux ou sociétaux et en capitalisant sur leur goût naturel de l'aventure.

Quels que soient les antécédents ou l'éducation d'un individu, la radicalisation peut transformer ses croyances, ses sentiments envers un problème particulier et son comportement. À la suite de cette évolution, il peut consacrer du temps et des ressources financières supplémentaires, courir des risques additionnels et commettre des actes de violence pour appuyer une cause.3 Ce changement peut survenir de bien des façons chez des individus et des groupes aux vues similaires. Souvent, l'élément déclencheur est une victimisation perçue de soi ou du groupe auquel on s'identifie et il peut susciter le désir de riposter ou de provoquer un changement.

Une injustice perçue peut mener à la radicalisation. Lorsqu'un individu, un parent proche ou un ami a été la victime, le désir de vengeance peut amener une personne à commettre des actes de violence. Parmi des exemples frappants se trouvent les veuves tchétchènes qui attaquent la Russie en représailles à leurs expériences.4

Nous avons récemment constaté la radicalisation de plusieurs jeunes non pas en raison d'une expérience personnelle, mais plutôt d'événements qui peuvent survenir dans des régions lointaines. Le sentiment envahissant de culpabilité ou le grief profond qui culmine peut pousser un individu à commettre des actes de violence dans son pays. Le thème commun au sein des musulmans militants dans le monde occidental est le sentiment d'indignation morale face aux conflits en Tchétchénie, au Cachemire, en Irak et en Afghanistan.5 Aux États-Unis, on constate le même raisonnement dans le cas Ted Kaczynski et de Timothy McVeigh. Motivé par le désir de transformer la tendance du développement technologique, Kaczynski, connu également sous le nom Unabomber, a envoyé des lettres piégées pour provoquer un changement.6 Pour sa part, Timothy McVeig croyait que l'ordre établi complotait en vue d'éliminer des libertés personnelles et a vengé les attaques du gouvernement contre des groupes militants.7

Les individus qui se rallient à un groupe radical risquent un dérapage et la cohésion qui s'installe peut entraîner un comportement de plus en plus radical. Voulant se joindre à un mouvement plus vaste, les groupes peuvent lire des textes extrémistes en ligne et se radicaliser.8 Un militant a décrit son glissement vers la radicalisation comme « une évolution progressive », dans laquelle « un choix… tel je vais devenir un terroriste »9 n'a jamais été fait.

Dans les conversations avec des pairs et l'établissement de relations étroites, le glissement vers la radicalisation est plus facile lorsque le groupe partage des buts communs ou est menacé. La recherche a démontré que la solidarité de groupe est un lien puissant. Un radical violent irlandais a mentionné à des chercheurs « Parfois, je me suis demandé « pourquoi »? Tu es fou… mais je ne peux tout simplement pas tout laisser tomber. »10

Au Canada, plusieurs individus se sont radicalisés au fil des ans et ont comploté des attaques en groupe. À l'instar d'un individu qui se radicalise parce qu'un groupe est menacé, un regroupement d'individus aux vues similaires tisse, sous des contraintes, de solides relations. Des sentiments communs de frustration, de déni de justice et de colère ne font que renforcer l'unité et peuvent mener à un « encouragement mutuel et à une escalade. »11 La cohésion s'intensifie lorsque la radicalisation s'installe, car il se trouve moins de personnes en qui avoir confiance et à qui se confier.12

Les groupes extrémistes misent sur le désir des jeunes de passer à l'action ou induisent en erreur des jeunes naïfs pour « manipuler intentionnellement leurs griefs » afin de faire avancer leur propre cause. En « exploitant cyniquement » les griefs des jeunes ciblés et mécontents, ces groupes cherchent à miner l'autorité traditionnelle.13

La radicalisation des jeunes - individuellement ou en groupe - est plus facile lorsque le message est lancé par un modèle de comportement. Les messages seront plus percutants si la source est un membre de la famille, un ami proche, un chef spirituel ou une personne dont le rôle dans le groupe est respecté.14

Cette réalité peut avoir été un facteur dans le rythme de la radicalisation des suspects qui ont voulu détruire en 2006 des vols intercontinentaux avec des bombes liquides. Le commissaire de la Police métropolitaine a déclaré que les suspects « qui avaient vraisemblablement une vie ordinaire ont évolué en quelques semaines ou mois et non quelques années » étaient disposés à lancer une attaque suicide qui aurait fait des centaines, voire des milliers de victimes.15

Aujourd'hui, l'échange de messages et le tissage de liens sociaux entre les jeunes se font de plus en plus en ligne. Il ne faut donc pas s'étonner qu'Internet joue un rôle dans la radicalisation des jeunes. Benjamin Smith, un suprémaciste blanc, qui a tué deux personnes et en a blessé neuf autres au cours d'une fusillade à caractère raciste l'a confirmé lorsqu'il a déclaré « ce n'est que lorsque j'ai commencé à naviguer sur Internet et lu des affichages … que le déclic s'est produit. »16

Les limites de la radicalisation par Internet

L'Internet est de bien des façons un reflet de la diversité sociale. On trouve des sites pour tous les intérêts. Les utilisateurs - jeunes et âgés - naviguent sur la Toile et choisissent le contenu à visualiser en fonction de suppositions, d'émotions et de préférences.17

Il ne faut donc pas voir Internet comme la source de la radicalisation, mais plutôt comme un moyen de véhiculer des idées radicales aux personnes vulnérables. Le choix personnel a certes un rôle à jouer, mais nous devons être collectivement inquiets et offrir des conseils aux jeunes qui développent leur propre pensée critique et leur point de vue sur les événements et les problèmes majeurs.

