Depuis 1993, environ 1000 policiers canadiens ont servi dans différentes missions des Nations Unies en Haïti, faisant de ce pays notre plus long et plus important engagement policier.
Encore aujourd’hui, parmi les 200 policiers canadiens affectés aux différentes missions de paix à travers le monde, la moitié est déployée en Haïti.
Au cours des derniers jours, j’ai été témoin de nombreux actes de courage et de conviction de la part des policiers canadiens en poste en Haïti. Je veux les partager avec les Canadiens qui nous écoutent.
Tout d’abord, au moment du tremblement de terre, plusieurs de nos policiers se trouvaient dans l’édifice de l’ONU, dans la partie qui ne s’est pas effondrée. Immédiatement après le séisme, même lorsqu’il y avait d’autres secousses, les policiers canadiens se sont précipités à l’intérieur de l’édifice de l’ONU en ruines pour secourir leurs camarades.
Après ces actes de courage, les policiers survivants se sont regroupés et ont commencé les recherches, de maison en maison, pour retrouver leurs collègues. Pendant 10 heures, sans relâche, ils ont fouillé les décombres. Les conditions étaient terrifiantes et les dangers imminents car les édifices s’effondraient autour d’eux.
Ils ont également assuré la protection de l’entrepôt de l’Organisation Mondiale de la Santé. L’édifice était en partie détruit par le séisme. Les policiers ont trouvé un camion qu’ils ont pu démarrer. Ils l’ont rempli de médicaments et de matériel médical qu’ils ont ensuite livré directement à l’ONU. Cette initiative a permis de sauver de nombreuses vies qui auraient été perdues sans les médicaments et les trousses de premiers soins.
Pendant ce temps, d’autres policiers ont pris en change le transport de blessés graves vers des cliniques de fortune et des centres de triage. Les policiers canadiens ont contribué à plusieurs escortes de blessés graves et d’équipes de secours.
À partir du 14 janvier, les policiers canadiens ont commencé à accueillir des équipes de secours du monde entier et les ont escortées aux différents sites pour libérer les gens prisonniers sous les décombres. En tout, leurs efforts ont soutenu le travail de plus de 75 équipes de sauvetage. Or, après deux jours et demi dans le pays sinistré, cela représente des centaines de vie sauvées par les policiers canadiens.
Ils ont aussi transporté des blessés très graves de l’ambassade et des différents hôpitaux de fortune vers l’aéroport pour leur évacuation vers l’extérieur. De plus, ces hommes et ces femmes ont coordonné depuis une semaine l’information et les mises à jour sur l’état des régions touchées par le séisme.
Plusieurs des policiers canadiens sont bilingues et même parfois trilingues en français, anglais et créole. Ils ont donc servi d’interprètes au cours de la dernière semaine et permis une meilleure évaluation des blessés. En facilitant les communications avec les médecins, ils ont permis de sauver des vies.
Les policiers ont travaillé sans relâche, non seulement à sauver des vies, mais à des tâches aussi variées que de diriger le trafic, faciliter le passage des convois, et escorter les ressortissant canadiens vers l’aéroport.
Les policiers canadiens, toute appartenance confondu, ont joué depuis une semaine un rôle clef dans l’administration quotidienne de cette crise. Ils ont démontré une débrouillardise inépuisable, ils ont prouvé qu’ils étaient multidisciplinaires. Maintenant, ils sont en demande et les gens sur le terrain les qualifient de flexibles, généreux, et adaptables d’autant plus, que beaucoup ont tout perdu : leurs maisons, leurs biens et surtout leurs collègues.
Les policiers canadiens vivent depuis une semaine dans des circonstances extraordinaires qui ont révélé leur vraie nature. Ils se sont démarqués par leurs qualités personnelles, leur formation étendue, leurs valeurs et leur altruisme.
Le Canada peut être fier de ses ambassadeurs de fortune à Haïti.
Inspecteur Michel Martin de la SQ
Commandant du contingent canadien en Haïti