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Réseautage social mobile

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Contexte

De quoi s’agit-il?

En 2005, une étude menée auprès de jeunes Canadiens a révélé que 23 % des jeunes ont un téléphone cellulaire (plus précisément, 6 % des élèves de 4e année et 46 % des élèves de 11e année) (Réseau Éducation-Médias, 2005). Selon cette même étude, 44 % des élèves ont accès à Internet à partir de leur cellulaire, 56 % ont la messagerie texte et 17 % ont un appareil photo intégré. L’utilisation des téléphones cellulaires par les jeunes Canadiens s’est accrue au cours des dernières années vraisemblablement en raison de la baisse de leur prix, de leur portabilité améliorée et d’autres caractéristiques attrayantes pour les jeunes. On estime qu’à l’échelle mondiale, environ 80 % des adolescents ont un téléphone cellulaire (Stewart, 2008).

Une des caractéristiques offertes aux utilisateurs de téléphones cellulaires est une fonctionnalité de réseau social (MSN). Celle-ci permet aux gens de communiquer, d’envoyer des messages, d’échanger de l’information et d’envoyer des images ou des vidéos au moyen de leur téléphone cellulaire (Boyd, 2007). Comme c’est le cas avec les technologies de réseautage social disponibles sur le Web, les utilisateurs peuvent se créer un profil et communiquer avec d’autres utilisateurs du réseau. Les téléphones cellulaires ne peuvent pas encore rivaliser avec la facilité, la taille de l’écran ou la rapidité d’un ordinateur, mais ils ont l’avantage d’offrir aux utilisateurs une meilleure portabilité et accessibilité. En fait, le réseautage social mobile est l’évolution naturelle de la vie en ligne (Jackson, 2007).

Comment fonctionnent les réseaux sociaux mobiles?

On peut diviser les réseaux sociaux mobiles en deux catégories : « internes » et « externes ». Par « internes », on entend les applications qui sont exploitées grâce à un partenariat entre les entreprises de réseautage social et les fournisseurs de téléphones cellulaires, selon lequel des programmes et des applications sont distribuées par l’intermédiaire du fournisseur de services sans fil (Mehrotra, 2007). Autrement dit, les applications internes sont celles qui sont incluses à l’achat d’un téléphone cellulaire. À l’inverse, les applications externes sont celles qui ne bénéficient pas d’une telle relation avec un fournisseur et qui ne sont donc pas incluses à l’échat du téléphone cellulaire (Mehrotra, 2007). L’utilisateur doit donc télécharger l’application d’Internet ou d’un fournisseur de services sans fil après l’achat.

Les progrès technologiques et dans le domaine des logiciels permettent des interactions plus complexes entre les utilisateurs et ne limitent plus les téléphones sans fil à des conversations ou à de simples messages textes avec une seule personne. Les utilisateurs peuvent maintenant se servir de leur téléphone cellulaire pour visiter un site Web, créer leur propre profil en ligne, établir des relations interpersonnelles, utiliser ou créer des bavardoirs, participer à des conversations privées, échanger des photos et des vidéos ou partager des blogues1 (Humphreys, 2007).

Exploration plus approfondie

Un utilisateur peut accéder à une communauté de réseautage social de trois façons : messages textes, téléchargement sans fil et navigation sur le Web (Strickland, 2008). Un message texte ou le service de messages courts (SMC) est une méthode de communication qui permet aux utilisateurs d’échanger de simples messages textes entre eux ou par l’intermédiaire de sites Web, de systèmes de courrier vocal et de serveurs de courriel (Hord, 2008). Le SMC permet uniquement d’envoyer des messages textuels d’une longueur maximale de 160 caractères.

D’un autre côté, une méthode appelée service de messagerie multimédia (MMS) n’a aucune limite de taille et permet donc aux utilisateurs d’y intégrer différents types de médias (images, sons et vidéos). Considérés comme étant des téléchargements sans fil, puisqu’ils contiennent seulement du texte, les messages envoyés par MMS comprennent habituellement des fichiers ou des messages beaucoup plus volumineux que ceux envoyés par SMC. Par conséquent, les utilisateurs du MMS doivent avoir un téléphone cellulaire et une connection sans fil plus rapides, ce qui est commun aux nouveaux modèles de téléphones, comme le 3G2. Ces téléphone cellulaires d’une capacité de 3G doivent également être compatibles avec le système réseau du fournisseur de l’utilisateur.