Plus branchés que jamais

L'étude charnière sur les habitudes en ligne des jeunes Canadiens menée en 2005 par le Réseau Éducation-Médias a conclu que les jeunes ne font typiquement pas la distinction entre les mondes virtuels et réels. Le monde virtuel n'est pas un « environnement distinct », mais plutôt un véhicule pour rejoindre des amis, suivre des intérêts personnels et grandir dans le monde d'aujourd'hui.18 Cette constatation remonte à 2005 et la prolifération des ordinateurs et des téléphones avec navigation Web l'a certainement solidifiée davantage depuis.

L'étude a démontré l'omniprésence d'Internet dans la vie des jeunes. Plus de 86 % des étudiants de la 4e à la 11e année ont leur propre compte de courriel et 94 % ont accès à Internet à la maison. En tout, 51% des étudiants de 11e année ont leur propre ordinateur personnel branché sur Internet. Enfin, tous les étudiants qui ont leur propre ordinateur ont indiqué qu'ils passaient presque deux fois plus de temps sur leur propre ordinateur que ceux qui avaient un ordinateur familial.

En ligne, les jeunes jouent à des jeux, accèdent à des fichiers multimédias et socialisent. Les jeux en ligne sont l'activité préférée de près de 90 % des étudiants de 4e année et la messagerie instantanée est utilisée chaque jour par 86 % des étudiants de 11e année. En tout, 80 % des jeunes ayant participé à l'étude écoutent de la musique et utilisent la messagerie instantanée quotidiennement.19

Les chercheurs ont constaté que l'attrait principal du Web n'est pas la possibilité de communiquer avec des amis, mais plutôt l'accès à un contenu habituellement réservé à un groupe d'âges plus vieux. Près de 60 % des jeunes ont prétendu être une autre personne ou falsifié leur âge pour s'afficher plus âgés.20 Dans une autre étude, un jeune a déclaré « les gens sont différents en ligne, car ils veulent l'être. Pourquoi être soi-même lorsqu'on peut devenir ce que tu aimerais être? En ligne, tu peux être quelqu'un d'autre, tu peux être qui tu veux. »21 Cette affirmation ne concorde pas avec le point de vue des adultes qui pour la plupart croient que les gens doivent être eux-mêmes dans le monde réel et le monde numérique. L'exploration de nouveaux rôles fait partie du processus normal du passage à l'âge adulte. Cependant, du point de vue des jeunes Canadiens sondés, Internet leur permet de le faire sans danger « ni conséquences. » 22

La création d'une image en ligne apporte de nouveaux défis aux jeunes qui tentent de juger de la crédibilité de l'information. Des exagérations ou des mensonges, si bénins soient-ils, entre des jeunes ont un impact. La Commissaire à l'information et à la protection de la vie privée/Ontario a fait remarquer que les « jeunes voient dans leurs pairs une source crédible d'information. » 23 À cette impression s'ajoute la tendance naturelle de nombreux adolescents de se rebeller contre les adultes et de donner foi aux messages de leurs amis et de leurs modèles de comportement. Voilà le dilemme posé par les sites Web - n'importe qui peut donner son opinion, partager ses expériences et transmettre du savoir. Savoir comment juger de la crédibilité ou de l'autorité des individus en ligne peut être difficile, mais cela constitue une nécessité. Les jeunes peuvent facilement être induits en erreur s'ils ne sont pas judicieux et ne vérifient pas la crédibilité de la source d'information.

La détermination de la crédibilité n'est pas facile, car plusieurs jeunes Canadiens ignorent tout de la commercialisation de plusieurs sites.24 On retrouve du contenu promotionnel dans près de 94 % des sites qui se classent parmi les 50 premiers favoris des jeunes.25 De plus, environ 70 % des jeunes Canadiens sondés par le Réseau Éducation-Médias ne voient pas d'un oeil critique la commercialisation en ligne.

Le fait de voir en ses pairs une source crédible d'information et de ne pas comprendre l'intention globale des messages en ligne peut s'avérer dangereux. S'ils ne reçoivent pas de conseils sur le contenu approprié et acceptable, les jeunes peuvent se laisser séduire par des messages de groupes extrémistes qui cherchent à perpétuer la violence.

La propagation et l'échange d'idées

Internet est pour de nombreux groupes l'outil idéal pour rejoindre des individus aux vues similaires ou avec des intérêts communs de l'autre côté du monde. Il permet à des gens d'établir des contacts et de nouer des relations autrement impossibles.26 À ce chapitre, les groupes qui partagent le même intérêt pour un club sportif, cherchent à modifier le processus politique, promeuvent une cause ou perpétuent la violence se ressemblent.

Internet - et les outils en ligne, dont Twitter - permettent la diffusion efficace de contenus en temps quasi réel. Souvent, les messages vont de l'auteur d'un côté du monde au destinataire de l'autre côté de la planète sans être filtrés. Cette possibilité est utile pour le contenu bénin, mais elle permet aussi la diffusion de contenu offensant ou provocateur sans le filtrage que feraient les médias traditionnels ou qu'imposeraient les normes courantes fondées sur les moeurs sociétales acceptées.27

Internet, en raison de sa vitesse et de sa nature, donne à ceux qui peuvent lire et parler plusieurs langues un accès à des points de vue et à des opinions d'un vaste éventail de sources. Cette réalité offre de nombreux avantages, mais elle expose ces personnes à un plus grand nombre d'idéologies extrémistes et violentes.

