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Gazette - À des lieux de la téléréalité

À L'AVANT-SCÈNE

Récentes études policières

Voici des extraits d’études récentes en matière de justice et d’application de la loi. Pour consulter les rapports intégraux, veuillez visiter le site Web indiqué à la fin de chaque résumé.

A study of how people with mental illness perceive and interact with the police
(en anglais seulement)

Par le Dr Johann Brink et al. pour la Commission de la santé mentale du Canada

Il existe un volumineux corpus d’études concernant les perceptions des policiers envers les personnes souffrant de maladies mentales. Cependant, on manque d’études qui portent particulièrement sur les perceptions de ces dernières à l’égard de la police. L’étude décrite dans le présent rapport consiste à trouver des solutions pour combler le vide.

Des personnes atteintes de schizophrénie, du trouble schizo-affectif, du trouble bipolaire ou d’autres psychoses et qui ont été en contact direct avec des policiers ont participé à cette étude menée en C.-B. (Canada) d’août 2009 à mars 2011. Parmi ces personnes, 60 ont participé à des entrevues et 28, à des groupes de discussions, alors que 244 ont répondu à des sondages.

Les comptes rendus de recherches font état de tendances intéressantes chez les malades mentaux quant à leur manière de percevoir les policiers et d’échanger avec eux dans d’autres territoires.

Deux personnes sur cinq ont été arrêtées à un moment de leur vie, trois sur dix ont vu la police jouer un rôle dans leur cheminement clinique et un cas d’intervention policière ou d’affrontement avec la police sur 20 touchait des personnes ayant des pro­blèmes de santé mentale.

Les résultats du sondage laissent entendre que les malades mentaux en C.-B. tendent à manifester une attitude moins positive envers la police par rapport au reste de la population. Tandis que 76 % de la population font confiance aux policiers, seule une faible majorité des sondés a exprimé le même sentiment.

Les participants ont presque tous indiqué être entrés en contact récemment et de nombreuses fois avec des policiers.

La plupart du temps, il s’agissait d’un policier qui les avait conduits à l’hôpital ou à la prison, aidés lorsqu’ils étaient en détresse ou arrêtés pour comportement apparemment criminel, ou à qui ils avaient demandé de l’aide à titre de victime d’un crime.

Malgré un manque de confiance manifeste dans les capacités de la police, 85 % des participants aux entrevues estiment avoir été traités dans le respect de l’équité procédurale par les policiers auxquels ils ont eu récemment affaire.

Ils étaient peu nombreux à confirmer qu’ils comprenaient ou que les policiers leur expliquaient ce qui leur arrivait ou leur arri­verait durant et après l’échange.

La plupart des participants aux entrevues croient qu’il serait utile qu’un policier sache qu’une personne est atteinte d’une maladie mentale avant d’être en contact avec elle. Quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux estiment qu’il est « très » ou « extrêmement » important de former les policiers à traiter avec cette catégorie de la population.

Consultez le rapport intégral : mentalhealthcommission.ca/Francais/Pages/default.aspx

Sexting: a typology
(en anglais seulement)

Par Janis Wolak et David Finkelhor pour le Crimes Against Children Research Center

Par le terme « échange de sextos », la presse et les chercheurs entendent la communication de contenu à caractère sexuel, composé à la fois d’images et de textes, au moyen de téléphones cellulaires et d’autres médias électroniques.

Cette pratique controversée provoque de vives inquiétudes. Inconsciemment, les jeunes alimentent le marché de la cyberpornographie juvénile, déjà en croissance consternante.

Ils risquent de compromettre leur avenir si les photos tombent entre les mains d’universités, d’employeurs ou de trafiquants, de s’attirer de graves accusations criminelles et de voir leurs noms inscrits à vie sur des registres de délinquants sexuels pour écarts de conduite impulsifs.

Pour favoriser un débat objectif autour du problème et des stratégies d’atténuation des répercussions, nous avons étudié environ 550 cas d’échanges de sextos signalés aux organismes d’application de la loi des É.-U. en 2008 et en 2009 afin d’en déduire une typologie fondée sur des preuves.

Dans tous ces cas, il était question de photos sexuelles produites par des jeunes : des photos de mineurs créées par des mineurs qui pourraient se définir comme de la pornographie juvénile en vertu des lois pénales applicables.

La typologie vise à montrer la diversité des incidents et à les classer de façon à permettre aux policiers, aux autorités scolaires, aux parents et aux autres intervenants de les distinguer et de les évaluer séparément.

