Mardi 1er -- Départ vers 7 h, parcouru environ dix milles. On a fait six autres milles dans l’après-midi et, comme on a trouvé de beaux pâturages, du bois et de l’eau, on s’est arrêté même s’il était seulement 16 h. Pendant longtemps, il y a eu à cet endroit un très grand campement d’Indiens, trois ou quatre cents huttes probablement.
Mercredi 2 -- Départ vers 7 h. Après environ deux heures de marche, j’ai rejoint l’avant-garde et aperçu des objets mouvants près des flanqueurs de gauche, je m’y suis rendu, les flanqueurs pensaient que les objets étaient des poneys. En m’approchant un peu, j’ai eu la certitude que c’était des bisons. Puis ils se sont mis à courir, ce qui ne laissa plus aucun doute. J’ai pris la carabine d’un des hommes, me suis dirigé vers eux, me suis placé devant et les ai poussés vers le convoi, j’ai tiré sur un bison qui est tombé et qui a été mis à mort par quelqu’un d’autre; trois ont traversé la crique, je les ai poursuivis et j’ai été rejoint par l’éclaireur Morreau et Levallee, nous avons chacun tiré sur une bête, j’ai tiré sur le bison de l’éclaireur et l’ai fait tomber. C’était une très belle bête âgée d’environ dix ans; une fois parée, elle nous a fourni 953 livres de viande.
Jeudi 3 -- Départ à 7 h. Hier, on a distribué 1720 livres de viande provenant des deux bisons que j’avais fait dépecer, mais je constate qu’on n’a pas bien profité des trois autres, les Métis ayant simplement coupé des tranches de viande pour les apporter avec eux. Jullien a pris un bison en chasse et l’a abattu. Je suis arrivé pour la mise à mort, j’ai fait dépecer l’animal et transporter la viande dans une charrette à boeuf. Comme les hommes ont suffisamment de viande, j’ai l’ai fait parer et mettre dans un baril d’eau salée. Le sel que nous avons transporté jusqu’ici se révèle maintenant utile. Comme il n’y avait pas d’herbe, dû faire 17 milles et demi sans halte. Prochaine étape 20 milles pas d’eau.
Vendredi 4 -- Départ à 5 h. Parcouru 15 milles, plusieurs coulées à traverser, halte dans une large coulée dans l’après-midi, fait cinq milles et campé dans un profond ravin, dû bloquer les chariots dans la descente. J’ai chargé un officier et 25 hommes d’adoucir les endroits difficiles pour permettre notre passage le lendemain matin. Sept Sioux sont arrivés au campement ce soir. Il semble qu’ils étaient avec des Métis lorsque notre avant-garde est passée et que comme ils n’ont pas vu de charrettes, ils ont cru que nous étions des Pieds-Noirs. Après notre passage, ils se sont faufilés dans un ravin jusqu’à notre piste, ils ont rejoint l’arrière-garde vers 14 h et, par mesure de précaution, ils ont chargé leurs fusils. Lorsque nos hommes les ont vus, ils se sont préparés à une escarmouche, mais un Sioux qui parlait français s’est avancé sans armes et a expliqué la situation. Nous leur avons donné du thé, de la viande de bison, des biscuits et des munitions, ce qu’ils ont semblé beaucoup apprécier. Quelques petits présents sont fort utiles lorsque nous voulons montrer aux Indiens que nous venons en amis.
Samedi 5 -- Départ à 5 h, tous les hommes se sont mis au travail pour aider les chariots à gravir la colline. Un boeuf de trait et deux charrettes sont tombés dans le ravin. Heureusement, le boeuf et les cargaisons n’ont pas subi beaucoup de dommages. Halte à une coulée, peu d’eau ni d’herbe. Notre guide ne connaît plus le chemin et nous devons nous en remettre à Morreau, l’éclaireur, dont la réputation est douteuse; cependant, comme j’ai noté minutieusement les angles et les distances depuis que nous avons quitté la route de la Commission frontalière, le 3 août dernier, et avec mes observations de la latitude et de la variation magnétique, je pourrai le surveiller de près. Si la carte de Palliser est exacte (ce qui n’est certainement pas le cas à plusieurs endroits), nous nous trouvons à 83 milles du confluent des rivières Bow et Belly et à 18 milles au nord. J’ai abattu un bison dans l’après-midi. Il a été dépecé et la viande a été ramenée.