Des individus et groupes exploitent cette caractéristique pour se réserver un espace contrôlé et déformer et manipuler la réalité afin de diffuser un message unique ou une opinion unique de l'actualité. Auparavant, les groupes utilisaient des brochures qui pouvaient être interceptées par des adultes ou qui se confondaient à d'autres messages.28 Sans contrepoids sur le site ou dans les groupes de discussion, Internet peut être exploité pour « mésinformer et lancer de fausses rumeurs » dans le but de rejoindre les « jeunes désabusés et recruter des sympathisants et des bailleurs de fonds. »29

Que partage-t-on?

Internet est utilisé pour exposer les jeunes à des idéologies radicales et violentes grâce à une diffusion rapide et un filtrage lacunaire ou inexistant. En raison des avantages que le Net offre, les clavardoirs, canaux YouTube et sites interactifs avec des images, des vidéos et des jeux dont le but est de promouvoir un programme radical et violent se répandent rapidement. On pointe souvent du doigt l'augmentation spectaculaire du nombre de sites Web extrémistes, qui est passé de 12 en 1998 à 4 500 tout juste huit ans plus tard.30 L'augmentation des vidéos, photos et clavardoirs peut ne pas surprendre, mais les adultes et les jeunes peuvent être troublés par le contenu et la méthode d'affichage.

Diffusion ciblée : une tendance en pleine croissance

Nous connaissons tous la diffusion à la volée - on envoie un message générique dans l'espoir de séduire le plus vaste auditoire possible. Cependant, le ciblage de groupes spécifiques et plus petits mis au point par le secteur de la commercialisation est maintenant utilisé par des groupes prônant une idéologie violente.

Cette technique est appelée « diffusion ciblée », car seul un petit groupe est visé par les messages spécifiques. Plusieurs groupes l'utilisent pour attirer des segments particuliers de la population. Grâce au message ciblé, le destinataire acquiert un sentiment d'importance, cependant illusoire à son insu.31 La revue en ligne d'Al-Qaïda contient des articles faisant spécifiquement appel aux femmes et glorifiant le martyr d'autres femmes. Ce nouveau contenu serait un indice qu'Al-Qaïda cherche à attirer des femmes dans ses rangs et à accroître sa réserve de recrues potentielles.32

Le nouveau visage des sites Web

Au cours des dernières années, l'aspect et la convivialité de plusieurs sites Web se sont énormément améliorés - couleurs, facilité de navigation, applications interactives. C'est également le cas des sites visant la radicalisation des jeunes. Plusieurs groupes extrémistes se sont inspirés des sites grand public populaires et se sont donné une présence qui plait à une « génération ferrée en informatique, saturée par les médias et accro aux jeux vidéo. »33 Les sites utilisent des couleurs vives et dans certains cas, des illustrations qu'auraient utilisées Disney ou d'autres sociétés de grande renommée. Ils sont donc visuellement attrayants et n'annoncent pas leur contenu malicieux.

En plus de leur apparence, plusieurs sites offrent un contenu interactif qui, selon plusieurs experts, renforce la relation, inspire un engagement plus grand et cimente les idées communes dans l'esprit des participants. Grâce à cette participation à un discours en ligne en temps réel, les rumeurs convaincantes, bien que sans fondement, peuvent trouver écho et être acceptées comme des faits. En retour, ceci crée un « sentiment d'appartenance à une communauté - ce que cherchent en fait de nombreux individus mécontents de tout âge. ».34

Le contenu

Le contenu de plusieurs sites vise à radicaliser tellement des segments spécifiques de la population que ceux-ci sont disposés à commettre des actes de violence. Les messages véhiculés par ces sites cherchent à créer une voix homogène capable de bloquer les autres opinions. À cette fin, les exploitants de ces sites utilisent plusieurs moyens, entre autres, des commentaires sur des événements récents, des bulletins, des éditoriaux et même des blagues et des bandes illustrées.

Les groupes extrémistes présentent un contenu qui mise sur la paranoïa, la naïveté et l'ignorance de ceux qui visitent leurs sites. « Des théories » - souvent étayées par des « preuves » qui mentionnent une puissance supérieure - sont proposées dans le but de blâmer un groupe particulier pour les injustices et les torts perçus dans le monde. Les prétendus « dangers » de l'inaction sont décrits afin de créer une atmosphère dans laquelle on invite à l'action et à la contribution de ressources.35

Kanellos Athens Riot DogOn encourage l'obtention de l'appui d'individus en laissant croire que les idées conventionnelles contribuent à la mort de la cause et que seules les perspectives radicales proposées permettront d'atteindre l'état final. Cette attitude « vous ne pouvez être que pour ou contre nous » vise à diviser, car elle n'offre qu'une seule marche à suivre. Elle est répandue dans le contenu des groupes jihadistes Wahabis et Salafis s'autoproclamant la « secte sauvée ». La « secte sauvée » fait allusion à seulement une interprétation de l'Islam qui prétend que seuls ses disciples seront sauvés. Les groupes extrémistes exploitent cette philosophie pour justifier leurs attaques non seulement contre les non-musulmans, mais aussi contre les musulmans qui ne semblent pas se soumettre à la « bonne » interprétation.36

Les commentaires sur des activités et reportages sont souvent chargés durant des événements ou conflits majeurs. À titre d'exemple, lors d'importantes réunions internationales, dont le G8 et le G20 en Ontario, les groupes altermondistes et anarchistes ont « gazouillé » des mises à jour et affiché leurs propres versions en ligne. Ces points de vue divergents qui déformaient l'action policière et justifiaient le vandalisme ont peut-être incité d'autres à l'action. Ces commentaires ne sont pas spécifiquement à l'intention des jeunes Canadiens, mais ils peuvent remplacer les autres sources de nouvelles et manipuler la vulnérabilité de jeunes souhaitant laisser leur marque.

