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Gazette - Le Child Advocacy Centre of Niagara

NOS PARTENAIRES À L'OEUVRE

Une intervention multidisciplinaire auprès des enfants victimes d’agression

Homme et enfant main dans la main

par Roy Hardman
président du conseil d’administration
Child Advocacy Centre of Niagara

Lorsque le centre de défense de l’enfant de Niagara (Child Advocacy Centre of Niagara, dit CACN) a ouvert ses portes le 16 septembre 2008, il s’agissait du premier centre du genre au pays.

Établie dans un bureau à St. Catherines (Ont.), une équipe de soutien, formée de 16 membres issus de la Police régionale de Niagara, des Services à l’enfance et à la famille de Niagara, des communautés de professionnels de la santé et de la santé mentale, ainsi que de la Couronne, assure une intervention multidisciplinaire approfondie et opportune dans les cas d’allégations de violence envers les enfants. L’objectif consiste à traiter les victimes, à enquêter sur les agresseurs et à traduire ces derniers en justice.


Une collaboration au service de l’enfant

La démarche du CACN est primordiale pour atténuer les effets traumatisants chez les enfants et les familles visées par une enquête sur une agression. Le centre offre des soins médicaux immédiats au besoin, des services de counselling à l’enfant et à la famille, et un environnement confortable en vue de permettre à l’enfant de relater les détails de l’incident afin que la police puisse recueillir des preuves irréfutables du crime commis. Le CACN constitue un havre sûr pour permettre aux victimes, dont plusieurs n’ont pas 10 ans, de retrouver leur vie insouciante d’enfant.

La beauté du centre, c’est qu’il constitue un point unique où les enfants et leur famille peuvent recevoir tous les services professionnels nécessaires. Ces conditions optimisent immédiatement les chances que l’enfant reçoive un traitement efficace et que le délinquant soit traduit en justice.

Avant l’avènement du centre, les préposés à la protection de l’enfance, les policiers, les professionnels de la santé et de la santé mentale, les poursuivants et autres avocats assujettissaient souvent les enfants victimes d’agression à de multiples entrevues. Celles-ci survenaient habituellement au bureau de chaque professionnel, au cours desquelles l’enfant devait inlassablement relater les détails de l’agression. Ce qui créait un traumatisme additionnel pour l’enfant et pouvait compromettre la précision des détails relatés au sujet de l’incident.

Une fois admis au CACN, l’enfant victime d’agression rencontre un des membres de l’équipe dans des conditions détendues et réconfortantes qui aident à atténuer le traumatisme de l’enfant et lui permettent de relater fidèlement les détails de l’agression. Selon le cas, un policier ou un membre des services à l’enfance et à la famille mènera l’enquête, mais seulement une fois le traumatisme atténué.

Les cas sont renvoyés par diverses sources, notamment les enseignants, les directeurs d’école, les personnes qui s’occupent d’enfants, le clergé, les travailleurs sociaux et les victimes elles-mêmes.

Les policiers interviennent lorsqu’on détermine que l’agression est de nature criminelle et que des accusations seront vraisemblablement portées. En outre, les agents collaborent étroitement avec les services à l’enfance et à la famille afin de veiller à ce que tous les aspects de l’affaire soient pris en charge.

L’objectif consiste à traiter les victimes, à enquêter sur les agresseurs et à les traduire en justice en suivant une approche multidisciplinaire.

Une initiative qui a fait école

Le CACN est une initiative communautaire, régie par un conseil d’administration et jouissant du soutien des 12 municipalités de la région de Niagara.

Cette initiative s’inspire de quelque 600 centres similaires répartis aux États-Unis, dont le premier remonte à 1985, lorsqu’un membre du Congrès de l’Alabama, Bud Cramer, a mobilisé la collectivité en vue de créer un meilleur système pour aborder les cas d’enfants maltraités à Huntsville.

À Niagara, l’idée d’établir un centre de défense de l’enfant a surgi en 1989, lorsque Lynda Filbert, administratrice aux services à l’enfance et à la famille, a assisté à une conférence aux États-Unis. C’est là qu’elle a entendu parler des centres américains, ce qui l’a encouragée à lancer le concept au Canada.

