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par Caroline Ross

Les jeunes sont les dirigeants de demain. Malheureusement, certains d’entre eux pourraient aussi être les extrémistes criminels d’aujourd’hui.
« En étudiant [les adeptes de] l’extrémisme criminel, on constate qu’il s’agit de jeunes de 14 à 30 ans, déclare le serg. Raj Jande, coordonnateur de la sensibilisation à la sécurité nationale pour la GRC. Les jeunes sont ouverts aux idées nouvelles, débordent d’enthousiasme et cherchent leur identité.»
Beaucoup de jeunes veulent changer la société, mais leur dévouement à la cause pourrait être manipulé. Cest pourquoi la sensibilisation des jeunes est une priorité croissante de la Sous-direction des enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale de la GRC.
Lorsque Dahlia Nawwar a commencé à coordonner le nouveau Programme de sensibilisation des jeunes à la sécurité nationale de la GRC en 2005, elle a vite compris que les jeunes manquaient d’informations objectives sur les questions de sécurité nationale.
« Il y a énormément d’idées fausses », explique Mme Nawwar, en prenant pour exemple la confusion qui règne entre les certificats de sécurité et la Loi antiterroriste. Elle attribue beaucoup d’idées fausses aux partis pris des médias et au fait que la GRC et les organismes fédéraux n’apportaient pas d’informations au débat public sur la sécurité nationale.
« Il y avait des lacunes, poursuit-elle. On avait besoin de ressources pédagogiques sur la sécurité nationale au Canada, [pour que] les jeunes Canadiens [disposent] d’informations objectives et équilibrées. »
Pour combler ces lacunes, Mme Nawwar a dirigé l’élaboration d’une fiche documentaire et de documents de présentation qui définissent clairement la sécurité nationale, le terrorisme, les lois connexes et les responsabilités de la GRC dans le contexte canadien. Les jeunes peuvent obtenir ces documents par l’intermédiaire des policiers éducateurs de la GRC et dans le cadre d’initiatives de sensibilisation à la sécurité nationale.
Mais il ne suffit pas que les policiers parlent aux jeunes, précise Mme Nawwar, ils doivent aussi les écouter. C’est pourquoi le groupe de la sensibilisation rencontre régulièrement le comité directeur jeunesse d’Ottawa. Au printemps 2008, le groupe s’est aussi associé au forum Connexion jeunesse canadienne du gouvernement du Canada pour organiser un sondage et un débat en ligne intitulé La sécurité nationale : viens en parler!
« Il est vraiment important d’ouvrir le dialogue, conclut Mme Nawwar. Les jeunes sont parfois très perspicaces et nous devrions vraiment les écouter. »
L’une des plus grandes difficultés de la sensibilisation à la sécurité nationale consiste à instaurer la confiance dans les collectivités vulnérables, mentionne le gend. Mohammad Beyhaghi, coordonnateur des initiatives de sensibilisation des jeunes à la sécurité nationale pour la GRC en Colombie-Britannique (C.-B.). Il a personnellement constaté cette difficulté lorsqu’il a commencé à échanger avec la collectivité musulmane de Vancouver au début de 2007.
« [Certains membres de la collectivité] se font l’idée fausse que si la police arrive — surtout la sécurité nationale —, c’est pour recueillir des informations ou convaincre les membres de la collectivité de s’épier mutuellement, explique le gend. Beyhaghi. [En tant que policiers, nous devons] les convaincre que nous sommes ici pour travailler avec [eux].»
Après six mois de rencontres et de consultations, le gend. Beyhaghi a formé le Conseil consultatif juvénile de la GRC sur la sécurité nationale - C.-B., puis a donné carte blanche aux 15 jeunes musulmans pour organiser une importante conférence de jeunes musulmans sur la radicalisation et l’extrémisme criminel. En mars 2008, cette activité, la première en son genre au pays, a réuni 130 jeunes et comprenait une conférence parallèle destinée aux parents.
« C’était une activité vraiment novatrice, souligne Sana Siddiqui, membre du conseil consultatif juvénile, qui a permis de montrer que les solutions aux problèmes de la collectivités peuvent venir de la collectivité. »
Les initiatives de sensibilisation de la GRC en C.-B. visent aussi les enfants musulmans âgés de 6 à 12 ans. L’équipe de sensibilisation gère une Académie de police pour les jeunes, qui permet aux petits musulmans d’échanger avec des policiers dans un milieu d’apprentissage décontracté. Le but est d’approcher les enfants avant qu’ils n’atteignent l’âge critique de l’adolescence et de la vingtaine.
Si les initiatives de sensibilisation des jeunes à la sécurité nationale de la GRC se heurtent parfois à des obstacles opérationnels, comme une pénurie nationale de postes consacrés à l’approche des jeunes, les initiatives actuelles constituent une assise solide.
Elles prouvent aussi que policiers et jeunes peuvent travailler ensemble sur les questions qui les préoccupent. « Je pense que la confiance est montée d’un cran, précise le gend. Beyhaghi. Cela semble sincère.