Des bulletins et des « fanzines » - des revues indépendantes à faible tirage - sont conçus spécifiquement pour les enfants. Un de ceux-ci est l'histoire de Kanellos, un chien souvent vu lors des manifestations violentes à Athènes. Ce chien serait un symbole de la lutte contre la police et l'ordre établi. L'enseignement proposé par ce récit anarchiste est que tous peuvent se soulever. Ce « fanzine » a suscité le commentaire favorable suivant d'un jeune supposément âgé de neuf ans « Ce fanzine nous apprend que les policiers tuent au hasard des gens… Je l'aime parce qu'il parle d'animaux et que l'histoire est véridique. »

Dans des cas extrêmes où le groupe est en faveur des attentats suicides à la bombe, les testaments des jeunes terroristes ont été affichés en ligne après l'attentat. Ces documents et vidéos qui sont préparés spécifiquement pour la diffusion en ligne glorifient la violence et cherchent à encourager d'autres jeunes à se sacrifier au nom de la cause. Un testament affiché sur un site lié au Hamas après une attaque contre une boîte de nuit se terminait ainsi « Il n'y a rien de plus grand que se donner la mort en terre palestinienne au nom d'Allah. »37

Les clavardoirs et forums

L'interaction avec des pairs est la principale raison pour laquelle les jeunes Canadiens sont sur Internet. Les sites extrémistes ont depuis longtemps des clavardoirs et des babillards pour exploiter cette interaction et créer une communauté virtuelle dont le but est de radicaliser les jeunes.

Les clavardoirs en temps réel facilitent le travail des groupes extrémistes. Des messages et des messagers, dont les prédicateurs radicaux Anwar al-Awlaqi ou Abdullah al-Faisal, évincés des mosquées traditionnelles, se retrouvent dans des forums en ligne38 où les messages extrémistes peuvent « être partagés, s'enraciner et se répandre exponentiellement. »39

Les affichages sur al-Fallūja, un forum affilié à Al-Qaïda qui a récemment été fermé après que ses administrateurs l'ont senti compromis, invoquait souvent des textes saints, exploitait la culpabilité refoulée et menaçait les lecteurs. À titre d'exemple, un message disait « Il est évident que ceux qui n'empruntent pas la même voie que nous ne partagent pas les croyances de nos prédécesseurs vertueux et ceux qui ne suivent pas le chemin du djihãd sont des déviants voués à l'échec. »40 La disparition de ce forum ne sonne pas la fin des affichages manipulateurs. En fait, plusieurs autres forums sont venus le remplacer.

Les babillards sont également des véhicules pour transmettre des connaissances opérationnelles à des jeunes nouvellement inspirés. Des demandes telles que « J'ai besoin d'information sur la façon de construire une bombe tuyau » reçoivent une réponse accompagnée de liens à des documents contenant la recette.41

Les babillards contiennent également des messages moins haineux, mais de soutien. À titre d'exemple, des groupes anarchistes ont organisé des « courses amicales » à la grandeur de l'Amérique du Nord pour amasser des fonds et ils ont communiqué tous les détails dans des forums.

Les jeux

Les clavardoirs interactifs et les babillards ne sont que quelques moyens parmi plusieurs qu'utilisent les organisations extrémistes pour attirer les jeunes. Plusieurs groupes importants ont créé des jeux vidéo virtuels violents dont l'action choquante cherche à glorifier la violence.

Les jeux vidéo violents et controversés ne datent pas d'hier. Toutefois, de nombreux jeux achetés en magasin ont une cote indiquant si le contenu convient aux jeunes et les commerçants ne les vendent qu'aux adultes. Cependant, les jeux échangés, distribués et joués en ligne peuvent échapper à ce contrôle.

Une capture d'écran du jeu raciste « Ethnic

Une capture d'écran du jeu raciste « Ethnic Cleansing » où les joueurs tentent de tuer des « sous-humains ».

Un groupe néo-nazi a utilisé des mots croisés pour cibler les enfants. Ces jeux contiennent des indices et des réponses racistes dont le but est « d'aider les jeunes membres de la race blanche à comprendre notre combat. »42

D'autres jeux contiennent des messages violents et encouragent le joueur à atteindre les buts du groupe dans un monde virtuel. À titre d'exemple, un jeu en ligne affiché par un membre d'un parti de droite en Autriche demande aux joueurs d'interrompre la construction de minarets et de mosquées. Le jeu intitulé « Bye Bye Mosque » visait selon l'auteur à « sensibiliser les jeunes... au prétendu problème des minarets et des mosquées. »43 Une maison de disque exploitée par des suprémacistes blancs a distribué un jeu en ligne intitulé « Ethnic Cleansing » où le but du joueur, un membre du Ku Klux Klan un skinhead44, est de tuer des sous-humains. Dans des jeux proposés par d'autres groupes, le but est de traquer l'ex-président George Bush et d'autres chefs importants, de tuer des soldats américains et de se poser en membre du Hezbollah attaquant Israël.45

Les messages multimédiatiques : Images, audio et vidéos

Les groupes extrémistes incluent non seulement des textes dans leurs sites, mais également des images pour promouvoir davantage leur cause. À titre d'exemple, si la cause est l'environnementalisme ou les droits des animaux, le site contiendra des images de dégradation dévastatrice ou des actes de cruauté envers les animaux ou les auteurs de ces actes.

