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Gazette - Des experts canadiens participent à l'enquête sur un accident d'autobus au Guatemala

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REPORTAGE

Par Cal Deedman
Avocat de la Couronne Ministère du Procureur général de la Colombie-Britannique

Le serg. Larry Bellows et Robert Richardson effectuent une vérification générale de l’autobus guatémaltèque. Les experts canadiens ont constaté un grand nombre de défectuosités causées par une utilisation excessive et une piètre maintenance. Photo: Cap. Peter Holmes

Au Guatemala, il est dangereux de voyager dans les autobus appelés « boîtes à poulets ». La plupart de ces autobus sont bondés, surchargés et mal entretenus et les chauffeurs sont téméraires. On signale régulièrement dans les journaux locaux des accidents où des personnes sont tuées ou blessées, mais ces accidents attirent rarement l’attention des médias étrangers.

Pour les Guatémaltèques, ces accidents font inéluctablement partie de leur quotidien. Cependant, le 29 février 2008 est survenu un accident aux conséquences suffisamment graves pour attirer une couverture médiatique internationale en plus de choquer les Guatémaltèques et de déclencher un appel national pour une enquête approfondie.

À 33,5 km à l’est de Guatemala, l’autobus qui roulait sur l’autoroute menant au Salvador a raté une courbe au bas d’une longue pente. L’autobus a dévié dans les voies de sens inverse, a quitté la route, a plongé dans un petit ravin et s’est écrasé dans une levée de terre. Cinquante-six passagers sont morts et les gens veulent savoir pourquoi.

N’ayant pas les ressources ni l’expertise pour mener l’enquête, le gouvernement du Guatemala a demandé l’aide du Canada.

Au Guatemala, le bureau du procureur (appelé Ministère public) est responsable de faire enquête si on soupçonne qu’un crime a été commis.

Le Ministère public a envoyé une demande d’aide officielle à l’ambassadeur du Canada au Guatemala, Kenneth M. Cook. Le conseiller politique de l’ambassade a transmis la demande au s.é.-m. Vianney Tremblay, l’agent de liaison de la GRC pour le Mexique et l’Amérique centrale. Avec l’aide des Services nationaux en sécurité routière de la GRC et le gestionnaire national de programmes pour l’analyse et la reconstitution des collisions de la route, le s.é.-m. Tremblay a formé une équipe d’experts canadiens et a organisé leur voyage au Guatemala.

L’équipe était composée du serg. Larry Bellows et du cap. Peter Holmes, deux enquêteurs chargés des collisions, et de Robert Richardson, un inspecteur en mécanique au Ministère des transports de la Colombie-Britannique

L’équipe s’est rendue au Guatemala et a rencontré les procureurs locaux pour un examen détaillé du dossier.

Les membres de l’équipe ont également comparu devant le juge qui supervisait l’enquête et ont obtenu le statut juridique officiel d’expert, ce qui leur a permis d’enquêter sur l’accident et de présenter les preuves de leurs conclusions. Ils ont témoigné au cours d’une audience spéciale tenue avant leur retour au Canada.

Ils se sont rendus sur le lieu de l’accident pour prendre des mesures et des photos et pour analyser les circonstances de l’accident afin d’en déterminer la cause. Ils ont également fait une vérification générale des restes de l’autobus.

L’équipe a passé six jours à revoir ses conclusions, à préparer ses rapports sur la collision et la vérification générale et à faire en sorte que les rapports soient traduits en espagnol pour l’audience.

Conclusions

Les conclusions des experts canadiens étaient accablantes : les freins arrière ne fonctionnaient plus au moment de l’accident et les freins avant étaient dans un piètre état. Bien qu’au départ, les freins avaient une capacité de freinage de 30 %, ils ont surchauffé pour finalement ne plus fonctionner après avoir été actionnés sur une pente continue de 7 % d’environ 14 kilomètres. Lorsque l’autobus est arrivé à la courbe appelée El Chilero, à environ deux kilomètres du bas de la pente, les freins ont cédé.

D’autres défectuosités ont contribué à l’instabilité de l’autobus : le mécanisme de direction était lâche, la suspension était très usée et des pneus de différentes grosseurs avaient été posés sur le même essieu.

Finalement, l’autobus avait une capacité de 48 passagers, mais en transportait 82 au moment de l’accident.

Nul doute que des poursuites criminelles et civiles seront intentées dans cette affaire et que les preuves apportées par les experts canadiens y joueront un rôle important.

Depuis 2001, la GRC, en partenariat avec le Ministère du Procureur général de la Colombie-Britannique et la Law Courts Education Society de Colombie-Britannique, travaille avec le Ministère public et la Police nationale civile du Guatemala à former des procureurs et des enquêteurs en matière de police technique, de techniques d’enquête des crimes graves et de gestion des cas graves.