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par Marc-André Gauthier
Le Programme de protection des transporteurs aériens canadiens (PPTAC) a été mis au point après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis. En 2002, les premiers agents de sécurité en civil de la GRC, aussi appelés agents de protection des aéronefs ou, à l’échelle internationale, agents de sûreté à bord (IFSO), se sont mêlés aux passagers d’avions à destination de Washington D.C. Depuis, ces agents sont affectés également à d’autres itinéraires.
Les agents de sûreté à bord offrent des services de protection uniques dans des aéronefs commerciaux immatriculés au Canada. Il s’agit d’agents secrets spécialisés qui se trouvent en position stratégique et sont prêts à intervenir au moyen de la force en cas de détournement imminent. En outre, ces agents recueillent des renseignements sur des activités criminelles ou terroristes dans le contexte de l’aviation civile. Pour des raisons de sécurité nationale, les vols et itinéraires visés par le PPTAC sont rigoureusement gardés secrets. On sait toutefois que le PPTAC affecte des agents à des vols nationaux, transfrontaliers et internationaux.
En octobre 2007, le surint. Alphonse MacNeil de la GRC, officier responsable du PPTAC, a signalé à la commission d’enquête sur l’écrasement de l’avion d’Air India que le public devrait être rassuré du fait que des agents de sécurité en civil de la GRC assurent la sécurité des passagers d’avions commerciaux. Il a expliqué que les agents en civil sont affectés à certains vols commerciaux en vertu d’un processus d’évaluation de la menace.
Il a affirmé que des policiers triés sur le volet suivent une formation dans un lieu secret où ils s’exercent à l’aide de scénarios dans un avion commercial. Une fois achevée leur formation intensive et très spécialisée, les agents sont affectés à des vols selon un système d’évaluation de la menace.
Aux questions sur les risques potentiels de la présence d’agents armés à bord pour la sécurité des passagers d’avions de ligne commerciaux, le surint. MacNeil a répondu que les agents canadiens suivent une formation intensive qui réduit les risques, et a souligné qu’ils n’utiliseraient leur arme à feu qu’en derniers recours.
« Nos agents ne se servent pas de leur arme à feu en premier lieu, précise le surint. MacNeil. Ils sont bien formés au combat corps à corps et à d’autres méthodes de réaction. Si l’un de nos agents en vient à utiliser son arme, c’est que la situation s’est détériorée à un point tel que l’aéronef pourrait être détourné ou que l’intégrité de l’appareil est grandement menacée. »
La nature secrète du programme vise à protéger l’identité des agents dans l’accomplissement de leur travail. Les pilotes et les agents de bord sont toutefois au courant de leur présence. Bon nombre de mesures sont en place pour protéger les passagers d’avions canadiens contre les menaces terroristes et criminelles, et le PPTAC fait partie intégrante de la stratégie à volets multiples visant à assurer la sécurité de l’aviation. Les agents de sûreté à bord forment la dernière ligne de défense dans le système de sécurité de l’aviation civile.
Le PPTAC vise à lutter non seulement contre le terrorisme, mais aussi contre les activités criminelles dans les aéroports. Il comprend un programme efficace de renseignements criminels en vertu duquel des agents de sûreté à bord s’occupent de recueillir des renseignements et de faire de la surveillance. La grande portée du PPTAC permet l’intégration d’observations et d’analyses faites par les agents secrets dans le système national de renseignements criminels de la GRC. De plus, les agents collaborent étroitement avec maints groupes de la GRC et d’organismes partenaires pour assurer la sécurité des aéroports.
Au fil des ans, le PPTAC est devenu une composante clé de l’un des systèmes d’aviation les plus sécuritaires au monde. Il fait partie intégrante de programmes et de groupes d’agents de sûreté à bord à l’échelle internationale, et des organismes de partout ont fait appel à son expertise. Le programme a offert une formation complète d’agent de sûreté à bord et du perfectionnement dans plusieurs pays, et d’autres pays bénéficieront bientôt de la formation spécialisée.
John Major, juge chargé de la commission d’enquête sur l’écrasement de l’avion d’Air India, a laissé entendre que les gens se sentiraient plus en sécurité s’ils en savaient davantage sur le programme. Bien qu’il partage cet avis, le surint. MacNeil a précisé qu’il est difficile de renseigner le public sur le PPTAC, car bien des détails doivent demeurer secrets pour des raisons de sécurité nationale.
Assurer un équilibre entre la nécessité de préserver l’intégrité du programme et le besoin de renseigner le public est un défi que l’équipe du PPTAC est prête à relever. Grâce à la trousse d’information exhaustive sur le PPTAC qui est en cours d’élaboration, la population canadienne sera de plus en plus informée sur l’unité tactique unique spécialisée dans la protection des Canadiens et des intérêts canadiens au pays et à l’étranger.