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Gazette - La police du district du Northland de la Nouvelle-Zélande

DOSSIER - POLICIERS EN RÉGION ÉLOIGNÉE OU NORDIQUE

Terres sauvages, routes éloignées et milieux défavorisés à patrouiller

par sarah Kennett police Néo-Zélandaise

Cape Brett
Cape Brett, près de la Bay of Islands au nord de la Nouvelle-Zélande.

Emprunter de longues routes de gravier exposées au vent pour se rendre dans des collectivités rurales est chose courante pour les policiers du district du Northland de la Nouvelle-Zélande.

Le Northland, c’est l’un des 12 districts de police de la Nouvelle-Zélande et l’une des régions les plus rurales du pays. Près de la moitié de la population du district habite en milieu rural.

Défis du milieu rural

Le Northland compte environ 380 policiers affectés à 21 postes de police, dont le quartier général du district. La garde de 14 postes est assurée par un à trois policiers. Les policiers en milieu rural travaillent souvent seuls, ce qui comporte des risques. Les renforts peuvent mettre du temps à arriver.

Le travail des policiers en milieu rural est très varié : ils peuvent être appelés à participer à une opération de recherche et de sauvetage en mer, être les premiers sur les lieux d’un incident violent grave ou aider une personne dont la voiture est tombée en panne.

Les résidants d’une petite collectivité s’attendent à ce que les policiers qui y travaillent soient en service jour et nuit. La vie familiale de ces policiers s’en ressent, car bien souvent, ils habitent tout près du poste. La sonnerie du téléphone ou des coups à la porte peuvent se faire entendre à toute heure du jour ou de la nuit.

Les policiers en milieu rural connaissent leur collectivité à fond, et les liens solides qu’ils y forgent leur permettent d’obtenir des renseignements et de l’aide auprès de la population, au besoin.

Le taux de résolution des crimes du district du Northland - qui s’élève à 56 % - est l’un des plus élevés en Nouvelle-Zélande. Les gens se connaissent et rien ne passe inaperçu dans leur voisinage. L’aide obtenue du public mène souvent à l’arrestation des criminels.

Vu l’étendue de la région côtière et les inondations qui surviennent parfois, le soutien des groupes communautaires et volontaires est essentiel pour combler les écarts de capacité.

Le mauvais système de communication fait qu’il est encore plus difficile de composer avec l’éloignement géographique et le terrain accidenté. Le réseau cellulaire est boiteux et bon nombre de maisons de la région du Northland n’ont pas accès au service Internet à large bande.

Le fait que la moitié de la population habite en milieu rural présente certains problèmes lorsque les policiers doivent répondre à des appels d’urgence. Les secours doivent parcourir de longues routes en gravier et peuvent mettre une demi-heure ou plus à arriver sur les lieux d’une urgence.

Avec toutes les longues routes en gravier à perte de vue, les criminels passent plus facilement inaperçus — et il est plus difficile pour les policiers de leur mettre la main au collet.

Les résidants des milieux ruraux sont invités à former des groupes de soutien dans leur voisinage, question de s’entraider et dans certains cas, de prévenir la criminalité.

Sécurité routière

Mauvais comportement au volant, terrain hostile, grande quantité de pluie et manque de routes asphaltées contribuent à faire des routes du Northland les plus meurtrières du pays. Il n’y a que 2 969 des 6 573 kilomètres de routes du district qui sont asphaltées.

La police ne ménage aucun effort pour réduire les décès et les blessures graves sur les routes du district. Elle s’applique à changer les habitudes des conducteurs en les sensibilisant davantage aux risques et en demandant au public de lui signaler les conducteurs dangereux.

L’alcool étant à l’origine de près du tiers des accidents mortels en 2008, les conducteurs en état d’ébriété sont maintenant le point de mire des policiers. Une patrouille des routes rurales a vu le jour en 2008 : elle cible les conducteurs ivres qui empruntent des routes secondaires afin d’échapper à la police. Deux autres groupes de répression, chacun formé de six policiers, érigent des barrages routiers et effectuent des alcootests au hasard. Bien que la patrouille des routes rurales ait ses bureaux à Whangärei, elle couvre l’ensemble du district.

La police collabore également avec le gouvernement local et le Ministère des transports de la Nouvelle-Zélande en vue d’améliorer l’infrastructure routière.

Drogues et alcool

L’alcool et les drogues illicites demeurent d’importants facteurs de criminalité dans le Northland. L’alcool contribue à près de la moitié des crimes qui y sont recensés.

Avec toutes les longues routes en gravier à perte de vue, les criminels passent plus facilement inaperçus.