Pour avoir accès à un site de réseautage social mobile, l’utilisateur doit pouvoir naviguer sur Internet avec son téléphone cellulaire. Il lui suffit donc d’inscrire l’adresse Web du réseau social mobile. Évidemment, les sites de réseautage social mobile sont plutôt simplistes par rapport aux sites informatisés étant donné que les ordinateurs ont une plus grande puissance de traitement et des capacités plus poussées que les téléphones cellulaires. Il n’en demeure pas moins que les utilisateurs peuvent actualiser leur profil, ajouter des photos, des vidéos ou des extraits sonores, et trouver de l’information sur leurs amis(es) en ligne.

Attrait auprès des utilisateurs et des prédateurs sexuels d’enfants

Les utilisateurs de sites Web de réseautage social mobile trouveront vraisemblablement de nombreux avantages à cette technologie. La portabilité est certainement un atout majeur comparativement aux réseaux informatisés. Que l’on soit aux études, en vacances ou en affaires à l’extérieur du foyer, la [traduction] « possibilité de conserver son téléphone mobile dans sa poche et, par conséquent, d’y avoir toujours accès est un avantage manifeste qu’ont les utilisateurs d’Internet mobile par rapport à ceux qui naviguent sur Internet à partir de leur ordinateur à la maison » (Ben-Avinoam, 2008: 1). La capacité de se connecter et d’accéder facilement aux sites de réseautage social mobile avec un téléphone cellulaire aide également les gens à se réunir et à créer des liens (Jackson, 2007).

Malheureusement, les réseaux de jeunes utilisateurs permettent aussi aux prédateurs sexuels d’enfants de cibler plus facilement des victimes potentielles. Certains réseaux sociaux mobiles permettent de déterminer l’emplacement d’un utilisateur grâce à un système de positionnement global (GPS)3. Lorsque des utilisateurs s’inscrivent à un réseau, ils ont la possibilité de permettre à d’autres de voir leurs coordonnées. Ainsi, les délinquants peuvent se servir de ces coordonnées pour localiser un jeune ou le rencontrer en personne alors qu’il est à l’extérieur de la maison et qu’il n’est vraisemblablement pas sous la surveillance de ses parents. Un autre danger possible associé au réseautage social mobile concerne le fait que la plupart des téléphones cellulaires ont un appareil photo intégré. Les enfants peuvent donc facilement prendre une photo d’eux-mêmes et la télécharger instantanément en vue de l’afficher dans leur profil en ligne ou de la partager avec d’autres. Le risque, c’est que des prédateurs sexuels d’enfants pourraient avoir accès à ces photos et en faire des copies. Si on y voit des enfants qui se livrent à une activité à caractère sexuel, les prédateurs pourraient s’en servir pour soumettre l’enfant au chantage ou à d’autres formes de manipulation.

Répercussions pour la police

[Traduction] « Les nouvelles technologies sociales ont modifié l’architecture sous-jacente de l’interaction sociale et de la diffusion de renseignements » (Boyd, 2007:1). De nos jours, les jeunes dépendent énormément des téléphones cellulaires pour communiquer avec d’autres, surtout avec leurs amis(es). Le cellulaire est devenu un signe de prestige parmi bien des groupes de pairs et donne parfois aux jeunes un sentiment d’appartenance. Les cellulaires représentent également un signe d’indépendance vis-à-vis de leur famille (Campbell, 2005). Certains se sont dit préoccupés par le fait que de plus en plus de jeunes utilisent des réseaux virtuels alors qu’ils ne sont pas au courant de leurs répercussions hors ligne (Goodale, 2007).