Dimanche 6 -- Départ à 14 h 30 pour trouver un pâturage qui, selon l’éclaireur, se trouverait à cinq milles devant, ce qui nous a fait bifurquer de beaucoup vers le nord. Je me suis opposé à une halte dans la coulée qu’il avait indiquée parce qu’il n’y avait pas d’herbe, je l’ai envoyé à une autre à environ un mille et demi plus loin et, à son retour, il a dit avec certitude que c’était la rivière Belly et que nous étions arrivés à destination, et que la rivière Bow était seulement un mille en aval. Je lui ai dit que nous nous trouvions à au moins 70 milles de la rivière Bow et je lui ai demandé de me montrer la rivière Bow. Lorsque je suis arrivé à l’endroit indiqué, je n’ai trouvé qu’un tournant de la rivière. En fait, nous avions atteint la Saskatchewan Sud une demi-journée plus tôt que ce à quoi je m’attendais, mais une erreur de huit ou dix milles sur la carte de Palliser est une bagatelle. L’éclaireur insiste pour dire que le confluent est à douze milles au nord. Je remercie la Providence du fait que j’ai consigné minutieusement les angles et les distances depuis que nous avons quitté la route de la Commission frontalière. Il n’y a pas une âme dans le campement qui connaît les parages et l’éclaireur nous a emmenés à presque une journée de marche de notre chemin depuis deux jours, et il empirerait les choses demain. J’ignore si ses actes sont dus à son ignorance ou s’ils sont voulus. Il est le pire menteur que j’ai jamais rencontré. On le soupçonne d’être un espion des bandits de Whoop Up, mais sans preuve concrète. Même si je ne connais pas la région, c’est moi qui vais faire le guide demain. Si j’avais pu me fier à la carte de Palliser, je me serais chargé de cette tâche plus tôt.
Lundi 7 -- Départ à 5 h. Trouvé de l’herbe pas trop mal à environ quatre milles et demi, arrêtés pour nourrir les chevaux et les boeufs. Jusqu’à maintenant, les bisons que nous avons tués étaient des mâles, mais aujourd’hui une grosse harde contenant des femelles et des veaux s’est approchée de la colonne, on en a tué une dizaine. Pas d’herbe ni d’eau, boue liquide en guise de thé. Toute la journée, avancé sur une arête à deux ou trois milles de la rivière afin d’éviter les nombreuses petites coulées profondes se déversant dans la Saskatchewan. Trouvé du charbon sur les bords de la rivière.
Mardi 8 -- Départ vers 6 h. Envoyé chercher un cheval trop faible pour atteindre le campement, mais dû l’abandonner. Pas d’herbe ni d’eau qui vaillent. Campé sur les bords d’une profonde coulée près de la rivière. Vers 22 h, un vent fort du nord-ouest a apporté une pluie froide.
Mercredi 9 -- Libéré les chevaux à l’aube pour qu’ils essaient de brouter un peu. Pas de pâturage, les chevaux couraient pour tenter de se réchauffer. Envoyé les chevaux dans le ravin pour qu’ils puissent s’abreuver et être à l’abri du vent. Comme la pluie cessa à 10 h et qu’il n’y avait pas de nourriture, j’ai pris la route. Cinq chevaux paralysés par le froid et la faim n’ont pas pu sortir du ravin; trois autres n’allaient pas beaucoup mieux, les cinq sont morts après quelques heures. Laissé un groupe derrière pour qu’il ramène les autres chevaux. Campé près des collines Sand, après avoir traversé une arête de laquelle nous avons vu les Trois Buttes.
Jeudi 10 -- Un cheval de la troupe B qui avait été laissé derrière hier soir est mort. La troupe F a aussi perdu un cheval. Hier soir, j’ai fait prendre une couverture de chaque officier et homme pour abriter tous les chevaux et les protéger de la pluie et du vent froids, qui ont débuté vers 21 h. Je commence à être très inquiet de la sécurité des troupes. Si quelques heures de pluie froide suffisent pour tuer plusieurs chevaux, quels seront les effets d’une tempête de neige de vingt-quatre heures. Le 20 septembre de l’an dernier, il y a eu une tempête de neige de trois jours dans le district entre les collines du Cyprès, le mont Wood et Old Wives Creek, il m’est absolument impossible d’y retourner avant la première semaine d’octobre. Si je pouvais faire couper cinq ou six tonnes de foin pour les transporter dans les chariots, j’aurais l’esprit plus tranquille, mais les bisons ont à peine laissé trois pouces d’herbe. Parcouru sept milles, mais dû faire un arrêt, l’arrière-garde ayant pris plusieurs heures de retard parce que M. B. n’avait pas respecté un ordre catégorique que j’avais donné concernant un cheval abandonné près du campement de la nuit dernière. Une rivière se déverse dans la Saskatchewan. Je doute qu’il ne s’agisse pas de la rivière Bow; j’ai envoyé des hommes explorer cet endroit et dix milles à l’ouest. Le groupe parti vers l’ouest a signalé que la rivière était étroite. L’autre groupe n’est pas revenu, il s’est probablement perdu.