L'américain et membre

L'américain et membre
d'al-Qaïda Anwar al-Awlaki
s'adressant à ses disciples dans
un vidéo sur le Web.

Instantané explicite d'un vidéo d'une décapitation par un

Instantané explicite d'un vidéo d'une décapitation par un militant.

Dans certains cas, une personne de tout âge trouverait ces images explicites. À titre d'exemple, un site pour les enfants contenait une photo explicite d'une jeune kamikaze après un attentat qui a fait deux morts et 17 blessés à Jérusalem. L'image saisie au lieu de l'explosion montrait le corps démembré de la jeune fille et elle était accompagnée d'une légende commentant l'attaque et glorifiant l'acte. D'autres sites offrant des images tout aussi explicites contenaient des babillards où échanger des idées sur les images et les coter selon un système à cinq étoiles.

Comme nous l'a démontré l'étude du Réseau Éducation-Médias et nous apprend le succès des magasins en ligne, dont iTunes, la musique et les fichiers audio occupent une place important dans l'expérience en ligne d'un grand nombre de jeunes. Les groupes extrémistes se servent depuis longtemps d'Internet pour diffuser de la musique ou des exposés qui encouragent la violence et appuient les idées radicales. À titre d'exemple, les chansons d'un groupe « pouvoir blanc » qui prônent la violence et contiennent des messages racistes avec des paroles telles que « bombs, bombs, bombs on Israel (bombes, bombes, bombes sur Israël) » circulent en ligne depuis des années.48 Malgré les mesures prises par les autorités et YouTube, les discours de clercs radicaux, dont Anwar al-Awlaki, sont facilement disponibles. Dans ses discours, entrevues et entrées dans un blogue, Awlaki a déclaré que les avions civils sont des cibles légitimes et il a fait l'éloge de ceux qui ont mené des attaques terroristes.

Souvent, les vidéos téléchargés en amont sur les sites extrémistes sont tout aussi explicites que les images et ils contiennent des textes ou de la musique en lien avec la cause. On peut trouver des vidéos d'attaques aux engins explosifs artisanaux et de décapitations.

Les vidéos plus longs sont intégrés dans des messages afin de permettre la visualisation sans télédéchargement du fichier. Dans les cas où les vidéos devaient être télédéchargés, ceux-ci étaient accompagnés d'une légende qui se moquait du carnage. « Une invention par les moudjahidines qui fait voler les Hummer et non rouler sur terre. » et « Les Hummer sont difficiles à assembler et faciles à démonter dans les mains des moudjahidines. »49

Le site d'un groupe extrémiste de défense des animaux contient une page de blagues et de dessins animés apparemment inoffensifs. Cependant, l'innocence de cet humour se dissipe lorsqu'ils sont jumelés aux autres messages prônant la violence à l'appui des droits des animaux et au contenu constamment visible.

Ce que vous pouvez faire

Internet présente plusieurs risques aux jeunes Canadiens. Le gouvernement fédéral et ses partenaires surveillent les sites qui diffusent des messages radicaux, encouragent la violence ou tentent de recruter des jeunes dans des organisations extrémistes. Cependant, la surveillance et la perturbation des sites par les organismes d'exécution de la loi ne sont que des mesures temporaires, car le contenu est souvent copié ailleurs avec un simple clic de la souris.

Face à ce problème, les parents, enseignants et dirigeants communautaires peuvent prendre des moyens pour alléger les risques et assurer une expérience saine aux jeunes sur Internet. La radicalisation menant à la violence par les jeux provient en fin de compte de collectivités particulières. Donc, les adultes au sein de ces collectivités doivent être au courant des risques et contrer la radicalisation en collaboration avec les jeunes et les partenaires souhaitant faire leur part. On veut tous fournir aux jeunes des conseils pour grandir en sécurité dans le monde réel et on devrait avoir la même attitude pour le monde virtuel.

Aide au bout du doigt

La sécurité en ligne des jeunes est une préoccupation qui ne cesse de croître depuis plusieurs années et il existe des sites utiles qui offrent des conseils sur la façon de protéger les enfants et filtrer le contenu inapproprié.

www.webaverti.ca : Prenant appui sur les connaissances acquises par ses sondages, le Réseau Éducation-Médias a lancé ce site pour aider les parents à faire de leurs enfants des cybercitoyens avertis. Le site contient le tutoriel « Devenir e-Parent » dont le but est d'instaurer la confiance et d'éduquer les parents. Il contient aussi des lignes directrices sur la participation des jeunes dans l'établissement de règles sur l'utilisation d'Internet.

www.commonsensemedia.org (en Anglais seulement) : Le site examine le contenu de différents types de médias. Administré par un organisme sans but lucratif, il offre une longue liste de sites qui ont été cotés pour des groupes d'âges particuliers. Il ne contient pas encore de sites tels ceux mentionnés dans ce rapport, mais il offre de nombreux choix pour occuper sainement les jeunes Canadiens.

