La GRC est sans aucun doute l’un des plus grands symboles canadiens, et elle a été particulièrement présente au grand écran dans les années 1920, 1930 et 1940, alors que Hollywood a produit une série de films mettant en vedette des « policiers montés ».
Hollywood a toutefois souvent présenté des images déformées de la Gendarmerie. Par exemple, dans King of the Mounties, produit en 1942, le serg. King de la GRC, avec l’aide d’un scientifique américain, sauve le Canada en prenant le contrôle d’un avion ennemi et en détruisant le quartier général des espions ennemis situé au cœur d’un volcan. Si cet exemple peut paraître inoffensif, d’autres films ont davantage porté atteinte à la réputation de la GRC en tant que symbole canadien. Par exemple, le film de 1919 intitulé Tyrant Fear montre un membre de la GRC en uniforme qui boit dans une maison de prostitution. La GRC et l’Ontario ont porté plainte et le film a été retiré des écrans canadiens.
Pour enrayer ce genre de déformations, la GRC a souvent fourni aux équipes de réalisation les services de conseillers techniques. On engageait des conseillers pour s’assurer que les costumes, les personnages et les intrigues étaient réalistes. Cependant, certains réalisateurs ne tenaient pas compte des conseils des experts, préférant laisser libre cours à leur imagination.
L’adage selon lequel les policiers montés « attrapent toujours leur homme » est souvent considéré comme une invention hollywoodienne. Cependant, chose surprenante, cette phrase remonte à 1877, de nombreuses années avant la naissance de l’industrie cinématographique. En avril 1877, l’anecdote suivante paraît sur Fort Macleod dans le Record de Fort Benton (Montana) :
« Grâce à la vigilance du major Irvine et à l’énergie du capitaine Winder, de la Police à cheval du Nord-Ouest, une nouvelle tentative de contrebande de whiskey a échoué. Trois hommes ont été arrêté, jugés, déclarés coupables et condamnés à une amende de cinq cents dollars chacun ou à une peine d’emprisonnement de six mois. Ils ont opté pour la première solution. Des chevaux ont dû être sacrifiés pour parvenir à cette arrestation, mais les policiers montés sont plus habiles que des limiers lorsqu’ils flairent la trace d’un trafiquant, et ils attrapent leur homme chaque fois. » [Traduction libre]
C’est là la première occurrence d’une phrase qu’Hollywood allait plus tard rendre célèbre. Il est intéressant de noter que les gens confondent souvent cet adage avec la devise de la Gendarmerie, « Maintiens le droit ».
Autres lectures suggérées :
Berton, Pierre. Hollywood’s Canada: The Americanization of our National Image, Toronto, McClelland and Stewart, c1975, 303 p.