Mercredi 8 -- Quitté le terrain de campement de la Commission à Dufferin vers 17 h pour le petit lac, à deux milles de là. Plusieurs équipes très lentes à partir.
Jeudi 9 -- Constaté que nous ne pouvions pas transporter tout ce que nous avions emporté, en ai retourné une quantité en magasin : deux cargaisons de sirop, etc. Au moment du départ, dû placer l’insp. R. en détention pour langage insubordonné. Dépassé de un mille le coude de la rivière Marais, mais dû y revenir parce qu’il n’y avait pas d’autre source d’eau dans les environs. Excellent sol, mais pas de bois entre le petit lac et la rivière Marais.
Vendredi 10 -- Taylor, le guide, ne semble pas très bien connaître la route. Je ne peux pas savoir ce qu’il en est de l’eau du côté nord de la frontière. Envoyé Taylor devant. Départ à 14 h 30. Arrivés de l’autre côté de chez St. Armand vers 18 h 30. Campé à quelque 3000 verges au nord de la frontière, mais dû envoyer les chevaux à la rivière Pembina, en territoire des É.-U., pour s’abreuver. Dû ouvrir nous-mêmes un chemin. Bonne terre, mais pas de bois ni d’eau. Excellent puits chez St-Armand, un autre chez Grant. On pourrait probablement obtenir de l’eau en abondance en creusant des puits, ces deux-là étant seulement dix ou douze pieds de profond.
Samedi 11 -- Départ à 9 h 30, marché en parallèle avec la route de la Commission frontalière, qui se trouve en territoire des É.-U. par ici. Fait abreuver les chevaux et le bétail à un étang près de la borne de 20 milles sur la frontière, de l’autre côté de chez Grant. Acheté deux attelages de boeufs de trait et des collets, et aussi du bois de feu, qu’on a dû transporter au campement suivant. Atteint la route de la Commission frontalière à la borne de 23 milles, nous l’avons ensuite suivie sur sept autres milles. Campé à côté d’un étang marécageux asséché. Réussi à puiser quelques seaux d’eau en creusant dans la vase; bonne terre; pas de bois ni d’eau.
Dimanche 12 -- Comme il n’y avait ni bois ni eau au campement, nous sommes partis à 5 h 15 pour le dépôt des collines Pembina, où nous sommes arrivés vers 8 h 15. Bonne terre, beaucoup de bois dans les environs des collines; point d’eau tolérable au dépôt. Gros orage en après-midi, grêlons presque gros comme des noix. En début de journée, on a vu de grosses nuées de sauterelles se dirigeant vers l’est.
Lundi 13 -- Départ à 5 h avec les boeufs de trait. Chevaux à 5 h 30. Équipes de boeufs de trait et chariots à 6 h; un timon s’est rompu en chemin. Plusieurs charrettes se sont brisées, beaucoup de temps perdu. Très belle contrée, semblable à un parc. Bonne terre et bonne quantité de bois ici et là. Atteint le sommet du mont Calf par une série de plateaux de 15 à 20 pieds au-dessus du précédent. La crête Pembina s’élève à probablement 300 pieds au-dessus de la prairie et descend très graduellement vers le nord. Arrivés au mont Calf vers 16 h 30 et campé un mille et demi plus loin.
Mardi 14 -- Pris la route à 7 h et atteint la rivière Pembina vers 9 h. Bords très abruptes; halte à la rivière. Les équipes ont mis beaucoup de temps à gravir la berge du côté est; on a fait monter la plupart en attachant des équipes de boeufs de trait devant les chevaux. Campé à sept milles à l’est de la rivière. Terre assez bonne, rochers ici et là. Bois sur les bords de la rivière Pembina et bosquets jusqu’au mont Calf. Bonne eau dans la rivière. Les Métis et les charrettes à boeufs ne sont pas arrivés avant minuit. La vallée de la Pembina offre une belle étendue pour un établissement. Rivière poissonneuse; douze verges de large et deux pieds de profond, peu de courant. Rencontré M. Levallee et cinq Métis avec douze poneys et six charrettes contenant des présents pour les Indiens, etc.
Mercredi 15 -- Départ à 7 h. Fait abreuver les animaux à Badger Creek (n’apparaît pas sur la carte de la Commission frontalière) et fait une halte à la rivière Long avant midi. On n’a pas réussi à faire partir les Métis et les boeufs de trait à temps, et ceux-ci ne sont pas arrivés avant 15 ou 16 h, ce qui les a fait marcher pendant le plus chaud de la journée. Ils ne semblent pas avoir de système; en conséquence, ils ne sont pas encore installés à 23 h et ne partiront probablement pas à temps demain. Terre assez bonne, bonne eau dans les rivières Long et Badger. Campé sur les bords de la rivière White Earth (appelée rivière Badger sur la carte de la Commission frontalière). Terre médiocre par ici, relief vallonné, pas d’arbres sauf sur les bords des rivières.