www.cyberaide.ca : Quoique le site est axé sur le signalement d'enfants exploités sexuellement, il est également aligné étroitement avec d'autres sites administrés par le Centre canadien de protection de l'enfance. Il vise à renseigner sur certains des risques auxquels les jeunes sont exposés en ligne.

www.rcmp-grc.gc.ca/cycp-cpcj/is-si/index-fra.htm : Administré par la Section de la mobilisation des jeunes de la Gendarmerie royale du Canada, le Centre de la prévention du crime chez les jeunes contient une section consacrée exclusivement à la sécurité sur Internet. Il offre des conseils pour assurer que vos interactions en ligne demeurent sécuritaires.

www.getnetwise.org (en Anglais seulement) : Le site est le fruit d'un partenariat entre des entreprises et des organismes possédant une expertise particulière. Il contient des outils pour assurer la sécurité des ordinateurs et pour protéger les jeunes qui naviguent sur Internet. Les parents trouveront utile l'imposant glossaire de navigation sur le Web et ils pourront demander de recevoir des avis sur les nouveaux outils et options.

Sécurité dans Internet : Comme le laisse entendre l'URL, le site fait partie de la présence en ligne de la GRC. Il contient des liens à des renseignements et à des conseils sur la façon d'éviter plusieurs menaces en ligne. Il offre aussi de l'information que les parents peuvent adapter pour contrer la radicalisation. De plus, la matière qui porte sur la sécurité nationale ou le terrorisme peut être signalée au Réseau info-sécurité nationale au 1-800-420-5805 ou à nsin_risn@rcmp-grc.gc.ca.

Une Porte grande ouverte : Le site est administré par le Centre canadien de protection de l'enfance avec l'appui d'entreprises et du gouvernement. Il offre de l'information aux parents, au personnel enseignant et aux « autres » sur les intérêts des différents groupes d'âge ainsi que sur la façon de protéger les enfants lorsqu'ils naviguent sur le Net. Si une personne ne peut trouver une réponse à ses questions, elle peut « Demander à un expert ».

www.staysafeonline.org (en Anglais seulement) : Le site est exploité par la U.S. National Cyber Security Alliance et offre une vue d'ensemble de la sécurité informatique et de la sécurité en ligne. On y trouve des conseils pour la maison, les entreprises et la salle de classe sur la façon de protéger les appareils électroniques, les familles, les étudiants et les employés contre les cybermenaces.

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Tout commence par une conversation

À l'instar de tout dialogue, une conversation ouverte et franche entre un jeune et un parent est le moyen le plus efficace. Une véritable conversation qui attache une valeur aux opinions des jeunes est importante. Souvent, les jeunes Canadiens peuvent naviguer dans le monde virtuel plus aisément que les adultes et s'en rendre compte aidera grandement à avoir une conversation amicale.

Que la conversation ait lieu à la maison, à l'école, dans un centre communautaire ou un lieu de culte, les adultes doivent sensibiliser les jeunes aux opinions radicales véhiculées en ligne. Dans cette discussion, il faut expliquer la façon de déterminer si le contenu est approprié et le comportement à adopter lorsqu'un tel contenu est présenté.

Les groupes extrémistes ciblent les jeunes avec des messages spécifiques et les parents ou tuteurs doivent adapter leur conversation en fonction des jeunes, car celle avec un jeune de huit ans sera différente de celle avec un adolescent. Des sites tels que Une Porte grande ouverte ont mis au point des messages et sujets particuliers pour différents groupes d'âges. Ce site, qui est exploité par le Centre canadien de protection de l'enfance, contient des outils pour les parents, le personnel enseignant et d'autres adultes leur permettant de mieux comprendre les activités en ligne de jeunes d'un certain âge. À titre d'exemple, les jeunes de 5 à 7 ans utilisent Internet pour jouer à des jeux en ligne tandis que ceux de 10 à 12 ans utilisent les clavardoirs, les sites de socialisation et les caméras Web. Ils regardent aussi des vidéos et commencent à accéder à des sites d'échange de fichiers. Ces renseignements peuvent ensuite être utilisés pour mouler la conversation en fonction des intérêts en ligne de groupes d'âges spécifiques.

Lorsqu'il y a lieu, il faut confronter la brutalité de la violence pour éliminer toute gloire imaginaire proposée par les extrémistes violents. Les auteurs de ces actes doivent être décrits sous leur vrai jour - des criminels et non les héros qu'ils prétendent être dans l'avancement de leur cause.50 À ce moment, l'attrait du comportement radical et des groupes extrémistes peut être affaibli. Comme s'est vanté un jeune adulte qui utilisait Internet pour échanger de la propagande violente « Je suis l'un des terroristes le plus recherchés sur Internet » alors qu'il savait que le Renseignement américain et britannique était à ses trousses.51 Il faut faire comprendre aux jeunes influençables que l'extrémisme violent n'apporte pas la gloire et la renommée, mais plutôt la mort, la destruction et la souffrance.

Miser sur les programmes en place

On analyse depuis plusieurs années les différents risques que posent Internet pour les jeunes et les adolescents. Il existe donc plusieurs programmes dont le but est de protéger les jeunes contre le vol d'identité, la cyberintimidation et les prédateurs en ligne. Des sites tels que Une Porte grande ouverte et www.cyberaide.ca (exploités par le Centre canadien de protection de l'enfance et divers intervenants), www.getnetwise.org (en Anglais seulement) et www.staysafeonline.org (en Anglais seulement) offrent des conseils sur la sensibilisation aux risques, traitent des intérêts en ligne typiques des jeunes et expliquent ce que les parents peuvent faire pour protéger les jeunes Canadiens dans le cyberespace. Ces sources dignes de confiance aideront les parents à se prémunir contre la radicalisation des jeunes sur Internet.

