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Le commissaire adjoint Robinson fait un retour aux sources

Haut dirigeant de la GRC originaire de Swan Valley

Trisha LaCarte, SWAN VALLEY STAR AND TIMES

Depuis le temps où il était footballeur pour l’équipe des Tigers, le commissaire adjoint Bill Robinson, commandant divisionnaire de la Division D de la GRC, s’est hissé au sommet de sa carrière sans pour autant oublier ses racines.

Bill Robinson est de retour dans sa province natale, quoique sa carrière avec la GRC n’ait pas débuté au Manitoba.

Il explique : « J’ai fait ma demande pour devenir membre de la GRC en 1976 à Swan River, mais mon dossier a été différé en raison des Jeux olympiques. J’ai abouti à Regina où j’ai enfin prêté serment et commencé ma formation en 1979. »

Il évoque avec tendresse les années de sa jeunesse passées dans la région : la vie très simple à la ferme, puis son adolescence à l’école secondaire régionale de Swan Valley.

« J’ai beaucoup aimé grandir à Swan River. Ma famille exploitait une ferme dans le secteur de Bowsman et de Birch River. C’était un bon endroit où grandir, affirme-t-il. La famille de mon père, Charlie (Charles) Robinson, venait de Birch River, et celle de ma mère, Marjorie Petheram, était de Bowsman », se rappelle-t-il tout sourire.

L’épouse de Robinson, Carol Klein-Robinson, a également des racines dans la région, bien qu’elles soient un peu différentes de celles de son mari.

« Son père était directeur de banque à Birch River », précise le commandant divisionnaire.

Il continue : « La famille de ma femme a aussi vécu à Benito. Carol a fait un bref passage à l’école secondaire régionale avant que sa famille déménage en Saskatchewan. C’est seulement après le déménagement que j’ai fait sa connaissance, malgré que nous avions les deux des liens aux mêmes communautés. »

Même si Robinson travaille aujourd’hui à Winnipeg, il essaie de conserver ses liens avec la région, grâce aux amis et à la famille.

« J’essaie de m’y rendre aussi souvent que possible. Ma tante et mon oncle y vivent toujours et j’ai d’autre parenté à Birch River, dit-il. Je m’y suis déjà rendu pour un dîner régimentaire et je crois que c’était en 2006 que j’y étais pour saluer le Carrousel. C’était une occasion toute spéciale et bien des gens étaient enthousiastes. »

Le parcours qu’a suivi Robinson jusqu’à son poste actuel était semé d’aventures, dignes d’une épopée toute canadienne.

Après un tour de service à Fort McMurray, en Alberta, Robinson et sa femme Carol arrivent dans une communauté unique en son genre.

« Nous avons déménagé à Fort Chipewyan dans le nord de l’Alberta, près de la frontière des Territoires du Nord-Ouest. Il s’agit d’une communauté isolée et la plus ancienne dans la province », précise le commandant.

Dans les années qui ont suivi, Robinson et sa famille ont effectué une série de déménagements dans divers endroits au Canada, y compris le Yukon, et finalement à Edmonton, dans le Groupe des crimes graves.

D’un ton affable, Robinson décrit l’expérience ainsi : « J’y ai travaillé pendant cinq ou six ans pendant lesquels j’ai fait le tour de l’Alberta. J’ai ensuite été affecté à Red Deer en tant que chef de veille. Après un an là-bas, j’ai obtenu mon brevet d’officier. »

Nouvellement breveté, Robinson a déménagé sa famille en Nouvelle-Écosse où il a travaillé comme officier responsable de la police contractuelle, pour enfin aboutir à l’Île-du-Prince-Edouard, où il est nommé officier responsable des opérations criminelles en 2001.

« J’y suis resté pendant quelques années, puis j’ai été assez chanceux pour revenir au Manitoba en tant que surintendant principal responsable des opérations criminelles. Le poste était très stimulant », déclare Robinson.