Jeudi 16 -- Départ à 7 h. Campé à une coulée à mi-chemin en direction du dépôt des collines Turtle. Pas de bois. Terre médiocre jusqu’ici, herbe courte et rachitique. Arrivés au dépôt à 20 h. Plusieurs autres charrettes à boeufs se sont brisées.
Vendredi 17 -- Partis du dépôt à 7 h. Retardés de une heure et demie dans un bourbier. Manqué notre point d’eau et, par conséquent, dû marcher longtemps pendant le plus chaud de la journée; plusieurs chevaux épuisés. Les boeufs de trait ne sont pas partis avec nous et je ne les ai pas vus de la journée. Laissé derrière quelques hommes avec Macleod pour réparer des charrettes. La route de la Commission frontalière a apparemment changé, ce qui rallonge le trajet. Nous ne sommes pas arrivés à Turtle Head Creek avant 21 h et n’y avons pas trouvé d’herbe. Donné aux chevaux du foin des années passées laissé par la Commission frontalière, mais ils n’en ont pas voulu. On n’a pas monté les tentes, les hommes se sont couchés sous les chariots, etc. Terre assez bonne, gravier près de la surface. Bon bois sur les collines Turtle. Eau en grande quantité, apparemment le lac White Water, à environ six milles au nord des collines.
Samedi 18 -- Départ à 4 h. Matin chaud, avec vent fort et chaud. Chevaux très faibles. Arrêt à 10 h à un marais, à un mille au sud de la route et à 14 milles de Turtle Head Creek. Plusieurs chariots traînaient derrière, les chevaux étant épuisés. Incendie allumé dans la prairie à cause de la négligence de nos hommes ou des Métis du groupe de M. Levallee, difficile à déterminer. Repartis à 14 h 30 pour arriver à la première traversée de la Souris vers 19 h. Bonne terre pendant la marche du matin; bois tout le long des collines Turtle. En après-midi, pas de bois dans les environs de notre parcours; sous-sol graveleux. Dû abandonner deux chevaux incapables de poursuivre. Rivière environ vingt verges de large et de deux à quatre pieds de profond, courant fort.
Dimanche 19 -- Campé à la rivière Souris; terrain splendide, bonne eau; fond graveleux; bois et herbe. Les hommes ont beaucoup apprécié leur première journée de repos. Ils se sont lavés, ont nettoyé leurs uniformes, etc. Macleod est arrivé dans l’après-midi, et tous les boeufs de trait et les charrettes nous avaient rejoints en soirée. Deux chevaux ont dû être abandonnés. Les gens de la Commission frontalière les trouveront peut-être et les ramèneront.
Lundi 20 -- Restés toute la journée au campement aux bords de la rivière Souris pour ferrer les chevaux, réparer les charrettes, transférer les cargaisons, etc. Enquêté sur l’abandon d’un cheval par l’un de nos hommes (Pierre Lucas). Il a affirmé que le cheval ne pouvait pas bouger et qu’il était poursuivi par cinq Indiens sur qui il a tiré. Je ne le crois pas. Deux chevaux sont morts, dont un parce qu’on l’a fait travailler alors qu’il était malade.
Mardi 21 -- Départ à 5 h 30. Halte de mi-journée à North Antler Creek. Chaleur accablante, plusieurs chevaux épuisés. Laissé un constable intérimaire et cinq hommes avec une charrette à boeufs pour qu’il emmène les chevaux qui ne pouvaient plus suivre (neuf en tout). Campé le soir du côté sud de North Antler Creek. Herbe très pauvre, séchée ou dévorée par les sauterelles. Sol pauvre, graveleux pendant la marche du matin et sablonneux près de la traversée de la crique. Nuit très chaude, ce qui est assez inhabituel, le baromètre étant descendu à 44 la nuit précédente même s’il avait atteint 99 pendant la journée.
Mercredi 22 -- Départ à 6 h, temps moins chaud, meilleur sol. Pas de bois ni d’eau pendant la marche du matin ni celle l’après-midi jusqu’à la deuxième traversée de la rivière Souris; bon gué ici, mais abords très abruptes. Les derniers chariots ont été retardés de plusieurs heures. Les chevaux semblent aller mieux. J’ai insisté pour que les hommes descendent de leur cheval et marchent une heure sur deux et je propose qu’on continue ainsi pour soulager les chevaux. Rivière dix verges de large et de un à deux pieds de profond, courant fort en direction du sud.
Jeudi 23 -- Départ à 5 h 15. Il manquait douze chevaux aux troupes A, B et C, qui sont restées derrière jusqu’à ce qu’elles les retrouvent tous. Beaucoup de boeufs de trait et de bétail manquants. Comme à l’habitude, Macleod était à l’arrière et n’a laissé aucune charrette partir avant qu’on les ait retrouvés. Campé sur le coteau du « Murdered Scout », ou rivière des Lacs, où nous avons passé le reste de la journée. Chaleur terriblement accablante. Des officiers et des hommes souffrent de diarrhée. Un cheval qu’on a fait trop travailler est mort de rupture. Pas de bois ni d’eau en chemin, sol pauvre.