La police participe à un projet unique qui vise à réduire les ravages de l’alcool dans l’extrême nord du Northland. L’équipe de lutte contre les abus d’alcool — formée de policiers et de membres du Far North District Council et du Northland District Health Board — voit à ce que les établissements détenteurs d’un permis d’alcool se conforment à la loi qui régit la vente d’alcool et fournit des renseignements sur les façons de réduire les méfaits causés par les excès de boisson. En partageant le même bureau, les trois partenaires peuvent échanger renseignements et ressources afin d’enrayer les nombreux problèmes sociaux engendrés par l’abus d’alcool dans le district.

En ce qui a trait aux drogues, le climat relativement doux du Northland se prête bien à la culture du cannabis. Quarante pour cent des cultures de cannabis saisies en Nouvelle-Zélande proviennent du Northland. Et la drogue a des répercussions considérables sur la criminalité dans les collectivités du district et sur la santé des personnes qui y habitent.

L’escouade des crimes organisés, dont les bureaux sont situés à Whangärei, entreprend de décembre à mars une opération annuelle qui cible les producteurs de cannabis. L’escouade exécute plusieurs mandats de perquisition et survole le district pour y repérer les cultures de cannabis. L’escouade saisit des échantillons des cultures repérées et arrose les cultures de cannabis pour les détruire. L’opération de l’an dernier a donné lieu à la découverte de 45 000 plants et à l’arrestation de 218 personnes pour des infractions en matière de drogue.

Autres groupes spéciaux

Les policiers de l’équipe de recherche et de sauvetage collaborent avec les volontaires d’un organisme de recherche et de sauvetage terrestre. Au fil des ans, ils ont effectué des sauvetages sur des falaises, dans des cavernes, dans la brousse et en mer, et ont participé aux recherches organisées pour trouver, notamment, des chasseurs et des randonneurs portés disparus.

L’escouade affectée aux contrevenants armés, basée elle aussi à Whangärei, intervient lorsqu’un contrevenant en possession d’armes à feu ou d’autres armes dangereuses constitue une menace pour lui-même ou pour les autres. Si une intervention d’urgence est requise en région éloignée, la police se déplacera avec l’hélicoptère des services d’urgence du Northland.

Crime saisonnier

Le district du Northland, avec sa vaste région côtière, son climat subtropical et ses nombreuses plages, attire plusieurs Néo- Zélandais et touristes étrangers pendant l’été.

La population du district augmente de plus de 200 000 habitants de décembre à mars. Cette hausse saisonnière pose problème aux policiers. Pendant l’été, on déploie davantage de policiers aux destinations de choix afin de réduire le désordre, la violence et les dommages matériels.

Autochtones

Le district du Northland est l’un des endroits où l’on trouve le plus grand nombre de Maoris, le peuple autochtone de la Nouvelle-Zélande.

Les Maoris, qui forment 32 % de la population du Northland, sont surreprésentés dans les statistiques relatives à la criminalité et à la victimisation. Voilà pourquoi la police continue de travailler de près avec les Maoris en collaborant avec les iwi (tribus ) et avec d’autres organismes afin de réduire le nombre de contrevenants maoris. Le plan de répression criminelle entrepris par les iwi fait partie des initiatives maories menées à cette fin avec l’appui de la police et des organismes sociaux locaux. Il vise à réduire les infractions et la victimisation dans les collectivités maories en aidant les iwi à établir des stratégies de prévention criminelle efficaces.

Responsabilité accordée aux collectivités

Le surint. Mike Rusbatch, commandant de la police du district du Northland, affirme que bien que le Northland soit l’un des districts les plus défavorisés du pays — les problèmes recensés étant liés au piètre état de santé et au faible niveau de scolarité de ses résidants, aux logements médiocres et à un taux de chômage élevé — son sentiment d’identité collective demeure très fort.

« La police du Northland a établi des partenariats avec d’autres organismes afin de résoudre les problèmes qui surviennent en milieu très défavorisé, de dire Rusbatch. Les citoyens sont les yeux et les oreilles de la police et on leur doit la résolution et la prévention de bien des crimes. »

En décembre 2008, la police du Northland a lancé la semaine de la fierté communautaire à laquelle ont participé des groupes de services d’urgence de même que divers organismes gouvernementaux et non gouvernementaux qui se spécialisent dans la prévention criminelle, l’éducation et les services sociaux.

Cette campagne, qui visait à inciter les collectivités à prendre leur sécurité en main, cadrait avec la vision de la police, qui est axée sur la collaboration et une meilleure sécurité collective.

Après le lancement de la campagne, une série d’articles rédigés par des journalistes locaux ont été publiés dans divers quotidiens. Ces articles, qui traitaient notamment de la violence familiale, des vols, de l’alcool et de la sécurité routière, offraient des conseils à la population, à savoir ce qu’il faut faire pour se protéger et à qui s’adresser si l’on est victime d’un crime.

Ce n’est pas évident d’être policier dans le Northland - les collectivités sont diversifiées, la population rurale est nombreuse et le terrain est difficile à patrouiller — mais le soutien des citoyens facilite la tâche des policiers et fait du district un endroit plus sécuritaire, où il fait bon vivre et travailler.