En 2006, il reçoit une promotion et, en tant que chef du Projet d’amélioration des services à la clientèle (PASC), il commence à élaborer des méthodes de rechange pour l’application de la loi pour divers grades et services. Robinson passe alors deux ans à Edmonton pour faire avancer différentes stratégies tout en respectant la mission des services de police de la GRC.

Il continue, manifestement emballé par les progrès dans lesquels il a joué un rôle important : « Aujourd’hui dans le Lower Mainland de la Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, on est en train de mettre à l’essai certains projets que nous avons réalisés à cette époque-là. Nous espérons aussi lancer le programme de policiers communautaires autochtones dans l’année à venir, au Manitoba et dans quelques autres provinces. »

Robinson a accompli bien des choses lors de son passage au PASC, puis on lui a lancé un nouveau défi : « Le temps file. En avril 2008, je suis devenu commandant de la province. » La cérémonie officielle de son inauguration n’a toutefois pas eu lieu avant septembre de la même année.

Il poursuit : « Ce fut tout un parcours. Ma famille et moi avons vécu à beaucoup d’endroits différents, et nous avons eu beaucoup de plaisir. Nous avons eu de bonnes expériences partout où nous sommes allés, mais c’est très spécial de revenir à notre province d’origine. C’est tout un honneur pour moi d’être le commandant divisionnaire pour la GRC au Manitoba. C’est quelque chose auquel on n’aspire pas au début de sa carrière, mais à mesure qu’on monte les rangs, on commence à se demander si cela pourrait être possible. Dans mon cas, tout a fonctionné. »

De ses nombreux déménagements, la famille Robinson n’a conservé que les expériences les plus positives.

« Nous avons vécu dans des lieux assez extraordinaires. Ce n’est pas tout le monde qui a l’occasion de vivre sur l’Île-du-Prince-Edouard ou de prendre des vacances dans le parc national Kluane au Yukon, ou encore aller dans les montages et voir des grizzlis. Mes enfants ont même eu l’expérience de vivre à Washington, car on m’a envoyé à la FBI National Academy où j’ai terminé la formation dans la 204e session », explique Robinson, sa voix trahissant sa passion.

« Nulle part ailleurs peut-on profiter d’autant de débouchés que dans la GRC. C’est vraiment très exceptionnel. »

Robinson remarque que toutes ces expériences ont permis de cultiver la force et la sagesse chez ses fils au moment où ils bâtissent leur propre vie.

« Ma femme et moi avons deux fils; Lance est l’aîné et il travaille pour la GRC comme membre civil dans le domaine de l’informatique à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Jason, le cadet, est membre régulier et il est affecté à Grimshaw, en Alberta. »

Il rit de bon cœur de ce qui est devenu une affaire de famille : « Comme mes deux fils ont voulu devenir membre, je n’ai pas dû faire si mal. »

Lorsque Robinson a assumé le commandement de la Division D, la transition s’est faite en douceur et ses objectifs étaient bien clairs.

« Je crois que ma transition comme commandant divisionnaire du Manitoba a été beaucoup facilitée par le fait que j’y avais précédemment été l’officier responsable des opérations criminelles. Je connaissais déjà beaucoup des dossiers. »

« C’était comme si je regardais grandir les fruits du travail que j’avais fait deux ans auparavant. J’avais aussi l’avantage de connaître les gens, tout mon personnel. La transition n’était pas difficile, c’était en fait comme un retour à la maison. »

Dès qu’il entre en poste, Robinson encourage le maintien des bons résultats dans les nombreux dossiers de la Division D de la GRC. « Mon rôle, lorsque je suis arrivé, était très clair : bâtir un service de police capable de bien gérer la charge de travail dans les communautés du nord et du sud. Nous voulons bâtir un service axé sur la transparence et la responsabilisation afin d’assurer que nous fournissons un service utile, c’est-à-dire un service adapté aux communautés et aux cultures », dit-il, sans réserve. Il ajoute que la bonne communication est également l’une de ses priorités.

