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Gazette - Améliorer le renseignement en matière de crimes sexuels

ACTUALITÉS

par Caroline Ross

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En Colombie-Britannique, les adultes victimes d’agression sexuelle peuvent maintenant le signaler anonymement à la police par l’intermédiaire des organismes communautaires d’aide aux victimes, grâce à l’entrée en vigueur, à’automne 2008, d’un protocole de signalement par un tiers.

Ce protocole consiste en un partenariat entre la GRC, les services de police municipaux et les programmes communautaires d’aide aux victimes de la C.-B. Il s’agit du premier protocole conclu à l’échelle provinciale au Canada et les différents intervenants espèrent que les femmes, en particulier les travailleuses marginalisées de l’industrie du sexe, seront plus nombreuses à communiquer des renseignements à la police.

« Souvent, les travailleuses du sexe ont déjà eu des démêlés avec la police », explique Tracy Porteous, directrice exécutive de l’Ending Violence Association of B.C., fer de lance de l’initiative. « Elles ne pensent pas forcément à appeler la police, mais elles font souvent appel aux programmes communautaires d’aide aux victimes pour surmonter le traumatisme psychologique dû à l’agression sexuelle qu’elles ont subie. »

En vertu du protocole, les victim es peuvent remplir un questionnaire standard et anonyme qui sera transmis à la police. Celle-ci peut utiliser les informations pour repérer des crimes répétitifs, établir des profils et modifier sa stratégie de patrouille. « Les enquêteurs peuvent également demander à l’organisme d’aide si la victime est prête à sortir de l’anonymat et à parler avec eux, précise l’agente-détective Kathleen Tchang, du Groupe des crimes sexuels du Service de police de Vancouver. Certaines femmes acceptent, et cela permet des enquêtes qui autrement n’auraient pas lieu. »

Grâce au financement de la GRC et de Justice Canada, en C.-B., 62 programmes communautaires d’aide aux victimes offrent ce service de signalement anonyme. « Les travailleuses du sexe ne restent pas toujours au même endroit et elles emmènent leurs histoires avec elles, explique Tchang. Nous avons maintenant les moyens d’entendre ces histoires. »

De plus, grâce à leur système informatique provincial, les services de police de C.-B. se communiquent des informations provenant de leurs rapports, ce qui permet aux enquêteurs d’établir des ponts entre les différents territoires de compétence et de repérer des prédateurs sexuels qui changent de ville.

Le protocole de signalement par un tiers repose sur les pratiques exemplaires en place depuis le début des années 90 à Vancouver, Victoria et Prince George.