Nous avons convenu de répartir les cas en deux grandes catégories : les incidents graves et les incidents expérimentaux. Les incidents graves mettent en jeu des éléments criminels ou abusifs, en plus de la création, de la diffusion ou de la possession de photos sexuelles. Parmi ces éléments, mentionnons :

  1. des adultes qui demandent à des mineurs des photos sexuelles, des mineurs qui envoient des photos à des adultes ou autre implication illégale d’un adulte;
  2. des actes commis par des mineurs, comme l’abus sexuel, l’extorsion, la tromperie ou les menaces, la conduite malveillante découlant de conflits interpersonnels, ou la création ou la diffusion de photos de mineurs à leur insu ou contre leur volonté.

En revanche, dans les incidents expérimentaux, les jeunes créent et diffusent des photos sexuelles sans qu’aucun comportement criminel ou malveillant ne soit associé à leur geste.

De plus, les jeunes photographiés expriment la volonté d’échanger leurs photos. Généralement, ces jeunes envoient les photos d’eux-mêmes à leurs petit(e)s-ami(e)s ou les utilisent pour susciter un intérêt romantique chez l’autre, pour attirer l’attention ou pour d’autres raisons qui ne semblent pas inclure d’éléments d’incidents graves.

La plus importante conclusion à retenir de cette analyse est que les jeunes produisent et diffusent des photos dans des contextes très variés. Il ne faut surtout pas laisser prévaloir un seul stéréotype dans les croyances populaires ou l’utiliser pour influencer les politiques gouvernementales.

Consultez le rapport intégral : unh.edu/ccrc/

Media piracy in emerging economies
(en anglais seulement)

Des dizaines de milliers de CD, de DVD et de bandes vidéos peu de temps avant leur destruction.

Photo : Des dizaines de milliers de CD, de DVD et de bandes vidéos peu de temps avant leur destruction.

Par Joe Karaganis et al. pour le Social Science Research Council

Media Piracy in Emerging Economies est la première étude indépendante menée à grande échelle sur le piratage d’œuvres musicales et cinématographiques, et de logiciels dans des pays émergents, comme le Brésil, l’Inde, la Russie, l’Afrique du Sud, le Mexique et la Bolivie.

De trois années d’étude réalisée par quelque 35 chercheurs, il ressort deux grands tableaux : l’explosion du piratage en raison de l’accessibilité et de l’omniprésence des technologies numériques, et la croissance des lobbys industriels qui ont contribué au durcissement des lois et de la répression garantissant la protection du droit d’auteur. Selon le rapport, les efforts de répression ont essuyé un grand échec, et le problème du piratage se définit mieux comme une réaction aux prix exorbitants des produits médiatiques originaux.

Principales constatations

  • Les produits coûtent trop cher. Prix élevés, faibles revenus et technologies numériques bon marché, voilà les principaux ingrédients du piratage. Par rapport au revenu de la population du Brésil, de la Russie ou de l’Afrique du Sud, le prix au détail d’un CD, d’un DVD ou d’un exemplaire de la suite Microsoft Office est de 5 à 10 fois plus élevé qu’aux É.-U. ou en Europe, ce qui entrave la commercialisation légale de ces produits.
  • La concurrence s’avère bénéfique. La présence d’entreprises locales solidement implantées qui s’arrachent le public et les consommateurs détermine les bas prix des produits médiatiques légaux. Dans les pays émergents, les multinationales dominent le marché et laissent donc peu de place à la concurrence.
  • La sensibilisation au piratage a échoué. Dans aucun des pays en question les chercheurs n’ont constaté de préjugé associé au piratage. Au contraire, celui-ci fait partie des pratiques quotidiennes de portions nombreuses et croissantes de la population.
  • Il est facile de changer la loi mais pas les pratiques. Bien qu’ils aient réussi à faire modifier les lois pour criminaliser ces pratiques, les lobbyistes ne sont pas parvenus à les faire appliquer par les gouvernements. Les auteurs soutiennent qu’il n’existe aucun moyen réaliste de concilier répression massive et application régulière de la loi, surtout dans les pays où l’appareil judiciaire est débordé.
  • Les criminels n’y trouvent pas leur compte. Aucun lien systématique n’a été établi entre le piratage et le crime organisé ou le terrorisme dans les pays concernés. De nos jours, pirates commerciaux et contrebandiers transnationaux sont confrontés à la même difficulté que l’industrie légitime : comment rivaliser avec la gratuité.
  • La répression est inefficace. Les auteurs constatent que les dix années de lutte acharnée n’ont produit aucun effet sur l’offre générale de produits piratés.

Consultez le rapport intégral : piracy.ssrc.org/ the-report/