Vendredi 11 -- Ce groupe s’était bel et bien perdu, mais il a vu une fusée que nous avions lancée et il est réapparu vers 23 h hier soir. Il n’y a presque pas de doute qu’il s’agit de la rivière Bow. Ce matin, nous sommes allés vers le nord à la recherche d’un endroit propice pour traverser la rivière, mais après avoir perdu beaucoup de temps, nous n’en avons pas trouvé. Parcouru cinq ou six milles vers l’ouest le long de la rivière et arrêtés dans une coulée où il y avait un peu d’herbe. Chevaux affamés, l’avoine suffit à peine à les garder debout.
Samedi 12 -- Campé sur les bords de la rivière Belly. Discuté avec le commissaire adjoint et les inspecteurs de la situation. Opinion unanime concernant le retour d’une portion du contingent : elle devrait faire demi-tour immédiatement. Tous sont convaincus qu’il serait impossible de passer par Edmonton avec les provisions, étant donné la condition des chevaux. Un poste dans cette région des rivières Bow ou Belly est hors de question, puisqu’il n’y a pas d’herbe ni de bois, et qu’il n’y a apparemment pas beaucoup de bois sur les bords de la rivière Bow près de la jonction. Les collines Sweet Grass, ou butte ouest, près de la frontière, sont propices à l’établissement d’un poste : eau, herbe et bois abondants, et seulement à environ 80 milles de Benton, point important puisque que nous devrons nous réapprovisionner à cet endroit de toute façon. Je crois comprendre que les trafiquants de whisky ne sont pas ici maintenant, mais qu’ils sont plutôt dans les environs de Benton et propose qu’on y reste jusqu’au retour de la Police dans l’est. Un poste à la frontière ou à proximité de celle-ci gâcherait leur petit jeu. Le fameux fort au confluent des rivières Bow et Belly s’avère trois huttes en rondins sans toit dans lesquelles des hommes s’arrêtaient à l’occasion lorsqu’ils trappaient, ou plutôt empoisonnaient, des loups. J’ai envoyé un groupe à la recherche du Fort, à 15 milles du confluent, mais comme il n’y a pas de piste dans les environs, je doute qu’il le trouvera. Les « forts » sont apparemment des cabanes en rondins dans lesquelles les trappeurs ou les négociants passent l’hiver et qu’ils brûlent à leur départ, comme c’était le cas de celui aux collines du Cyprès, où les Assiniboins ont été tués au printemps 1873. Même si la plupart des bandits étaient des meurtriers de Benton, « Whoop Up », d’après ce que je peux comprendre, est le seul fort qui compte des habitations et qui porte un nom. Il s’agit principalement d’un comptoir de la firme Baker & Co. de Benton, des commerçants fort respectables qui ne vendent pas de whisky ni de spiritueux. Le seul signe réel de commerce de whisky découvert jusqu’à maintenant est la tête d’un baril sur laquelle il y a l’inscription Kelly, Bourbon, trouvée sur la plage, premier signe certain d’alambic de whisky Bourbon. J’ai envoyé un groupe 20 milles vers l’ouest à la recherche de la route « Whoop Up », qui existerait dans ces environs. Il y a sans aucun doute une large piste; en fait, une route très fréquentée passe au nord près des collines Porcupine, mais elle est trop loin pour que nous puissions l’atteindre maintenant. Le guide Morreau dit que « Whoop Up » est seulement à 40 milles d’ici, mais il est un tel menteur et, jusqu’à maintenant, il s’est montré si inutile comme guide que personne ne le croit.
Dimanche 13 -- Welch est revenu ce matin. Il dit être allé à environ 30 milles vers l’ouest, aucune trace de route, pas un brin d’herbe, milliers de bisons migrant vers le sud. Déplacé le campement environ deux milles vers l’ouest pour changer de pâturage, si on peut appeler la plaine nue un pâturage. Le groupe de Denny n’est pas encore de retour. Deux hommes partis chasser le bison se sont perdus, lancé des fusées pour eux.