Après de multiples entretiens, on a amorcé la planification d’un centre en 2002. Un membre du conseil d’administration des services à l’enfance et à la famille, Frank Parkhouse, s’est vu confier la tâche de former un conseil d’administration qui serait chargé d’élaborer et de mettre sur pied un centre de défense de l’enfant au sein des municipalités de Niagara.

Cela dit, le CACN ne s’est pas concrétisé du jour au lendemain. En fait, il a fallu quatre ans de travail acharné de la part d’un conseil d’administration déterminé à réduire le taux d’agression chez les enfants, ainsi qu’un soutien financier et bénévole important des municipalités de la région avant de voir l’inauguration du centre.

jeune garçon
Une démarche axée sur les résultats

Le CACN souhaite obtenir des résultats similaires à ceux de son modèle américain, notamment augmenter le taux de condamnation des agresseurs de 30 pour cent, réduire le délai entre la divulgation et le procès de 18 à 6 mois, accélérer les procès, accroître le nombre de négociations de plaidoyer afin de réduire le nombre d’enfants devant comparaître au tribunal, et mettre en oeuvre une approche multidisciplinaire afin d’augmenter la diffusion d’information et faciliter la formation dans les diverses disciplines.

Le CACN espère aussi réduire les coûts globaux de la violence aux enfants dans les collectivités touchées.

En 1995, on a estimé le coût direct des agressions sexuelles d’enfants au Canada à plus de 3,6 milliards de dollars, chiffre qui comprend, mais sans s’y limiter, les coûts de soins de santé, de services sociaux et publics et de programmes de traitement.

Les coûts indirects sont plus difficiles à évaluer; ils reflètent les conséquences à long terme de la violence familiale et comprennent les coûts engagés pour le traitement de problèmes de santé mentale, de la toxicomanie, des grossesses chez les adolescentes, des besoins en éducation spéciale liés aux difficultés d’apprentissage et aux problèmes émotifs, des besoins en matière de services d’assistance sociale, des sans-abri et des comportements criminels.

La nécessité de centres de défense de l’enfant au pays est criante. À Niagara, ce besoin est étayé par des statistiques alarmantes des services à l’enfance et à la famille, qui ont relevé 708 cas d’agressions physiques et 343 cas d’agressions sexuelles d’enfants dans les municipalités de la région en 2006-2007. Ces chiffres révèlent qu’une fille sur trois et un garçon sur cinq à Niagara sera victime d’une agression physique ou sexuelle avant l’âge de 18 ans. Le CACN désire réduire ces statistiques horrifiantes en rehaussant le taux de condamnation des agresseurs et en sensibilisant les enfants, les personnes qui s’occupent d’eux et les enseignants aux services offerts par le centre. 

Le centre compte évaluer les résultats obtenus et en rendre compte aux parties intéressées ainsi qu’à d’autres centres éventuels. Ces évaluations sont essentielles pour déterminer toute dérogation à la stratégie établie pour le programme et prendre les mesures de rectification nécessaires, de façon à s’assurer d’atteindre les objectifs fixés, soit réduire les traumatismes chez les victimes et accroître le taux de condamnation des agresseurs.

Les partenaires du CACN se sont donné pour but d’éliminer la violence faite aux enfants, mais d’ici à ce que ce jour remarquable vienne, ils travailleront avec acharnement pour atténuer le traumatisme chez ces jeunes victimes et les aider à retrouver leur vie d’enfant. Les partenaires sont ouverts à toute suggestion novatrice pour améliorer leur démarche.

Le centre a également noué un partenariat avec la Croix-Rouge; il entend participer en 2009 à un volet de défense de l’enfant dans le cadre du programme de prévention de la violence ÉduRespect de la Croix-Rouge. Ce programme vise à montrer aux enfants, aux écoles et aux organisations à reconnaître les cas de violence, à déterminer ce qu’il faut faire dans les circonstances et où se tourner pour trouver de l’aide.

Nous sommes fiers d’être les premiers au pays à établir un centre de défense de l’enfant. Bien que nous ayons entamé cette initiative et fonctionnons conformément aux plans, nous allons continuer d’élaborer des stratégies en vue d’améliorer la qualité de vie des enfants et des membres non-agresseurs de leur famille. Nous allons veiller à la viabilité financière à long terme du centre et voulons prêter assistance aux autres collectivités qui désirent mettre sur pied leur propre centre de défense de l’enfant.