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Par John Price
Les Forces canadiennes ont créé en 2006 Commandement Canada, un point de liaison unique à l’appui des organismes d’application de la loi et des autorités civiles. Il coordonne également le soutien aux Forces canadiennes dans d’autres secteurs (surveillance, patrouilles d’affirmation de la souveraineté et grands événements publics) et travaille en partenariat avec d’autres ministères et organismes fédéraux. En 2007, Commandement Canada a appuyé la GRC en lui offrant de l’équipement et des ressources pour les opérations antidrogue ci-dessous.

Un partenariat efficace assure le succès d’une mission. Depuis huit ans, le cap. Jean-Louis Rompré de la GRC participe aux missions d’éradication de la drogue de l’Opération Sabot à bord des hélicoptères Griffon des Forces canadiennes.
L’Opération Sabot est la désignation des Forces canadiennes pour son soutien aux opérations d’éradication de la marihuana dirigées par la GRC au Canada.
En tant que membre de la Section antidrogue, le cap. Rompré a pour tâche de guider, depuis les airs, les équipes au sol de la GRC et de la police locale pendant les opérations.
Ancien matelot de la Marine canadienne, le cap. Rompré a l’expérience de l’armée. Le cap. Rompré a un grand respect pour les équipages de la Force aérienne avec lesquels il a travaillé.
« On peut leur demander n’importe quoi; ils sont prêts à pousser au maximum leur appareil et leur équipage pour que le travail soit fait », dit-il.
« Certains ont participé à des missions à l’étranger et ont beaucoup à raconter, affirme le cap. Rompré. Ils peuvent s’adapter à toute situation : longues heures de travail, être dans les buissons, bris mécaniques. »
L’Opération Sabot a commencé en 1989 et a entraîné de nombreuses arrestations et saisies de biens. Au cours des quatre dernières années, plus de 100 000 plantes de cannabis ont été détruites.
Cette opération est un bon exemple de la collaboration interorganismes en matière de sécurité, de plus en plus répandue au Canada.
« Lorsque nous atterrissons ou travaillons dans de petites collectivités, la population locale est toujours surprise de constater que la GRC, la police locale et l’armée peuvent collaborer pour changer les choses dans leur petite ville », ajoute le cap. Rompré.
« Nous allons au restaurant et l’accueil est toujours chaleureux. On nous dit : “Nous n’aurions jamais cru que vous formeriez une équipe pour venir ici et régler ce problème.” »
Cette attitude positive face à la mission et la démarche interorganismes est la même chez les membres des Forces canadiennes participant à l’Opération Sabot.
« Quel bon sentiment que de se rendre sur place, de trouver et d’éliminer le cannabis. Nous faisons ce que nous sommes censés faire », a affirmé le capitaine Frank Tos des Forces canadiennes, pilote des hélicoptères Griffon pendant les missions d’éradication.
Ces missions nécessitent un travail d’équipe. Or, intégrer deux équipes n’est pas facile, même si elles sont composées de professionnels qualifiés qui travaillent ensemble régulièrement. Les deux organismes ont dû s’adapter au fonctionnement de l’autre.
« Dans l’armée, tout le monde connaît le fonctionnement et les attentes, ajoute le capitaine Tos. Quand nous travaillons avec un organisme partenaire, même s’il s’agit de la GRC, nous devons être très précis sur ce que nous voulons et ce que nous faisons. »

Une patrouille en hélicoptère Sea King des Forces canadiennes à la recherche de plants de cannabis.
Le capitaine Tos croit que la préparation est la clé du succès.
« Communiquez à l’avance avec qui vous travaillerez, dit-il. Le pire scénario est de ne pas toujours avoir décidé ce que l’on veut faire pendant la journée alors que le jour est bien avancé »
Le cap. Rompré a appris à planifier ses opérations le plus à l’avance possible et à exploiter les compétences qu’offre l’armée.
« Cette année, le pilote a discuté avec notre équipe et a établi un plan pour s’assurer que tout le monde se rende aux sites avant la noirceur », affirme le cap. Rompré.
« Cette coopération, malgré le temps pluvieux et brumeux, nous a permis d’arracher 8 000 plants des marécages », ajoute-t-il.
Le capitaine Terry Wong des Forces canadiennes est émerveillé de la capacité de ses collègues de la GRC à identifier des objets au sol à partir des airs. « Ils sont d’excellents observateurs. C’est comme avoir un GPS humain à bord. »
« Nombre de policiers sont vraiment enthousiastes, affirme le capitaine Tos. Si tout le monde est concentré sur un même but, l’expérience peut être des plus agréables. »
« Plus on passe de temps dans les airs, plus on peut trouver de plantes, » souligne le cap. Rompré, qui a pu constater de lui-même les avantages qu’offre le soutien des Forces canadiennes.
Le personnel des Forces canadiennes aussi voit des avantages directs.
« Une grande partie de notre entraînement se fait dans des conditions prévues et sur un circuit préétabli, mais de pouvoir voler avec la GRC dans des conditions où le temps et les équipages changent, c’est excellent », affirme le capitaine Wong.
« Le travail à basse altitude et le vol stationnaire nous permettent de nous perfectionner et peuvent nous préparer pour tout type de mission qui pourrait nous être confiée à l’avenir, » ajoute-t-il.
Les procédures et les pouvoirs liés à la coordination du soutien des Forces canadiennes aux opérations antidrogue dirigées par la GRC sont bien décrits dans un protocole d’entente (PE) entre les deux organismes.
Conformément au PE, le commissaire adjoint des Opérations fédérales et internationales de la GRC peut demander l’appui du commandant de Commandement Canada.
« Le PE prévoit une intervention rapide et efficace des Forces canadiennes aux demandes de la GRC », affirme le major John Preston, l’un des deux officiers de liaison des Forces canadiennes détachés à la Direction générale de la GRC, à Ottawa.
Commandement Canada, dont le siège est également à Ottawa, charge ses six groupes de travail conjoints régionaux d’appuyer les divisions de la GRC
responsables d’opérations antidrogue particulières.
« Quand la GRC demande de l’aide, Commandement Canada n’hésite pas à intervenir », affirme le major Preston.
Au sol comme dans les airs, cette collaboration semble donner de bons résultats.
« Ce qui m’a le plus surpris a été de voir à quel point il était facile de travailler avec eux, de dire le capitaine Wong. La collaboration allait de soi. »
« C’est plus qu’un simple partenariat, souligne le cap. Rompré. Une amitié s’est développée. Je me sens vraiment comme un membre de leur famille et ils se sentent comme des membres de la GRC. »
John Price est pigiste et demeure à Ottawa.