Ce qui intéresse particulièrement les organismes d’application de la loi, c’est que certains jeunes semblent inconscients des dangers possibles liés à l’utilisation de ces technologies. Les jeunes peuvent afficher différentes photos d’eux-mêmes, y compris des photos à caractère sexuel ou des photos qui les montrent en train de se livrer à des activités inappropriées ou illégales (p. ex. en train de consommer de la marihuana ou de l’alcool alors qu’ils sont mineurs), sans tenir compte des conséquences pouvant en résulter. Les jeunes peuvent aussi échanger des renseignements personnels avec d’autres utilisateurs du réseau, sans même les avoir rencontrés dans certains cas. Ces actes rendent les jeunes plus vulnérables, car on sait que les prédacteurs sexuels exploitent essentiellement les réseaux sociaux (comme les sites Web de réseautage social) pour cibler des enfants (Federal Bureau of Investigation, 2006). L’utilisation de réseaux sociaux mobiles peut même accroître le risque d’exploitation sexuelle des jeunes non méfiants puisqu’ils sont moins susceptibles d’être supervisés lorsqu’ils se servent de leur téléphone cellulaire que lorsqu’ils communiquent au moyen de l’ordinateur à la maison.

Heureusement, de nombreux sites de réseautage social apportent des améliorations aux réseaux informatiques et mobiles dans le but de mieux protéger les jeunes utilisateurs (BBC News, 2008). Par exemple, un des principaux objectifs de l’Association du Groupe Spécial Mobile (GSMA), une alliance de fournisseurs de services cellulaires provenant de nombreux pays dans le monde, consiste à limiter le risque d’usage illicite des réseaux et des services mobiles pour héberger du contenu lié à l’exploitation sexuelle d’enfants, accéder à ce type de contenu et en tirer profit (BBC News, 2008). Aux États-Unis, certains sites de réseautage social ont conclu une entente avec des représentants du gouvernement pour mettre en oeuvre des mesures visant à protéger les enfants. Ces mesures comprennent des restrictions fondées sur l’âge, qui dictent avec qui les utilisateurs peuvent communiquer (p. ex. la mesure dans laquelle les adultes peuvent communiquer avec des enfants est limitée), un resserrement des contrôles de la confidentialité (p. ex. les utilisateurs déterminent qui peut visualiser leur profil), et la capacité des parents de supprimer le profil de leur enfant mineur (Sahota, 2008). Une meilleure communication entre les organismes d’application de la loi et les fournisseurs de services de télécommunications (Internet et fournisseurs de services cellulaires) pourrait prévenir l’exploitation des jeunes et permettre à la police de détecter et d’appréhender des prédateurs qui utilisent la technologie de réseautage social à cette fin.

Malgré le fait que l’utilisation de sites de réseautage social mobile au moyen de téléphones cellulaires traditionnels pourrait perdre en popularité étant donné l’accessibilité accrue des téléphones intelligents (c.-à-d. des téléphones dont les capacités ressemblent davantage à celles d’un ordinateur, notamment pour ce qui est de l’accès aux courriels et de la navigation sur le Web), il est sensé pour les enquêteurs de demeurer au fait de leurs répercussions sur la perpétration d’infractions sexuelles à l’égard des enfants. Les applications des téléphones intelligents permettent aux utilisateurs d’avoir accès à la majorité, voire à la totalité, des sites Web populaires de réseautage social auxquels on peut accéder à partir d’un ordinateur personnel branché à Internet. C’est pourquoi les jeunes utilisateurs de réseaux sociaux risquent d’être la proie de prédateurs sexuels s’ils ne sont pas renseignés sur les risques liés à l’utilisation de ces réseaux, d’autant plus qu’ils sont de plus en plus utilisés par des jeunes qui sont mobiles. Les policiers qui oeuvrent dans les écoles (c.-à-d. les agents de liaison avec les écoles) devraient faire un effort pour fournir aux jeunes des renseignements qui les aideront à utiliser les réseaux sociaux mobiles de façon plus sécuritaire.

Références

ASSOCIATION DU GROUPE SPÉCIAL MOBILE. About GSM Association, 2008. Sur Internet : <http://www.gsmworld.com/about-us/index.htm> [anglais seulement]

BEN-AVINOAM, Barak. « The time is now for mobile social networking », Wireless Week, 2008. Advantage Business Media. Sur Internet : <http://www.wirelessweek.com/Time-Now-Mobile-Social-Networking.aspx> [anglais seulement]

BBC News. « Mobile firms to block child porn », BBC News Channel, 2008. Sur Internet : <http://news.bbc.co.uk/1/hi/technology/7238739.stm> [anglais seulement]

BOYD, Danah. « Social network site: Public, private or what? », The Knowledge Tree, 2007. Sur Internet : <http://kt.flexiblelearning.net.au/tkt2007/?page_id=28> [anglais seulement]

CAMPBELL, Marilyn. The impact of the mobile phone on young people’s social life. Centre for Social Change Research. Australia: Queensland University of Technology, 2005.

