Le 30 octobre 2011
Halifax (Nouvelle-Écosse)
Notes pour une allocution : Steve Graham, sous-commissaire
Je suis heureux de me retrouver parmi vous aujourd’hui afin de présenter le rapport de recherche préparé par la Gendarmerie royale du Canada aux représentants de la Commission de vérité et réconciliation ainsi qu’à des survivants des pensionnats.
Cette étude, qui couvre plus d’un siècle de notre histoire, constitue la première évaluation complète du rôle que nous avons joué, du point de vue de l’application de la loi, sous le régime des pensionnats indiens.
Cette période représente un chapitre sombre et douloureux de l’histoire canadienne. La préparation et la publication de cette étude visaient à témoigner de notre appui à la Commission de vérité et réconciliation, aux anciens élèves des pensionnats indiens, aux Premières nations, aux Inuits et aux Métis, aux membres de la GRC ainsi qu’aux Canadiens en général – qu’ils soient ou non d’origine autochtone – dans le cadre du processus de guérison et de réconciliation qui a été amorcé.
Grâce à cette étude, tous les membres de notre organisme pourront mieux comprendre les réalités des Autochtones. C’est là un élément important du cours « Comprendre les Autochtones et les Premières nations » que tous les nouveaux membres de la GRC sont tenus de suivre. Évaluer les pratiques, les actions et les réalisations du passé nous aidera à apporter les changements qui s’imposent.
Pour les survivants, pour tous ceux et celles qui ont été touchés par le régime des pensionnats indiens, ce document deviendra peut-être, en tout cas je l’espère, un outil de guérison. Il contribuera sans doute aussi à donner une image plus nette de la présence policière.
En mai 2004, la GRC a présenté des excuses officielles aux peuples autochtones du Canada pour son rôle auprès du réseau des pensionnats indiens et pour les abus commis dans ces établissements. Nous nous rallions toujours à l’esprit et à la lettre de cette déclaration.
Certains éléments nous manquaient encore à cette époque, mais nous tenions à reconnaître que, du fait que nous desservions de nombreux secteurs où se trouvaient ces établissements, il est possible que nous ayons, par inadvertance, contribué aux incidents survenus à certains endroits.
L’auteur du rapport conclut que la GRC n’a joué aucun rôle actif à l’appui du régime des pensionnats indiens. Elle s’est chargée uniquement de faire appliquer la loi.
Le rôle joué par la GRC a pris diverses formes :
Le rapport démontre que les pensionnats indiens constituaient essentiellement un univers clos auquel n’avaient accès que le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, les églises et les administrateurs des établissements. Les problèmes n’attiraient pas l’attention de la police et ne nécessitaient pas non plus son intervention, parce qu’ils étaient réglés principalement à l’interne ou parce qu’elle n’était tout simplement pas au courant.
Bon nombre d’anciens élèves ont confirmé que la GRC ne pouvait rien savoir de ce qui se passait, parce qu’elle n’était pas informée de ces incidents. Il s’agissait moins d’une question d’accessibilité que d’une question de confiance.
Lorsque nous avons été saisis par des survivants du régime des pensionnats indiens des abus commis dans ces établissements, nous avons pris toutes les allégations très au sérieux. De nombreuses enquêtes sont toujours en cours, récentes ou plus anciennes.
La GRC est fière de travailler de concert avec de nombreuses collectivités autochtones et reste déterminée à renforcer des rapports qui nous tiennent véritablement à cœur.
La GRC offre maintenant des services de police à plus de 600 collectivités autochtones d’un bout à l’autre du pays. Dans de nombreux détachements, des policiers participent aux activités locales afin d’établir des rapports solides ainsi que de créer un milieu qui favorise le respect des traditions ainsi que l’établissement de liens d’égalité et de rapports de confiance.
En terminant, j’aimerais remercier tous ceux et celles qui nous ont raconté leur expérience : d’anciens étudiants, des membres des administrations scolaires, des religieux et des agents de la GRC (toujours actifs ou retraités). Sans votre générosité, il nous aurait été impossible de réaliser ce rapport. Nous vous sommes extrêmement reconnaissants de votre participation et de votre aide.
Nous restons déterminés à continuer de prendre une part active au processus de guérison et de réconciliation, et de travailler de concert avec tous les intervenants à l’atteinte d’un objectif commun : accroître la sécurité et le bien-être des collectivités autochtones.
Merci.