par Jacques Brunelle enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale, GRC
À Toronto, des amateurs d’aéronefs regardent depuis la clôture de la piste le vol EK207 d’Emirates Airline en provenance de Dubaï atterrir après 15 heures de vol sans escale. Pour ces amateurs en uniforme, la surveillance d’aéronefs n’est pas seulement un passe-temps; elle contribue aussi à la sécurité d’un grand aéroport canadien.
D’abord établi à l’Aéroport international MacDonald-Cartier à Ottawa, le Programme de surveillance aéroportuaire (PSA) est maintenant un important programme de prévention criminelle auquel plus de 400 bénévoles communautaires consacrent 15 000 heures par année dans huit aéroports en Amérique du Nord.
En cette ère où les aéroports sont ciblés par des éléments terroristes ou criminels, les bénévoles du PSA offrent leur aide en signalant aux autorités de leur aéroport les activités suspectes et les risques possibles pour la sécurité d’un aéronef. Le concept du programme ressemble à celui de la surveillance de quartier, où les bénévoles jouent un rôle central.
Le coordonnateur national du PSA oriente et informe les nouveaux groupes locaux établis par les bénévoles ou par l’administration ou la police aéroportuaire. Les groupes sont indépendants et gérés par les bénévoles, en étroite collaboration avec l’administration de l’aéroport. Des agents de sécurité ou de la police de l’aéroport en uniforme ou des membres d’équipes de sécurité nationale de la GRC en civil communiquent avec les bénévoles des aéroports participants.

Lors d’une visite à l’Aéroport international Trudeau de Montréal, des bénévoles du Programme de surveillance aéroportuaire d’Ottawa observent l’arrivée d’un Airbus A380 et expliquent aux médias locaux leur rôle d’observateurs.
Le programme est souple afin de répondre aux besoins particuliers des aéroports. À Montréal, par exemple, l’administration aéroportuaire a mis le programme sur pied et la police de l’aéroport a eff ectué la vérification des antécédents de tous les bénévoles. À Sydney, en Australie, la police fé d érale travaille à monter le programme avec l’aide de l’administration aéroportuaire.
Les bénévoles sont professionnels et passionnés de l’aviation. Leurs antécédents ont été vérifiés par la police et leurs observations (souvent décrites comme des « renseignements communautaires ») sont très utiles. L’administration aéroportuaire de Montréal, Aéroports de Montréal (ADM), a vite mis ces informations précieuses à profit en élaborant le premier système de signalement d’incidents suspects pour les aéroports; ainsi, les bénévoles transmettent les informations dans un site Web protégé aux fins d’évaluation par l’équipe de sécurité d’ADM.
La police locale ou des experts informent tous les bénévoles des menaces générales dans les grands aéroports, comme l’entrée non autorisée à l’intérieur du périmètre, le vandalisme, le vol et la collecte de renseignements par des organisations criminelles. On donne même une formation sur les missiles surface-air. Les représentants de la santé et de la sécurité, aussi bénévoles, informent les participants des dangers possibles pour leur personne.
Les bénévoles signalent leurs soupçons au centre des opérations de l’aéroport par cellulaire ou par un lien protégé dans le site Web de l’aéroport. Pendant leurs déplacements, ils restent à l’affût des véhicules suspects garés dans un rayon de 15 km des approches de piste, et des événements inhabituels à l’extérieur du périmètre de l’aéroport. Le PSA permet à de plus en plus d’autorités aéroportuaires de savoir ce qui se passe à l’extérieur du périmètre.
Le PSA compte déjà plusieurs réussites, dont la découverte du bris d’une clôture de périmètre, de barrières non verrouillées et de la présence d’animaux ou d’oiseaux à l’intérieur ou près de l’aire d’opération des aéronefs; l’observation de défauts possibles de l’équipement des aéronefs; la découverte de pistes pour des enquêtes policières ou relatives à la sécurité nationale. Les bénévoles n’interviennent pas à la suite de leurs observations; ils les transmettent à titre de citoyens préoccupés et n’ont aucun autre pouvoir. Leur devise : observer, consigner et signaler.
Les autorités aéroportuaires avantgardistes reconnaissent les avantages du PSA pour les représentants de l’aéroport et la collectivité. Bon nombre d’aéroports ont pu lancer le programme à peu de frais et chaque lancement pique l’intérêt des médias, qui mettent l’accent sur la participation positive de la collectivité et l’innovation dans la sécurité aéroportuaire. Les aéroports internationaux Pierre-Elliott- Trudeau et Mirabel à Montréal et Minneapolis-St. Paul sont les derniers à s’être joints au programme.
Les bénévoles du PSA partout en Amérique du Nord jouent un rôle important pour la sécurité des aéroports. Les administrations aéroportuaires collaborent avec eux pour élaborer des processus de signalement, et les policiers s’arrêtent souvent pendant leur patrouille pour discuter avec eux. Le PSA est approuvé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et Transports Canada.