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Lundi 14 -- Deux hommes sont arrivés, de même que le serg. Lake. Deux des trois chevaux paralysés par le froid et la faim sont morts, ce qui fait neuf chevaux morts de froid et d’inanition en 36 heures. De nombreux autres dans le campement n’ont pas l’air d’avoir très longtemps à vivre. Le groupe de Denny n’est pas encore revenu. Il me faut partir cet après-midi en direction du sud. L’eau a gelé la nuit dernière. Partis un peu après 16 h. Très inquiet du groupe de Denny et crains qu’il lui soit arrivé des ennuis. En faisant route, j’ai aperçu ce qui semblait être des bisons ou des Indiens, mais après un moment, à ma plus grand joie, j’ai vu qu’il s’agissait du groupe de Denny. M. Levallee dit qu’il serait presque impossible pour les chevaux de faire le trajet, qu’il est certain que nous perdrons la plupart. Il est allé en amont de la rivière Bow sur 70 ou 80 milles. Il n’y a pas de bois ni d’herbe. Terrain très accidenté et difficile à parcourir, et collines abruptes devant. J’avais envoyé l’insp. Walsh avec 70 hommes et 58 chevaux de l’autre côté de la rivière, en direction d’Edmonton, mais je me vois forcé d’annuler cet ordre et de lui demander de suivre la colonne principale à la butte ouest, près de la route de la Commission frontalière, et de prendre en passant les chevaux et les boeufs épuisés laissés derrière. Boeufs maintenant affamés. Les chevaux peuvent brouter le peu d’herbe laissé par les bisons, mais pas les pauvres boeufs. En suivant le convoi, rejoint un chariot à boeufs, trois milles en arrière, boeufs complètement épuisés. Carvell et moi y avons attelé nos chevaux et l’avons amené au campement. Cinq boeufs ont été incapables d’atteindre le campement. Le groupe de Denny a rencontré une grosse bande de guerriers assiniboins qui ne l’a pas laissé approcher.
Mardi 15 -- Renvoyé un Métis avec l’un de nos hommes à Cripple Camp, à Old Wives Creek, pour demander au constable d’envoyer autant d’avoine et de foin que possible à la route de la Commission frontalière à notre rencontre. Trois des cinq boeufs ont dû être abandonnés. Halte après six milles, sur les bords d’un lac environ trois milles de long et un quart de mille de large. Comme j’ai été le premier à l’apercevoir et qu’il n’apparaît sur aucune carte, j’ai proposé de le nommer « lac du Commissaire ». Les Métis l’ont baptisé en faisant un monticule de roches sur la berge et en tirant une salve de 14 coups, en criant « Vive le Colonel » à chaque décharge. Dû laisser cinq boeufs de trait à cet endroit. Comme il y a un peu d’herbe et de l’eau en abondance, j’espère que Walsh pourra les amener avec lui. Je lui ai demandé de détacher une arrière-garde chargée de suivre lentement et de prendre avec elle tout ce qui a été laissé derrière. Dans l’après-midi, parcouru un plateau tout aussi dénudé que d’habitude. Bisons en tous sens. Butte du centre et butte ouest bien en vue devant nous.
Mercredi 16 -- Départ à 7 h. Herbe très pauvre. L’eau n’est que de la boue transformée en pâte par les sabots des bisons. Boeufs toujours épuisés.
Jeudi 17 -- Départ à 5 h avant le petit déjeuner, parcouru huit milles, fait une halte dans la vallée d’une rivière, probablement la rivière Milk. Vent du nord et pluie très froide. Repartis à 16 h et campé derrière une arête. Aligné les chariots en deux rangées, les tentes se touchant les unes les autres, devant les chariots, ce qui a coupé presque complètement le vent. On a réuni les chevaux derrière les chariots, on les a enveloppés de couvertures, une prise de chaque homme, et on leur a donné de l’avoine. Trois chevaux ont succombé en route et un autre une fois arrivé au campement, leurs corps affamés n’ayant pas la force de résister au froid.
Vendredi 18 -- Départ à 8 h. Neige sur les buttes devant nous. Vu les Rocheuses vers l’ouest, sur une arête, à environ dix milles de la butte ouest. Campé dans une coulée près de la butte ouest. Dû laisser tous les boeufs quatre milles derrière, les bêtes étant trop faibles pour continuer. Trouvé du charbon dans la coulée.
Samedi 19 -- Restés au même endroit parce qu’il y avait de la bonne eau. Herbe passable. Allumé la forge avec le charbon que nous avons eu la chance de trouver. Envoyé Macleod et un guide à 8 h à la recherche de la route ou de monuments de la Commission frontalière. Selon des observations faites à midi, je dirais que nous sommes à six milles et demi au nord de la frontière. En prospectant autour, trouvé de beaux spécimens de charbon et de minerai de fer.
