par Ryan Benson
Conseiller en communications
Service correctionnel du Canada
En travaillant à élucider une récente série d’introductions par effraction, des policiers de Winnipeg ont eu des motifs de croire que le suspect était un libéré conditionnel sous responsabilité fédérale. Le hic : pour le trouver, ils ne disposaient que d’une vieille photo et de coordonnées périmées datant d’avant son incarcération.
Les pistes étant faibles, les enquêteurs ont fait appel à leur agent de liaison avec les services correctionnels communautaires (ALSCC), qui a réussi à obtenir une photo et des coordonnées récentes auprès du Service correctionnel du Canada (SCC). Peu de temps après, les enquêteurs ont appréhendé le suspect, et des accusations ont été portées contre lui.
Les ALSCC sont des policiers qui collaborent avec le SCC aux termes du Programme Échanges Canada. Ils sont rattachés aux bureaux de libération conditionnelle du SCC et aux centres correctionnels communautaires. Comme l’illustre le cas décrit plus haut, les ALSCC renforcent les liens et facilitent les échanges entre les partenaires de la collectivité judiciaire du pays entier.
« La police a toujours bien servi le SCC», affirme Angela Knoll, gestionnaire de projet des Opérations de réinsertion sociale dans la collectivité du SCC. Elle souligne l’amélioration des communications entre la police et les bureaux de libération conditionnelle grâce aux ALSCC.
« Les agents de libération conditionnelle accèdent désormais plus facilement à des renseignements qui aident le SCC et la police à gérer la présence de délinquants dans la collectivité, dit-elle. Les policiers sont sur place avec nous et peuvent jouer un rôle plus actif. »
Ce qui surprend le plus certains agents d’application de la loi, c’est la quantité d’information qu’ils reçoivent grâce au programme, et aussi sa qualité.
« Il existe une dynamique particulière entre le délinquant et son agent de libération conditionnelle, qui joue bien sûr en notre faveur », d’expliquer le gend. Ben Rosentreter, un ALSCC détaché du Service de police de Winnipeg. « Parfois, les gens se taisent en présence d’un policier mais s’expriment plus librement devant leur agent de libération conditionnelle. »
Les agents de libération conditionnelle accèdent désormais plus facilement à des renseignements qui aident le SCC et la police à gérer la présence de délinquants dans la collectivité.
Angela Knoll, SCC
Le mandat du programme des ALSCC consiste à améliorer la sécurité publique en aidant les policiers et les agents de libération conditionnelle à mieux intégrer leurs activités. Ce partenariat facilite aussi la supervision de délinquants à risque élevé et l’appréhension de personnes illégalement en liberté.
Des agents de divers corps policiers canadiens aux échelons municipal, provincial ou fédéral posent leur candidature au programme des ALSCC. Les candidats retenus doivent avoir au moins cinq ans d’expérience de fonctions policières actives et deux ans d’expérience en matière d’enquêtes criminelles. Au terme du processus de sélection, ils participent à différentes activités d’orientation et de formation, principalement en cours d’emploi.
« Le meilleur moyen d’apprendre ce que font les agents de libération conditionnelle est de travailler avec eux », précise Knoll. Des téléconférences régulières permettent de régler les questions opérationnelles courantes. Une réunion de formation nationale a eu lieu en 2007 pour mieux renseigner les ALSCC sur les politiques du SCC et les pratiques ayant trait à leur travail.
Le rôle de l’ALSCC met l’accent sur les échanges d’information, par exemple dans les situations où il faut collaborer avec la police pour retrouver des délinquants illégalement en liberté ou la tenir au courant des libérés conditionnels qui ont réintégré la communauté.
Dans une journée ordinaire, l’ALSCC peut collaborer avec une équipe de gestion de cas pour planifier la libération de détenus à risque élevé, participer à l’élaboration de plans de supervision structurés et mettre au point des stratégies d’intervention communautaire pour les délinquants dont le niveau de risque peut avoir augmenté pendant la période de libération.
Pour le serg. James Clover, ancien ALSCC maintenant retourné à la police d’Edmonton, le fait de côtoyer des agents de libération conditionnelle lui a permis de mieux connaître – et respecter – leur travail. En voyant que les libérés conditionnels sontle lien entre la police et les services correctionnels, il a beaucoup mieux compris la contribution des ALSCC à la sécuritépublique.
« [Les libérés conditionnels] sont ceux qu’on essaie tous de responsabiliser et de réinsérer dans la collectivité, tout en veillant à atténuer autant que possible le risque pour cette dernière, explique Clover. Il importe de faire comprendre au public qu’il s’agit d’une responsabilité communautaire. »
En dernière analyse, ce sont les collectivités servies par les ALSCC et leurs collègues au SCC qui en sortent gagnantes.

« Plus le policier est là depuis longtemps, plus il a de relations dans la communauté et avec les services de police de la région », fait valoir Angela Knoll, ajoutant que ce réseautage contribue à la sécurité des Canadiens.
Diverses activités offrent aussi un soutien direct aux collectivités, dont le forum sur la sécurité publique, prévu pour le printemps de 2009 et organisé par le cap. Mike Wallsmith de la GRC, un ALSCC affecté au bureau de libération conditionnelle de Vernon, en Colombie-Britannique.
Wallsmith coordonne le forum de concert avec les bureaux du SCC et les services de police locaux, ainsi qu’avec des organismes de la région comme Échec au crime. L’objectif : aider la collectivité à mieux comprendre comment le SCC gère la transition du lieu de détention à la communauté et comment le bureau de libération conditionnelle travaille avec la police pour surveiller les anciens détenus et les appuyer dans ce processus difficile.
Il existe une dynamique particulière entre le délinquant et son agent de libération conditionnelle, qui joue bien sûr en notre faveur.
le gend. Ben Rosentreter, ALSCC
En tant que représentant du SCC et de la GRC, Wallsmith veut aider le public à comprendre comment les deux organismes collaborent au suivi des délinquants et quels facteurs peuvent contribuer au récidivisme (abus de drogues, liens avec des gangs de rue, etc.). À son avis, le rôle d’ALSCC convient parfaitement aux agents de la paix.
« Les ALSCC ont la chance de combiner les deux approches requises pour bien composer avec les éléments criminels, précise-t-il. D’abord, il y a l’aspect proactif. Les événements comme [le forum sur la sécurité publique] ... favorisent la participation et la sensibilisation communautaires avec le concours de la police et d’autres organismes gouvernementaux dans l’espoir d’éviter les situations où des influences nuisibles peuvent mener au crime. »
Ce volet proactif se veut un complément au temps que les agents comme le cap. Wallsmith consacrent au volet répressif, axé sur l’application de la loi et le repérage des personnes qui ont succombé à de mauvaises influences.
Essentiellement, l’initiative des ALSCC aide les policiers et les agents delibération conditionnelle à mieux collaborer à l’encadrement des délinquants à risque élevé qui réintègrent la communauté et à faciliter le processus de réinsertion et le renforcement des liens entre eux.
« En tant que partenaires de l’appareil de justice pénale, nous avons comme mandat fondamental d’assurer la sécurité publique », rappelle Don Head, commissaire du SCC. « Cette initiative accroît les capacités de la police et des agents delibération conditionnelle et servira de base stratégique aux futures collaborations avec la police en vue d’atteindre nos objectifs communs. »