Dans le sillage des catastrophes naturelles, les enfants sans parents ou tuteurs sont extrêmement vulnérables à l’exploitation sexuelle (ils sont vendus pour travailler dans des bordels ou utilisés dans la production de pornographie juvénile ou comme esclaves sexuels). Ces tendances se sont manifestées à la suite de catastrophes naturelles survenues dans le passé, comme le tsunami ayant frappé l’Asie du Sud-Est, en 2004. Aussi, le Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités (CCPEDE) a-t-il déployé en Haïti une équipe d’enquêteurs, lesquels aideront la Police nationale d’Haïti (PNH) à protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle facilitée par les nouvelles technologies.
Le projet Sentry est une initiative visant à aider proactivement la PNH à acquérir les capacités nécessaires pour protéger les enfants haïtiens contre l’exploitation sexuelle facilitée par les nouvelles technologies. L’expérience et le renseignement opérationnels confirment que les enfants déplacés à la suite de catastrophes naturelles peuvent faire l’objet d’exploitation sexuelle, et que leurs photos peuvent être vendues sur Internet. Le projet permettra au CCPEDE d’aider la PNH, en recueillant des renseignements de base (p. ex., photographies et données biographiques) sur les enfants à risque et leur entourage. Ces renseignements appuieront les efforts visant à identifier les enfants haïtiens victimes d’exploitation sexuelle dont les photos sont affichées sur Internet.
La première étape, qui a pris fin le 6 mai 2010, consistait à déployer trois enquêteurs du CCPEDE en Haïti pour aider la PNH à localiser et à identifier les enfants à risque. L’affectation d’un mois a commencé à Port-au-Prince, les enquêteurs ayant ensuite élargi leurs activités aux régions entourant la ville. La PNH était chargée de déterminer les orphelinats à visiter.
Plus de 1 200 cas de présumées victimes ont été documentés avec des photographies et des données biographiques. Une base de données a été créée dans laquelle le CCPEDE conservera les données recueilles jusqu’à ce que la situation permette à la Police nationale de Haïti d’en prendre possession.
Durant leur séjour en Haïti, les enquêteurs ont eu plusieurs réunions avec divers intervenants, notamment des organisations non gouvernementales. On y a discuté des objectifs du projet tout en évaluant l’intérêt que ces organisations manifestaient à l’égard de la mise en œuvre des prochaines étapes du projet.
Afin de travailler de façon coordonnée, on procèdera à la mise sur pied d’équipes intégrées, lesquelles retourneront en Haïti pour terminer le travail, notamment l’identification d’enfants vulnérables dans des orphelinats non encore visités. Le CCPEDE continuera de jouer un rôle de premier plan en apportant son aide à la Police nationale d’Haïti. Quant à la formation, les agents de la PNH devront apprendre en temps réel à mener des enquêtes et à recueillir des données sur l’exploitation sexuelle des enfants.
Trois agents de la Police nationale d’Haïti ont séjourné au Canada du 10 au 29 mars 2011 afin de recevoir une formation spécialisée et se familiariser avec les diverses technologies et les modules d’exploitation sexuelle des enfants que l’on trouve au Québec. La formation portait notamment sur l’utilisation de la technologie, les techniques d’enquête spécialisées, l’identification des victimes et l’interaction opérationnelle avec le Service de police de la ville de Montréal et la Sûreté du Québec.
Cette phase du projet sera axée sur la livraison et l’installation d’une banque d’images à l’intention de la Police nationale d’Haïti.
Sécurité publique Canada assume un rôle de premier plan à l’égard de la Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet. Lancée en 2004, la Stratégie vise à accroître le pouvoir des forces de l’ordre de faire enquête et de retrouver les prédateurs en ligne, pour sensibiliser davantage le public – particulièrement en appuyant le site Web Cyberaide.ca, qui est le service de signalement d’enfants exploités sexuellement sur Internet – et pour soutenir des recherches plus poussées dans ce domaine. Le gouvernement a annoncé le renouvellement et l’élargissement de la Stratégie en février 2009.
Aux termes de la Stratégie, le Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités (CCPEDE), qui relève de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), sert de quartier général canadien pour la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants. Le CCPEDE a pour mandat de réduire la vulnérabilité des enfants à l’égard de l’exploitation sexuelle au moyen d’Internet et d’autres technologies de l’information et d’appuyer les enquêtes liées à la disparition d’enfants.
Un élément essentiel du mandat du CCPEDE consiste à mettre au point des méthodes efficaces pour identifier et localiser les enfants victimes d’exploitation sexuelle au moyen d’Internet et d’autres technologies de l’information, ainsi que les auteurs de ce type d’infractions. Le Groupe d’identification des victimes (GIV) possède l’expertise voulue et offre des services spécialisés pour identifier les victimes dont les photos sont affichées sur Internet.
L’ampleur du fléau que représentent l’exploitation sexuelle et la disparition d’enfants fait ressortir la nécessité d’une collaboration entre les organismes d’application de la loi à l’échelle internationale. Le CCPEDE est déterminé à établir de nouveaux partenariats et à améliorer les relations avec les organismes d’application de la loi internationaux, afin d’aider à localiser les enfants victimes d’agressions sexuelles et les auteurs de ce type d’infractions.