Dimanche 20 -- Restés au même endroit, chevaux très faibles. Walsh nous a rejoints avec son groupe. Il a perdu six de ses 57 chevaux. L’un de ses hommes s’est égaré pendant plusieurs jours, et un groupe qu’il avait renvoyé a réussi à trouver un cheval, perdu ou volé plus probablement. Parti avec Macleod et Levallee à la recherche du dépôt de la Commission frontalière, que nous avons trouvé à la butte ouest. Parcouru plus de 30 milles.
Lundi 21 -- Pris des arrangements pour le départ des troupes D et E. Parti avec elles dans l’après-midi. Nous avons atteint la route de la frontière à environ sept milles au sud et l’avons suivie vers l’est pendant un mille, puis nous avons établi le campement sur les bords d’une coulée. Excellent pâturage pour les chevaux et les boeufs. Réjoui de voir ces pauvres bêtes pouvoir enfin se nourrir convenablement.
Mardi 22 -- Laissé les deux troupes sous le commandement de Carvell avec l’ordre d’avancer lentement et de s’arrêter où il y avait de beaux pâturages, et de me rejoindre à un lac à huit milles au nord-est de la traversée de la rivière Milk. Pris la direction de Benton avec Macleod et huit autres hommes pour communiquer avec le gouvernement et obtenir des vivres. Les charrettes étant vides, nous avons voyagé à vive allure. Parcouru environ 42 milles.
Mercredi 23 -- Vu un nombre immense de bisons, 70 ou 80 mille selon mes estimations et celles de Macleod. Chemin très tortueux; mais un peu d’eau. Arrêtés à 22 h 30, parcouru environ 522 milles.
Jeudi 24 -- Partis tôt. Traversé la rivière Maria et la Teton onze fois et atteint Benton vers midi. J’ai fait savoir que je voulais acheter des chevaux, je me suis informé du prix des vivres, etc.
Vendredi 25 -- Acheté des mocassins, bottes, bas, gants, etc. pour les hommes, et du maïs et de l’avoine pour les chevaux. Acheté 15 chevaux. J’en ai laissé un à Macleod. Prix très bas en général. Obtenu tous les détails sur les meurtres commis aux collines du Cyprès. Acheté un chariot et deux ensembles de harnais pour aider à transporter les provisions.
Samedi 26 -- Départ à midi, avec un certain retard, les Métis étant mal en point parce qu’ils avaient trop bu l’alcool. Quelques chevaux ont résisté. L’un deux brisa un timon du chariot, dû établir le campement et en envoyer chercher un autre.
Dimanche 27 -- Beaucoup de difficulté à gravir les côtes avec les chevaux. J’ai seulement avec moi trois Métis, un guide, un conducteur et deux hommes pour tout faire. J’ai conduit le chariot, acheté deux autres chevaux en chemin. Nous avons maintenant quatre charrettes, un chariot et 31 chevaux, et avons donc fort à faire. Arrêtés à 22 h 30 et parcouru environ 33 milles.
Lundi 28 -- Voyagé toute la journée. Parcouru environ 25 milles. Beaucoup de difficulté à mettre et à enlever les abots et les harnais avec si peu d’hommes. En aidant les hommes qui s’affairaient au chariot, je me suis fait tirer en bas de mon cheval et suis tombé sur l’épaule, ce qui m’a mis hors d’état de travailler - chose assez grave alors que nous sommes si peu nombreux.
Mardi 29 -- Rivière Milk en vue peu après notre départ. Vers 17 h, rencontré un groupe d’Assiniboins voyageant à pied. Ils ont dit qu’ils s’en allaient voler des chevaux des Pieds-Noirs. On leur donna du café et des biscuits. Deux d’entre eux portaient des carabines Henry. Traversé la rivière Milk et rencontré nos gens au lac, huit milles plus loin au nord-est. Distances parcourues par la colonne principale après mon départ pour Benton :
le 22.................................... 10 1/2 milles
le 23.....................................14 1/2 “
le 24.....................................21 3/4 “
le 25.................................... 22 1/2 “
Mercredi 30 -- French ramena les troupes D et E dans l’est et établit le premier quartier général de la Police à Swan River, au Manitoba.
Macleod mena les troupes B, C et F vers le nord jusqu’au Fort Whoop Up, au confluent des rivières Belly et St. Mary, où ils découvrirent que les trafiquants de whisky avaient appris la venue de la Police montée et cessé leurs activités. Les troupes poursuivirent vers l’ouest et construisirent Fort Macleod, première présence armée de la Police à la frontière.