Vendredi 24 -- Départ à 4 h. Beaucoup de rivalité entre les troupes; c’est à qui partira la première. La troupe A est partie à 3 h 30, a fait 16 milles jusqu’aux sources St-Pierre et a trouvé un trou de vase; elle a creusé plusieurs puits; elle a enfoncé un baril dans l’un d’eux et l’a entouré de pierres, au bénéfice de Macleod et des autres qui pouvaient le suivre. J’ai pu abreuver presque 300 chevaux à même ce puits. Sol généralement pauvre et il n’y a ni eau ni bois qui vaillent. Dans l’après-midi, en marche pour Roche Percée, que l’on a dépassé, et campé sur les bords de la rivière Souris à Short Creek. Très bon terrain pour camper; bois, eau et herbe.
Samedi 25 -- Campé sur les bords de la rivière Souris et propose d’y rester quelques jours pour faire reposer les chevaux et les boeufs de trait, et diviser le contingent, la colonne principale emportera avec elle le strict nécessaire. Shurtliff est arrivé vers 11 h et s’est présenté. Il campe à dix milles à l’ouest, au dépôt de Wood End, sur la route de la Commission frontalière, et il s’y trouve depuis quatre jours; il a seulement six chevaux pour moi, car il en a envoyé à Fort Garry pour ramener des provisions pour son propre groupe. Chapman et le Dr Nevitt sont arrivés en apportant des lettres; ils ont laissé derrière les abots de fer; abandonné un cheval épuisé, pas étonnant compte tenu de la façon inconsidérée avec laquelle ils font route, partant tard et voyageant à vive allure.
Dimanche 26 -- Le temps demeure beau, thermomètre descendu à 32 la nuit dernière pour monter à 86 dans l’après-midi. Tenu des services religieux sous le commandement de l’officier supérieur de chaque croyance. J’ai pris sous mon commandement ceux qui appartiennent à l’Église anglicane, leur nombre dépassant celui de toutes les autres. Bien réjoui d’entendre les hommes chanter des hymnes dans l’après-midi et le soir; malheureusement le langage d’un grand nombre n’est en aucune façon biblique.
Lundi 27 -- Mis à l’ouvrage pour répartir les provisions pour Edmonton, Fort Ellice et la rivière Bow. Dois superviser tout le travail moi-même.
Mardi 28 -- Réparti les provisions et préparé des chariots pour Fort Ellice, Edmonton et la rivière Bow. La plupart des officiers et des hommes qui en ont eu le temps ont visité Roche Percée. Belle veine de charbon ici, nous en avons essayé dans la forge et il a bien brûlé; cependant, il a plutôt l’apparence de lignite que de véritable charbon.
Mercredi 29 -- Terminé de répartir les provisions, examiné tous les chevaux et choisi les 55 plus faibles pour Fort Ellice, sous le commandement de Jarvis. Réparti les chevaux de la troupe A parmi les autres. Départ beaucoup retardé, nous ne sommes pas partis avant 18 h. Arrivés au dépôt de Wood End vers 21 h. J’ai maintenant divisé le contingent, ce qui me soulage. Jarvis emmène 55 chevaux, 24 chariots, 55 charrettes, 62 boeufs de trait et 50 vaches et veaux à Edmonton et à Ellice; aussi, douze Métis et six hommes malades, le groupe de s
ept de Shurtliff, et une douzaine de ses propres hommes et un quartier-maître.
Jeudi 30 -- Restés toute la journée au dépôt de Wood End pour que les hommes puissent préparer des rations et cuire le pain pour trois jours, et faire des provisions de bois pour trois autres jours, car il est peu probable qu’on en trouve avant une semaine. Aménagé un chemin à travers la rivière. J’ai échappé de peu à une blessure grave : mon cheval est tombé dans un des innombrables trous de blaireau et j’ai été projeté devant lui. Rédigé lettres et rapports officiels, envoyé listes de paie, etc., ne me suis pas couché avant minuit et me suis levé à 4 h. Charbon visible sur les bords de la rivière.
Vendredi 31 -- Départ à 5 h 30. Traversé la rivière Long, dû aménager notre propre chemin et nous diriger à l’aide de la boussole, mais Levallee a pris une très bonne direction d’instinct. Direction générale jusqu’à la pause de mi-journée 266, ou 4 au sud de l’Ouest magnétique selon la boussole à prisme. J’ai pris des relèvements avec minutie toute la journée et noté les distances à l’odomètre. Chemin très accidenté; je ne m’étonne pas que cette piste soit abandonnée. Direction dans l’après-midi 248 avec virage à 290 pendant un mille après avoir atteint la rivière Long. Selon mes calculs, nous nous sommes dirigés un peu trop vers le sud, mais je n’ai pas contesté le guide, qui s’est vraiment très bien débrouillé. Traversé la rivière Long vers 18 h. Envoyé chercher la route de la Commission frontalière, qui se trouvait à un demi-mille à l’ouest, comme je m’y attendais. Campé à la traversée. Terre pauvre; pas de bois; flaques d’eau dans la rivière Long.