Il existe déjà des outils pour protéger les enfants contre les menaces courantes sur Internet et ils seront très utiles dans les interventions de contreradicalisation. Les sites mentionnés ci-dessus offrent des conseils sur la protection des jeunes.

  • Utilisez des contrôles logiciels52—ces contrôles sont habituellement intégrés aux navigateurs et ils peuvent limiter le contenu visualisé en ligne. Un motclé permet de bloquer les adresses préétablies ou limiter l'accès à des sites ayant une certaine cote. Il existe également des logiciels qui surveillent les activités en ligne. Toutefois, il faut trouver le juste équilibre entre la sécurité et la vie privée des jeunes.
  • Surveillez des télédéchargements53— les logiciels de surveillance des activités en ligne peuvent ne pas viser les programmes d'échange de fichiers. Les groupes extrémistes ont créé des jeux, des fichiers audio et des vidéos et il faudra probablement consulter ces fichiers afin de déterminer si le contenu est approprié.
  • Laissez la porte ouverte54— en plaçant l'ordinateur dans une aire ouverte où un parent est à proximité, le jeune évitera probablement de voir du contenu inapproprié.
  • Élaborez des scénarios de simulation55— la conversation avec un jeune sur les contenus appropriés peut aussi englober des scénarios et sa réaction. À titre d'exemple, en traitant des mesures à prendre en cas de découverte d'information extrémiste et violente, on donne au jeune des conseils sur ce qu'il devrait faire dans ce cas.
  • Consultez les critiques de sites Web — des organismes tel www.commonsensemedia.org (en Anglais seulement) ont des critiques sur plusieurs sites qui peuvent aider à filtrer ceux à contenu inapproprié. À l'heure actuelle, peu de sites auraient un contenu extrémiste, mais il faut s'attendre à ce que la liste s'allonge à mesure que cette question devient de plus en plus préoccupante.

Avoir une présence dans leur espace

Des messages modérés et d'autres opinions sont véhiculés sur Internet, mais ils n'ont pas le même attrait rebelle ou interdit et les jeunes peuvent ne pas être motivés à les consulter. Il faut donc faire des efforts additionnels pour les atteindre. Les sites de socialisation et les contenus interactifs et multimédiatiques qui plaisent aux jeunes peuvent faciliter la diffusion de messages modérés ou faisant contrepoids, assurer une plus grande sensibilisation à la radicalisation et favoriser le dialogue.56

Signaler le contenu préoccupant

Parfois, la matière en ligne est si offensante et troublante qu'il faut faire plus que simplement l'éviter. Il faut encourager les jeunes à prendre les moyens non seulement pour éviter le contenu inapproprié, mais aussi pour prévenir les autres. Vous pouvez en premier lieu avertir votre fournisseur d'accès Internet (FAI) et l'association nationale de FAI. Plusieurs FAI ont une politique sur l'utilisation acceptable qui impose des limites au contenu et le code de déontologie de l'Association canadienne des fournisseurs Internet précise que les membres ne doivent pas héberger du contenu illégal.57 Les rapports concernant le contenu extrémiste peuvent aussi être envoyés aux services de police locaux, car plusieurs d'entre eux ont des groupes des délits informatiques qui connaissent le cyberespace.

La Gendarmerie royale du Canada a mis sur pied le Réseau info-sécurité nationale pour obtenir l'aide du public dans la lutte contre la criminalité extrémiste et les activités suspectes. En communiquant par téléphone ou courriel avec le Réseau pour lui faire part de contenus en ligne soulevant des préoccupations relatives à la sécurité nationale, à l'extrémisme violent et au terrorisme, le public aidera à protéger les Canadiens non seulement dans le monde virtuel, mais aussi dans le monde réel.


1 Réseau Éducation-Médias« Jeunes Canadiens dans un monde branché – Phase II; Faits saillants.»

2 Angus Smith, Démystifier la radicalisation - juin 2009

3 Clark McCauley and Sophia Moskalenko, « Mechanisms of Political Radicalization: Pathways Toward Terrorism » Terrorism and Political Violence (Volume 20, numéro 3, juillet 2008) p. 416.

4 Ibid, p. 418.

5 Marc Sageman, « On the battle for young Muslims' hearts and minds and the future of the leaderless jihad » National Post, 7 juillet 2008.

6 Clark McCauley et Sophia Moskalenko, p. 419.

7 International Security & Counter Terrorism Reference Center. « Timothy James McVeigh.” Background Information Summaries [serial online]. 2 janvier 2005;:27. Disponible chez : International Security & Counter Terrorism Reference Center, Ipswich, MA. Consulté le 24 novembre 2010.

8 Marc Sageman, « On the battle for young Muslims' hearts and minds and the future of the leaderless jihad. »

9 McCauley and Moskalenko, p. 419.

10 Ibid,” p. 422.

11 Marc Sageman, « On the battle for young Muslims' hearts and minds and the future of the leaderless jihad »

12 McCauley et Moskalenko, p. 422-23.

13 Département d'État des États-Unis, Bureau du coordonnateur du contre-terrorisme, Country Reports on Terrorism 2007, p. 11.

