Protocole concernant les enquêteurs criminels étrangers au Canada
Le présent protocole fait état des exigences en matière d’avis et d’autorisation régissant l’entrée et la surveillance d’enquêteurs criminels étrangers qui souhaitent y poursuivre une enquête criminelle au Canada. Il décrit également les rôles et les responsabilités des enquêteurs criminels étrangers, des ambassades étrangères, du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des services de police canadiens fédéraux, provinciaux et municipaux à l’égard de sa mise en œuvre.
Aux fins du présent protocole :
« Enquêteurs criminels étrangers » désignent les agents de police, les agents d’application de la loi, les avocats de la Couronne, les procureurs ou autres personnes agissant en leur nom d’un état étranger qui participent à l’interrogation ou à l’entrevue de témoins, de suspects ou d’accusés ou qui recueillent leurs déclarations, lesquelles activités pourraient mener à des poursuites criminelles dans un État étranger ou une administration étrangère.
« Services fédéraux d’application de la loi » englobent la police militaire dans le contexte des Forces canadiennes.
Les objectifs du protocole sont les suivants :
Le présent protocole s’applique à toutes les enquêtes criminelles étrangères menées au Canada par des enquêteurs criminels étrangers à l’exception des activités qui sont déjà régies par des exigences en matière d’avis et d’autorisation établies en vertu d’autres accords bilatéraux ou multilatéraux conclus entre le gouvernement du Canada et celui d’un État souverain ou leurs ministères et organismes nationaux respectifs.
Le présent protocole ne s’applique pas aux activités suivantes:
Il importe de réitérer que le Protocole ne modifie pas les autres ententes convenues entre le Canada et celui d’un État souverain ou leurs ministères et organismes respectifs et qu’il n’a pas préséance sur ces ententes dans la mesure où ces dernières contiennent des exigences en matière d’avis et d’approbation.
Le présent protocole est compatible avec l’approche adoptée par de nombreux pays, en vertu de laquelle les enquêteurs criminels étrangers ou des personnes agissant en leur nom désireux d’entrer dans un état étranger pour y poursuivre une enquête criminelle sont tenus de l’en aviser suffisamment à l’avance afin d’obtenir l’autorisation requise.
Les divers rôles et responsabilités des parties chargées de l’administration du présent protocole sont décrits ci-après.
Les enquêteurs criminels étrangers désireux de poursuivre une enquête criminelle au Canada doivent présenter une demande à leur ministère ou bureau chargé des affaires étrangères, qui veillera à faire parvenir celle-ci par les voies diplomatiques au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (p. ex., en passant par la mission canadienne à l’étranger ou à la mission du pays au Canada) afin d’obtenir du Canada l’autorisation d’entrer au pays au moment opportun.
La demande doit comporter le nom des enquêteurs criminels étrangers ou des personnes agissant en leur nom ainsi que celui de leur organisme respectif, leurs coordonnées, la date prévue de leur arrivée au Canada, la date prévue de leur départ du Canada, l’endroit où doit avoir lieu l’enquête criminelle, la nature de l’enquête criminelle et, enfin, l’identité des témoins et des suspects. Comme les enquêteurs criminels étrangers ou les personnes agissant en leur nom ne possèdent pas le statut d’agent de la paix au Canada et ne sont pas habilités à y travailler, ils doivent être aidés et surveillés par le service de police canadien compétent pendant la durée de leur enquête au Canada.
Pendant qu’ils poursuivent une enquête criminelle étrangère au Canada, les enquêteurs criminels étrangers doivent se conformer en tout temps aux lois canadiennes et à la Charte canadienne des droits et libertés.
Les missions et les ambassades étrangères doivent aviser le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, par note diplomatique, au moins deux semaines à l’avance de la visite possible de leurs enquêteurs criminels. Si, dans des circonstances exceptionnelles, il ne leur est pas possible de donner un préavis de deux semaines, le Canada peut quand même examiner leur demande au cas par cas et accorder aux enquêteurs l’autorisation d’entrer au pays.
Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI)
En vertu du présent protocole, le MAECI s’occupe de toutes les questions internationales et, à titre de principal point de contact du Canada, est chargé de recevoir toutes les demandes présentées par des États étrangers par voie diplomatique (p. ex., une ambassade étrangère) concernant l’entrée au Canada d’enquêteurs criminels étrangers.
Le MAECI reçoit les demandes d’autorisation concernant l’entrée au Canada d’enquêteurs criminels étrangers désireux de poursuivre une enquête criminelle qui lui sont présentées par un État étranger par note diplomatique.
Le MAECI doit enregistrer toutes les demandes d’autorisation d’entrer au Canada présentées en vertu du présent protocole et les acheminer à la GRC pour qu’elle en assure la coordination. Le cas échéant, le MAECI effectuera un suivi des demandes qui nécessitent des éclaircissements relativement à la nature de l’enquête criminelle.
Une fois que la GRC a indiqué au MAECI que la demande peut être approuvée ou non, il mène ensuite sa propre évaluation afin de rendre une décision finale. Il avise ensuite la mission étrangère que le Canada accepte ou refuse les activités proposées par les enquêteurs criminels étrangers et, en cas d’acceptation, lui fait part de toutes les conditions applicables. Les enquêteurs criminels étrangers autorisés doivent aussi respecter toutes les lois canadiennes applicables, y compris celles qui ont trait aux exigences en matière d’entrée au pays.
Gendarmerie royale du Canada (GRC)
Le bureau d’Interpol à la GRC joue un rôle important au chapitre de la coordination nationale; il est en effet chargé de transmettre les demandes d’enquêtes criminelles présentées par des organismes étrangers au service de police canadien approprié.
En vertu du présent protocole, après avoir été informée de la demande par le MAECI, le bureau d’Interpol doit examiner celle-ci et déterminer le type d’aide ou de mesures requises. Il doit notamment :
Le détachement de la GRC, sur le territoire duquel l’enquête criminelle étrangère doit avoir lieu, qui reçoit une demande directement d’un enquêteur criminel étranger désireux d’entrer au Canada pour y poursuivre une enquête criminelle doit lui communiquer le protocole canadien à suivre pour présenter une demande d’entrée au pays et informer la direction générale de la GRC de la demande aux fins de la coordination nationale. La GRC doit alors aviser le MAECI de la demande.
Services d’application de la loi fédéraux, provinciaux et municipaux au Canada
En vertu du présent protocole, après avoir été avisé par la GRC d’une demande d’enquête criminelle étrangère sur son territoire, l’organisme d’application de la loi compétent doit examiner celle ci et déterminer le type d’aide ou de mesures requises. Il doit notamment :
L’organisme d’application de la loi fédéral, provincial ou municipal, sur le territoire duquel l’enquête criminelle étrangère doit avoir lieu, qui reçoit une demande directement d’un enquêteur criminel étranger désireux d’entrer au Canada pour y poursuivre une enquête doit communiquer à l’enquêteur le protocole canadien à suivre pour présenter une demande d’entrée au pays et informer la GRC de la demande aux fins de la coordination nationale. La GRC doit ensuite aviser le MAECI de cette demande.