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Gazette - 110 intervenants contre 8 extrémistes

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DOSSIER

Évaluer la capacité d’intervention

Par Caroline Ross

Le chef adjoint Ken Leendertse du HPS a coordonné les efforts de plus de 110 premiers intervenants durant un exercice de lutte antiterroriste à Hamilton (Ontario) en mai dernier.

Le chef adjoint Ken Leendertse du HPS a coordonné les efforts de plus de 110 premiers intervenants durant un exercice de lutte antiterroriste à Hamilton (Ontario) en mai dernier.

Photo: Carolyn Ross

Scénario : Des extrémistes armés détournent un train et un bateau dans une grande ville portuaire canadienne. Le train part pour Toronto avec une arme chimique à bord. Le bateau, rempli d’explosifs, se dirige vers un grand pont durant l’heure de pointe. D’autres extrémistes se terrent dans un entrepôt sur la jetée avec en leur possession des armes, des otages et des bombes.

Une telle situation pourrait-elle arriver? Ce fut le cas le 27 mai 2008 à Hamilton (Ontario).

Cela s’inscrivait dans le cadre de l’opération Midnight Express (OME), un exercice d’intervention d’urgence d’une journée coordonné par le Service de police de Hamilton (HPS) et auquel ont participé plus de 110 premiers intervenants des services de police municipaux de Hamilton, de Halton et de Niagara; la GRC; le chemin de fer Canadien Pacifique; la ville de Hamilton; les services d’urgence et d’incendie de Hamilton et l’hôpital de Hamilton.

« Nous voulions évaluer l’interopérabilité et renforcer les partenariats », affirme Paul Morrison, surint. au HPS et président du comité de planification de l’exercice. « Nous devions nous pencher sur les menaces croissantes dans notre collectivité. »

Morrison et son équipe ont conçu l’exercice pour qu’il se déroule en temps réel; les participants n’ayant que peu ou pas de connaissances préalables de la situation. Les événements ont débuté par l’accident apparemment banal d’un véhicule avant qu’un incident extrémiste de grande envergure ne touche plusieurs sites. L’équipe de commandement en cas d’incident était dirigée par le chef adjoint du HPS, Ken Leendertse. Morrison reconnaît que la GRC est habituellement responsable d’intervenir en cas d’incident extrémiste en vertu d’un mandat de sécurité nationale, mais il réitère l’importance d’évaluer la capacité d’intervention locale advenant que la police fédérale ne puisse pas se présenter immédiatement sur les lieux.

Le surint. Jamie Jagoe, off. resp. des Enquêtes relatives à la sécurité nationale de la GRC en Ontario, est d’accord : « Il importe d’étendre l’intervention policière, la situation réelle pouvant être très complexe. L’objectif est d’assurer la mise en place de systèmes et de synergies. »

On a mis ces systèmes et ces synergies à l’essai au cours de la journée. Les équipes tactiques de Hamilton, de Halton et de Niagara et le Groupe tactique d’intervention en sûreté maritime (GTISM) de la GRC ont procédé à des assauts simultanés dans le train, l’entrepôt et le bateau. Les forces municipales ont fait l’essai du système d’interopérabilité radio fourni par la GRC, tout en résolvant certains problèmes. Transports Canada a transmis des renseignements cruciaux sur la façon sécuritaire de dérouter le trafic maritime pendant l’assaut du navire. Les services médicaux de Hamilton ont trié les victimes et évalué les voies de communication entre les premiers intervenants et le personnel de l’hôpital.

L’exercice ne s’est pas fait sans heurts — l’assaut de l’entrepôt a été retardé par un problème de communication, par exemple, — mais les intervenants fédéraux, provinciaux et locaux ont démontré qu’ils pouvaient collaborer et résoudre des problèmes en temps de crise, affirme Morrison. Il attribue la réussite à une structure commune de commandement et de contrôle cohésive et bien informée.

L’exercice et le compte rendu étant achevés, le HPS souhaite partager son expérience lors d’un forum de formation d’une journée pour les commandants du Collège de police de l’Ontario. «

Il faut absolument transmettre ce type d’informations à d’autres services de police pour qu’ils puissent améliorer leur planification », affirme Morrison. Il ajoute que la vidéo de l’exercice, filmée par l’Ontario Police Video Training Alliance, contribuera à mettre en valeur les leçons apprises.

Morrison invite les forces de police intéressées à organiser des exercices similaires à communiquer avec lui au HPS ( www.hamiltonpolice.on.ca ).

Les membres du comité de planification de l’OME vous offrent ces conseils :

  • Réalisez l’exercice en fonction des responsabilités et des capacités de votre service.
  • Tirez des leçons des services qui ont tenu des exercices similaires.
  • Demandez du financement auprès de sources comme le Programme conjoint de protection civile du gouvernement du Canada.
  • Commencez la planification dès maintenant et prévoyez un long processus.
  • La planification de l’OME a duré huit mois.
  • Utilisez un format de planification opérationnelle normal et incluez un plan d’évaluation.
  • Composez votre comité de planification d’après l’expertise du personnel et non le grade.
  • Pendant l’exercice, formez un groupe qui surveillera et évaluera les scénarios. Étalez les quarts de travail afin que le personnel demeure alerte.
  • Ne vous limitez pas aux résultats attendus, soyez prêt à tout.