14 Angus Smith, Radicalization: A Guide for the Perplexed.

15 Frank Cilluffo et coll. NETworked Radicalization: A Counter-Strategy (Washington, DC: Homeland Security Policy Institute, 2007), p. 5.

16 International Network Against Cyber Hate, Hate on the Net: Virtual Nursery for In Real Life Crime- 2004, p. 41.

17 Bill Durodié et Ng Sue Chia, Is Internet Radicalization Possible? (Singapore: S. Rajaratnam School of International Studies, 2008), .

18 Media Awareness Network, “Young Canadians in a Wired World – Phase II: Trends and Recommendations.” . p. 4

19 Media Awareness Network, “Young Canadians in a Wired World – Phase II: Key Findings.”.

20 Media Awareness Network, Young Canadians in a Wired World Phase II- Student Survey (Ottawa: Media Awareness Network, 2005), p. 50.

21 Rafi Santo et al, Meeting of Minds: Cross-Generational Dialogue on the Ethics of Digital Life (Cambridge, MA: Harvard Graduate School of Education, 2009), p. 8.

22 Réseau Éducation-Médias« Jeunes Canadiens dans un monde branché – Phase II : Tendances et recommandations ». p. 10.

23 Ann Cavoukian, Online Privacy: Make Youth Awareness and Education a Priority (Toronto : Commissaire à l'information et à la protection de la vie privée/Ontario, 2009), p. 5.

24 Réseau Éducation-Médias « Jeunes Canadiens dans un monde branché – Phase II : Tendances et recommandations. » p. 16.

25 Réseau Éducation-Médias « Jeunes Canadiens dans un monde branché – Phase II; Faits saillants. »

26 Cilluffo et coll. NETworked Radicalization: A Counter-Strategy, p. 2.

27 Eban Kaplan, « Terrorists and the Internet » Council on Foreign Relations. www.cfr.org/ publication/10005/terrorists_and_the_internet.html. Voir également Bruce Hoffman, « The Use of the Internet by Islamic Extremists » témoignage devant le Comité spécial permanent de la Chambre sur le reneignement, Washington, D.C., 4 mai 2006. p. 2.

28 Réseau Éducation-Médias, «Le recrutement des jeunes par des groupes haineux »

29 Marie Wright, « Technology and Terrorism: How the Internet Facilitates Radicalization » The Forensic Examiner, Hiver 2008. .

30 INTERPOL, « La prévention de la radicalisation des jeunes via Internet nécessite un réseau de police mondial, selon les déclarations du chef d'INTERPOL lors d'un sommet policier » communiqué de presse, 21 septembre 2010. .

31 YaleGlobal, « Online Terrorists Prey on the Vulnerable » Yale Global Online 2008. .

32 Gabriel Weimann, « Diffusion ciblée : la tendance en matière de cyberterrorisme » La Gazette (vol. 70, no. 3, 2008), p. 22, .

33 Hoffman, « The Use of the Internet by Islamic Extremists » p. 5.

34 Frank Cilluffo et coll., NETworked Radicalization: A Counter-Strategy, p. 6.

35 Réseau Éducation-Médias, « Analyse des sites haineux ».

36 Mohammed Ali Musawi, Cheering for Osama: How Jihadists use Internet Discussion Forums (London: Quilliam Foundation, 2010), pp. 30-33.

37 Gabriel Weimann, « Online Terrorists Prey on the Vulnerable. »

38 Frank J. Cilluffo et coll. Foreign Fighters : Trends, Trajectories & Conflict Zones (Washington, DC: Homeland Security Policy Institute, 2010) p. 22.

39 Frank J. Cilluffo et coll. NETworked Radicalization : A Counter-Strategy, p. 2.

40 Mohammed Ali Musawi, Cheering for Osama: How Jihadists use Internet Discussion Forums, p. 31.

41 International Network Against Cyber Hate, Hate on the Net: Virtual Nursery for In Real Life Crime, p. 15.

46 Instantanés du site exploité par le Hamas .

47 Gabriel Weimann, « Online Terrorists Prey on the Vulnerable. »

48 International Network Against Cyber Hate, Hate on the Net: Virtual Nursery for In Real Life Crime, p. 15.

49 Mohammed Ali Musawi, Cheering for Osama: How Jihadists use Internet Discussion Forums, p. 22.

46 Instantanés du site exploité par le Hamas .

47 Gabriel Weimann, « Online Terrorists Prey on the Vulnerable. »

48 International Network Against Cyber Hate, Hate on the Net: Virtual Nursery for In Real Life Crime, p. 15.

49 Mohammed Ali Musawi, Cheering for Osama: How Jihadists use Internet Discussion Forums, p. 22.

50 Marc Sageman, « On the battle for young Muslims' hearts and minds and the future of the leaderless jihad, »

51 Ibid.

52 Réseau Éducation-Médias, « Protéger les enfants et les adolescents contre la haine sur Internet ».

53 Centre canadien de la protection de l'enfance, « Logiciels poste à poste et Bittorrent ».

54 Cybertip.ca, « Conseils par âge ».

55 Centre canadien de la protection de l'enfance, «Outils pour les parents »

56 Catherine Bott et coll. The Internet as a Terrorist Tool for Recruitment & Radicalization of Youth (Arlington, VA: Homeland Security Institute, 2009), p. 9.

57 Réseau Éducation-Médias, « Réagir face à la haine sur Internet »

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