Conseils pour aborder une personne autiste
par Ellen Gervais Services nationaux de prévention criminelle GRC
L’autisme est un trouble neurologique qui provoque une déficience développementale. Les symptômes apparaissent habituellement avant l’âge de 3 ans. Les régions du cerveau touchées sont celles associées à l’interaction sociale et à l’aptitude à communiquer.
Parmi les cinq troubles envahissants du comportement, l’autisme est le plus courant, touchant environ 20 Canadiens sur 10 000. Selon les données actuelles, l’autisme est quatre fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Ce trouble dure toute la vie et est incurable.
Il est utile pour l’agent de police de comprendre l’autisme lorsqu’il doit composer avec des personnes qui en sont affectées. Grâce à des connaissances et à une formation, l’agent de police sera mieux outillé pour approcher ou appréhender une personne autiste et il assurera ainsi sa propre sécurité et la sécurité du public.
L’autisme a un spectre élargi, c’est-à-dire qu’une personne peut avoir un niveau faible, moyen ou élevé de fonctionnement, établi selon des critères de communication, d’apprentissage et d’indépendance personnelle. Reconnaître des signes de l’autisme peut aider le policier à composer plus efficacement avec une personne qui en souffre; en voici quelques-uns :
Au moment d’approcher une personne qui présente des signes d’autisme, essayez de lui parler calmement et de manière rassurante en utilisant des phrases courtes et directes. Vous pourriez obtenir la confirmation de son état en lui demandant simplement si elle souffre d’autisme. N’élevez pas la voix et ne soyez pas agressif, vous pourriez exacerber son anxiété et elle pourrait se mettre à crier, à s’agiter et à se blesser. Évitez le contact visuel direct.
Soyez conscient de son espace personnel. Lorsqu’une personne souffrant d’autisme perçoit une invasion de son espace personnel, elle peut rapidement devenir violente. Elle risque non seulement de se blesser, mais aussi de mettre la sécurité de l’agent en danger.
Au moment d’approcher
une personne qui présente
des signes d’autisme,
essayez de lui parler
calmement et de manière
rassurante en utilisant des
phrases courtes et directes.
La personne autiste peut montrer un intérêt inhabituellement marqué pour des objets comme une antenne de voiture, des bouts de papier ou des bulles. Le fait de lui retirer soudainement ces objets peut accroître son anxiété et entraîner des réactions physiques menaçantes ou une automutilation. En lui remettant l’article confisqué, vous pourrez peut-être calmer la personne et lui poser des questions ou résoudre le problème.
La personne aux prises avec l’autisme peut afficher des comportements inappropriés comme essayer d’arracher votre plaque ou votre stylo, se parler à elle-même sans vous répondre, sembler sourde, se couvrir les oreilles et regarder ailleurs ou parler trop ou pas assez fort. Évitez de toucher à un autiste s’il n’y a pas de risque pour la sécurité et ne vous tenez pas trop près derrière lui parce qu’il pourrait se mettre à reculer soudainement.
Sachez que les sirènes et les lumières peuvent causer une hypertension sensorielle chez un autiste, provoquant chez lui une anxiété extrême, une rébellion physique ou le refus de se conformer. Certains autistes sont hypersensibles. Ils peuvent ressentir de la douleur ou de l’anxiété en présence de bruits forts ou de stimuli inhabituels.

La personne aux prises avec l’autisme peut afficher des comportements inappropriés comme essayer d’arracher votre
plaque ou votre stylo, se parler à elle-même sans vous répondre, sembler sourde, se couvrir les oreilles et regarder
ailleurs.
L’agent accompagné d’un chien de police doit savoir que les aboiements d’un chien ou sa seule présence peuvent angoisser un autiste; il devient alors plus difficile de l’aborder ou de le questionner.
Il est possible qu’un agent ne soit pas en mesure d’exercer les approches mentionnées, mais grâce à ces connaissances, il a plus de chances de réussir son intervention.
Il peut parfois être nécessaire de maîtriser un autiste. On sait que ces personnes présentent souvent un sous-développement des muscles du tronc (hypotonie), ce qui peut compromettre leur respiration. Dès que la sécurité le permet, tournez la personne sur le côté pour lui permettre de respirer normalement. Bon nombre des personnes souffrant d’aut isme souffrent égal e ment de problèmes cardiaques, d’asthme et d’épilepsie.
En dernier lieu, les autistes n’ont pas une grande consc ience du danger et ils peuvent avoir une grande tolérance à la douleur ou se montrer insensibles.
Les autistes ont tendance à s’éclipser en silence et sans que leur gardien ne s’en aperçoive. En agissant ainsi, ils risquent d’errer dans la circulation ou à d’autres endroits dangereux.
Beaucoup d’autistes sont fascinés par l’eau — la noyade est la principale cause de décès chez ces personnes. Lors de recherches pour retrouver un autiste disparu, vérifiez les plans d’eau locaux.
S’il erre, un autiste peut en fait se cacher des sauveteurs, réagir de manière agressive ou essayer de rentrer dans un immeuble en flammes.
Au moment d’approcher une personne qui montre des signes d’autisme, demandez- lui simplement si elle souffre d’autisme et si elle a des papiers d’identité. Un grand nombre d’autistes portent sur eux une carte d’identité ou une étiquette à velcro sur laquelle leur nom et leur adresse sont écrits. Ils peuvent aussi avoir sur eux une formule de demande d’aide d’urgence pour les autistes ou porter un vêtement sur lequel le mot « autiste » est écrit. Vérifiez les languettes de chaussures, les bijoux, les affichettes ou les étiquettes accrochées à une fermeture à glissière ou à une boucle de ceinture qui pourraient indiquer qu’une personne souffre d’autisme.
Lorsque vous interrogez ou détenez une personne souffrant d’autisme, attendez-vous à ce que l’entrevue soit plus longue qu’à l’habitude. lorsqu’on leur pose des questions, leurs réponses semblent évasives ou vagues.
Il existe de nouvelles méthodes efficaces et non envahissantes pour suivre un membre de la famille qui souffre d’autisme. Ces nouvelles technologies doivent être prises en considération si une personne a tendance à errer. Les agents de police économiseraient temps et ressources et les familles seraient beaucoup moins inquiètes si la personne portait un de ces dispositifs utiles.
Lorsque vous interrogez ou détenez une personne souffrant d’autisme, attendezvous à ce que l’entrevue soit plus longue qu’à l’habitude et sachez reconnaître les comportements inusités mentionnés précédemment.
Lorsqu’on leur pose des questions, il est possible que les autistes ne montrent aucun signe de remords ou que leurs réponses semblent évasives ou vagues. Ils ne comprendront peut-être pas leurs droits et il est préférable de leur poser des questions auxquelles ils pourront répondre par « oui » ou « non ». Si possible, faites appel à un spécialiste de l’autisme pendant l’entrevue ou demandez la permission d’enregistrer l’entrevue sur bande vidéo.
Assurez-vous que le rapport initial fait mention de l’autisme de la personne détenue et avisez les autorités carcérales qu’elle devra être supervisée de plus près. Il est aussi dans le meilleur intérêt de toutes les parties de demander une évaluation médicale de cette personne.
Le travail de policier comporte une vaste gamme de rôles, de responsabilités et de risques. Le fait de sensibiliser les gens aux troubles comme l’autisme peut valoir son pesant d’or sur le plan de la reconnaissance, de la prévention et de la résolution. Vous pouvez mettre en pratique les meilleures stratégies possibles en possédant des connaissances sur l’autisme et les troubles du spectre autistique.