FEDERAL BUREAU OF INVESTIGATION. Social networking sites: Online friendship can mean youth peril, 2006. Sur Internet : <http://www.fbi.gov/page2/april06/socialnetworking040306.htm> [anglais seulement]

GOODALE, Gloria. « Students new best friend: Mososo », The Christian Science Monitor, 2007. Sur Internet : <http://www.csmonitor.com/2007/0119/p11s02-stct.html> [anglais seulement]

HORD, Jennifer. « How SMS works », How Stuff Works, Inc., 2008. Sur Internet : <http://communication.howstuffworks.com/sms.htm> [anglais seulement]

HUMPHREYS, Lee. « Mobile social networks and social practices: a case study of dodgeball », Journal of Computer Mediated Communication, Vol. 13, No.1, 2007. Sur Internet : <http://jcmc.indiana.edu/vol13/issue1/humphreys.html> [anglais seulement]

JACKSON, Sean. « Out in the cold: The online world is buzzing with social networking platforms, while the mobile operators look on in envy », Mobile Communications International, 2007. Sur Internet : <http://corp.airg.com/documents/MobileCommunicationsInternational_Sept2007.pdf> [anglais seulement]

MARSHALL, Brian. « How blogs work », How Stuff Works, Inc., 2008. Sur Internet : <http://computer.howstuffworks.com/blog1.htm> [anglais seulement]

MARSHALL, Brian et Tom HARRIS. « How GPS receivers work », How Stuff Works, Inc., 2008. Sur Internet : <http://www.howstuffworks.com/gps.htm> [anglais seulement]

MEHROTRA, Puneet. « BrandXtend – Delivering on and off deck », The Business Edition, 2008. Sur Internet : <http://www.thebusinessedition.com/brandxtend-%E2%80%93-delivering-on-and-off-deck-704/> [anglais seulement]

RÉSEAU ÉDUCATION-MÉDIAS. Jeunes Canadiens dans un monde branché – Vue d’ensemble de la Phase II. Industrie Canada, 2005. Sur Internet : <http://www.media-awareness.ca/francais/recherche/JCMB/phaseII/>

SAHOTA, Dawinderpal. « Facebook steps up child protection », Computer Shopper, 2008. Dennis Publishing Limited. Sur Internet : <http://www.pcpro.co.uk/shopper/news/211929/facebook-steps-up-child-protection.html> [anglais seulement]

STEWART, Douglas. « The youth culture and cell phones », Discovery Articles, 2008. Sur Internet : <http://www.discoveryarticles.com/articles/102089/1/The-Youth-Culture-And-Cell-Phones/Page1> [anglais seulement]

STRICKLAND, Johnathan. « How Facebook works: Facebook mobile », How stuff Works, Inc., 2008. Sur Internet : <http://computer.howstuffworks.com/facebook4.htm> [anglais seulement]

Notes

1 Un blogue, ou un carnet Web, est une page Web qui sert de journal intime et à laquelle d’autres utilisateurs d’Internet peuvent généralement accéder (Marshall, 2008).

2 La technologie 3G, ou troisième génération, comprend des téléphones cellulaires multimédias et des téléphones intelligents. La technologie 3G met en valeur une largeur de bande accrue et des débits de transfert plus élevés pour permettre des applications pilotées par Internet et le transfert de fichiers téléphoniques audio et vidéo. Plus récemment, la technologie 4G a commencé à faire son apparition sur le marché. Cette dernière est similaire à la technologie 3G, mais elle est beaucoup plus rapide.

3 Un GPS est un système mondial de navigation par satellites qui transmet continuellement des signaux radio contenant de l’information sur l’emplacement géographique de récepteurs terrestres (Marshall et Harris, 2008).

Produit par :
Le Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités
Le Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants
Recherche et Développement