« Cela m’était aussi important que nous travaillions étroitement avec nos partenaires et avec les organismes communautaires, car dans certaines communautés, particulièrement celles du nord, nous sommes la seule organisation présente sur une base permanente et qui est capable d’offrir le soutien dont elles ont besoin. Nous voulions nous assurer que nous étions en mesure de le faire », explique-t-il catégoriquement.

Cependant, Robinson n’est pas seul. En effet, il apprécie l’attitude ouverte des employés de la GRC ainsi que des clients.

« La population du Manitoba est toujours prête à nous appuyer. Il y aura toujours des critiques, peu importe le service offert, mais je crois que l’une des forces de la GRC au Manitoba réside dans le fait que nous essayons de ne pas être sur la défensive. Nous essayons de voir les critiques non pas comme des attaques personnelles, mais plutôt comme des expériences d’apprentissage. Par conséquent, nous essayons de mettre sur pied des programmes, des systèmes et des politiques qui comblent les lacunes, s’il y a vraiment des améliorations à apporter. »

« Je crois que pendant mon mandat, il y aura beaucoup de changements. Ce qui ne changera pas par contre, c’est la transparence et les services professionnels fournis aux communautés manitobaines. Cela reste ma priorité », déclare le commandant divisionnaire.

Robinson a évidemment conservé les valeurs et les idéaux qui lui ont été transmis alors qu’il était un garçon à Swan River, les transposant dans sa vie professionnelle.

« Je crois fermement que nous avons la possibilité d’améliorer les choses, voilà ce qui me motive. Certains des projets que nous menons avec l’appui du gouvernement provincial et des communautés nous permettront de vraiment faire une différence », affirme le commandant engagé.

« Ce qui me motive c’est la fierté de nos membres qui les pousse à accomplir la tâche, les avantages réels qui sont le fruit de notre travail et le défi personnel – je veux améliorer nos façons de faire », explique-t-il.

Être le commandant divisionnaire de la Division D peut être stressant et exigeant, mais Robinson aime maintenir un équilibre dans sa vie, faisant du temps pour le travail et les passe-temps.

« Je m’amuse à rénover des maisons, même si ma femme rit de moi, car nous achetons toujours des maisons qui nécessitent beaucoup de soins et que nous y mettons probablement trop d’argent », dit-il en riant.

« J’essaie de m’entraîner quotidiennement pour mon bien-être, et c’est un message que j’essaie de passer aux autres. Je suis aussi actif dans la communauté. J’aime écouter une heure de télévision chaque soir, et je grignote probablement trop, mais mon jogging aide à brûler les calories contenues dans les croustilles que j’aime tant », s’exclame-t-il en riant.

« Je fais beaucoup de choses, j’essaie de diversifier mes activités. Je m’amuse beaucoup. »

Lorsqu’il n’est pas en train de faire des rénovations ou d’assister à une myriade d’événements, Robinson s’amuse avec ses petits-enfants.

« J’ai maintenant deux petits-enfants, bientôt trois. Ils seront sans doute au centre de notre vie dorénavant. C’est très amusant – je ne savais pas que l’on pouvait avoir autant de plaisir avec ses petits-enfants. C’est peut-être parce qu’on peut les ramener à leurs parents aussitôt qu’ils se mettent à pleurer », dit Robinson, ravi par l’inversion des rôles.

Il a fait du chemin depuis son enfance à Swan River, mais le commandant n’oublie pas ses origines. Il prévoit transmettre sa fierté de la région aux générations futures.

« Je faisais partie de l’équipe de football des Tigers, et j’ai encore la veste de l’équipe. Elle est comme neuve. Je la donnerai à mon petit fils quand il sera grand », dit-il en rigolant.

Article reproduit et traduit avec la permission de la Swan Valley Star and Times