Par Richard Vieira

La relation entre la police et les médias a traditionnellement été symbiotique. Les journalistes ont besoin de la police pour obtenir tous les faits dignes d’intérêt à imprimer, à diffuser – voire aujourd’hui à téléverser et à afficher – et la police a besoin de la presse pour diffuser des messages essentiels sur la prévention criminelle et la sécurité publique.
Mais est-ce bien le cas? Comme on le verra dans certains des articles de notre dossier, la police privilégie les nouveaux médias et les sites de réseautage social, au détriment de la presse pour communiquer directement avec la population qu’elle sert.
Cette évolution n’est pas sans poser des difficultés, surtout pour les services dépourvus de politiques régissant l’utilisation des médias sociaux.
Comme le souligne le service de police de Toronto, il faut avant tout se doter d’une stratégie efficace.
Comme vous le verrez, si ces sites offrent aux enquêteurs une manne de données personnelles sans qu’ils aient besoin de compétences spécialisées pour y accéder, ils offrent à d’autres les moyens d’organiser des activités criminelles, comme en témoignent la série de vols éclairs perpétrés lors des récentes émeutes à Londres.
À la lumière des phénomènes relativement nouveaux de Facebook, Twitter et autres, qui influent sur la façon dont de nombreux services de police enquêtent, opèrent et interagissent avec la presse et le public, nous avons étendu notre définition des médias au-delà du journalisme traditionnel pour englober les médias sociaux.
Pour nous, les médias modernes comprennent aussi le domaine des arts et du divertissement car, si les actualités influent sur l’opinion publique, la culture populaire peut façonner l’image de la profession et créer des attentes irréalistes à l’endroit de la police.
Notre chroniqueur, Sigrid Forberg, se penche sur l’histoire de la GRC telle que popularisée à la radio, dans les films et à la télévision, et explique comment Hollywood a défini le cliché du gendarme courtois – héros victorieux ou infortuné – perpétuellement revêtu de la tunique rouge.
Nous abordons également l’effet de téléséries comme CSI sur les jurys et la démarche d’un nouveau site web qui vise à informer la communauté de la justice pénale américaine de la nécessité de distinguer entre divertissement et réalité, afin de sensibiliser les jurés.
Par ailleurs, dans une entrevue avec un conseiller technique de la télésérie Flashpoint, nous examinons l’initiative de certains agents de l’industrie du divertissement qui s’efforcent de faire preuve de plus de réalisme en s’inspirant d’expériences réelles de la police.
Cela dit, nous ne négligeons pas pour autant le rôle traditionnel du journalisme. Nous faisons état des initiatives de la GRC pour maintenir son contact avec les médias, tandis que les intervenants de notre table ronde se penchent sur la relation idéale entre la police et la presse.
Par ailleurs, nous examinons le modèle de discipline axée sur l’éducation du bureau du shérif du comté de Los Angeles, qui vise à corriger le comportement qui a mené aux suspensions au sein de la police.
De plus, nous revenons sur les entrevues d’enquête. Cette fois-ci, nous présentons le point de vue de l’agent Mike Stinson du Service de police du Grand Sudbury, qui remet en question les pratiques et la formation canadienne, et préconise l’initiative britannique comme modèle à suivre.
Enfin, nous abordons une technique révolutionnaire élaborée par le Service de police de Santa Cruz, qui applique les principes de prédiction des tremblements de terre à la prévention du crime.
Cela dit, le crime n’est pas toujours prévisible. C’est pourquoi collaborer avec les médias – traditionnels et nouveaux – et utiliser à bon escient le réseautage social pour communiquer de manière opportune et fidèle est déterminant pour prévenir le crime.